‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 415 sur 664 · RIEN · texte numérisé non relu

RIEN

711 Suivez-moi, vous verrez s'il est rien que j^avance.

Éc. des Mar.f II, 8.

io3 Je me suis doucement esquivé sans rien dire. - Fâch,, I, 1.

Ce n est pas ma coutume de rien blâmer.

Crit. de TÈc. des Fem, , se. 6.

91 Je veux croire qu'au fond il ne se passe rien, - TarU^ I, 1.

986 Et ne put au souper toucher à rien du tout. - Ibid., I, 4.

1896 Pourquoi consent iez-vous à rien prendre de lui? — /Wrf., V, 7.

1611 Je ne veux point, Monsieur, jaloux ou non jaloux.

Partager de son cœur rien du tout avec vous. - Misantli,, V, 2.

Parfois, je manie le pinceau, contre la coutume de France, qui ne veut pas qu'un gentilhomme sache rien faire. - SiciL, se. 9.

Ne faites pas semblant de rien. - G, Dand.y II, 8; - Cf. ibid,, I, 6.

Je n ai garde de lui en rien dire. - Ibid, , ibid.

Je ne veux point qu'il me dise rien, - Bourg, gent.^ V, 6.

Li fille du seigneur Géronte ne me sera jamais de rien.

Fourb, de Scap.y III, lo.

Rien peut-il vous offenser, quand tout ne va qu'à des choses honnêtes comme le mariage? - Mal. inuig., III, 11.

Qu'en dites- vous, Madame, csi-ii rien plus aise?

D'OufiLLB, L'EtprUfoUel, II, 5.

J'aurois cm faire un crime à vous rien déguiser.

Th. Goari., Charme de la voix, III, 1.

Mais consullez-vous bien avanl que d*en rien faire.

1d., Anumr à la mode, IV, 5.

àSi rien me piall en lui , c'est qu'il est votre fils.

QuiNAULT, Mère eofwtte, II, 6.

Monsieur, je vous dois trop pour vous refuser rien.

M05TPLBDBT, ce. de$ FiUee, II, 9.

Chacun d'eux résolut de vivre en gentilhomme ,

Sans rien faire. - La Font., FabL, II, p. 3 (Lee Memhret et l' Estomac),

% H. Estienne a très bien démêlé le sens de rien, qui n'implique nation, comme mn, * un, personne, qu'autant qu'il est accompagné de la particule négative no : «rCeux qui [ment que rien signifie nihil, s'ils en considèrent bien l'usage, Irouveroot qu'au conire c'est le res des Latins, ce que nous disons chose. Quand je dis : S'il y a rien que puisse, et quand je dis : s'il y a chose que je puisse, nW-ce pas un même propos?»

II. EsTiBx.^B, Conformité, . ., chap. fi : De VAdv.; - Cf. lo., Précellence du lang, franc,

IMua tard, Pasquier, dans ses Recherches de la France, liv. VIII, chap. A3, consacre tout

6ià RIEN (DE) — RIEN

un chapitre à rien; pour prouver que le sens ëlaîi autrefois confonne à Tëtymologie, i\ rite remploi de rtmi au féminin pluriel dans Jean de Meung :

Sur toutes rinu gardez ces points

Le P. Garasse se moque de la découverte de Pasquier : «Il faiioit bien, dit-il, se pener. . . pour prouver que rient se dit du mot latin ret et signifie qtielquê choêe en vieux langage gaulois In - Rech, des Rech. de M' EmL Pasquier, iGaa, p. 991.

Au début de ÏHiet, de saint Louis, on lit : (rCeluy saint homme Roy, toute sa vie aim^a et craignit Dieu de tout son pouvoir, sur toute rien,n

RiM (Db), sans valeur.

9/1/i Et vous traite TAmour de dëité de rien, - Princ, d'El.y I, 9.

Rien : non plus que rien, pas du tout, nullement.

1119 Tu ne te souviens point du tout de la manière Dont tu m'as su traiter, étant venu du port? — Non plus que rien, - Amph., II, 3.

Rien : ne. . . rien, ne. . . pas.

Allons, vous dis-je. Il n'y a rien à balancer. - G. Dand., I, 6.

Rien , suivi Hun adjectif avec au sans de . . .

1095 Et nonobstant cela, qu'un diable en cet instant

M'emporte , si j'ai dit rien que de très constant - Dip. ont. , III, 1 0.

663 II n'est rien si commun qu'un nom à la latine. - Fâck.y III, 9.

t Doit-on dire rien si commun, rien tel ou rien de si commun, rien de tel? Vaugela» ^^ ses commentateurs se sont occupés de la question :

«rll n*y a rien de tel, il u^y a rien tel. Tous deux sont bons, dit Vaugelaa, et il semM^ quVn parlant on dit plustost : il n^y a rien tel, mais qu'en escrivant on dit pluatost : i ' n*y a rien de tel. Pour moy, je voudrois tousjours escrire ainsi.»

Vadoblas, édil. Chaasang, 1, p. hhZ,

«Je les crois tous doux égaux, reprend Patru, et je pense qu'il 8*en faut aervir auivan^^ le conseil de Torcille.» - llnd.

Th. Corneille est du même avis ; mais TAcadémic française introduit une diatincdoa r

«rll parolt par cette Remarque de M. de Vaugelas qu il n'a regardé il n'y a rien de t^ que dans la signification il n'est rien tel ; et, en ce sens, la particule de semble auperfloc. Ainsi on dira et on escrira fort bien : il n'y a rû>ii tel que d aller son grand cbemin. Mais si le mot tel est regardé dans la signification de semblable, il faut nécessairement mellro la particule de devant tel, comme en cette phrase : Cet homme est rusé, dissimulé, fourbe.

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