I. Pronoms sujets
1^ Suppression des pronoms sujets :
a. De la première personne.
1099 Gage qu'il se dédit. — Et moi, gage que non. - UEt., III, 3.
7(n (Tesi-à-dire : Je gage.
Je proteste de ne prétendre rien à tous vos biens, pourvu que vous me laissiez celui que j'ai. — Non ferais de par tous les diables.
VAv.y V, 5.
^ G*est-^-dire : J9 n'mfirai rim, comme on le voit quelques ligues plus loin :
Il faut que vous me l'accordiez. — Je n^ en fend rien. - Ibid., ibid.
b. De la première personne^ devant un second verbe, dans
deux propositions consécutives.
i5oi Quoil tu ne me connois pas? — Non,
Et n^en ai pas la moindre envie. — ilmpi., III, a.
jf G^estrà-dire : et je n'en ai pas. . .
Mangez-vous bien, Monsieur? — Oui, et bois encore mieux.
Poure.y I, 8.
« (Test-à-dire : eijê bou.
c. De la deuxième personne.
1753 La maison à présent, comme savez de reste.
Au bon Monsieur Tartuffe appartient sans conteste. - Tart.,y^ b.
^ G*e8l-à-dire : comme votif êovez.
Quoil jaloux de ces choses-là? — Oui, jaloux de ces choses-U, mais jaloux comme un tigre, et, si voulez, comme un diable.
SicU., se. 6.
« G*es(-è-dîre : m vont vomUz.
d. Du pronom vague de la troisième personne il ou ce :
Dans la locution cr il y a ?).
En batifolant donc, puisque batifoler y a (il y a), j'ai aperçu de tout loin quelque chose qui grouilloit. - 1). Juan^ II, i.
Quoi I parler ainsi d'une chose dont vous avez tiré de si grands avantages? — Et quels avantages. Madame, puisque Madame y a?
G. Dand.y I, li.
V CTest-à-dire : U y a.
Devant cr dler -n , se porter : comment vous en va ?
Bonjour, Monsieur Molière . . . Comment vous en vaf
Impr. de Ven.f se. 9.
Bonjour, ma mie. Hé bien I qu'est-ce? Gomme vous en va?
Am. méd.f I, 9.
* (Test-à-dire : comment voui tn vti-i-il T
Devant cr déplaire n , dans la locution tr ne vous déplaise t).
7 Pour moi, me soupçonner de quelque mauvais tour. Je dirai, n^en déplaise à Monsieur votre amour. Que c'est injustement blesser ma prud'homie. - Dép. am,, I, i.
La dame est un peu embarrassante de son naturel;. . . et, n^en déplaise à sa qualité, c'est la plus sotte béte qui se soit jamais mêlée de Raisonner. - Orit. de FÉc. des Fem., se. 9.
999 Fort bien. — Oui, j'aime mieux, n^en déplaise à la gloire, Vivre au monde deux jours que mille ans dans l'histoire.
Princ. d^ÉLy I, 9.
Étois-tu tantôt au compliment qu'il m'a fait? — Oui, Madame, j'y étois; et je l'ai trouvé un peu impertinent, n'en déplaise à Sa Principauté.-/Wa., m, 3.
75 Et parfois, n^en déplaise à votre austère honneur, Il est bon de cacher ce qu'on a dans le cœur.
Misanth., I, 1 ; - Cf. ibid., II, i, vers 677; - UAv.^ II, 1 ; Am. magnif.^^y 1; - Fem. sav,y FV, 9, vers i9i&, etV, 3, vers 1669.
* De même que Molière a dit non forai et je n'en forai rien, il dit : im vous m déplaiêê ^ Ji^U ne voui en déplaùe :
8/1 Et. . . — OÙ donc allez-vous, qu'il ne vous en déplaise?
Éc, des Mar.y I, 9.
35 Mais, ma mère. . . — Ma bru, qu'U ne vou$ en dêplaiMe^
Votre conduite en tout est tout à fait mauvaise. - Tart.^ 1, i.
A'mo (tétre besoin d.
1780 Mettre vos meubles hors, et faire place à d'autres,
Sans délai ni remise, ainsi que heeoin est, - Tari.^ V, Ix.
t Cest-à-dire : ainsi qu^il en e»t bêtoin.
