‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 44 sur 664 · MATOIS · texte numérisé non relu

MATOIS

Âpres luy vient on Maitois,

Dâië, fin et maUnt,

Dûenr de bonne aventure ,

Grand menteur de sa nature.

Grand bableur de son métier. - BaéBiop, Lucain trav,, i656, p. i6â.

0 que les grands sont aimables I . . .

Et nous, innocentes grues,. . .

Nous croyons au doux patois

De ces illustres matoU, - Id., t^., p. loo-ioi.

Ne traite donc plus de badin

Ce Dieu (r Amour) si matùi» et si fin.

Id., Poét, div., in-/l^ i658, p. 35o; - Cf. Id., ibid,, p. 378.

Ah ! galante I

Plus maUfin que vous n^est pas bH)p innocente.

Th. Goih., D. Bertr. de Cig,, II, U;- Gf. Id., Galant doublé, 1,6; - Geôlier de tùi-^méme, II, 5.

GoDune Vetturius cribloit de nuit dans Tuniversité d*Orléans, et comme un wuÊUnê d^Orléans (M. le président des Hameaux) luy couppa les doigts.

Sabasih, Œuvr., in-ti\ i656; I, p. 397 : P&mpejun. de Voiture.

Savez-vous quelles gens le matota (Molière) salyrise? Des marquis. — Des marquis I 11 aspire si haut?

— Je t'en vais montrer trois, chapitrez comme il faut; Tay la clef de la pièce. — Imprimée? — Imprimée.

BouRSÂULT, Portr. du Peintre, 1668, se. 6.

Avec chacun il s'accordoit.

Et le matoiê ne demandoit.

Gomme on dit, qu'amour et simpicsse.

RiCHiB, Ovide bouffon, 1669, p. a63 ; - Gf. Id., ibid,, p. 3o.

Un vieux coq, adroit et matoie, - La Font., I, p. 176 : FabL, II, i5.

Renard fin, subtil et tnatoiê, - Id., III, p. a63 : FabL, XII, i3.

Elle a Fcsprit si vif, si subtil, si présent.

Si prêt à se tirer d'un pas embarrassant ,

Que son adresse enfin me semble incomparable.

— La belle qualité, d'être tnatoiie en diable I

MoHTPLiuRT, bc. det FUleê, I, i;*- Gf. Id., Afan mom femme, 111, 3; - Fille capitaine, II, 10.

Bon! la paille est rompue, et tout est à vau l'eau. Vous le savez fort bien, fin matoiê que vous êtes.

Poisson, Coméd. tam titre, III, 6.

Ges inspirations Wennent souvent du diable : Je vous en avertis; c'est un fûté matois,

R16NARD, Joueur, III, i3; - Gf. Id., Vendangée, se. 17.

« Matoiê signifia d'abord ^^, c'est-à-dire enfant de la Mate, place où se réunissaient les fiknix, ou encore aêiœêin, de l'esp. matar, tuer, ou qui fait deefolieê, de Tital. matto, m; dans tous les cas, il comporte une idée de finesse.

Oatûiê ne se trouve pas dans Nicot. Mais, dès 1611, Gotgrave donne les mots mate et natte, mataiê et matoiê. Mate ou Matte était le nom d'une place de Paris où se réunissaient es Eitfantê ou Suppâtê de la Matte, les matoiê, en un mot, filoux, vilons et coupe-bourse.

56 MATRIMONION — MAZETTE

ffens de tous métiers de sac et de corde. Une pièce de la fin du xyi* siècle est intitulée Varlet à huer à tout faire, ou, dans une autre édition, Le MathoU ou tnarchand metlé; elle a été réimprimée dans le Rêc, depoéi. fr, det xy' et ivi' tièclee, bibl. eizév. , I , p. 73-89. Dans ses Seréeg, Guill. Bouchot ofire une élymolo[pe de sa façon, et souvent donnée depuis : crNe voilà pas un bon tour de la matteT On ne les appelle pas fnattoù sans cause : car ils mattent (tuent) bien ceux qui tombent en leurs pièges. n

G. BoccHET, Seréet, édit. Roybel, III, p. ia6.

MATRIMOMON, MATRIMONIUM, mariage.

695 Quelque autre, sous espoir de matrimonion,

Auroit ouvert Toreille à la tentation. - Dép. am., II, &.

