‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 237 sur 664 · PIQUER (SE) DE · texte numérisé non relu

PIQUER (SE) DE

Lorsqu^on voit qu*une beauté farouche

Se pique de trop de rigueur, Aussi-tost un amant s'éfaroucbe Et revient de sa langueur.

Air$ et Vaudev, de Cour, in-ia, i665; II, p. i63; Cf. ibid., p. 189.

L*on va plus tost aux ouvrages qui sont de la nature de ceux d'Elomire pour les eens que l'on y croit voir jouer que pour la judicieuse conduite de la pièce, car ion sçait qu'il (Élomire-Molièrc) ne t'en pique point.

De YiLUEDS, Lettr. tur Ut affairée du théâtre, i665; Nouv. Coll. moliér., p. 8.

La Cour ne te pique pas de grec et de latin; elle aime mieux faire les belles choses que de les lire. ~ Gotin, Crit. désintér., 1666; Nouv. Coll. moliér., p. 54.

Force Dames te piquent de belle chair, qui n'en ont pas de si blanche que celle que je vous envoyé. - Montreuil, Œuvr., 1666, p. 191.

Pour un brave et galant homme, comme vout veut piquez d'éire.

Id., ibid., p. 191.

Un honnête homme sait tout et ne te pique de rien. - La Rogoep.

Gérés. • . ne M piquoit pas de beauté.

La Font., VIII, p. 176 : Ptyché, liv. III.

Ahlahl ahlahl — Hyl hyl hy! hyl — Hayl hay! hay! hayl

— Je crois que nous pleurons de toutes les manières . . .

De diverses façons on honore un trépas ;

De pleurer avec art aujourd'huy Von te pique.

Et les grands seulement font pleurer en musique.

Devisé, Veujve à la mode, 1668, se. 3; - Gf. Id., ibid,, se. 99.

n (Molière) parie passablement le françois, il traduit assez bien Tîtalien et ne copie pas mal les Authcurs, car il ne te pique pas d*wio\v le don d'invention, ny le beau génie de la poésie , et ses amis avouent librement que ses pièces sont des jeux de théâtre où le Comédien a plus de part que le poète , et dont la beauté consiste presque toute dans l'action.

De RocHSMOirr (7 Barbier d'Aucour), Ohterv, tur le Fettin de Pierre, i665 ; édit. Gay, p. h-b.

Je ne me pique point J'un flegme si bénin.

MoifTPLEURY, Dupe de toi-même, U, 1.

Je ne me contrains guère , et môme je m'en pique.

Id., Gentilh, de Beauce, III, 8; - Gf. Dupe de toi-même, V, 1 ; Ambigu corn,, \*' inlerm.; - Trigaudin, II, 9.

Depuis les opéras, la rage de musique

S'est mise dans Paris; tout le monde t'en pique.

Hauterochb, Critp. mutic., V, 6; - Gf. lo., ibid., II, 8.

Elle se pique fort de beauté , de jeunesse.

Poisson, L'Aprèt-toupé det Aub., se. 9; - Cf. lo., Foux divert., I, A ; Coméd. tant titre, II, /i.

Quoy-qu'il (Luther) fut un des Orateurs les plus vifs de son siècle, loin de faire jamais semblant de te piquer «/'éloquence , il prenoit plaisir de dire qu'il estoit un pauvre moine nourri dans l'obscurité et dans l'Ecole, et qui ne sçavoit point l'art de discourir.

BossDBT, Bitt. det Var., 3 in-6°, 1688; II, p. 5i ; - Cf. Id., t^.; II « p* 67, 5o.

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