‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 213 sur 664 · PERPLEXITÉ — PERRUQUE BLONDE · texte numérisé non relu

PERPLEXITÉ — PERRUQUE BLONDE

i536 nous permet de penser qu'il faut y voir une allégorie, où la Péronnelle désigne la ville de Pcronne :

Bourguignons avoicnt dît, Par leurs fines cautclles Qu'ilz yroicnt;espouscr La belle péronnelle y Et s'en yroicnt Par le Mont Saint-Quentin Pour assiéger la ville . . .

0 comte de Nansot, Plain de grosse cautelle , Tu voulois espouser La belle Péronnelle ; Elle t'a esté rebelle.

Et t'a fort amaty; A coups d'artillerie EUe t a très-bien servy.

Chanson de la folle entreprise des Fïatnande et det Bitur guignons, dans le Recueil des chants histor, franc», par Le Roux de Lincy.

Gomme Vetturius entreprit la conduite de la Royne de Sarmatie (la Reine de Pologne) jusque au chasteau des Péronnelles (au château de Péronne).

Sabasiii, Pompe fiinèbre de Voiture, p. sgS.

A force d'entendre chanter la Péronnelle, on s'en lassa, et Ton Gnît par appeler péro/kfitUtf toute femme cimuyeiis«> et importune. — Duez (1660) ne donne pas encore péroi^ nelle dans le sens injurieux où Molière l'a pris; à ce mot, il donne seulement l'expression : chanter la péronnelle , qu'il traduit par cantar lafalilella, soit, à peu près, tr chanter la UtridondaincT). — Aucun dictionnaire, avant Richelet (1680), na enregistré le sens noté dans Scarron et Molière, et admis ensuite par Furetière (1690), par T Académie (169^).

Perplexité.

178a Ahl Madame, il m'est doux, en ces^ perplexités

De voir ici briller vos célestes beautés. — Z). Gare, y V, 5.

956 Ah ! ne me tiens donc plus l'âme en perplexité I - Cork., Médée, IH, â.

Ces lettres le mirent en une étrange perplexité.

V^AUGRLis, trad. de Quinte-Curce , édil. i653, p. aa8. — Racine a soidigné, dans ses Extraits dos liv. 111 et X, ce mot qui avait frappé son attention.

Perruque blonde.

48 1 Vous êtes-vous rendue, avec tout le beau monde,

Au mérite éciataut de sa perruque blonde? - Misantli,, II, 1.

Vous m'allez préférer, aux yeux de tout le monde. Quelque gueux afluLlé d'une perruque blonde.

Mo.xTPLEDRT, Dupe de soi-tneme, IV, 8,

1.3 Kt d*aller à l'abri d^une perruque blonde. - Dvspr., Sat. TV.

PERRDQUIÈRE — PERSONNAGE 259

Quoi doDcI 11 ne tiendra, pour engager le monde,

Qu*à venir étaler une perruque blonde f ~ Regnard, Ménechtnet, Y, i.

Gonsoie-toi d^avoir sur ton turban Les armes qu^on révère en Tempire Othoman. On les porte par tout le monde.

Et j'en voy Qui, malgré leur perruque blonde.

Ne sont pas mieux coëficz que toi.

RboKard et DurRéirr, Foire Saint-Germain, I, 7.

* Voir L I, p. 359, Ulondin.

PERRDQUIÈRE.

iïZh Dans la maison toujours je prétends ia tenir, Y faire bonne garde, et surtout en bannir Vendeuses de ruban, perruquHres , coiffeuses.

Éc. des Fem.,IV, 5.

si5 On se tait, et bientôt on voit paroitre au jour Le nom , le fameux nom du perruquier L^Amour ; Ce nouvel Adonis à la blonde crinière Est Tunique souci d*Annc, sa perrnquière, - Dbspr., Lutrin, chant I.

* Despréanx a substitué le perruquier L'Amour à Y horloger La Tour dont parlaient toutes les éditions antérieures à 1701, et Anne ea perruquière à Anne ton horlogère. Des Marais €t Saint-Marc, après lui, ont critiqué Tune et Tautre expression, signifiant ia femme d*un horloger ou celle d'un perruquier. Mais ce reproche ne s^adresse pas à Molière , pour qui Boe permquière est une fabricanlc ou une marchande de perruques. A côté des perruquiers comme Binet, qui faisait les perruques du Roi, et Le Grain, qui faisait celles de Mon- Âeor, on citait des perruquàree comme M"*' Lançois, rue d'Orléans, et Danteuil, rue Urediappe; elles ne se confondaient pas avec les coiffeuses, comme M'^*' Ganilliat, Foiticr, Le Brun, de Gomberville, d'Angerville , etc. — Voir Arr. du Pradel, Liv. commode itt edrtuee, 1692 , p. gg-ioo.

Personnage, rôle.

Je ne me souviens pas d'un mot de mon personnage. — Je sais bien qu'il me faudra souffler le mien d'un bout à l'autre.

Impr, de Vers,, se. 1.

Quel personnage voulez-vous que joue un mari pendant cette galanterie? — Lq personnage d'un honnête homme, qui est bien aise de voir sa femme considén'e. - G. Dand,, II, 2.

Les Comédiens ont fait un petit intermède de la réception d'un médecin, avec des danses et de la musique; je veux. . . que mon frère y fasse le premier pr*on?wi^(î. . . Nous y pouvons aussi prendre chacun un personnage y et nous donner la comédie les uns aux autres.

Mal. imag., III, i&.

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