Dans la locution cril nimporteT).
5ii JfimpwUy tu devois attendre jusquau soir. - VÉa., U^ 3. &3& PTimpwie, je ne puis m'anéantir pour toi. - Amph.y I, s.
5o3 Qu'ils s'accordent entr eux, ou se gourment, qu^importef
/6ta.,]I, 6.
Mdière emploie aiusî le pronom :
100 Que vous imparte-t-U quon y puisse répondre? - Fem. eav., I, 1. 781 11 n^imparie; aussi bien ai-je à vous dire ensuite. • .
Dans passe ! si fréquemment employé, qu'il est devenu une sorte â! interjection y pour que cela passe!
106 5 Si Monsieur votre père étoit homme farouche. Passe; mais il permet que la raison le touche.
Dip. am.y III, 9.
678 II m'a pris le ruban que vous m'aviez donné. . . — Passe pour le ruban. - Éc. des Fem.y II, 5.
/iio Signons une trêve. — Passe; Va, je t'accorde ce point.
Àmph., I, 3; - Cf. Vbt.y IV, /i,vers i5o3.
Avec (c prendre d : bien vous prend , lui prend.
78 Bien vous prend que son frère ait toute une autre humeur.
Éc. des Mar.y I, 3.
'jkk Le lourdaud I — Bien lui prend de n'être pas de verre.
Fem. sav.y III, 3; - Cf. Und.y I, 1, vers 79.
Avec (T sembler 7).
Molière tantôt onploie et tantôt supprime le pronom vague t^ ou es.
87 Mais. . . — Pour vous, vous pouvez aller où bon vous $enMe,
Éc. des Mar.j I, s.
963 Nous ne nous sommes vus depuis quatre ans ensemble.
— Ni, qui plus est, écrit Tun à Tautre, me sembh.
Éc. des Fem.f I, li\ - Cf. ibtd.^ lY, s, vers 1061 ; V, &, vers i5i3.
3 Nous sommes ici seuls; et Ton peut, ce me semble. Sans craindre d'être ouïs, y discourir ensemble.
Ibid.^ I, t ; - Cf. ibid.f ibid,, vers i3, eiibid., II, 5, vers 5&9.
Avec <r suffire T).
899 Tallois mettre en Tinstant cette fille en ses mains; Mais suffit , j'en aurai tout le soin qu'on désire.
UÉt, II, 10; - Cf. ibid., m, 5, vers ii63; rV, 9, vers 1/106.
7&1 Je le crois. — Tai promis que je ne dirois rien.
— Suffit. — Dès à présent je suis muet. — Fort bien.
Dép. am.y II, 6; - Cf, t6wi.,IV, 3, vers i357; V,/i, vers i584.
5/i3 D'où vous nait cette plainte, et ce chagrin brutal?
— Suffit. Vous savez bien où le bois me fait mal.
Sgan., se. 91 ; - Cf. Fâch.y II, 4, vers 467; - Éc. des Fem. , IV, 9 , vers 1 o45 ; et IV, 4 , vers 1198; - Tari., Il, 9, vers 557, et II, 4, vers 749; - D. Juan, I, i«
Molière dit aussi : t7 tuffit.
3i5 Ahl Madame, t7 suffit, pour me rendre croyable. Que ce qu'on vous promet doit être inviolable.
D. Gare, I, 3; - Cf. ibid., II, 6, vers 63o.
Avec «c venir T).
6 Mais, ma mère, cfoù vient que vous sortez si vite? - Tart., I, i. 1889 ^'^ ^^' 9^ P^^^ paroltre il s'avise d'attendre? - Ibid., V, 7.
Avec «c voilà Tî.
1807 Hé bieni ne vùHàpas mon enragé de mattrel — UEu, V, 5.
1607 Hé bienl ne voilà pas de vos emportements! - Tari., V, 1.
Ne voilà pas ce que je vous ai dit?
G. Dand.y III, 7; - Cf. VAv.^ I» 3;— Escatb., se. 9; - Fem. sav.^ II, 6, vers 479, etc.
Voilà pa$ le coup de langue. - Bourg, gent.^ III, i.
