PRENDRE (EN) — PRÉOCCUPÉ
36** Prendre (En), s'en donner.
Vraiment, elle en a pris tout son soûl, la nisëe.
Ec. des Mar.f Ili, 5.
Sa Le drAlc en prit, ce jour et les suivants,
Pour son argent. - La Fo^., IV, p. 363 : Conteê, II, 9.
* t Si les mots dont je viens de parler usurpent la signification de onelques autres, juges, Madonte, ce que doit faire cetui>cy, qui exprime le métier des voleurs et des pirates, et qui ne parle jamais que de prendn. U ne se contente pas de prendn rétohuion, de prmin garde, de prendre toin , de prendre pitié, de prendre conteil, qui sont des choses buâbles; il porte même ses pillages sur les passions les plus vicieuses, car il prend envié, W prend oceaeion, il prend vengeance, il prend la fuite,
«Mais comme il s approprie aujourd'huy la signification de plusieurs autres mots, j'ose dire que ces mots-là, étant ainsi dépouillez, ne sont plus que des mots à rire. Je n'excepte pas même ceux qui servoient à pleurer, car on a toujours dit : il •• mit à pleurer^ et présentement on use plutôt de prendre, en disant t7 te prit à pleurer. Gomme aussi. Ton i toujours dit : aeeueer autruy de» nudheurt qui noue arrivent; maintenant, on aime mieux dire : m prendre à autruy de» malheur» qui nou» arrivent. On disoit : je ne eçay par oà commencer; k cette heure, on dira plutôt :je ne eçay par oà m'y prendre, et t^y prendre de bomiê grâce. On disoit encore : st vou» voulez Pentendre de cette eorte; en ce temps, on dit : tt vou» le prenez par là. De même , on se précautionnoit en une entreprise ; aujourd1)Qy, on prend »e» devant», on prend »e» tHiretez. . . Autrefois, on compassoit son temps ; SQJourdliuy, on prend »e» me»ure». On avoit coutume de dire : t7 vom arrivera la même àm; mais aujourd*huy Ton dira plutôt : t7 vou» en prendra de même. Au lieu de dire : à ^ entendre cela, on &i : à le bien prendre. Quand un homme étoit chagrin, on ne sçavoit comment agir avec lui ; maintenant on ne sçait comment le prendre. Enfin, Madonte, quand on parloit de la beauté d*une fille, on disoit : U n'y a pereonne qui ne »*en rende omovreux; avgourd^huy, lorsqu^on parie de vos appas, on aime mieux dire : il n'y a per~ muu qui n'y »oit pri».
«Mais j*ay à vous avertir que, comme le mot prendre tombe à toute heure dans le discoure, on n*en doit point abuser, car son usaae trop firéquent est ridicole.
«Je me souviens qu'un jour d'hiver, conduit par mon mauvais génie, je renccmtray on bomme qui se sert à tout propos de ce mot. Après qu'il m'eut touché la main : Je viens, me dit-il, de prendre la promenade, en laquelle j'ay pri» un plaisir extrême; mais, comme le jour prend son déclin, je me retire chex moy pour . aller prendre Pair du fea« car n je tardois davantage, j'aurois peur de prendre mal. Et vous. Monsieur, ajouta*t-il,
Îuel parti prenez^vou» f — Alors, le regardant avec des yeux de pitié : Vous avex pri» tant e choses, luy répondi»-je, qu'il ne me reste plus qa^k prendre patience. — A ces mots, je me sauvay de sa compagme comme d'un naufrage. »
LivBTs DE Templirt, Génie et polite»»e de la langue franc., Paris, 1700, p. 35-38.
Préoccupé, déjà occupé, occupé d'avance.
133 Un cœur prioccuppé résiste puissamment. — Prine. HEl., I, 1.
Besoin est-il d'aller au-devant des maux, préoccuper une douleur que nous sentirons asseï tôt quand l'occasion en sera venue? - Malh., II, p. 356.
976 Prince, que voidez-vous d'un cœurpréoea^f - Cobr., Toison éPer, U, 5.
366 préparatif — présentation
Prépabatif.
* Voir t II, p. 590, Insinuatif: dy$tère ituinuaûf, préparatif, clc
Prépositions.
* Voir aux mots : à,de, en, par, parmi, pour, ttir. . .
Prérogatives, avantages.
Vous ne savez pas les prérogatives de tout cela?
