‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 318 sur 664 · RELATIFS · texte numérisé non relu

RELATIFS

1^ Pronom relatif sans antécédent exprimé.

^ Voir 1 1, p. 3h6^ Ce, pronom, supprimé devant un rdatif.

■■MiaaM* MAnvioA

àOi PRONOMS

2^ Pronom relatif ayant pour antécédent un substantif nonprécédé dun article ou d^un adjectif déterminatif.

a. Employé comme sujet.

gS Non, non, je ne veux point d'un esprit qui soit haut; Et fetnme qui compose en sait plus quil ne faut.

Éc. des Fem.y I, i.

Vous êtes homme qui savez les maximes du point d'honneur.

G. Dand., I, 6.

b. Employé comme complément direct ou indirect.

189 Ce sont choses y pour moi, ^ je tiens de tout temps Fort propres à former l'esprit des jeunes gens.

Éc. des Mar.y 1, a.

1795 Cest un homme qui vient, avec douce manière. De la part de Monsieur Tartuffe, pour affaire Dont vous serez, dit-il, bien aise. - Tort., V, 4.

3^ Pronom relatif au singulier, représentant un antécédent au pluriel.

Comment, Monsieur, vous êtes aussi impie en médecine? — Cest une des grandes erreurs qui soit parmi les hommes. - D. Juan y III, 1.

Vous ne croyez donc point à la médecine?. . . — Bien loin de la tenir véritable, je la trouve, entre nous, une des plus grandes folies qui soit parmi les hommes. - Mal. imag.y m, 3.

4° Place du relatif par rapport à son antécédent.

870 Un homme l'emmenoit, qui s'est trouvé fort sot. ~ IJEt., II, 1 1.

389 Comme le mal fut pmmpt dont on la vit mourir.

Son trépas imprévu ne put rien découvrir. - Dép. am.y II, 1.

Eh! que de gens se font de fête, et viennent dire : tr Commencez doncl^ à qui le Roi ne l'a pas commandé! - Impr. de Vers., se. 6.

1697 Nous perdons des moments en bagatelles pures,

Çtt'il faudroit employer à prendre des mesures. - Tarf., V, 3*

217 Cependant h leurs vœux votre âme se refuse. Tandis qu'en ses liens CéUtnhe Tamuse,

De qui riiumeur coquette et Tesprit médisant Semble si fort donner dans les mœurs d'à présent.

Misanth,^ I, i.

Il me faut aussi tin cheval pour monter mon valet, qui coûtera bien trente pistoles. - Fourb. de Scap.j II, 5.

* Vaugelas a donné deux Remarques à propos du relatif séparé de son antécédent

Void la première :

vfay mis dans ma traduction de Quinte-Gurce : «Mais les destinées de TËmpire Macévdonien approchoient , qui avoicnt résolu sa ruine.» On demande si ce qui est bon, y ayant an irerbe entre deux : car, pour les génitifs interposet, ils ne nuisent point. L*Acaiéttâe trouve que les verbes interrompent la liaison au pronom qui, et, quoy qu^ii n*y lit point de faute à escrire selon cet exemple, si est-ce qu^elle juge qu'il le faut éviter tint qu'on peut. Il &udroit dire : «Mais TEmpire Macédonien s'approchoit de ses destinées «qui. . ., etc.», ou quelque chose approchant»

Yauoblas, édit Ghassang, II, p. &6o-&&3.

Dans sa seconde Remarque, Vaugelas développe très longuement ce thème, qu'il faut éviter les équivoques ; il ne faudra pas dire, par exemple, comme Goëffeteau : crGe qui regudoit les armées d'Antoine et Lepidus, qui avoient servi sous Gésar», parce que le ^t a pour antécédent Ui ttrmée$, et non Antoine et Lepidut, comme on pourroit le croire.»

Ibid.,lh^.khO'US.

B"* Qmsirtiction de deux pronoms relatifs y dont l'un est came plément dun premier verbe et Vautre sujet dun second.

1967 C'est vùus^ si quelque erreur n'abuse ici mes yeux,

Quon nCa dit qui viviez inconnu dans ces lieux. — UÉt.y V, 9.

583 Mais pour guérir du mal qu'il dit qui le possède , NVt-il point exigé de vous d'autre remède?

Ée. des Fem,, II, 5.

446 Comment? — Qui voulezr-vùus , mon père, que je dise i Qui me touche le cœur? - Tarf., II, 1.

7&9 Nous verrons si c'est moi que vous voudrez qui sorte.

Misanth., II, &.

3/16 Et c'est toi,^ Fon veut qui choisisse des deux. - Mélicy I, 5.

C'est une grâce que je vous demande, et je la recevrai comme un gage de l'amitié que je veux qui soit entre nous. — 5tct7., se. i5.

Mon Dieu, Scapin, fais-nous un peu ce récit, qu^oti nCa dit qui est si plaisant. - Fourb. de Scap., III, 1.

