PRUDE
♦ La Footaiiie a employé cette expression dans un autre sens, plus habituel :
5 fi Non point par peu d'esprit : est-il quelqu'un qui nie Que tout Anglois n'en ait bonne provition f
La FoiTT., m, p. 393 : Faffl., XU, 93.
Prude , sage , honnête , vertueux.
971 Elle fait la sucrée et veut passer pour prude. - VÉUy UI, 2.
Force (^ens noirs, blancs, roux, grisons,
De6priM/««, des filles perdues.
Des meurtres et des trahisons,
Des gens de plume aux mains crochues . . .
C'est là Paris, que vous en semble?
ScARROif , Œuvr, y Paris, David , 1 700 ; 1 , p. 8a ; - Cf. 1d. , Virg. trav. , 1706; I, p. ag/i; II, p. i63, 9^7.
5 0 Princesse tout à (ait prude.
J'ai toujours cette inquiétude.
LoRBT, Muxê hiiior,, 3 septembre i65i.
10 J'eus cette consolation
De voir mainte âme prude et bonne
S'intéresser pour ma personne. - Id., ibid., 3 mai i653.
au Et comme il est prude et modeste. . . - Id., ibid,, 6 février i655.
91 Enfin, ce Nonce prude et sage. . .
Fait espérer de luy beaucoup. - Id., ibid., i3 janvier 1657.
905 Le neuf du mois, foy d'homme prude! - Id., ibid., 9 novembre i658.
199 11 a vertu, coeur et prudence.
Il est prude par cxcélence. - Id., ibid., 9 février 1666.
0 , sans hyperbole ,
La plus sage et prude qui soit, Nostre trouppe qui vous reçoit.
Quelque bon vent qui vous amcinc , Ne sçauroit inventer qu'à peine Le moyen de vous bien-veigner.
RicBBB, Ovide bouffon, 1669, p. 567-548.
75 Qui dit prude au contraire, il dit laide ou mauvaise.
La Font., V, p. 109 : ConUe, III, û.
1 1 85 Les prudee bien souvent vous trompent au langage.
Id., VII, p. 78: UEun.,iy, 3.
Vous tranchez de la prude, après ce que j'ay vu!
MoNTPLBURY, Cotnéd. poét., lY, 5.
♦ Pruderie, dérivé de prude, est, dit Bouhours, trun terme assez uouveaui».
BouHouRs, Aritte et Eug., 9* édit., 1671, p. 116.
fxPreuderie et brusquerie sont des roots barbares, pour signifier la preud'hommie et l'humeur brusque. Je m'étonne qu'on n'y ait joint le mot de quiîterie, pour ôgnifier l'accident qui arrive de deux amants qui se quittent. C'est un mot de Précieuses, qui vaut encore moins que les precédens : on ne considère pas que tous ces mots ont esté inventez
PRUD'HOMIË 415
par des femmes, et qu^elies les ont dits par plaisir, ainsi que mmaudêriê pour représenter les actions d*une personne qui fait force mines et gestes.»
SoBiL, Cotm, du lÀwr., 1671, p. 897.
On voit, par les exemples qui précèdent, que le mot prude ne se prenait alors qa*en bonne part C'était un mot nouveau. On trouve bien dans Gotgrave(i6ii, i65o), frmi^hommê, preudrfemmê, chaste, honnête, modeste, vertueuse; mais, sous la forme frmdê, le mot ne parait dans aucun dictionnaire avant le Diction, royo/ du P. Pomey (1676), et encore avec un sens mal défini :
9 Prude, une femme prude, forte, une héroïne. Quelques-uns croient que prude ne âgnifie pas forte, mais ioge, iérieuee, ce qu^ils confirment par cet exemple d*un bon autheur moderne, qui dit : «Elle fait la prude et ce n'est qu'une coquette.» Gonsultei les mtelligents.»
En 1680, Richelet donne le mot, en le faisant précéder du signe -{-qm « • • .veut dire que le mot ou la façon de parler n'ont proprement leur usage crue dans le style ample, dans le comique, le buriesque ou le satirique : -f Prude, qm a de la prudence, de la saircsse».
En 1690, Furetière : «rA*tu2e, qui est sage et modeste».
Prud'homie.
7 Pour moi , me soupçonner de quelque mauvais tour, Je dirai , n'en déplaise à Monsieur votre amour, Que c'est injustement blesser ma priuThomie, — Dép. atn.y J, 1.
Nos yeux n ont point de mauvais desseins, et votre cœur peut dormir en assurance sur leur prud^homie. — Prie, rid., se. 9.
1365 Croyez-moi, c'est donner de votre /irtufAomte. . . - Tart.f IV, 1.
0 que le visage dissimulé de la prud'hommie couvre et nous faict mescognoistre de vices I
D'IIsri, L'Aitrée, 161/1; II, p. 961 ; - Cf. Id., ibid., II, p. 63, 75, 79, 869.
Je ne pense point que Dieu Tait feût si plein de prut^homie et de suffisance. . .
Malb., TVad. de Sén,
Monsieur de Borstel, dont vous connoissex la sagesse et la prud^homie.
Bali., LeUr.
Sa richesse et sa prud^kommie Son trépas u'empescheront mie.
Sciaioii, Virg, trmf., 1706; II, p. i53.
71 Car par »ei prud'homie extresme G'esloit un grand homme luy-mesme.
LoBBT, Muxe hiêtor,, 6 juillet i658; - Cf. Id., HmL, 10 mars et SI juillet iGSa; 6 juin i656; as avril i656; 7 février 1660; 11 novembre 166a; ~ Poéê. hurl., in-6% 1667, p. 48.