Pour moi, je n'y en vois qu'un seul (remède), qui est une prise de fuite purgative, que vous mêlerez comme il faut avec deux drachmes de matrimonium en pilules. - Mid. maigri lui, III, 6.

Vous sentei-vous impropre au matrimoniumf - Th. Gobh., Galant doublé, I, 1.

Gomment? voudriez-vous que dans cette union, 11 prit le contre-pied du matrimonion f

GHAMPMKSLé, Pariiien, V, A ; - Gf. Id., Critp, chevalier, se. 1.

Quand on veut de deux cœurs assurer Tuuion,

On y brouille trois grains de matrimonium. - Hautebocbe, Critp, mutic., IV, à.

ifc Voir t. II, p. 81, Dicton, et p. 3io, Factotum,

Maturité, âge mûr.

1 186 Et je serai la dupe, en ma maturité,

D'une jeune innocente et d'un jeune éventé.

Ec, des Fem,y IV, 7.

Mais vous devriez bien , du moins par charité ,

Attendre que je puisse être en maturité, - Montflbdrt, Coméd. poète, III, 7.

MAlIX,;?/wr. pour le sing.y mal.

Qu'ils disent tous les maux du monde de mes pièces, j'en suis d'accord. — Impr. de Vers.j se. 5.

Je voidois être en colère contre vous. . ., de ne me faire jamais réponse, et de dire tous les jours mille maux de moi. - La Rocbep., III, p. 167.

:|t Sur cet emploi du pluriel pour le singulier, voir les mots Ardeur», bonté», inelémence», etc.

Mazette.

918 Nous sommes à piquer de chiennes de mazettes. - Sgan.y se. 7.

ME — MÉAT CHOLIDOQUE 57

(Je) sçay bien, ri tu ne me crois, Que tes fils, au lieu d'estre rois.

Ne seront que franches mazeite».

Des truanos , des testes mal faites . . .

ScARRON, Firg. trav,t i7o5; II, p. a 09.

11 n^est point de mazetU, entre Paris et Gan (Gaen), De piètre haridelle, opprobre d^un encan. De traisneur de fumier, de fange et de gadoue, Qui ne les incaguast et ne leur fist la moue.

Sairt-Amart, Œuvr,, bibl. elzév., I, p. 3^^ ; - Cf. Id., ilnd., I, p. 355; II, p. /io3.

Déjà l'on tient Taffidre ri certaine

Que Ton ne voit coureur de prétantaine

Piquer mazette, en tourmenter le flanc,. . .

Que le bourgeois tout aussitôt ne die :

Heures au poing I Vite qu*on psalmodie I - Id., ibid., l, p. 365.

n Youdroit que tout fût au diable, Que chaque mazêtte ou rousrin Eût eu quatre doigts de farcin.

RiCHiR, Ovide bouffon, 1669, p. i38.

Touchant la médecine, est-il expert? — Là, là. Passable. — Il n*a donc pas la science parfaite. Pour qui passeroit-il près de vous? — Pour mazette,

BouRSAOLT, Médecin volant , se. i3.

Mais les vers de Boursault sont assez bien choisb.

— Je le soutiens. Madame, un butor pariais,

Une grosse pécore, une pure mazette. - Id., Portr, du Peintre, se. 8.

Mon fils, à oui Ton vient de plier la toilette, Pique après le voleur une viedle mazette.

La Fout., VII, p. Uh : Rag., III, ii.

Ils sont trois à cheval, montés sur des mazettei.

Poisson, Fou de quai,, se. 9.

4c Ce mot parait peu ancien dans la langue; les seuls dictionnaires qui Tadmettent avant Ricfaeiet (16B0) et Furetière (1690) sont : Diction, dee Rimee (1668); Dusz, Diction, fr.^ ilai., et OcDin, Diction, fr.-eêp. (1660); Guy MièoE, Diction, fr.-angl. (1679). Le Diction, in Rimet de 16&8 et Guy Miège donnent mazette, mauvais chevd, et mazette, injure.

Me, explétif.

509 De peur que cet objet, qui le rend hypocondre,

A faire un vilain coup ne me Tallât semondre. - L'Et., Il, a.

♦ Voir Prcnomt.

M^AT CHOLIDOQUE.

m Voir Rsrmchyme tplémque.

Page 1