‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 420 sur 664 · II. EsTiERXK, Lang.Jrunç.'ital.^ 6dit. Uscux, I, p. i44-i · texte numérisé non relu

II. EsTiERXK, Lang.Jrunç.'ital.^ 6dit. Uscux, I, p. i44-i

Le Diction, des Rin^ps d'Odel de la Noiie (1596) admet le mot, mais, par exception,

5&0 RISQUER À. . . — RITORNELLBS

croit devoir Texpliquer : vAimm, danser oa haiard. li court un grand riêquê, c*eft4-dire un^ grande fortune, et est pns de Titaiien qui dit riêchio et arruikiwrt, — li rtt^.i

La Noûi, DietioH. ieê Rmu, 1596, p. 1 17, 3* col

G>tgrave (1611, i639, etc.) donne le mot qui manque dans tous tes autres dictioonaires jusqu'aux Recherchée d'Ânt. Oudin (1649); i partir de cette date, on le trorne dans presque tous les leiiques.

De qud genre est riêquê T Aujourd'hui, il est masculin; an xfu* siècle, le genre cUil incertain.

Ménage écrit, en 1679 : « H. Estienne. . . Ta fait féminin. D est aiijourd*buy plus rommunément masculin. n - Obeerv., I, p. h6h.

Richelet dit, en 1680 : «Ce mot est masculin et féminin; mais il semble qu'on le fiil un peu plus souvent masculin que féminin.»

Furetière, 1690 : vRiêque, subst. maac et fém.n

Andry de Boisr^ard, en 1699 : «Ce mot est féminin : Il a couru de grandes rkfm* M. Ménage le fait masculin, mais il n'est pas suivi en cela de beaucoup de monde.*

Ré/l. tur Pusage préi, de la lang.frûMf,, p. 61 4.

Enfin l'Académie (1 69a ) se prononce pour le mavulin.

Risquer à . . .

1 168 Nous n*avons point voulu, de peur du personnage,

Risquer à nous tenir ensemble davantage. - Éc. de$ Fem., IV, 6.

Risquer, v. act.

507 Sachez que d'une fille on risque la vertu,

Lorsque dans son hymen son goût est combattu. - 7arf., II, s*

3à Chacun promet enfin de risquer le paquet. - La Font., III, p. 355 : Fahl,, XH*

Nous aimons mieux tout risquer que de nous contraindre.

BossDBT, Hitt, unie,, in-4% 1681, p. âsS. * Voir Risque,

RlTORNELLES.

. . . Deux dessus de violon , pour jouer les ritomeUes.

Bourg, gent, , II , 1 .

^ Celte forme s'explique par la prononciation de Vo, qui se confondait avec eu et répondait à Vu italien, espagnol, portugais et allemand; on prononçait Bourdeaux, houmtf Romue, poume, etc. — Si Ton voulait conserver à To le son clair, on le faisait suivre d'une barre simple ou d'une barre double, qui se confondirent ensuite avec 1 ou n; les geos peu familiers avec l'orthographe écrivaient Pologne, Pouloigne ou Pùulongne, Le son actuel 01 s'écrivait assez souvent oe : boette j cœffe.

Ce mot ne se trouve dans aucun dictionnaire avant ceux de Richelet (1680) et de Furetière (1O90), où il est écrit ritournelle. Dès sa première édition (169a), l'Académie ^rit rifurneile.

RiVAUTÉ — RIVIÈRE 5&1

lUchelel : ^Ritomelle, reprise de chant que font les violons : les violons jouèrent des ritornellet. Comte de Bussy.»

Furetièrc : vRitomelU, reprise qu'on fait des premiers vers d'une chanson, quVn répète à la fin du couplet. Ce mot est venu de Tltalie, et signifie la même chose à peu près que ce (u'on a toujours en France appelé refra{n,ii

Rivalité.

3/17 Passons sur ce point-là : notre rhaUlé

N'est pas pour en venir à grande extrémité. - D^. «iw., I, ft.

V Le mot rivalité parait avoir été créé par Molière. On ne le trouve dans aucun dictionnaire, ni Richelet, ni Furetière, avant la première édition de celui de TAcadémie, ?n 1696. Il ne parait pas même encore dans le Dictionnaire de Joubert, en 1700. Notons rependant que le Diction, Jranç-itaL, imprimé en Suisse, au château de Duillier, en 1677, risque le mot rivauté, en le faisant précéder d*un astérisque (*) indiquant «les mots qui ne sont soufferts que dans le style bas ou burlesque 7).

