MAROTTE
Le pauvre homme a esté six mois fol, et sa principale maraUe est de croire qa*il est marié.
D*OufiLLE, Contet, 166A, édit. Jouaust, II, p. aSo; - Cf. Id., ibid., II, p. 943.
U devroit cacher à nos yeux La marote qu^il a trouvée Parmy le bien de ses ayeux. . .
Matrabd, Œuvr.y in-i!i*, i()/i6, p. 69.
Un esprit, un lut, une voix
Desarçonneroient Aristote ,
Et cette dance qpe tu vois
Luy feroit porter la maroU, - Scuoéar, Poh, div,, in-/i% 1669, P- ^^^'
Il menoit le grand Dieu qui brûle Les cœurs sans fagot ny cotrait.
Et qui n*a qu^à piquer d*un trait Pour faire porter la marotte Au plus raisonnable Aristote.
ScABBON, Virg, trav,, Paris, David, 1706; I, p. 78.
. . . Autrement, dWe tnarotte
Il veut que vous soyez coiffé. ~ Id., ibid.; I, p. 307,
L*impertinente créature Qui , sans me voir lit mes écrits, M^estime de tous les esprits Que Ton a coiiïez de marotte La personne la plus £aJotte.
Id., Dem, Œuvr,, Paris, David, 1700; I, p. 906.
La marotte en tète.
Je veux, comme Ton dit, remonter sur ma bétc, Dulotizer en diable, et, d^un ton libre et gay. Tout cygne que je suis, faire le papegay.
Sai?st-Amaiit, Œuvr,, bibl. elzcv., I, p. 39.5.
J^excuse leur folie; chacun a sa marotte, ne fut-ce que moy.
MoNTBiuiL, Œuvr., 16G6, p. 36o.
Chantons donc sur la mesmc note,
Que nous ne serons point jsdoux.
Puisque chacim a sa marotte. - Poisson, Foux divert., se. dem.
Alphonse de la Rote?
Homme ne mérita jamais mieux la marote, . .
Le Boula5gbb de Chalussat, Elomire (Molière) hypocondre, 1670; III, 9.
4c Gotgrave traduit marotte par sceptre de prinr«, et par bAton de fou, fait i Timitation d'un sceptre princier. LVticle de Furctière sur ce mot est intéressant :
fx Marotte, ce que les fous portent à la main pour les faire reconnoistre. (Test un baston au bout duquel il y a une petite figure ridicule en forme de marionette, coiffée d'un bonnet de différentes couleurs, n
Ce bonnet, puisqu'on dit tr coiffé d'une marotten^ était pris pour la marotte elle-même qui en empruntait le nom.
Au figuré, avoir une marotte, c'est avoir une idée fixe, une passion vive, une sorte de monomanie qui tient de la folie.
MAROUFLE — liARQUE 43
Maroufle, maraud.
&i5 Vous apprendrez, maroufle, à rire à nos dépens. - Sgan,, se. 17. Peste soit dn maroufle qui sMloigne de moi! - G. Dand,, III, &.
Poar les authenrs pleins de vîe, ce sont, à leur advis, des marouflée, qui ne mentent pas de vivre. - Garasse, Doctr. cur,, iGaA, p. 6a.
Le marche d*b6te, voyant cela, voulut rire.
Ghapilair, Trad. de Guzm, d'Alfar., i63o; III, p. U96.
Je marche sur pieds empruntez ; Ceux dont mes memlnres sont portez Sont à deux puissants porte-chaises , Que je loue presque un écu.
Ha que les marmfflet sont aises , Au prix de moy qui suis toujours dessus le eu I
ScAiBOR, Œu9r., Paris, David, 1700; I, p. 996; - Cf. Id., Virg. traie. y 1706; I, p. i36.
Mais il m'en avoit bien averti, le maroufle!
Th. Goui., Feint Aetrol,, V, 7; - Gf. Id., Amour à la mode, V, a.
Au cœur d'Athamas le marovfle.
Elle fit glisser un lutin
Qui le pût mettre en avertin. - Richbb, Ovide bouffon, 1663, p. A55.
La peste soit du maroufle! - Babon, Hom. à b,fort., I, la.
Nous parier de la sorte I Apprenez à connoitrc
Un bounniemestre ici; sachez qu'il est le maître. . .
Voyez, Madame, et puis. . . — Taisez-vous, gros maroufle!, . .
— Vous m'appelez maroufle, insolent!
Poisson, La Hollande malade, se. 8; - Gf. Id., Lee Fem. coq., 1, 7.