6® Même construction ^ avec h second pronom complément direct du second vei^be.

955 Sans ma feinte, jamais tu n'aurois avoué

Le trait que f ai bien cru que tu nCavoisjoué. - Dip. am,, TFI, 7.

fkiU Allez, il vous sied mal de railler ma douleur. . .

Du foible que pour vous vous savez qu'a mon cœur. - FAck.y 1,5.

i/i6 Comment? — Qui voulez-vous, mon père, que je dise Qui me touche le cœur, et qtCil me seroit doux De voir par votre choix devenir mon époux? - Tari. y II, i.

1/173 Sied-il bien de tenir une rigueur si grande,. . . Et d'abuser ainsi, par vos efforts pressants, Du foible que pour vous vous voyez qu^ont les gens? - 76û/., IV, 5.

Âvez-vous jamais vu, Madame, un diamant plus vif que cdui que vous voyez que mon père a au doigt? - UAv.^ III, 7.

Et ces prospérités et cette gloire que vous dites que le Ciel nous promet, qui en sera caution? - Am. magnif.y m, 1.

1 1 43 Le lâche tour que Von voit qu'il méfait

Jette au fond de mon cœur quelque dépit secret.

Fem. sav.y IV, 2.

* Dans tous les exemples que Ton vient de citer, il aurait été facile de supprimer Tun des que ou ^t. Mais ce tour de phrase est si fréquent au xtii* siède, qu^on est tenté de voir dans son emploi la recherche dWe certaine élégance dont Pagrément nous échappe.

7^ Construction interrompue : un même antécédent représenté dans la même phrase ^ d^ abord par un relatif, ensuite par un pronom personnel.

9o5 Son sort offre à mon bras des périls glorieux

Dont je puis faire hommage à Téclat de vos yeux.

Et par eux m'acquérir, si le Ciel m'est propice ,

La gloire d'un revers que vous doit sa justice. - D. Gare, y I, 3.

8° Pronom relatif employé comme complément indirect par pléonasme, avec un antécédent précédé lui-^nême d^une préposition, au lieu de que.

696 ... C'est à sa table à qui (que) l'on rend visite. - Misanth., II, &.

Puis-je au moins croire que ce soit à vous à qui (que) je dois la pensée de cet heureux stratagème? - Am. méd., III, 6.

Mon Dieul laissez-là votre révérence, ce n'est pas de ces sortes de respect dont (que) je vous parle. - G. Dand.y II, 2.

* La Grammaire françoite d^Ant. Oudin (i665) ue donne pas de r^e, mais elle cite un exemple qui vaut une règle : (r On dira d*un fol ou d^un resvcur qm parle tout seul : c'est à un$ motfOfi ou à um pierre à qui il parle.» - P. 97.

9"" Construction partictdière du pronom relatif complément indirect.

633 Sortirai-je pour lui, quelque éclat dont il brille,

De la pudeur du sexe et du devoir de fille? - Tart.^ II, 3.

* (Test-i-dire : de quelque éeku qu'U brille, et de même pour les autres exemples.

Ne croyez pas que ce soit pour Tamour de vous que je vous donne ia main ; ce n'est que Monsieur votre père dont je suis amoureux, et c'est lui que j'épouse. - Pourc^ III, 7.

i636 II vient avec mon père achever ma ruine,

Et c'est saJlUe unique à qui Ton me destine. - Éc. des Fem.yV^ 6.

190/1 Ce n'est pas vous à ^ta j en veux rendre raison. - Tort, y V, 7.

Ce n'est pas ma femme, c'est ma JiUe à qui vous parlez.

Mal. imag.y II, 5.

Pronom eiiployé comme attribut, et représentant :

a. Soit un substantif.

&t6 Je suis sajemme. — Oh Dieux I sa femme I — Oui, sa femme. Ce n'est pas encor tout.

— Encore? — Je ia suis, dis-je, sans qu'il le pense.

Dép. om., II, 1.

Je veux être mircy parce que je la suis, et ce seroit en vain que je ne la voudrois pas être. - Am. magwif.y I, 9.

* Dans les Fourberiiê de Scapin, l* remplace, comme attribut, un nom féminin sans qu'on puisse déterminer le genre :

Hélas! à voir ce bracelet, c'est maJUky que je perdis à l'âge que vous dites. — Votre Jillef — Oui, ce Test. - Fourb. de Scap.y ifi, 11,

b. Soit un adjectif.

766 C'est l'unique moyen de me rendre contente.

— Tu Ifl seras dans peu. - Éc. des Mar.y H, 9.

Je serai fort ravi qu'on ne vous trouve point si beOe^ et vous m'obligerez de n'affecter point tant de la paroitre à d'autres yeux.

SicU.y se. 6.

* Yaugelas a fixé la règle à Tégard du pronom attribut :

*L« pour le. C'est une faute que font presque toutes les femmes de Paris et de la Cour.

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