‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 321 sur 664 · PROPRE A. . . — PROPRETÉ · texte numérisé non relu

PROPRE A. . . — PROPRETÉ

a** Propre à . . . , convenable pour . . .

Il faut à votre fille un mari qui lut soit propre.

Bourg, gent.j III, i9.

a. Avec un nom de chose, ce qui est remploi le plus ordinaire.

Toutes offrandes ne sont pas ptvpreB à un autel de ia grandeur du sien.

MaLH., IV, p. 91.

Les iieux communs ne sont pas propre» h. touln le» eau»e». ^

Rac, Livre» oMioté» {Coll. de» Gr. Ecr,, VI, p. 339).

b. Avec un nom de personne.

hhh n me faudroit en main avoir un autre amant, Savoir qu*il me fût propre, et que son hymcnée Dût bientôt à la sienne unir ma destinée. - Coin., Ment., II, s.

Celui qui conseille . . . cherche . . . dans ses propres intérêts des règles de conseiller ; de sorte que son conseil {ut est bien plus propre qu\i celui qui le reçoit.

La Rochip., I, p. 8o.

L'Académie . . . cherche les sujets qui lui sont propre» : et qui pouvoit /m être plus propre que vous? - Rac, IV, p. 353 : Di»c. acad.

^ Voir ci-dessous, Propreté.

Propre : mal propre a . . .

* Voir ci-dessus, p. i8. Mal, adv. de négation.

Proprement, élégamment.

(Il) a ia mine de danser proprement. - Préc. rid.y se. i3.

3|e Somaiie traduit : frîl danse bien, il daivic proprement.^

Gr. Diction, de» Prêt., v* Danaer, Voir Propreté.

Propreté, élégance.

Elle n'est curieuse que d'une propreté fort simple. - UAv., Il, 5.

Nos Indiennes et nos nègres . . .

Valent bien en leur nudité Tes dames en leur propreté.

ScARRON, Œuvr., Paris, David, 1700; I, p. 33.

. . . Son turban estoit de médiocre grosseur, où tenoit une aigrette avec une attache de diamans d'une valeur inestimable : mais tout cela mis si galamment et avec une propreté si naturelle qu'il ne se peut davantage.

Sbgrais, Nouv. franc., i656; à* Nouv., p. io/i ; - Cf. lo., iW., 1" Nouv., p. i/i ; 3' Nouv., p. 48 ; 4' Nouv., p. 953.

PROPRETÉ — PROSE CADENCÉE ii09

lao Mais surtout parurent des mieux Deux cents jeunes académistes.

Qui, par des proprttes artbtes, Etoient de rubans si couverts. . . - Loir, Mux$ Atstor., 17 juillet 1657.

ibh Elle avoît grande pnmreté, Paroîasant jolie et mignonne.

Et mesmement un peu friponne. - Id., ibid., 6 juillet 1058.

L*odeur de votre poudre est des plus agréables, Et votre propreté des plus inimitables.

M"* Dbsjaidins, Récit de la Farce des Prédeuên; Nouv. Coll. moliér., p. 33.

3^ Le PttraUèU des languêi françoisê et latine de Monet, en 1 690 , définit propriété, cointiie, pc^tesse ; dans Tédition de i636, cette définition est réservée pour propreté, qui se distingue ainsi de propriété.

Avant et après Monet, le Dictionnaire de Cotgrave (1611, i639, i65o)e8t le seul, josqu^à cette dernière date, où propreté paraisse avec le sens d^élégance.

Il semble que, au temps de Yaugelas, on confondit encore parfois propreté et profriété; d^où la Remarque suivante :

9 Propriété est bon pour signifier le proprietae des Latins; mais il ne vaut rien pour dire le sot» que Von a de la netteté, de la bien-eéance ou de l'ornement en ce fui regarde ki luAite, le§ meuUeê, ou qudque autre ehote que ce §oit. Il faut appeler cela propreté et noo pas propriété. . . Propriété est un mot qui vient du latin proprietae, au Heu que profrète n^esi vient point (car proprietae ne signifie jamais cela), mais vient de son adjectif propre, qui, dans la signification de net et d^ajueté, est un mot purement françois.9

Dans ses Obeervatione tur Vaugelae, l'Académie fait un mérite à Vaugdas d^avoir (ait une distinction entre ces deux mots : crM. de Yaugelas, dit-elle, a fort judicieusement remarqué que propriété signifioit une chose toute différente de oropreté.it

Vaugeuls, édit. Ghassang, I, p. 66-57.

On a vu (Jus haut que Loret a employé propretée au pluriel. Yaugelas le condamne, par uticipation : «Je doute, dit-il, que propretée au plunel soit bon; il ne faut s'en servir qn'au singulier.^ - lo., ibid., II, p. 386.

Encore en 1705, Leven de Tempicry croit devoir inidster sur la différence de proprelé ^propriété : tt Propreté et propriété, dit-il, ont deux sens qui ne se ressemblent guères. hytpretéte dit pour rajustement des habits, des meubles, etc.; mais propriété se prend pour la qualité et la vertu d'une plante ou d'autre chose. Et si Ton disoit : cette maison • une propriété admirable, on croiroit qu'elle a la vertu de guérir de quelque mal.»

Lktih db Tbhplbbt, Génie et polit, de la lang.fnmç., p. io&-io5.

«Us croyoient s'être monlrei bieu habiles hommes quand ils disoient : très-indubita- Uement, Ûs allarenl, ils parlarenl, vous aves bien de la propreté. . • n

SoRBL, Frandon, édit. Leyde, 1791 ; 1, p. 3&i.

«Il y a longtemps t\fi intrigue,. . . propreté et autres mots asses utiles sont receus partout. 9) - Id., Dite, tur VAcad. franc., ]65â.

«La propreté fait partie de la bienséance. . . Or, la propreté est un certain rapport des habits à la personne ; . . . il est nécessaire, si nous voulons être propree, de conformer nos habits à notre taille, à notre condition et à notre âge. 9»

CouBTiN, Traité de la eitiUté, 1670, p. 64.

Prose cadencée.

Vous n'allez entendre chanter que de ia prate cadeude, ou des manières de vers libres. - Mal. imag,, II, 5.

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