‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 357 sur 664 · RAILLER (SE) DE. . . — RAISON · texte numérisé non relu

RAILLER (SE) DE. . . — RAISON

Railler (Se) de. . ., se moquer de. . ., avec ou mm complu' ment.

969 Mais là, sans te railler? - Dép, am,j III, 7.

Comment? vous appelez cela réciter? C'est se railler : il faut dire les choses avec emphase. - Impr, de Vers. , se. 1 .

Moi, me railler de vous? Dieu m'en garde! - D, Juan^ II, a.

Avez-vous envie qu'on se raille partout de vous.

Bourg, geni.j III, 3.

Il me semble que je m$ railk Quand je parie d^eslre constant.

Sabasin, Œuw.f û in-â% i656; II, p. 111.

Ne croyei pas que je me raille ;

Si je ne le fais, croix de paille I - Richir, Ovide bouffon, 1669 , p. 67.

Sôuflîre au moins qu*ii achevé. — Hé î Monsieur, U êe raille,

QuiNAULT, Mère coquette, III, 3; - Cf. Id., ibid., II, 4.

Vous VOUÉ raillez. Monsieur. - Hautbroghb, Crisp, tnéd,, I, 1.

Est-co que tu te railles de moy? - Id., ibid,

* Notre ancienne langue avait beaucoup de ces verbes pronominaux. On disait de ^^me iê rire de. . . et m sourire de : «Synope se sourit de Tentendre.)) - Sobki., Berg. **frB»., 1637, p. 3i5; - Cf. Id. , ibid., p. aSi.

Raillerie : faire raillerie.

* Voir t. II, p. 3a &, Faire raillerie.

Raison : i^ C'est la raison que. . . , il est juste que.

820 Ce n est pas la raison qu'il ne leur coûte rien. - Misanth., III, 1.

611 Et c'est bien la raison que pour tant de puissance

Nous vous rendions du moms un peu d^obéissanre. - Corw., Rodoffune, H, 3.

2^ Raison : faire raison.

1917 Ah!/aile«-moi raison, Madame, d'une offense. - Misanlh., IV, 9.

Approchez, de grâce, et venez me faire raison de l'insolence la plus grande du monde. - G. Dand., III, 7.

Je veux qu'il me fasse raison de la pièce qu'il m'a jouëe.

Fourh. de Scap., III, 6.

Vous vous trompez si vous pensci que le juge vous en fasse rainon.

Malh., Trad. de St^nèque.

i58 RAISON

Je n'amvois en lieu commode que je ne changeasse d*habit8 et de posture; cent escus ou moins encore m'en faigoient la raÎMon,

Chapelain, Gttzm, d'Alfar., i63o; III, p. 999.

i3oi 11 faut que de mon sang je lai /mm raUon, - Gobn., Mélitê, IV, 6.

Mais j'ai certain onguent mixtionnë d'eau rose ;

Il est de grande force, et de sa pâmoison.

En moins d'une heure ou deux, il nous fera raiton.

Th. Com., D. Bertr. de Gg., III, 9.

Madame , faileB-moi raiton

Des filles de vostre maison. - Lorit, Poet. burl., in-A% 16&7, p. io5.

Horace. . . voyant le jeune Sybaris. . . mal mené. . . conjure Lydie de luy dire pourquoy elle le perd, et de \uyfairê raison de ce qu'il a de l'aversion pour le (Ihamp de Mars. - Sarasin, Œuvr,, in-â*, i656; I, p. i85.

Une paire d'étrivières m'en, feront. . . raison (du poète Sarasin).

La Rochbp., m, p. 11 3.

S'' Raison : rendre raison, donner les raisons de. . •

Je sais qu'on attend de moi, dans cette impression, quelque préface qui réponde aux censeurs, et rende raison de mon ouvrage.

AverU , en tête de VEc, des Fem.

S'U est malaisé de rendre raison des goil^ts eu général, il le doit être encore davantage de rendre raiton du goût des femmes coquettes. - La Rochbp. , I, p. 393.

Je n'ai pas encore rendu raison de la conduite de mon ouvrage.

La Fo.\t., I, p. 18 : Préf dès Fables.

J'y cours, et je vous viens rendre raison de tout.

MoNTPLEuiT, Fille capitaine, U, 10.

