‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 490 sur 664 · SORNETTE · texte numérisé non relu

SORNETTE

Vous prêtez donc ainsi l'oreille à des 9orm§tt$$I

Mo5TPLiuiT, FUU cmtaiM, ly, 8; - Cf. 1b., Gênîdk. èê Bmue$, II, i; - Dame médecin. Y, 8; - Ée, det FHUi, III, a.

Vous m'avez mille fois bercé de ces mtmeUet.

RiGNABD, Joueur, I, 7; - Cf. lo., Méneckmee, III, ii.

# D'où vient le mot iorneltet T Ménage est tout disposé à le dériver de tAêurdtUÊL Mais comment? G*est bien simple; qu'on en juge : <rde cette manière, abeurdum, abeurdiiumy ewrdmum, iordinum, eordinetum, êometum, eomeia, soihrti!» - Mùiagi, Origimi, édit. 1750.

Le Duchat, qui avait longuement protesté contre cette étrange étymoiogîe, dans soo édit. de Villon (i7âa), revient à la charge en commentant Ménage :

9 Sornettes, dit-il, ce sont proprement des contes, comme ceux dont Bouchei a composé ses Séréet, Ainsi eometie est un diminutif de êome, fait de seratma, et s'entend des contes qui se font aux veillées.» - Und,

On remarquera que urotina ne se trouve ni dans le Diction, ULL^freaiç. de Rob. Eitienne (i53i), ni dans Ducanse.

Le mot wrmUee est très anaen dans la langue; on le trouve dans Villon :

cLVii Item le Camus Senescbal,

Qui une fois paya mes debtes, . . .

Je luy envoyé ces tomettee, - Villom , 6'r. T$$tam.

Sornette vient, évidemment, de $ome et de $omer. Ces deux mots étaient regrettés de H. Estienne :

vMais il y avet une chouse que je voyes bien à regret. — Qu'estoit-cc? — Un grand nombre de beaux mots que nous avons perdus, les uns simples, les autres composeï : n'otans aucunement rudes, ains ayans un son fort doux, quand à la plus grand part Et le pis est que d'iceux il y-en-a qui nous sont fort nécessaires, pource qu'à faute d'eux nous demeurons courts quciqucsfois : aucuns n'ayans esté mis en leur place. — Vrayement une telle perte est grandement à déplorer. — Mais principalement quant à ceux dont l'usage estoit encore entre nos ayeulx. Et, sur ce propos, il me souvient de $omer, encore que ce mot ne soit pas proprement du nombre des nécessaires. — Que signifie-t-ii? Je le troore bien estrange. — Et toutes fois nous usons tous tes jours d'un qui est de la mesme race. — Je ne m'en puis aviser : quel mot voulez- vous direl — N'uson»4ious pas ordinairement de ce mot iornette î — Ouy. — Somer, en un mot , c'estet ce que nous ne pouvons exprimer qu'en trois, dire une $omette ou dire dee iomeitei, — Et ce mot estoit-il en usage entre nos ayeulx? — Ouy, car le povre drappier de Maistrc Pierre Patbelin en use.» - H. EsTiKHifE, Langage Jranç. itaUanieé, édit. Liseux, I, p. i6i-i6a.

Somer se trouve en effet dans la Farce de Pathelin, édit. Jacob, p. 5& :

Dites , je vous pry, sans $omer, Par amour, faictes-moy venir Maistrc Pierre.

Somer, plaisanter, railler, était le verbe du substantif «or/i«, dont le Diction* de Gode- (roy cite un exemple tiré de Christine de Pisan.

Nos anciens dictionnaires: Rob. Estienne (iSSq, i5/i9)« Nicot (1673, 1618, lôsS), donnent : fxtomettei, facetim, jocus, nugn;»; mus n'admettent ni aoriia, ni eorner.

Le Nicot de 1606 dit : ^Sornê est le commencement de la nuict, quand l'obscurité d'icelte osle la cognoissance de ce qu on void. Il peut estre tire de ierotiniim (qui est faict de eerum) par double syncope 4 * « êera creputcula.y>

SORT — SORTABLE 6â3

En 1 596 , le Diction, de$ Rimes d'Odet de la Noiie donne : ff Mornêlte, trait de moquerie» , mais ni some, ni tomer.

Cotgrave (1611, i633), etc., donne les trois mots iome, iomer et sormUe : tf$orne, evening (soir); tomer, to ieast, boord, strumpe, gidl, sell bargaines, speacke merrily, talke idly; to icast, gausser, gaudir, gosser, jouer, bourder, railler, iomêr, dire le moi; to gull, embabouiner, affoler, befBer, gaber, abuser, iomer, se mocquer de. .., affronter; enjobeliner, apistoler, bailler des cassades; to iell a hargtùn», bailler foin en corne, iomer, etc. — Sornette est traduit par des noms correspondEants aux verbes qui traduisent eorner.

En 1690, Monet donne tome, en résumant la définition de Nicot, et traduit le mot par ëeroUnum crepueeulum; il n^admet pas le verbe iomer; il traduit : neometteê, conte i plaisir, /i^ti(«, nugan.

Sort, hasard.

89 s Ah! Seigneur, par quel sort vous vols-je maintenant?

D. Gare, y III, 1.

9 Cependant il partit. Et voyez, je vous prie. Quelles rencontres dans la vie Le tort cause. - La Font., Il, p. Shh ; Fabl,, VIII, a6.

> (rOn peut aussi trouver notre poésie trop ennuyeuse, de ce qu^elle use toujours de rircumlocution, et qu*elle employé en beaucoup de lieux les mots de dettin et de tort, de charmet et d^app<u , et autres semblables pour fournir à la rime ou au nombre des pieds du vers, quoyquc quelques-uns de ces termes ne soient aucunement nécessaires au sens, et que la sigmfication en soit vicieuse ou mal appliqué^.» - Sobel, Coimoitt, det Litnr,, 1671, p. 189-190.

Page 1