En 1798, dans son Diction, néologique, Tabbé Desfontaines donne place A rivaUié, et rite deux exemples de Moncrif, dans /#• Chati, En 1770, le Diction, dn richêiêet <U la langue française et du néologisme qui s'y est introduit, admet encore, parmi les termes nouveaux, rivalité, et il cite des exemples de Duclos, de Bertier et de Laugier. Outre rivalité, nous trouvons encore rivaliser, verbe actif, employé par Bertier.

Rive : pain de rive.

Un pain de rive, h biseau doré. - Bourg, gent.^ IV, 1.

t Rive se disait du bord de plusieurs choses; on appelait pain de rive celui qui, placé à la rive, au bord du four, et bien cuit sur ses contours, formait un biseau doré.

Vostre four estant chaud , . . . alors vous cesserez de le chauffer, et osterei les tisons et charbons, rangeant quelque peu de brasier à une rive près la bouche du four. - Délices de la campagne, a* édit., Amsteldan (Amsterdam), i655, p. 8.

Rivière : veau de rivière.

Maître Jacques. Rôt, dans un grandissime bassin en pyramide; une grande longe de veau de rivière. — L'Av,y III, 1.

* Ce passage ne se trouve, parmi les éditions anciennes, que dans Tédilion de 1689, '*-'8 autres éditions labsant à la volonté de Tacteur Ténumération des plats.

Une longe de veau de rivière, longue comme cela. - Bourg, gent. , I V, 1 .

* (rLes veaux de rivière sont des veaux extrêmement gras, qui viennent de vers Rouen, oiî il y a de bons pâturages. 7) - FunsTiànE, Diction,, 1690.

(f Veaux de rivière, veaux qui sont élevés on Normandie, dans le voisinage de la Seine.»

Diction, de l'Acad, franc,, 169^-1878.

idi ROBE — ROGATONS

Robe, l'obe de cliambre.

Je n'irai pas gâter ma robe pour vous séparer. - Bourg. genUy II, 3.

^ vRoîfbe, vestement qui couvre tout le corps. Une robbe de ehamire est celle ou on vesi i Taise, et qui sert durant qu^ou se peigne, qu'on s'ajuste, qu'on garde la chambre. «

FuBRièai, Dieiitm,^ 1690.

Robin.

1919 Oh! les plaisants robim, qui pensent me surprendre!

* On a pu penser que ces (r plaisants robinm étaient des masques portant des nh& ou dominos. Aucun dictionnaire n'autorise cette interprétation ; dans aucun dictionnaire aranl la deuxième édition du Dictionnaire de l'Académie (1718], on ne trouve le mot roèâi appliqué aux sens de robe. Gotgrave, le premier, donne ro6iii : pour lui, c'est un nom propre'qui revient dans plusieurs proverbes ou chansons; robineriet, qui suit, est tradoil par p/aatanl eonceiti, — Le P. Monet, dans l'édition de i636 de son ParaUiU, dit déjà : wRAm, facétieux, plaisant, gracieux. Voili un plaisant ro6m .* en hominem facetum.*

En 1669, Ant. Oudin, dans ses Recherchet, donne : «Un plaisant rchin, un buflbne; roftîfimct, buflbnerie.7) — Le Diction, franç.'ital, imprimé en Suisse au château de Dniliîer, en 1677, dit : <rUn robin, un facétieux, faceto, nufibne ; c'est un plaisant roinii è on groto buffone.7)

RiCHBLiT, 1680 : fx Robin, sorte de nom dont on se sert dans les épigrammes satiriques et autres ouvrages comiques au lieu du nom propre ... On se sert quelquefois de ce mol pour dire un sot, un niais : vous êtes encore un plaisant robm,Ti

FuBRiàBB, 1690 : rt Robin, nom propre qui est demeuré en ces phrases proverbiales: il se souvient toujours à Robin do ses flûtes , etc. — On dit aussi par mépris i un homme : vous êtes un plaisant robin.n

AcADémi PBiRÇiisB : 169&, néant; 1718 : tt Robin, terme de mespris dont on se sert en pariant des gens de robe. On dit d'un homme impertinent que l'on mesprise : c'est un plaisant roinn.n

C'est dans ce dernier sens, alors nouveau, que Regnard l'a employé :

Les fastidieux personnages que vos robim ! - Hom, à 6. fort,, II, 5.