Molière a aussi employé voilà avec le pronom :
i6/i FbtZÂ-t-^ pas Monsieur qui ricane déjà! - Tart.^ I, i.
a® Pronom personnel non répété devant deux verbes dont % est le sujet y même lorsque les deux verbes sont éloignés l'un de Vautre y et sott qu'il y ait une négation devant les deux verbes ou devant un seul :
1889 Mais je vais employer mes efforts plus puissants, Remuer terre et ciel, m'y prendre de tout sens, Pour tâcher de trouver un biais salutaire. Et vous dirai bient6t ce qui se pourra faire.
UÉt., V, 7; - Cf. ibid.y II, 3, vers 667, etc.
8o5 Je rCai qu'un mot à dire, et ne tarderai guère.
Éc. des Fem.y III, 3.
Je rCai rien exigé de vous, et vous tiendrai ce que j'ai promis,
D. Juan, m, &.
Je m'en souviens assez, et ne nCen souviendrai que trop.
G. Dand.y H, 7, etc.
* Vangelas a fait une lon^e Remarque sur la «suppression des pronoms personnel devant les verbes», remarque qui a provoqué un commentaire étendu de Th. GomeilU et des observations de l'Académie française.
«Cette suppression a très-bonne grâce, quand elle se fait à propos, comme «nous avon «passé les rivières les plus rapides, et pris des places que Ton croyoit imprenables, et n*au «rions pas fait tant ae belles actions, si nous estions demeures oisifs». B est bien plni élégant de dire «et n^aurions pas fait tant de belles actions», que si Ton disoit «e «noiM n'aurions pas fait». Il en est de mesme de tous les autres pronoms personnels de li seconde ou de la troisième personne singulière et pluriele , dont les exemples sont si fréquents dans nos bons Authcurs, qu'il seroit superflu d'en rapporter icy davantage.»
Vaugelas et Tb. Corneille, après lui, discutent ensuite le cas où la seconde propositioi est n^ative; mais l'Académie s'en tient à l'exemple donné plus haut, et dit : «Non seulement on n'a point trouvé que, dans la phrase de M. de Vaugelas, il soit plus élégan de dire «et n'aurions pas feit tant de belles actions», que si Ton disoit «et fiotw n*aunon pas fait» ; mais on a regardé la suppression du pronom nom comme une faute. D n'es presque jamais permis de supprimer les pronoms personnels devant les verbes, quoy qu'il ayent esté exprimez dans le premier membre de la période.»
Vaugelas, édit Chassang, U, p. 1&3-1&6.
3® Pronom personnel sujet d^un verbe à Vinfnitif.
460 Mais pourquoi moi pleurer, puisque je n'ai point tort?
Sgan.y se. 17.
&® Pronom rappelant j englobant deux mjets , tantôt employé (a) , tantôt supprimé ( b ) .
a. Léandre et mot, nous fûmes laissés par nos pères. . .
Fourb. de Seap.j I, 9.
i. 1667 Si bien qu'Albert et moi scimmes tombés d'accord.
Dip. am.^ V, 6.
&06 Et puis son phre et moi r^étions qu'un en deux corps.
Fem. sav.^ Il, &•
5® Moi-même , toi-même , etc. , employés seuls comme 8ujets{B) , ou avec un pronom de la même personne (b).
a. 8Ub Et toi-même avoûras que ce que j'ai fait part
D'une pointe d'esprit où peu de monde a part.
UÉt., n, 11; - Cf. ibid., IV, 5, vers 4.564; D^. am., III, 9, vers 1067.
hU Mais vous-même à ses vœux engageâtes ma foi. - Sgan,<, se. 1.
h. 89& Vous-même vous voyez ce que je viens de lire. - £'£(., Il, lo.
&!& Et moi-même 9 je veux l'aller faire sortir. -Ée.des Fem.^ Il, 9.
6^ Lui, employé y non comme complément indirect y mais comme sujet.
36 Mais luiy ferme et constant, n'en a /ail aucun compte.
Fdck.y I, 1.
199 Luiy qui connolt sa dupe et qui veut en jouir, f
Par cent dehors fardés a l'art de l'éblouir.
Tart,y I, 9 ; - Cf. Dép. am., V, 4, vers 1587-1689.