‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 316 sur 664 · II. Pronoms coMPiiiiENTS · texte numérisé non relu

II. Pronoms coMPiiiiENTS

1 ^ Suppression des pronoms compléments directs : a. De la première personne.

Diable emporte si je le suis! - Méd. maigri lui, I, 5. * G*e8t-4-dire : le Diable m'emporte si . . .

Diable emporte si je le savois! - Ibid,y ibid.

Diable emporte si j'entends rien en médecine I

Mid. maigri lui^ ITI, i.

Diable emporte si je m'en souviens! - Pourc^ 1,6. Molière emploie ausû le pronom dans le même juron :

Le diable m^ emporte 1 vous logerez chez moi. ~ llnd.^ ibid.

Oui, le diable m'emporte l Tu peux me croire, puisque j'en jure.

G.Dimd.yU, 1.

b. De la troisième personne.

Je vous prie de le faire venir ici ; je vous conjure que ce soit en par- • ticulier. . . — Oui-da, je m'en vais lui dire. - Mid, volant , se. 1 5,

* Cest-à-dire : je vais le lui dire.

771 Va, chut! Vous le voyez, je ne lui fais pas dire.

Ée. des Mar.y II, 9.

4c G*e8l-Â-dire : je ne le lui fais pas dire.

Cette seconde chanson ayant touché Moron fort sensiblement, il pria le Satyre de lui apprendre à chanter, et lui dit : Ah I qu'elle est belle 1 Apprends-la-moi. - Prine. d^ÉL, 3* interm., se. 5.

4( Cest-à-dire : il pria le Satyre de lui apprendre â la chanter.

1733 Salut, Monsieur. Le Ciel perde qui vous veut nuire.

Et vous soit favorable autant que je désire. - Tart.y V, &.

* Cest-à-dire : autant que je U désire.

Plus haut , Molière avait employé le dans une phrase semblable :

878 Que le Ciel, à jamais, par sa toute bonté. Et de l'âme et du corps vous donne la santé, Et bénisse vos jours autant que le désire Le plus humble de ceux que son amour inspire I - Ibid., III, 3.

Que ne lui disois-tu que Monsieur n'y est pas? — H y a trois quarts d'heure que je lui dis. - D. Juan y iV, 3.

* Cest-à-dire : que je h lui dis.

Est-ce donc vous. Madame, qui avez dit à votre mari que je suis amoureux de vous? — Moi? et comment lui aurois-je dit?

G. Dand.^ I, 6.

t Cest-à-dire : comment le lui aurois-je ditT

Voales*vou8 mettre votre habit? — Oui, donnez-moi.

Bourg, gent,, II , 5.

* (Ttft-à-dire : oui, donnez -/e-moi.

On ne m*a pas dit que l'affaire se soit ainsi passée. — Demandez-lui plutôt : il ne vous dira pas le contraire. — Fourb. de Scap.^ I, h.

* (Test-è-dire : demandez-la-lui.

i3&i A le bien prendre, au fond, elle n*est pas si béte Que vous autres Messieurs vous vous mettez en tête.

Fem. ioo., IV| 3.

* (Testrà-dire : vous tous le mettez en tête.

Vous n allez entendre chanter que de la prose cadencée, ou des manières de vers libres, tels que la passion et la nécessité peuvent fisdre trouver à deux personnes qui disent les choses d'eux-mêmes et parient sur le champ. ~ Mal. imag.y II, 5.

* Ceft-Â-dire : peuvent let faire trouver.

tPour Tarrangemenl des relatifs le, h, le$, avec les pronoms personnes, on doit remtrquer que, les construisant avec les datifs luy et leur, les phrases en sont prosqno videiises, comme de dire : je U$ luy donneray, je lêê leur etwoye, U est lûen mieux de n*y mettre oue lesdits datifs : je luy donneray,je luy etwoye, encore que Tun et Tautre se poîsse dire. 9 - Art. Oddir, Gram. franc,, rapportée au langage du temps, i6&5, p. 107.

2° Pronom complément direct fTun verbe réfléchi^ supprimé ^ ce verbe réfléchi étant luinnême complément â!un premier verbe comme faire, voir, laisser, etc.

66 1 Les mauvais traitements qu'il me faut endurer

Pour jamais de la Cour me feroient retirer. - FAeh.^ III, &.

* (Test-à-dire : me feroient me retirer.

818 Et si du bon chemin on Ta fait écarter^

Deux mots incontinent Ty peuvent rejeter. - Éc. det F(?m., III, 3.

* C'est-à-dire : on Va fait e'écarter.

C'est un homme que je n'épouse point par amour, et sa seule richesse me fait résoudre à l'accepter. - Mar.ford^ se. 7.