Régnier a dit une robine , dans le même sens que le masculin robin :

Vous pensez dire un friaut mot

F)i<iant qu'elle vous fait la mine ;

Mais oyez que dit sa robine ,

En vous estimant un peu sot :

Il n'en est rien , ne luy desplaisc ;

Jamais la mine ne luy fis ;

Car s'il estoit vray, je vous dis

Qu'il ne l'auroit pas si mauvaise. - Epigv, XVI.

Rogatons.

Yest-il pas content du furieux intérêt qu'il exige, sans vouloir m'obliger à prendi-e, pour trois mille livres, les vieux rogatons quil rauiasie? - lé" Av., II, 1.

ROI — ROIDIR (SE) œNTRE 543

Le peuple, voyant tant de recueils de foUies que 1 on luy donne pour des livres, en a tellement ravalé le prix des lettres , qu^il ne met point de différence entre un autheur et un basteleux ou un porteur de rogatonê, - Sobil, Berg, êxtrav,, Préf.

Au lieu de quelque bon potage De veau, de bœuf et de mouton.

Ou de quelque autre rogaton, Elle se voit réduite à (aire . . .

D'herbe son plus friant festin.

RiGBEB, Ovide bouffon, i66a, p* 177; - Cf. 1d., ifnd,, p. lai et 375.

Item, à tous mes prétendus Mecenas, je donne et lègue la libération de ce quils me doivent pour le prix de Tencens que je leur ay fourny et livré, tant par epistres dédicatoirea, panégyriques, épitalames, sonnets, rogaUmt, qu*en qudque autre manière que ce soil.

FuBiTièBB, Roman bourg,, édit. Jaonet, chex Picard, II, p. 90.

Vous savez combien j'aime à ramasser des rogatons pour vous divertir.

Sév., V, p. to6.

¥ Le mot rogaton (du latin rogatum) avait trois sens : 1** ji«rmtMton de quêter: lorsque moines 'allaient quêter, ils étaient porteurs de rogatons; a** produit de la quête, bes, etc. : leurs besaces étaient pleines de rogaUnu; c^eat dans ce second sens que lière a employé le mot ; 3* prière , supplique , requête :

Rogaton à M. de Lyonne , pour estre payé de sa pension. - Scabbob.

)I, terme de jeu.

3i3 Je porte Tas de trèfle (admire mon malheur!)

L'as, le rot, le valet, le huit et dix de cœur. — Fâck.y 11, *j.

)IDEUR.

C'est un homme tout médecin,... qui, avec... une raideur de confiance,. . . donne au travers des purgations et des saignées.

Mah imag., III, 3.

Sans une grande roideur et une grande attention i toutes ses paroles , on est exposé à dire en moins d'une heure le oui et le non sur une même chose ou sur une même personne. - L4 Bruy. , 11, p. gS.

)iDiR (Se) contre.

Il y a de certains esprits . . . qui toujours se raidissent emUre le droit chemin de la raison. - L\4v., I, 5.

II se roidissoit contre les difficultés. - Mal, imtig.y II, 5.

Elle se roidit contre le.<? raisons.

D^Uaré, L*Astrée, i6i/i ; II, p. ti-j ; - Cf. lo., ibid., U, p. aaS et 780.

5â4 ROIDIR — ROMANESQUE

Il y a des extrémités où Tou romproit tout, si ron vouioit m roiOr emUrt la nécessité. - Sév., VU, p. 3is.

L*on te roidit contre son infortune. - La Bbdt., II, p. as. ROIDIR, pour SE ROIDIR.

io63 Quelle est votre pensée? Et quel bourru transport Contre vos propres vœux vous fait roidir si fort?

Dip. am.^ III, 9.

* Vohr ci-dessus , p. 393 , Pronmn complément direct d'un verbe rêfUchi, eupprimé.

Roman de la médecine.

