‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 358 sur 664 · RAISONNANT — RAJUSTER · texte numérisé non relu

RAISONNANT — RAJUSTER

... Le plat de rost est, aussy, ratMfifM^. - Poisson, Fovt tlivfrL, 111, f».

Je les ay vus jouer; leur troupe est raiêonnable,

lo., Baron de la Cra$$ê, se. 9.

Quelque affaire où il aura. . . fait un gain rainmnable, - La Bbut.

* Ah 1 ma chère, je n*ay rien veu de heau aujourd'hui : — «Quelle pauvreté, ma clicre ! je n'ay pas veu une chose roUormabU aujourd'huy. » - Somaixb, Gr. Diction, dn Prét.^ V* Beau.

Rirhelet traduit : vraUonnable , qui est fait comme il faut, bien fait, bien proportionné : Je ne lui vois rien de raiêonnable que la taille et le souris (Ablaftcoubt, Trad, de re Lucien), Un visage raisonnable, une chambre rai$onnable,n > Ricrblkt, Diction,, i68o.

^^ Raisonnable, raisonneur.

Maître Jacques fait bien le raisonnable, - UAv.yUl^ i.

Raisonnant, raisonneur.

Je vous trouve aujourd'hui bien raisonnanle. - Mal. imag.. Il, 6.

Raisonnement.

II. . . s'est jeté, à corps perdu, dans le raisonnement du ministère.

Escarb., se. t.

* G^est-à-dirc : dans des raiêonnementi sur le ministère.

RajDSTER, réparer, raccommoder.

990 Une belle, d'un mot, rajuste bien des choses. - Fâch.y I, A.

Quelque baissement de téfe, un soupir mortifié et deux roulements d'yeux rajttstent dans ]e monde tout ce qu'ils peuvent faire.

D. JuaHy V, 9.

Nous avions le plus souvent dispute ensemble; mais enfin, la mort rajuste toutes choses. - Am, méd., I, t.

L*un y rajuste sa crinière;

L'autre y radoucit sa visière. - Scarbon, Virg, trav,, 1700; U, p. 986.

N'importe, il est marquis, c'est ainsi qu*on le nomme,

Et ce titre parfois rajuste bien un homme. - Quiraclt, Mère coquette, 1, a.

M. de Cavoye a ia bonté de vouloir visiter mon nouvel appartement , pour prier M. Le Fèvre d'y rajuster ce qu'on aura mal fait. - Rac, VU, p. 161 : Lettr. Nous avons bien découvert , et rapporté , et rajusté les choses de sa folle de mère.

Si?., ni, p. 53.

De la manière que le sien (le récit de M. Claude) est tourné, plusieurs auront peine à croire qu'il n*ait pas esté du moins rtyusté et racommodé sur la lecture du mien. - Bossun, Confér. avec M, Claude, in-ia, 1689; Avert.y p. 10.

* Voir t. I , p. 8 1 , Ajuster,

RAJUSTER (SE) — RAMENTEVOIR 4Ôi

IUjl'ster (Se), se réconcilier.

i356 Après le démêlé d'un amoureux caprice,

Ils goûtent le plaisir de s'être rajustés. - Amph., ili, 3.

1.37 Depuis quatre jours, on nous mande Que nos alliez de Ho]ande S'étani avec nous rajtutez, . . - Lorbt, Muze hiHor,, 7 julilcl 1607.

KamENTEVOIR, rappeler.

889 Ne ramentevons rien, et réparons Toffense. - Dép. am.^ III, 6.

Puis après, sans mener grand bruit,

Je leur rammtoy le jeu d asne. - Villox, Le Grand Te»tametU, c. xu-fii.

Elle se ramêntevmt la fîdelle amitié quVlle avoit auparavant recogneoe en ce berger. - D^Uaré, L'Attrée, 161 4; I, p. i3'.

Il se ramentevoit peu à peu que Cyresne estoit celle qu*il avoit veue dans le temple. - 1d., ibid,, 11, p. i85.

ir n*y a chose qui se doive conserver avec plus de soin que la mémoire d'un bienfait. Il se la faut ramentevotr d'une heure à Vautre. - Malh., Il, p. 38.

La terreur des choses passées

A leurs yeux se ramentevant

Faisoil prévoir à leurs pensées

Plus de malheurs qu'auparavant. > Id. , Sur l'attentat, . .

^ A propos de ces vers. Ménage dit dans ses Observ, sur Malherbe (1660) : trCe mol n'est plus reçu en vers. Malherbe 1 employé encore en un .lutre endroit :

Mes sens qu'elle aveugloit ont connu leur oflfense. Je les en ay purgez et leur ay fait deflense De me la ramentevotr plus.

« Bertaut s*en est aussi servi dans une de ses chansons :

S'il vous eust plu ramentevotr Ma servitude et vos promesses.

«il n'est plus mesme reçu en prose, si ce n'est par quelques antiquaires, et dans le style épistolaire, comme quand on dit : trJe vous pne de me ramentevotr aux occasions à 'monsieur un tel. j» - Edlt. 1689, p. 3o6.

Chevreau a condamné aussi, comme trop vieux, le mot ramentevotr.

Hem, sur les Œuvr. poét. de M, de Malh. , in-A°, 1 660 , p. 5.

Le propre soir du mardy gras,. . . le merle fut encore ramentu,

D'OuviLLB, Contes y 16A&; édit. Jouaost, i883; 1, p. 199.

Et ces grands monumens d'étemelle mémoire Ne s'esTevent pas tant pour maintenir leur gloire Que pour ramentevotr aux autres qu'ils sont morts.

Mallbvillk, Poésies, Paris, Courbe, 16^19, ui-h\ p. i5G.

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