PORCELAINE
Menez-moi chez les Porlugais . . .
Nous y verroDs de Tanibre gris, De beaux ouvrages de vernis, Kt de la porcelaine 6nc.
ScARnoif, Œuvr,, Paris, Darid, 1700; I, p. 343; - Cf. Œuvr. burl., i6ù/i, p. ai ; - Vir^, trai\, 1706; 1, p. 178.
Vous me semblicz accoudd
Sur un ydse de porcelaine, - SAiirr-AiiiNT, Œuvr,, bibl. clzév., II, p. 399 .
Icy, Jes cabinets d'ébènc ;
Là, les vases de porcelaine. - Fr. Collbtet, Juvéïal hurl., 1657, p. ta.
127 Pour Sa Majesté contenter.
Il falloit tout reprézenter, Sçavoir pourcelaines , peintures. - Lorbt, Mnze histor,, a 5 août 16 5 a.
57 Mardy, Monsieur le Cardinal, Par un aprét vrayment royal , En plats d^argent et porcelaines.
Traita le Roy, traita deux Reines. - Id. , ibid,, 93 noùl iG53.
901 Le grand royaume de ia Cbinc D^ou vient la porcelaine fine , Et cinq cens autres rarctez. . . - Id., ibid,, 3i décembre 166a.
79 Tant de brilians lustres dorez, De porcelaine» et de vazes Qui pouvoient cauzcr des extases. - Id. , ibid, , 3 novembre 1 G63.
Le soir, c^est un démon dont nul ne rient à bout ;
Porcelaine, miroir, pendule, il jette tout. - Poisso.'v, Fem, coq,, l, 3.
Ma sœur veut vous donner un fort beau point de Gesne , Et moy des citrons doux et de la pourcelaine,
DoBiMo:>iD, CotnSd, de la Coméd., se. â.
Intendanls, cuisiniers, rempliront mon palais;
Mon buffet ne sera qu'or et que porcelaine, - Regtijlrd, Ménechme$, IV, 9.
* La prononciation du mot était alors très incertaine; Ménage ailirme déjà, en 1679, qu'il faut dire porcelaine et non pourcelaine (Observ., I, p. 157). Eu 169*2, Andry de Boisregard fait remarquer de sou côté qu'on dit porcelaine et nou porceline ( Béflex. ttir Viita^e prêt, de la lang, franc.), Eniin, en 1693, de Call 1ères se moque des bourgeois qui disaient encore pourceline».
Il semble que, en 170.5, le moi porcelaine ne s'appliquait pas seulement aux objets que nous appelons de ce nom : ^Porceline, pourcelaine. On ne dit plus ni l'un, ni l'autre, mais on dit porcelaine. Par exemple, une de nos Dames.. . parlant un jour de ces tonsurez qui, indifféremment sont nommez abbez, soit qu'ils soient de qualité ou qu'ils n'en soient pas: 11 en est d'eux, dit-elle, comme des garnitures de cheminées; il y a des vases dorez et des vernissez; il y en a de cristal et de verre, et tout cela est appelé porce/aine.n
Leven de Templert, Génie et poUtetse de la lang. franc., 1706, p. 918.
Porcelaine, Ce mol désignait auirofois une sorte de pourpier, puis un coquillage, enGn, selon le Trésor des trois lang., de Hier. Vicier, i6o5, «une vaisselle de terre cx)lorée à mettre des fruits?!. Les faïences d'Urbino, etc., étaient désignées sous ce nom, réservé plus tard aux produits de la Chine, du Japon, et aux imitntions qui s'en firent à DelR, en Hollande. C'est seulement en 1710 (jue la vraie porcelaine, notre porcelaine actuelle, put être fabriquée en Europe, après la découverte du kaolin en Saxe; en 1766, la décou-
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'erfe de gisements de kaolin près de Sainl-Yrieix, dans le Limousin, donna naissance à rindustrie de la porcelaine en France, oii s*ëlcva bientôt la manufacture de Sèvres. Le Recueil des Tarifs de 1736 ne prévoit pas de droits de sortie pour la porcelaine; mais rentrée en était taxée à 90 livres tournois par cent livres do poids; <rla porcelaine cx>ntrelaite de Hollande (de Delfl) ou fayence^) était taxée à 10 livres par poids de 100 livres. C'était, on peut en juqct par ce oui précède, un très grand luxe que Tusage de la porcelaine vraie ou fausse, de Chine, du Japon ou de la Hollande : nos citations en font foi.
Dans rinventaire fait après le décès de Molière, on remarque, à côté de la vaisselle d*étain, pesant 101 liv. , et de la vaisselle d'argent pesant a6o marcs (1 ao liv. ou 60 kilog.), leulement «une grande coupe de porcelaine fine», parmi tr soixante-huit pièces de por^ efloiM d'Hollande, en vases, urnes, buires, et autres petites poteries et assiettes 9) ; et, dans une autre pièce , « trois pots à œillets , trois cuvettes et trente-six pièces de porcelaine d*Hollande, tant pots, buires, assiettes, plats et bassins?).
La rareté de la porcelaine explique le haut prix qu*y attachait Chrysalc, et condamne le luxe insensé de ce duc espagnol dont parle Montreuil : «rLe premier soupe qu'il donna à la première femme qu'il ait aimée , fut scrvy dans des plats de faycnce (ou porcelaine). . . A chaque service on les jeloit par les fenêtres». - Mortrbuil, OEuvr., 16G6, p. 695.
Port, terme de jeu.
337 Tiens, c'est ici mon port y comme je le l'ai dit. - Fâch.y II, 2.
♦ Voir Porter, terme de jeu.
vPort se dit, dans les jeux de cartes, de ce qu'on réserve après en avoir écarté quelques-unes. Mon port est en cœur, en pic. Voilà mon port. Ce port éloit beau , mais il na pas réussi.» - FiRETiKnE, Diction,
Il semble que port, porter fussent mots nouveaux et à la mode, car La Martinière, dans n Maûofi académique ( i65/i), ne les a pas expliqués.
Porte-respect.
1206 Foin! que n'ai-je avec moi pris mon porte-respect? - LÉt. , III, 6.
Il s'agit ici, non d'un bâton comme on pourrait le croire, mais d*une sorte de caralûne, qui aurait complété Tarmement de Lélie :
J'ai deux bons pistolets et mon épée est bonne.
Dans la FtUe de Af"' Angot, le bâton est appelé pouvoir exécutif,
* nPorte-retpect est un nom que quelques-uns donnent à un mousqueton ou une ^vabine qui a un calibre fort large, qui oblige celui à qui on le présente de porter retpect ^de céder à la violence de son cnuemy.n - Fuiibtiàbe, Diction,, 1G90.
Porter,
avoir en soi.
Je vous avoue, Madame, que je n'ai point le talent de dissimuler, et que je porte un cœur sincère. - D, Juan, I, 3.
36i L'homme qui porte une âme belle et haute. - Malii., I, 18. 1687 Je/*^*^ ^^ cœur sensible et vous l'avez percé. - Coiuf., Polyeucte, V, 3.