* Cest-à-dire : méfait me réeoudre.

Je vous prie de vous mêler de vos affaires, et de me laisser tuer à ma fantaisie. - Princ. d^ÉL^ i* interm., se. 2.

t G*est-&-dire : me laieeer me tuer.

56 1 Vous n'êtes pas sorti? — Non; mais je veux, Madame, Ou pour eux, ou pour moi, faire expliquer votre âme.

Misanth.f II, U.

i^ G^est-è-dire : faire 9* expliquer.

1609 Allons : vous y pourrez seconder mon effort.

Et le Ciel à propos ici vous a fait rendre. - Amph.y El, &.

* C'est-à-dire : voue a faà voue rendre.

Gomment va notre affaire? — Faut-il le demander? Et me voit-on mêler de rien dont je ne vienne à bout? - UAv.y II, 5.

:tc Cest-à-dire : me mUer.

Certains impertinents de laquais. . . viennent provoquer les gens, et les faire aviser de boire lorsqu'on n'y songe pas. - Ihtd.y III, 1.

4c G'est-â-dire : Ue faire e'avieer.

J'ai songé qu'on pourra trouver à redire de me voir marier à une si jeune personne. - Ibid. , IV, 3.

3|c Cesi-è-dire : de me voir mê marier.

Découvrez doucement les sentiments d'Ériphile, et faites-la ressouvenir qu'il faut se rendre de bonne heure dans le bois de Diane.

Am. magnif., I, 2.

* Cest-à-dire : faitee-la ee reeeouvemr.

C'est l'amitié que nous avons pour vous qui nous fait intéresser dans vos avantages. - Bourg, gent.^ V, 6.

* Cest-à-dirc : noue fait noue intéreeeer.

Je ne feindrai point de vous dire que le hasard nous a fait connottre il y a six jours. - Mal. imag.^ I, 5.

t C'est-à-dire : noue a fait noue connoUre, Voir ci-dessus, p. 383, Promener.

3° Pronom complément direct ou indirect représentant un substantif non déterminé par un article.

679 Mais je demande grâce à vos divins appas : Je la demande au nom de la plus vive flamme.

D. Gare, y II, 6.

1690 n seroit beau vraiment qu*on le vit aiqonrd'hni

Prendre loi de qui doit la recevoir de lui. — Ée. des Fem.^ V, 7.

Vous tournez les choses d'une manière qu'il semble que vous avez raison; et cependant il est vrai que vous ne Tavez pas. - D. Juan^ ly 9.

Vous m'avez donné parole de me faire faire raison par Dom Juan : songez à me la faire, je vous prie. - llnd,^ m, &.

1359 Mais mon cœur vous demande grâce : Pour vous la demander je me jette à genoux. - Amph., II, 6.

Je vous demande raison de cette affaire-là. — Ne vous tourmentez point; je vous la ferai. - G. Dand.y I, &.

h? Pronom servant à deux verbes comme complément direct ou indirect dans deux propositions coordonnées.

La nation Françoise se décrie et dishonore par lesdits abus et fautes grossières. - Fâck., IIÎ, 2. Placet de Caritidès.

n ne me reste plus que deux enfants ; . . . il les traite et gouverne à sa fantaisie. - Pourc, I, 5.

Il s'en est fui de chez moi, après y avoir été mis; mais je vous défends, de la part de la médecine, de procéder au mariage que vous avez conclu, que je ne Taie dûment préparé pour cela et m» en état.

Ibid.y II, 9.

383 Mais pour nCoffrir leur cœur et vouer leur service Tes muets truchements ont tous fait leur office.

Fem. sav,y II, 3.

5^ Pronom servant à deux verbes y dans deux propositions coordonnées, à Tun comme complément direct y à Vautre comme complément indirect.

&5i II nous le faut mener en quelque hôtellerie

Et faire sur les pots décharger sa furie. - L'£i(., I, 9.

* Cesl-à-dire : U faut le mener et lui faire . . .

51 6 3 Nous ne nous sommes vus depuis quatre ans ensemble. — Ni, qui plus est, écrit l'un à l'autre, me semble.

Éc. des Fem.y l, k.

# CTcstrA-dirc : nous ne nous (complément direct) sommes pas vus et ne noui (complément indirect) sommes pas écrit

6** Pronom complément direct non répété après un verbe unique réclamant un second complément.

1810 Puisse-t-il te confondre, et celui qui t'envoie. - TarL^ V, 6.

t G*est-à-dire : te confondre, toi et cdui. . .

7** Pronom complément indirect supprimé.

Ne vous alarmez point. Je sais ce qu'il faut à tous deux.

L'Av., I, i.

9|c G*6st4-dire : ce qu*il voue faut & tous deux.

