‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 319 sur 664 · PRONOMS — PRONONCER · texte numérisé non relu

PRONOMS — PRONONCER

Par exemple, je dis à une femme : tr Quand je suis malade, j'ayme à voir compagnie. Elle me respond : «rEt moy, quand je la suis, je suis bien aise de ne voir personne. ^ J* dis que c'est une faute de dire «rquand je la suisn, et qu'il faut dire (rquand je le suisn La raison de cela est que ce le qu'il fiiut dire, ne se rapporte pas à la personne, car, ei ce cas'là, il est certain qu'une femme auroit raison de parler amsi, mais il se rapporte . la chose ; et , pour le faire mieux entendre , c'est que ce le vaut autant à dire que cela lequel cela n'est autre chose que ce dont il s'agit, qui est malade, en l'exemple que j'a* proposé. . . Proposons un autre exemple, où ce soient plusieurs qui parlent et non pa une femme. Je dis k deux de mes amis : «r Quand je suis malade, je fais telle chose», el ils me respondent : tret nous, quand nous le sommes, nous ne faisons pas ainsi». Qui ne voit que si la femme parloit bien en disant tr quand je ta suis», il faudroit aussi que cet

deux hommes disent (ret nous, quand nous let sommes?» Ce qui ne se dit point

Neantmoins , puisque toutes les femmes , aux lieux où l'on parle bien , disent la et non pas le, peut-être que l'usage l'emportera sur la raison , et ce ne sera plus une faute. Poui lêê, au pluriel, il ne se dit point, ny par la raison, ny par l'usage.»

Yaugklis, édit. Chassang, I, p. 87-88.

Th. Corneille trouve que «r cette Remarque de M. de Vaugelas est très bonne», tout en discutant ses exemples. Il ajoute : tr Malgré la décision de M. de Vaugel&s, qui est fort juste, la pluspart des femmes continuent de dire, sur l'exemple à^ettre malade, «tet moi frquand je la suis^. D semble par là que l'usage doit l'emporter.» - Ibid,, p. 88.

L'Académie française, dans son Commentaire sur Vaugelas, proteste contre la faiblesse de Th. Corneille :

<rLa reg^e que M. de Vaugelas establit dans cette Remarque est appuyée sur de si fortei raisons, que personne ne doit se dispenser de la suivre. Ainsi l'on ne peut trop s'opposer à l'abus que les femmes font de la particule la, quand elles l'employent au lieu de le; i faut dire absolument, dans la phrase proposée : «ret moy, quand je le suis», c'est-à-dirf <r quand je suis maladev^ en supposant que c'est une femme qui parle, et non pas «quand rrje la suis». - Ibid,, p. 89.

Malgré l'autorité de Vaugelas, ni Corneille, ni Molière, ni M"" de Sévigné ne se sonl attachés à suivre sa règle, qui n'est plus maintenant en discussion.

Pronom possessif employé comme substantif.

(107 Hé! mutuellement croyons-nous gens de bien :

Je risque plus du mien que tu ne fais du tien. - Sgan., sr. 2-j>.

Prononcer, rendre un jugement, décider.

399 Pour moi, do son esprit j'ai trop bon témoignage

Pour craindre qu il prononce h mon désavantage. - Fâch,, II, i.

Que tardex-vous. Destins?

Toute la question n'est que d'un cimetière ;

Prononcez librement qui le doit posséder. - Malu., l, p. 67.

1 i3a Vous commencez. Madame, à prononcer pour lui. - Rac, Alex., IV, a.

Maintenant le monde est jugé, et le Prince de ce monde va estre chassé, comme le prononce Jesus-Chrisl luy-mesme.

BossiKT, Hint. Univ., in-^4*, 1681, p. a88; - Cf. Id., ihid., p. t37.

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