Que diantre voulez-vous? — Parieras-tu, moroti/Z?. - Rborabd, Vendangée, se. 1 A.
Gomment, traître, tu m'oses i moy parler de cette manière! — Eh! ne vous fichez pas. — Laissez, laissez; je suis un emporté, marotfleT — Ouy, assurément. — Comment, belltre, encore! - De Vbbdibb, Le Flatteur, 1696; I, â.
* Voir t. II, au mot Gloeer, une citation de Le Boulanger de Ghalussay.
Marque, terme de chasse.
&95 Mais moi, mon jugement, sans qu'aux marques j'arrête.
Fut qu'il n'étoit que cerf à sa seconde tête. - Fâch., II, 6.
* Le nom de marque est réservé aux trois espèces de cors (andouillers, cors on chevilt, espois) qui, à mesure que le cerf prend de l'âge, se détachent de la tige prin-
dpaie de la corne, ou perche.
vFaut noter qu'ils (les cerfs) ne portent leurs premières testes, que nous appelons les dagues, sinon à leur deuxième an. A leur tiers an, ils doivent porter quatre, six ou huit eorneUet. A leur quart an, ils en portent huit ou dix. A leur cinquiesmc an, ib en portent dix on douze. A leur sixiesme an, ils en portent douze, quatorze ou seize. Et au septiesme m, kurs testes sont marquées et semées de tout ce qu'elles porteront jamais.)) - Jacq. K FociLLOUX, Vénerie, chq>. xxi.
Un cerf à sa seconde télé est donc un cerf de trois ans, et on le reconnaît à ses r, an nombre de comettet, quatre, six, ou huit, dont sa tête est marquée.
&i MARQUER — MARQUIS
Marquer, indiquer, désigner.
/i56 Mais lorsque de ta part j'ai marqué l'ambassade,
11 est resté d'abord et muet et confus. - Ec, des Mar,, H, 3.
* C^est-à-dire : lorsque j*ai dit que Tambassadc venoit de sa part. Ellipse un peu forte.
. . . L'époux digne et fortuné que les Dieux lui marquent pour vous.
Am. magnif. , V, i .
Je les attendois. . . au lieu qu'ils m'avoient marqué. - La Rochbp., II, p. ii5.
t i/î6 Je lui marque le cœur où sa main doit frapper. - Rac, Mithr,, IV, i.
Deux prophéties marquaient aux Juifs le tempe du Christ, celle de Jacob et ceUe de Daniel. Elles marquoient toutes deux la ruine du royaume de Juda au temps que le Christ Wendroit. - Bossdbt, Hitt, umv,, in-â% 1681, p. 3Âo.
M. Claude. . . ne peut. . . marquer une seule Eglise vraiment Chrestienne fondée comme les E^ses de la nouvelle Réforme.
Id. , Confér, avec M, Qaude, in-19, t68a, p. 354 : Réflex,
Le P. Bouhours reproche au s' de Marcilly la répétition fréquente des mots simples et communs, comme contraire «rà Texactitudc du style». Le premier mot dont il cite Temploi abusif est le mot marquer, - Bouhours, Doutes tur la langue, 167/i, p. a36-935.
Marquer par derrière.
ASg C'est moi qui suis Sosie
/i66 Et jadis en public fus marqué par derrière.
Pour être trop homme de bien. - Amph,, 1,9.
le La marque ou flétrissure se faisait avec un fer chaud, sur lequel étaient gravées aoit une fleur de lys, soit les trois lettres G. A. L. (galères), soit un V (vol). Cette marque s^appliquait autrefois sur le visage, ou au front. Plus tard, par respect pour Timage de Dieu, et pour permettre au condamné libéré de trouver un emploi, «on se contente de rappliquer sur les épaules mises à nu , et dont on amortit auparavant la chair, pour que les trous que laisse le fer chaud se remplissant de sang meurtri, laissent des traces qui ne s'effacent jamais}). - Mutabd de Vouglans, Loixcrimin, de France, in-foL, 1780, liv. Il, titre 4, S 9.
Marquis, type de théâtre.
Vous, prenez garde à bien représenter avec moi votre rôle de marquis, — Toujours des marquis! — Oui, toujours des marquis. Que diable voulez-vous quon prenne pour un caractère agréable de théâtre? Le marquis aujourd'hui est le plaisant de la Comédie; et, comme dans toutes les comédies anciennes, on voit toujours un valet bouffon qui fait rire les auditeurs, de même, dans toutes nos pièces de maintenant, il faut toujours un marquis ridicule qui fasse rire la compagnie.
Imp, de Vers,, se. 1,