Six répliques plus haut, Molière fait dire au même Harpagon :

Et moi, j'ai quelque chose aussi à vous dire à tous deux. - Ibid.^ I, &.

8^ Pronom complément indirect placé après le verbe avec la préposition à.

i!i99 '^^^ maître te fait signe, et veut parler à toi. - UÉt., I, 8.

6/1 5 Vraiment, n'ayez point peur, et laissez faire à nous.

Dép. am.y II, 6.

t Molière a dit aussi laieeei-nous faire :

Eh, morguennel laissez-nous faire : s'il ne tient qu'à battre, la vache est à nous. - Méd. malgré /ut, I, &.

&06 Non. Mais au nom des Dieux, donne-moi la licence De parler un moment à toi. - Amph., I, 9.

N'y a-i-il pas moyen que je la puisse entretenir? — Oui : venez avec moi, je vous ferai parler à eUe. - G. Dand.y H, &.

997 Monsieur, un homme est là qui veut parler à vous.

Fem. sav.f III, 3; - Cf. ibid.^ III, 4, vers 1079.

Qu'est-ce que tu dis? — Je dis que voilà un homme qui veut parler à vous. - Mal. imag., II, 9.

irOn peut dire : U m'a parlé et il a parlé à moy; mais il faut observer que quand on adjouste le sujet dont on parle , alors on se sert des personnels conjonctifs : t7 luy a parlé de ie$ affairet; autrement il est indifférent de dire : t7 luy a parlé ou t7 a parlé à luy.n

Aht. Oudih, Gram, franc., i6&5, p. io5.

9® Pronom complément indirect placé avant le verbe et éqm" valant au même pronom précédé de diverses prépositions.

969 A qui la bourse? — Ah! Dieux! elle m'étoit tombée.

rfà.,1,6.

4r G*e8t-à-dirc : elle étoit tombée de eur moi.

io36 Vous osez sur Gélie attacher vos morsures,

Et lui adomnier la plus rare vertu. - UÉL, III, 6.

* C'est-à-dire : calomnier en elle,

lySi Cependant on vou$ voit une morne tristesse. - Ilnd.f V, 9.

* Cesl-à-dire : on voit en vaut,

1679 Et dans cette douleur que Tamitié nC excite y

Je m'accuse pour vous de mon peu de mérite. - D. Garc^^y &.

* C'est-à-dire : excite en mot.

i&i Tétebleul ee me sont de mortelles blessures,

De voir quavec le vice on garde des mesures. - Misanth.f I, t.

* C'est-à-dire : ce eont pour moi,

i&aS Oui, je voudrois qu'aucun ne vous trouvât aimable,. . . Afin que de mon cœur Téclatant sacrifice Vous pût d'un pareil sort réparer l'injustice. - Ibid., IV, 3.

* Cesi-à-dire : pût réparer pour vou$.

Je me représente à toute heure ... ces soins pleins de tendresse que vous me Jites éclater après m'avoir tirée de l'eau. - L'ilo., I, 1.

* Cest-à-dire : que voutjîtet éclater pour moi.

Mon Dieu ! je sais l'art de traire les hommes; j'ai le secret de m*oiivrir leur tendresse, de chatouiller leurs cœurs. - Ibid., H, &.

* Cest-à-dire : Couvrir pour moi.

Ce m'est une gloire bien grande de me voir assez fortuné . . •

Bourg, gent.f III, 16.

^ Cest-è-dire : i^eêt pour moi.

a 33 QueUe nous mette au rang des grands et beaux esprits

Un benêt dont partout on sifile les écrits. - Fem. sav.f I, 3.

* C'est-à-dire : qu'elle mette pour noue, devant fioue.

iS'jo Gardez que cette humeur, mon père, ne vous duoige;

Soyez ferme à vouloir ce que vous souhaitez. ~ /Mof., V, 2.

^ G^est-à-dire : ne change en voue.

10^ Pt'onom employé par pléonasme^ pouvant se supprimer y et représentant soit un nom (a), soit un pronom (b), soit une proposition entière (c).

a. 393 Mais j'en ai servi vingts de ces chercheurs de proie,

Éc. des Mar.y I, 6.

5ii J'ai voulu Tacheter, Fédit, expressément. - /fctrf., II, 6.

1 109 ïy renonce à jamais, à ce sexe trompeur. - Ibid,^ III, 9.

59 Puisque vous y donnez, dans ces vices du temps, Morbleu I vous n êtes pas pour être de mes gens.

Misanth.y I, 1.

3&7 Ces Nymphes. . . — Oui. Des deux tu peux en choisir une.

MéUe.yl, 5.

1 Sa Sur de pareilles matières

Vous en savez plus que moi. - AmpL, Prol.

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