Lorsqu'un médecin vous parle d'aider, de secourir, de soulager la nature, de lui ôter ce qui lui nuit et lui donner ce qui lui manque, de la rétablir, de la remettre dans une pleine facilité de ses fonctions; lorsqu'il vous parle de rectifier le sang, de tempérer les entrailles et le cerveau, de dégonfler la rate, de raccommoder la poitrine, de réparer le foie, de fortifier le cœur, de rétablir et conserver la chaleur naturelle, et d'avoir des secrets pour étendre la vie à de longues années : il vous dit justement le roman de la médecine. - Mal. imag.y III, 3.

t Le mol roman s^appliquait à toute invention imaginaire.

1 ^6 A quoy répliquent les Flamans :

Vous nous contez-là des romani; Cesi \k votre leurre ordinaire. - Lobet, Muze hiêlor., 17 juin t65G.

Ce faiseur de romans merile qu^on le berne . . .

— Enfin, vous me croyez malade du poumon?

— Qui? vous? — Oui. — Comme moi. — Comment? — C'est nue histoire Faite sur le roman que je feignois de croire.

Mo5TFLiuBT, Dome médecin, II, 5, 6.

C'est un âne achevé , blessé par le cerveau ,

Qui vous va fabriquer quelque roman nouveau. - Id, , ibid,

Théophile . . . passe le vrai dans la nature *, il en fait le roman.

La Bbut. , I , p. 1 3o.

Romanesque.

3i Vous êtes romanesque avecque vos chimères. - VÉu, 1,3.

0 que Tavanture que j'ay courue est agréable , et que c'est une chose romanetfm d'avoir couché sur la dure ! - Sobel, Berg. extrav,, 1687, p. 299.

Nôtre Vicomtesse ne manque pas, depuis peu, à s'aller promener toutes les nuits dans le jardin pour y cntrelonir ses visions romane$que$,

SoBLiGKT, Folle Querelle, 1668; II, 3.

rome — rompre 545

Rome : aller le dire à Rome.

Si Ton en peut voir un plus fou, je Tirai dire à Rome.

Bourg, gent., V, se. dern.

Si quelqu^un fourbe mieux , je Virai dire à Rome. - Bois-Robbbt, Folie Gageure.

Rompre, briser, au pv. et aufg.

687 Un secret important, que j'ai su ce matin,

Qui rompt absolument ma parole donnée.. • - Sgan., se. ^k.

112 Cest Damis, le tuteur de celle que j'adore,

Qui rompt ce qu'à mes vœux elle donne d'espoir. - Fâch.y 1, 1.

i63o II faut, avec ce fer, rompre l'enchantement. - Amph., III, 5.

Comme je vous le dis, il ne faut que rompre leur dessein, et Lysandre sera bien attrapé. - Sublight, Folle Querelle, 1668; II, s.

Les autres . . . rompent les portes de la ville à coups de hacbes.

Ric, V, p. 2176 : Campagnet de Loui» XIV,

181 Et du Lutrin rompu, réunissant la masse. . . - Dbspb., Lutrin, I.

Rompre, déchirer.

«207 Le traître, l'autre jour, nous rompit de ses mains Un mouchoir qu'il trouva dans une Fletir des Saints.

Tart.y I, 9.

L*on pouvoit voir. . . sa cbemise tout au moins, et ce fut grand bonbeur si clic u*estoit point rompue, - Sobel, Polyandre, p. a 6.

Mais combien y en a-t-il qui, quelque soin qu^ils prennent à s'ajuster cl à cacher leur pauvreté , ne peuvent empécner qu*elle ne paroisse toujours à quelque chapeau qui baisse Toreille, quelque manteau pelé, quelque chausse rompue, . .

Fubbtiàbb, Rom. bourg., p. 69.

1&78 Trois fois elle a rompu sa lettre commencée. - Ric, Phèdre, Y, 5. Rompant le voile épais qui couvroit la nature. - Id. , Poé$. die. Notre ami (Comibclli) étoit sur un testament qu^il (de Vardes) a rompu, - Sév.

t Le mot serait impropre maintenant ; mais il ne rétait pas au temps où Molière écrivait ; il avait été, il était encore pris dans ce sens. Monet (i6âo) dit : fxRon^j^, déchirer, lacero. De ce costé, les baliers te rompront tes habits, ea regione, $entet tuam vettem lacerafmnt.'n

Furetière (1690) admet cette acception du verbe rompre, et il en donne de nombreux cicmples. Mais ni Ricbelet ni TAcadémie (169a) ne rautorisent. A Nantes, on dit vulgairement qu'un mouchoir, un vêtement est ca$$é, pour déchiré.

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