‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 16 sur 664 · MALIGNITÉ — MALIN (LE · texte numérisé non relu

MALIGNITÉ — MALIN (LE

Vft-lW à la malhêurê, excrément de la terre.

Malh., Œuvr,, édit. de Ménage, 1689, p. 10a.

Qu'il coure à la nudhewe où sa rage i*emporte.

PicHou, Folies de Cardenio, i6d3; IV, 3.

Vous êtes bien â la rue;... aliez-vou»-en à la maVheure, et ne frappez pas encore une fois à celte porte.

D^OcfiLLB, Contée, 16/iâ, édiU Jouaust; II, p. aSo; - Cf. Id., fW.,II,p. 11.

Marchez tout doucement. — Monsieur, a la malheure Nous venons visiter cette étrange demeure.

Th. Corn., Engagem. du Hazard, IV, 3.

Pirame arrive à la mal-heure,

Après une longue demeure. - Richeb, Ovide bouffon, 166a, p. /ioo.

t L^orthographe de cette expression n*a jamais été bien fixée : des ouvrages imprimés à la même date la donnent sous les trois formes que nous avons indiquées. L'Académie, dans sa première édition (169a), rapproche à la bonne heure de à la maie heure, qu'elle tTHhtit par heureiuement , malheureueement , sans tenir compte de l'emploi qui en a été fini dans les exemples que nous avons donnés.

^Ialignitë.

Ces humeurs . • . ont acquis cette malignité qui fume vers la région du cerveau. — Atn. méd., II, 5.

Et parce que lesdites vapeurs ont certaine tnalignité. . .

Méd. malgré lui, II, 6.

90& Est-ce qu'une vapeur, par sa malignité,

Amphitryon , a dans votre âme Du retour d'hier au soir brouillé la véritë? - Amph., II, 9.

Une cuisse et les jambes enflées : quelle malignùé d'humeurs! - Sév., V, p. 33/1.

« Boasuet emploie assez souvent ce mot avec le sens de méchanceté, mauvaise nature, cvacière nuisible.

Là paroissoit. . . la tyrannie des passions, et la prodigieuse malignité du cœur humain, toujours porté à faire le mal. - Bossuet, niet, univ,, m-U% 1681, p. 8.

Voilà dans un Anglois ( Wiclef) le premier modèle ... de la déprédation de nos Eglises. On dira que nous combatons pour nos biens; non; nous découvrons la wudignité des esprits outrez,. . . capables de tous les excez.

Id., Hiêi, dee Var., a in-à% 1688 ; II, p. 981 ; - Cf. Id., ibid,; II, p. 53, 66A ; - Déf. de VHiet, dee Var., in-ia, 1691, S 87, p. 137-198.

Malin (Le), le diable.

7 1 9 Gardez-vous d'imiter ces coquettes vilaines . . , Et de vous laisser prendre aux assauts du Malin, Cest-à-dire d'ouïr aucun jeune blondin. - fer. des Fem., III, a.

26 MALITORNE — MANDER

10 Abus, abus! Je tiens que le Malin

N'a revenu plus ciair et plus certain. - La Foirr., IV, p. A 06 : Conlet, II, 16.

Le Saint (S. Bernard)... instruit des profondeurs de Satan. . . répondit que... le Malin pouvoit avoir puissance non seulement sur les corps des hommes, mais encore sur leurs coeurs. - Bossuet, Hiet, dee Var., q in-4% 1688; II, p. 272-273.

MALITORNE.

Nous avons le fils du gentilhomme de notre village, qui est le plus grand malitame et ie plus sot dadais que j'aie jamais vu.

Bourg. genU, III, la.

* Malitome a-t-il été introduit dans la langue par Malicome, (rescuyer tranchant de Gargantua, envoyé expressément de par luy enlenare Testât et portement de son Clz le bon Pantagruel??) (Rab. Pantagruel, IV, m) ou par Maritome, la servante de D. Quichotte? ou par le maUtomalut d^Horace dté par Furctière? Il ne peut être question de la Maritorne de Cervantes, parce que le D. Quichotte ne parut qu*en 1617 et que, dans la Comédie deê Proverbeê, composée, dit-on, dès 1616, par le comte de Gramail, on lit :

Alizon : Hé hél mahtomel que cela est maussade I - III, 7.

Aucun dictionnaire, même le Diction, deê Rimes, n*a donné le mot avant celui d^Ant. Oudin en 16/ia. Richelet (1680) Ta omis; mais il a été recueilli par Furetière (1690).

Malpropre, sans élégance.

791 La malpropre sur soi, de peu d'attraits chargée.

Est mise sous ie nom de beauté négligée. -Misanth., II, 6.

^ Voir Propre, propreté, et ci-dessus, p. 18, Mal, adv. de négation.

Malversation, inconduite.

Jusques ici, vous avez. . . ébloui vos parents, et plâtré vos malversations. — G. Dand.y III, 6.

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