En quoy connoissei-vous que l'homme est capable de raison? — Parce qu'il rem^ raison de ce qu'il fait , et sçait pourquoy il le fait.

BosscBT, Catéch. de Meaux, 1687, p. 75^** (après la page 78).

Mélancton rendit raison de cette doctrine.

Id., Hist. des Var., •n in-à', 1688; II, p. 499.

Qui pourroit rendre raison de la fortune de certains mots, et de la proscriptio vi de quelques autres? - La Brut., II, p. 90 5.

4° Raison, motif.

35/i Et lorsque famour touche un cœur,

On n'a point de raisons à dire. - Psyché, I, a.

1 A ce coup, nos frayeurs n'auront plus de raison. - Malr., 1, p. 961.

1797 Vous me somblei troublé. — J'ai bien raison de l'être.

CoR^. , Suite du Ment. , V, 3.

900 L'amour n ses raisons; mais j'ai beau vous les dire. . . — L'amour est sans raison; mais j'ai beau me le dire, Paimerai malgré moi. - La Fojrr., VII, p. 266 : GalaUe, II, 9.

RAISON — RAISONNABLE i59

5® Raison : À telle fin que de raison.

Il me faut de ce pas aller faire mes plaintes au père et à la mëre, et les rendre témoins, à telle fn que de raison, des sujets de chagrin et de ressentiment que leur fille me donne. - G. Dand., I, 3.

Il 8*étoit donc joint, à telle fin que de raiton, à tous ceux qui avoient attaqué D. Juan. - ScAiBOfi, Dem. Œuvr,, 1700; l, p. 16 1-1 6a (Hitt. de D, Juan Urbùia),

n voit luire la torche ardente ,

A telle fin que de raàon.

Au haut de la chère maison

De sa maîtresse impatiente. - Id., ibid,; I, p. 967 {Héro et Léandre),

* vA telle fin que de raiton. Façon de parler dont on se sert pour exprimer qu*on fait une chose dans la pensée quMle pourra estre utile, sans sçavoir pourtûit précuëment k quoy. Il fit filtre un procèe-verbal de» lieux à telle fin que de raieon. On se sert aussi de la mosme phrase pour dire et tout événement et par précaution : Noue ne eçavone pae it noue trouveront à manger où nout allont : U tera bon de porter quelquet provieùm» à tiXtefin que de raiton,-n - Acad. fba^ç., i" édit., 1696.

Ni Richelet ni Furetière ne donnent cette locution, qui cependant était d'un usage courant.

1" Raisonnable, convenable.

Le moyen, mon oncle, qu'une fille un peu raistmnable se pût accommoder de leur personne? - Préc. rid., se. 4.

Eh! Monsieur, auroient repondu les Comc^diens, nous avons des hommes et des femmes qui ont ëté trouvés raisonnables partout où nous avons passé. - Impr, de Vers, , se. 1 .

Ils vivoienl tous deux du louage de deux maisons assez raitonnablet.

D'Outillé, Contet, 166A; Paris, Jouaust, i883; II, p. aoi.

Un vallon, d^une largeur raitonnable.

Srgbais, Nouv. franc., i656; a* Nouv., p. 4 90; Cf. 1d. , ibid,, 3* Nouv,, p. 78-79.

1 1 1 Une fille du Bourl)onnois , D^asscz raizonnable vizage , En Tan quinziesme de son âge , . . .

Devint subitement garçon. - Lorbt, Muze hittnr, , 96 janvier i658.

J*ai. . . le front élevé et d'une raitonnable grandeur. - Li Rochip., I, p. 5.

Il étoit, quand je Teus, de grosseur raitonnable.

La Fout., Il, p. i5i : Fabl, VII, 10; - Cf. Id., V, p. 587.

Tout s'accordoît à l'avantage d*une jeune damoiselle nommée Daphné, au moins pour les charmes de sa personne. Car fesprit, la naissance ny le bien, quoyqu'assez raitonnablet, n'avoient point trop d'admirateurs.

Aratpe et Sinmndre, 167a; l, p. 38.

Je luy demanday s'il y avoit des personnes dans la petite ville qui n^estoit qu'à fleux Houes de là, qui fussent un peu raitonnablet. — Non, me répondit-elle.

Ibid,, I, p. 8/1.

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