M MARMOUSET
En aIlon[^nt le cou , comme ces marmou$$tt dont la tête ne tient point au corps, et qu*on élève tant que Ton veut avec un petit baston, il regarda.
SoasL, Francûm, liv. I.
Il me semble avoir veu son visage au bout du manche d*une basse de violon , et qu*il servoit là d^un digne tnarmotueL - Id., Polyattdre, i6/î8;I,p. 633.
Dames adorables ou non , Visibles Déitez ou franches marmouieUet,, . . Accourez au Marais vous donner au cœur joye.
ScABBOR, Œuvr,, Paris, David, 1700; I, 956-955 ; - Cf. lo., iW.; 1, p. 338, et Virg, trav,, \^ob; I, p. 38, 354, et II, p. «36.
Panthéon , jadis lliabitade
De tous les nutmumteU sacrez, . . •
Faut-il tant faire Tentendu?
Saiiit-Amart, Œuvr,, bibl. eizév.. Il, p. 397.
Sauve-toy dans le Panthéon :
Dans ce temple superbe et riche , Muzc, tu dois avoir ta niche.
Et ton image est en ces lieux Parmy les marmouMeU des Dieux.
SccDÉar, Poéi. dit., in-A*, 16/19, p. ^9^*
Ce petit marmouzêt volage (Tamour)
Qm fait par tout tant de ravage,
A résolu de se vanger. - Bb^bbop, Poéi. div, , in-/î*, i658 , p. 906.
/i6 Deux marmouuU de pain d*epice.
LoasT, Muzê kUtor,, 90 janvier i664.
Marmouuti autrefois sacrez.
Dieux de tant de sots rêverez ,
SoufQez au eu de ma nacelle. - Ricaia, Ovide bouffon, 1669, p. 1.
Quoy donc I ce marmouHt,
Avec son beau langage et son ton de fausset.
Avec son poil blondin transplanté sur la tète,
Vous plairoit pour époux? - Montplbdrt, Fem.juge et partie, II, 5.
Feignez un homme de la taille du mont Athos ... ; si cet homme avoit la vue assez subtile pour vous découvrir. . . avec vos armes. . ., que croyez-vous qu*il peiiseroit de petits marmoutete ainsi équipés? - La Bbut., II, p. i3i.
t Diaprés les exemples que nous venons de citer, le sens du mot marmoueet est assez difficile à préciser; il semble même qu'il ait eu plusieurs significations. Quel sens lui donner, dans la citation tirée du Vieil Grognard de Vantupiitéî Ailleurs, il veut dire marmot; ailleurs, sculpture d*un masque quelconque, ornement d*un manche de basse de violon; ailleurs, marionnette.
La plus ancienne définition donnée par les dictionnaires se trouve dans Paisgrave ( p. 9/1 3) : MAaMOSBT a bbbst, marmout. Or, heeet, qui ne se trouve pas dans Paisgrave, signifie, d*après Gotgrave, trie premier lait de la mère?).
]533. fxMarmouêet, statuunculœ. . ., petites statuettes de marbre ou de toute aulre matière, ainsi nommées peut-être de marmore (marbre) : parce que, dans les maisons des grands, elles sont sculptées en marbre.» - Cab. Bovilli (Gb. de Bovelles), De origine dietionum galliearum, à la suite du Traité de Vitii» vulgarium linguarum, Paris, Rob. Estienne, i533.
1539 et 15/19. ^^^* Estienne, i573, 1618 et 1695, Nicot : fx Marmou9et , faict en
MAROTTE &i
fi^n INine mamfille en une fontaine, par lequel Teauc 8ort, moêtoê; mamuntêetz tels ^'oQ iroît es foulâmes jectanl Teaue, penonœ ( masques), n
tafô. wManmcuMet , de fiopfiS^ comme il semble : sinon que de marmot (venant de mfS) ait esté deri^ré fÊUtrmouiêt,n - H. Estienne, Conforma du long, franc, avec le grec, édiL Feugère , p. a t A .
1S76. Dans son AnU-Maehiavel , cité par Le Ducbat dans son édition du Diction, étymol, ieHénage, Innocent Gentillet, maxime 9, p. laS, s*exprime ainsi : «Venons maintenant maanwMeCa. MearmoMet, selon le langage de nos anciens François, vaut autant à dire iK npporteur qui va soufiQant à Toreille du Prince des paroles qui sont fausses, ou qui ne
que telles gens vont marmottant a 1 oreuie au rrince en secret leurs propos loqoeb ils n\>seroyent dire haut et clair en la présence de celuy duquel il détractent et ■nditentii
1606. Hier. Victor : ttMarmouiêt ogni 6gura o satiri in architettura.7)
161 1, i^a , i65o. Cotgrave : nMarmouut, the cocke of a cesteme or fountaine, made fte a wooman^s dug; any anticke image, from whose teats water trilleth; any puppet, or aticke; any soch ooiish, or fodde représentation; also, the minion, favorite or flatterer •fa Prince; as in wtarmoâet.n
\, as marmouset; also a lewd flatterer, or vicions fellow; especially, the base flatterer of a prince, who to feed bis masters humour, applauds and imitâtes bis foulest
1690.. i636. Monet : fxMarmouêet, bouche de satyre ou dWtre tel personnage, dégorgeant Teau d'une fontaine. — Visage de satyre et de telle autre menue taille de personne, issant d*une muraille, colonne ou pilier.»
La définition de Monet abandonne une partie de celle de Gotgrave, celle qui faisait du wtmmauMt, d'accord avec Gentillet, Ragueneau, et plus tard Borel (i655), un mignon du Prince. Monet est répété ou à peu près par tous les lexiques postérieurs.
Enfin , en 1 680 , Richelct donne Tarticle suivant , dont les dernières lignes se réfèrent prérisément à notre citation de Molière :
^Marmouiêt, sorte de petite figure grotesque et mal faite, qui a quelque air d'homme OQ de fSnnnie. Figure ridicule ou mal faite. — Martiunuet, sorte de figure haute d'un pied, ^ a Tair d'une personne , qui est de bois , et qui est à chaque bout du barreau de la grand'chambre du Palais de Paris. Voy. là-dessus, dans les Poétie$ des RecueiU de Sercy, uae satire qui porte pour titre : v Dialogue d^un Avocat avec le marmoueet du Barreau de *U grand'cbambrc.» — ilfar»iousf<, laid, sot et mal fait.» — Suit l'exemple tiré de Molière.
Marotte.
io3 Une femme stupide est donc votre marotte? - Éc. de$ Fem,, I, t .
Si tous les fols portoient tnarotte, on ne sçait de quel bois on se chaufleroit.
G. BoDCHET, Serée», édit. Roybct, V, p. /i5.
Foy d'homme de bien, dilcs-moy la vérité, car vous bailleray de la marotte,
Tabari5, (Euvr., l)ibi. elzév., II, p. 197 : Coq à Va$ne de Grattelard,
Le sçavoir en quelque main est un sceptre , en quelque autre une marotte.
Le Courtitan par/,, in-39, 1660, p. 96a : Prov, et eent.