Bourg. gerU.y III, 3.
4c Le mot prérogatweê entraine ici une idée de comparaison dont Molière n'a pas teni compte.
. . . Rendre à ma maison les prérogativei qu'on avoit données ou rendues à Iroi ou quatre autres. - La Rochit., II, p. &56.
Prescrit, déterminé, arrêté d*avance.
1993 Pensez- vous qu'à choisir de deux choses /^re^ràe^, Je n'aimasse pas mieux être ce que vous dites?
Éc. des Fem., IV, 8.
i55 ... Arrivant l'heure /^retm^e Que le trépas, qui tout limite.
Nous privera de sa valeur. - Malh., I, p. 8t.
3 1 3 (l'est un point inscnitable , à moins qu'on ne le fonde Sur les moments pmeriu à cuire ou consumer L'aliment ou l'humeur qui s'en est pu former.
Là Fort., VI, p. 333 : PoèmeM; Ls Quinquina,
Présent : pour le présent,
901 Ma foi, pour le présent , j'ai certain embarras. — Fâch. ,1,3.
Présentation, tet-me de chicane.
Il vous faudra de l'argent . . . pour h présentation.
Fourb. de Scap., II, 5.
* «La Df^mtotton, dit Furetière, qui connaît la matière, étant procureur, se dit d'ur comparution en justice. On ne reçoit personne à plaider qu'il n'ait fait sa prhmUation un greffe qu'on nomme pour cela greffe des pré99ntaUon». Une préêtntation au crimin* se doit faire en personne. — Préientation se dit aussi du droit du Procureur qui offi d'occuper une cause. Un Procureur se fait payer un escu pour ssl préimUatUm , et u ne k est deu que sept sous six deniers.!» -> FoiiriàRi, Diction,, 1690.
Presser : i® Pousser, inciter à . . .
791 Bien qu'il m*ait voulu perdre, un point d'honneur me jpresse De secourir ici Toncle de ma maîtresse. - Fâch., III, 5.
t9i3 Vous Tavez fait renaître en me prenant d*un choix
Qui rompt de vos traités ies favorables iois. - Coix., Rodogunê, lY, 1.
1191 Je Yaû moi-même encore au pied de ses autels
Le preuir d'accomplir ses serments immortels. - Rac, Phèdre, IV, k,
3" Solliciter, demander avec instance.
1190 Toute la courtoisie enfin dont je vous presse, C'est que je puisse voir votre belle maîtresse.
Ée.des Fem., IV, 4.
Après m^avoir Cût beaucoup de plaintes de Madame de Chevreuse, elle (la Reine) mepmêa de n'avoir plus de commerce avec elle. - La Roghit., H, p. 89.
160 fVtttts : demande! tout, pour ne rien obtenir. - Ric, Andr9m., I, 1.
U me semble. Monsieur, que yous prenez de près ma servante.
Rborârd, Fillee err,, U, 1.
3" Ecraser, opprimer, accabler.
3o5 Hélas I quel mal vous presse f
Je vous vois prêt. Monsieur, à tomber en foiblcsse.
Sgan. , se. 11.
11 9/1 Oui, d'un trop grand malheur la surprise me presse.
D. Gare. , I V, 1 .
1180 C'est avec d'autres yeux que ne fait la Princesse, Seigneur, que je verrois le tourment qui vous presse.
Ibid., IV, 6.
i3i Sa mère se trouvant de pauvreté pressée. . . - Ée,des Fem., I, 1.
Pay fait prendre, 6 grand Roy, tout ce qui m*a esté possible pour ne te pmnt donner cognoissance de Textreme desplaimr qui me preete, craignant qn*6n eua je ne te fusse fascheuse et importune. - D'Dari, L'Âetrée, 161& ; II, p. 776.
D y a un juge établi pour. . . leur faire raison (aux serviteurs) quand. . • leurs maltrâs les battent trop cruellement, ou les preetênt de quelque vilenie.
MiLH., U, p. 71.
Les personnes qui semblent n^avoir rien à soubaiter sont celles qui souvent se trouvent preeUee des plus violents désirs.
Sbgbâis, Nouv. franc,, i656; 6* Nowf., p. 7.
La confiance est quelcpiefois comme un relâchement de Tâme, qui cherche à se soulager du poids dont elle eaipreeeée. - Là Rochbt., I, p. 198.