Ne craignez rien, nos yeux sont exempts de malice. . . Vostre coeur peut dormir en toute seureté Dessus leur prud'homnUe et dessus leur bonté.
SoMAUi, Prêt, ridic, mieet en ver», se. ix, p. A5.
Diane, qui ne connoist pas Le commerce du paîs-bas.
il6 PRUNE
N'osant taxer sa prud'hùmie
D'une si notable infamie.
Croit qu'elle a sou contamini. - Richib, Ovide bouffon, 166 a, p. 1
Ual rien n'est plus galant; de grâce, notre amie.
Ce billet plairoit-il à votre pnttkomief - M"* DisjABDnis, L$ Fmoory, IV.
Comment, dans un château dont l'antiquité brille. Venir de guet à pens débouter une fille. Duper sa prud'homie à force de douceurs. . .
Th. Corn., Baron d^AUnkrae, IV,
Vous entretenei donc de nuit le cavalier.
Et quand à votre chambre on va vous épier,
On vous blesse, on fait tort à votre |>rtid'^mi«/ - Id., D. Dertr, de Cig., I
Me voilà prête à m'embarquer sur notre Loire. . . Quoique votre Rhône UrribUii , je voudrois être aussi près de me confier à sa prud'homie. - Str. , IV,
^ Ce mot ne se trouve, sous cette forme, dans aucun dictionnaire k notre con; sance, excepté dans le Diction, de l'Acad., i** édit — De Nicot à Furetière, en pa
far Monet, Cotgrave, Duez et Richelet, exception faite pour Pomey, il ne parait qu orthographe preudhomie. Cependant il se trouve sous sa forme prudhomie dans les mières éditions de Molière, dans la traduction en vers, par Somaize, des Préc. rid, antérieurement, dans la Muze hietor. de Loret.
Prune.
880 Comment d'un grès? — D*un grès de taille non petite, Dont on a par ses mains régale ma visite. — Diantre, ce ne sont pas des prunes que cela I
Ec, des Fem, , III, *}
Prunes : pour des prunes, locution.
366 Si je suis aflligë, ce n'est pas pour des prunes. - Sgan. y se. 16
Ce Le, où elle s'arrête, n'est pas mis j^our des prunes.
Crit. de FÉe. des Fem. , se. 3
Ils se veulent réc4)mpenscr de ce qu'ils en ont payé, car ils ne l'ont pas eu deë prunei. - Chapelain, Trad. de Guzm, d'Alfar,, i63o; III, \k^,
1 1 a Car pour ces belles charges-là ,
Comme elles ne sont pas communes.
On ne les a pas four deë prunes, - Loret, Muze hietor., a 6 raay i^
Si les Dieux que nous voyons
Ne sont pas Dieux pour dee prunee,
BaéBiur, Lucain trav., i656, p. a
Je vous envoyé des pruneaux de Tours. . . Je ne vous dis pas cda pour obliger à m'aimer. Je sçay qu'on n'a pas votre affection pour dee prunes,
CosTAR, Lettr,, i658; II, p. i&!
. . .Quand, pour s'exposer à diverses fortunes On enlève les gens, ce n'est pas pour des prunes,
Moutfliurt, Mari êone femme. II, <
PRUNELLE — PUIR il7
Ei vos façons de plus, en tout si peu communes, Font voir que tout cela n'est pas mis pour det prunu.
MoifTPLiDRT, Gmtilh, dt Bêouce, lll, 8.
Prunelle : jouer de la prunelle.
63 1 ... Vous avez assez joué de la prunelle. - Ec, des Mar.^ Il, a.
De plus un Don Félix, adroit de la prutuUê, En dépit que j*en aye, a toujours Tœil sur elle.
Tb. Gobh., D. Bertr. de Cig., IV, i.
n fut de chacun admiré.
Des yeux de Didon dévoré.
Et luy pareillement sur elle
Joua tonvenl de la prunelle. -Scabbor, Virg, trav,, i7o5; I, p. sQi.
67 Mais quantité de demoizelles, Sçavantes en Tart des pi-unellee, Qui le sccurent de mam en main, L*allerenl viziter soudain. - Lorbt, Muu hietor,, 3i may i653.
Avec un miroir devant elle, EWejouoit de la prunelle, Grimassoil, faisoit les doux yeux.
Pour voir qui luy siéroit le mieux.
RiCBiB, Ovide bouffon, 1669, p. 433.
Sa langue s'est contrainte, et je n'ai rien su d'elle; Mais ses yeux plus hardis jouoieni de la prunelle.
Poisson, (Àméd. êone dire, 1, 1.
•Tisane.
• ♦ Voir Titane.
Publier, signaler au public.
Et que direz-Yous de la marquise Aramintc, qui la publie partout pour épouvantable? — Criu de VÉc. des Fem,, se. 5.
Ils te publieront pour homme de peu de foy.
WX^Kfi.VAMtrie, 1616; I, p. 399^
Quand nous publione un ingrat, nous avons part à sa honte. - Malb., U, p. «47.
L'Amiral fut blessé à mort; Alphonse le fit mettre dans la chambre de poiqw, et deffendit qu'on publiati Testât où il estoit.
M"* DB ScuD^BT, Mathilde, 1667, p. 365-366.
67 En la quittant, Gulphar alla tout droit Conter le cas, le corner par la ville, Le publier, le paéclier sur les toits. - La Fort., IV, p. Z6h : Contes » U, 9.