‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 154 sur 664 · OPÉRA — OPÉRER · texte numérisé non relu

OPÉRA — OPÉRER

Opéra, chef-d'œuvre, comble de Tart.

Pour son opéra y une soupe à bouillon perlé. - Bourg. gmUj IV, i.

9 1 En surmontant Charles et Caprara ,

Vous avez fait, Seigneur, un ^téra. - La Font. , IX , p. 1 66 : hpStr, à Tureime.

* QuinauU, dans le madrigal suivant, joue sur le double sens du mot opé'a :

Ce n^est pas Yopéra que je fais pour le Roi

Qui m'empêche d'être tranquille . . .

C'est avec peu de nicn un terrible devoir De se sentir pressé d'être cinq fois beau-pèro.

Quoil cinq actes devant notaire.

Pour cinq filles qu'il faut pourvoir?

0 Ciel I peut-on jamais avoir

Opéra plus (fâcheux à faire !

ffLe mot opé-a s'applique, dans le figuré, à tout ce qui semble difficile, er C'est un opéra «que de luy parler n, pour dire qu'il y a de la peine a lui parler. . . Opéra se prend aussi pour une chose excellente et pour un chef d'oeuvre. On dit d'un ouvrage d'esprit : «rc'est ^ un opérait ; mais cela ne se dit guère que dans la conversation , et d'ordinaire en badinant. . . Un de nos plus agréables écrivains (Scahron, Dern, Œnvr,, Paris, David, 1700; ] , i5o) dit à un de ses amis : «Vos deux lettres sont des choses admirables, dimes d'être (V apprises par cceur, et en un mot ce qu'on appelle des opéra.n - Bouhours, Hem, nouv. BUT la langue franc. , 168a, p. 173-17&.

Nous ferons remarquer ici que le pluriel à^opéra n'a pris 1'* du pluriel définitivement qu'au XYin* siècle; Despréaux disait des opérai, tout en condamnant (8* Réjl. crit,) l'a que 1 usage a consacré. - Giofpbot, Journal de VEmpire, i3 mai 1809.

Opérations de l'esprit.

Si elle (la Logique) a pour objet les trois opérations de Vesprity ou la troisième seulement. - Mar. forcée se. i.

La Trinité commence à se déclarer, en faisant la créature raisonnable dont les opération» intellectudUi sont une image imparfaite de ces éternellet opération» par lesquelles Dieu est fécond en luy-mesme.

BossuBT, Hi»t, nniv,, in-&*, 1681, p. i6à.

3|c (rll y a trois opération» de l'entendement, qui sont l'objet de la logique : Vappréheneion, ou la première idée et conception; le diecemement, ou le jugement qu'on en fait; et le raieonmemenl , ou conséquence qu'on en tire. — Il y en a qui y ajoutent la méthode, c*est à dire les règles de définir, de diviser et d'argumenter.» - FoRBriàsB, Diction.

«Ce que nous appelons bien penter semble comprendre ces quatre opération», bien imaginer, bien proposer ou énoncer, bien conclure ou insérer, et bien ordonner.» - Bsbrieh, Abrégé de la philo», de Ga»»endi, Appendice, p. xxxiv; Paris, 167^1.

Opérer, r. w., agir.

1 553 N'esl-ce rien que les soins d'élever votre enfance?

— Vous avez là dedans bien opéré, vraimenL — Éc. des F«ii., V, A.

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