‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 221 sur 664 · PESTER · texte numérisé non relu

PESTER

79a La gloire d'oWir à votre grand regret

Vous faisoit petter en secret. - Cens., Agéttlat, II, 6.

a 7 Ce que font les plus conlonts

Cest da petter contre la peste. - Id., X, p. 161 : Poén, div.

Vous laisserez petter Isabelle à sou aise? - Th. Corn., Galant doublé, III, 1.

Criez, jurez, pettez, si vous le trouvez bon. - Id., D. Bertr, de Cig., IV, 1.

Et chantant sans vouloir chanter.

Ce qui vaut autant que petter.

ScARRON, Virg. trav,, 1706; II, p. 279; - Cf. Id., ifnd.; Il, p. 173-178, 176; - OEuvr,, 1700 ; I, p. 39.

Pettez-\on^ bien souvent, quand vous jouez au hoc?

LoRBT, Poét. buvL, in-û", 16/17, p. 38; - In., ^^*d., p. i85.

3 1 La Dame Princesse douairière Pette d'une étrange manière Contre Saint-Simon et Rohan. - Id., Muze Itittor,, 1" octobre iG5o.

73 LVn rit de cela, Tautre pette, - Id., ibid,, 39 octobre i65t.

Ne vous faites plus désirer, El laissez en paix murmurer Vostre espoux qui pette et qui gronde Contre ceux qui prennent la fronde.

Sarasin, Œuvr.f 3 in-/i°, i656; I, p. 837.

Apollon se mit à pettei'

Au récit de cette nouvelle. - Richbr, Ovide bouffon, 1663, p. 31 5.

Il faut que tous ceux qu^hlomire (Molière) joue soient bien insensibles, ou ne se reconnoissent pas; cependant ceux qui n'y sont pas intéressez s*en apperçoivent, et je vis un page, le jour que Je fus voir jouer sa Critique (de VÉcole det Femmet)^ qui pettoit en sortant contre EÎomire , et juroit qu il le feroit repentir de sa témérité. - Zélinde, i663, se. 8; édit. Gay, p. 69.

L'un enrageoit dehors, Tautre pettoit dedans.

Moktpledrt, Mary tant femme, 1,3.

(7est un homme à petter d'ici jusqu'à demain.

Id., Coniéd, poète, III, 1 ; - Cf. Gentilh. de Beauce, IV, 5.

Elle crie, elle pette, elle jure, elle bat, elle mord, elle égratigne, elle estropie même au besoin; mais, dans le fond, cVst une bonne enfant.

Reonard, Sérénade, se 98.

Vous avez beau petter, le parterre fait du bien à tout le monde.

Id., ibid,, III, 7; - Cf. Coquette, IIÏ, 7.

* J'adjousteray que non seulement la Cour (j'entends tousjours ce vray corps de la Cour, composé du Conseil et des habiles gens) emiiloye à toutes mains les figures et métaphores, mais qu'elle les forme chaque jour, et bien hardiment : tesmoin ceste-cy nouvelle et si commune en ces lioux-là, de petter un homme pour l'outrager et décrier. - M"* DE G0CR.1AT, L'Ombre, 1637, p. 096-597.

tt Petter est un verbe (nouveau) dérivé du nom de pette, pour signifier qu*on est tellement en colère qu'on ne cesse de jurer par ce nom.») - Sorel, Conn. det livr,, 1671, P- 399; - Cf. Boluours, Entr. dWristc et d'Eng., 3* cdit., 1671, p. 116, ou /i* édit., 1678, p. lo'j.

PÉTAUT — PETIT 267

PÉTAUT : LE ROI PÉTAUT.

12 Et c'est tout justement la cour du roi Pétant, - Tart,, I, i.

Le lansquenet n^estoit connu Jadis que des laquais et pages; Maintenant il est devenu Le jeu des folles et des sages.

On y querelle, on parle haut, Et c'est la cour du Roy Petaut,

CouLANOES, Chansoniy a* édit., 1698; II, p. U,

« «La cour du rot Petaud, curia régi» Petaviin : ainsi traduisent les jésuites auteurs du Diction, de Trévoux, sans hésiter, le latin n'étant pas sans doute une langue morte, ou pour faire une mab'ce à Tun des leurs, le P. Petau, Petavius, auteur du Rationarium temforum,

Leroux {Diction, corn.), Leroux de Lincy (Diction, des Prov.), Génin (Lex. de la langue ie Molière), les derniers répétant le premier, supposent bénévolement que le Roi Pétaud «4 le roi des mendiants, qui disent : je demande, peto; mendiaient-ils donc en latin? — Peut-être cependant les deux passages suivants peuvent-ils justiûer cette opinion :

«Mais celuy (le vœu) des quatre mendiants, dit Eutrapel, qui est jurer et faire cette haote promesse qu^iis vivront sans rien faire, aux despens du pauvre peuple et aux enseignes du bonhomme Peto, d'Orléans, est-elle tenable passive ?n - N. du Fail, Contée et DfM. tPEutrapel , édit. Hippeau, Paris, Jouaust, 1875; I, p. lag.

trUn jeune /rater cordelier. . . faisant la qucste des bleds, vins, lards, beurres et autres dons ekiaritatiê, fondés seulement sur ce bon-homme Peto, marchant d'Orléans,. . . faisoit Qoe infinité de joyeuses mais lucratives presches.n - Id., ibid., II, 7.

An moyen c^ge, il y avait les pitaute, troupe de paysans armés, payés de pitee (quarts de denier), qu'on appelait aussi petaut». Ce nom de piiaut resta dans la langue pour dé- »igner simplement un paysan, un rustre, et on le trouve dans le Berg, extrav. de Sorcl :

ffSi je dis que les pilaul» mcnoient danser leurs amoureuses, c^cst qu'ils parlent ainsi naïvement, sans user d'un si haut stile que de les appellcr leurs maistresses.n - Sobbl, ^g. extrav., 1639, p. 978. Une réunion de ces pitaut» ou petaud» était une pétaudière.

Ouvrons Cotgrave; c'est le plus ancien Diction, où nous trouvions le mot, et que lisonsnous? fcPètaud : a farter, or aJootman,ji

Cherchons maintenant : \^ farter et 0,^ footman; nous trouvons: 1^ farter, peteur, pe^ teult, petaud; est-il besoin d'aller plus loin pour comprendre le proverbe donné déjà par t^tgrave: «La cour du Roi Petaud, où tout le monde est maître»? Cependant l'explication, bien que conforme à celle de Littré, ne nous satisfait pas; ici, en eiïel, e»t maître vent dire fteet pa»»é maitre, n'a pas besoin de leçons;), et ce n est pas le sens du proverbe, qui se traduit par: ou tout le monde commande; a'^footman, qui signifie piéton, laquai», nous met mieux sur la voie : c'est la cour des laquais , où diacun , en qualité de rot Petmid, est l'égal des autres et veut être le maître.

Petit.

Nos occupations, à vous, et à moi, ne sont pus petites maintenant.

Bourg, gent.y I, 1.

C'est un homme, à la vérité, dont les lumières sont petites.

Ibid., I, 1.

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