SOUFFLER
puis, ayant encore fait une révérence au Roy, il fait aumi Tenay luy-méme en prince de Sa Majesté. Apres cet essay, le Gentil-Homme servant porte au Roy, sur la êoû-cmqtt, le verre , qu'il ne découvre qu'entre les mains de Sa Majesté , où , de crainte que rien ne dégoutte sur ses habits pendant qu*Elle boit, il tient toujours dessous le verre la flc4coupé sur laquelle il Ta apporté, et sur laquelle il le reprend (faisant encore la révérence) , et le rend au même officier d*Echansonene-Bouche , sans retourner au buffet.» - État de la France, 1669, I, p. 66-57.
Le mot ioucoupe était d'usage récent dans la langue; on ne le trouve, avant Richeiet (1680), que dans Oudin (i6Âa et 1660) et dans Duez (1660). Il ne figure pas dans le Diction. Jet Rimee de 16&8.
RiCHiLn donne cette définition : tfSou-coupe, ouvrage d*orfevre ou de potier d^étaioi, composé d'un pié et d'un dessus, qui est une sorte d*a88iette large avec de petits rebords, sur laquelle on pose le verre ou la tasse quand on donne à boire , et qu'on met sous la tasse ou sous la pâte du verre lorsqu^on boit.» - Diction,, i68o.
FoBBTiàBB : ffSouêcoupe, petit bassin ou vaisseau plat, sur lequel on sert à boire proprement aux personnes de qualité, et où l'on met les verres et des caraffes de plusieurs sortes de vin ou de liqueurs. On a servi de la limonade, du sorbet, de Peau ae cerise sur la même ioucoupe,!»
Souffler, enlever, soustraire.
1 i6& Je pourroi bien tantôt lui wvffler cette proie. - VEu^ III, 6.
Un Tigillin qui êouffle. . . un verre d'eau-de-vie. - La Rbut., II, tkh.
Souffler, terme de théâtre.
Je sais bien qu'il me faudra souffler le mien (mon rôle) d'un bout à Tautre. - Impr. de Vers., se. 1.
Il y avoit un advocat qui montoit au siège auprès de luy pour luy servir de conseil ou de truchemant , qui luy touffloit mot à mot tout ce qn^ avoit à dire.
FuBiniBB, Rom. bourg,
670 Si vous eouffez si haut, Ton ne m'entendra pas. - Ric, Pîaid,, 111, 3.
Je m*en vais derrière le théâtre , pour tenir la pièce , et ioufier s'il en est besoin.
MoRTPLBUBT, ConM. Poèu , Prol.
* Au temps de Molière, le ioufflêur se tenoit dissimulé derrière le théâtre; c'est lui qui indiquait aux acteurs le moment d'entrer en scène. — Chaque entrée nouvelle formait une scène nouvelle ; il n'en était pas de même des sorties. Les actes d'une pièce, dans les anciennes éditions, ne comptent qu'autant de scènes qu'il y a d'entrées.
Souffler, suggérer.
^ En Itafie , le eouffleur de théâtre est dit êuggmitor.
979 Quoi? pour une innocente un esprit si présent! Elle a feint d'être telle à mes yeux, la traîtresse, Ou le diable à son âme a soufflé cette adresse.
hc. des Fem., III, B.