‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 503 sur 664 · SOUPE · texte numérisé non relu

SOUPE

Il fluflit souvent d^étro ioupconné comme emiemî pour )e devenir.

SâY., ïf, p. 18.

Soupe : (^Tetine qui vient de rallem.^ et qui signifie potage. 1) - RiCHELET, Diction, y 1680.

A 36 La femme est en effet le potage de Thomme;

Et quand un homme voit d'autres hommes parfois

Qui veulent dans sa soupe aller tremper leurs doigts,

Il en montre aussitôt une colère extrême. - Éc. dei Fem.y II, 3.

Une ioupe à bouillon perlé. - Bourg, gent, , IV, 1 . 53 1 Je vis de bonne soupe et non de beau langage. - Fem. sav, , II, 7.

Ce bon dormeur dans un bon lit couche, El dans les draps quatorze heures caché. Après avoir six fois vuidë la coupe.

Humé trois œufs, mangé trou plats de iot^. Sans les perdrix et le mouton haché, Paroist encor comme un haren séché,. . . Et devroit estre aussi gras qu*une êoupe,

lUe, de rond,, in-Sa, iGSg, p. 68.

Dresseï la viande, despeschez-vous, dresseï et faictes les potages, coupei les ioupei, coupei les lèches de pain. - L$ Courtùan patf,, in-3a, 16Â0, p. a 99.

Fay donc céder tes livres à mes coupes.

Et viens chei moy faire ton mardy-gras.

Mon fncasseur règne au païs des ioup$$.

Et mon piot surpasse Thipocras. - Matnabd, OEuvr,, in-4*, i646, p. 98.

Marquis, il aime Thipocras. . .

Et les pigeons petits et gras

Qui font tant d honneur à tes $oupeê. - Id. , Und, , p. 1 96.

Puissiei-vous vomir jusqu^au cœur,

Yvre comme une soiips. - Mallbvilli, Poéi., in-4*, 16^9, p. 359.

4( (rTallay, il y a quelques jours, dtner chez un riche boui^geois de Paris. • • G^est un fort honnête homme, mais qui ne sçait pas les délicatesses de notre langue. . . On nous servit d*abord deux potagtê. — Laquelle aimez-vous mieux de ces deux touppei, me dit-il; pour moy, j*aime la $aupp9 de santé. — J*avoue, dit Tabbé, que je ne m*apperçoîs point en quoy cet homme a manqué en pariant ainsi. — Ce n*est pas, répliqua le Commandeur, une grande faute que de dire une touppt de êonté au lieu d*un potage de nmié, . . — Quoyl dit Tahbé, un homme qui dit à son amy : «Je vous prie de venir manger de ma ftêouppertf ne parle pas fîrançois? — Il parie françois, répondit le Commandeur; mais il ne s'exprime pas noblement. . . Quoyque le mot de êouppo soit françois et en usi^ dans cette manière de s'exprimer familière et triviale, le bel usage veut qu*on dise un potage de aantê et non pas une êouppe de tante; le même usage fait qu'on eut à la Cour : «On a ffservi les potages, on est aux potagwn^ et jamais «on a servy les wuppee, on est aux (raouppM.T) - Di CALLiiais, Du bon et du mauc. ueage dam le$ maniérée de e* exprimer, 1693, p. 36-39.

A proprement parler et suivant ta définition de Monet (1690), une eoupe est une ff tranche de pain pour dcslremper un bouillon, brouet ou sausse».

636 soupirs — souquenille

Soupirs : faire des soupirs.

987 U faisoit des soupirs, de grands élancements. - Torf., I, 5.

» Voir ¥mr$, t. II, p. 39Â : Fatrv, imeofycré avec emimm «Mit.

Souplesse, adresse, souplesse d'esprit.

Va, va, rendre réponse à ta bonne maîtresse, £t lui dis bien et beau que, malgré sa êoupUuef Nous ne sommes plus sots, ni mon maître ni moi.

Dép. am.9 1, 6.

Ses ioupletiei (de l*amour-propre) ne se peuvent reprfeenter.

La Rocbo., I, p. 9 43.

980 Adieu. — Gomment I Si tèt? — Que son esprit rusé Pour attraper notre homme a d^art et de nmplêtêil

La Fort., VII, p. 97 : USwn,, 1, 1.

Me jouer, â mon nei, de ces tours de ioupUiMêl

Mo?iTri.iuBT, Ambigu cam,, 3* înterm., se. 16.

U (Jurieu) s'imagine avoir sauvé tout cela par les souplatsct de son esprit

BossuiT, Avert, aux Prot9it,, in-6*, 1689-1691; VI, $ 98, p. 5o5.

Socquenille, siquenille . . .

Quitterons-nous nos iiquenUkSf Monsieur? — VAv.^ III, t.

On prcndroit Jean en ceste guise Pour un Sénateur de Venise . . .

Car sans orgueil sa teqttenie Luy bat presque jusqu'au talon.

L$ Miroir d$ etUmUewunt, 1699 (dans les VariiUt de la bibl. elzév., II, p. 90).

D'autres fois nous faisions semblant de vouloir tomber de Teau, pour entrer dans une cscurie,. . . et là, jamais il ne manquoit de trousse, d'étrillé, de crible, à mettre la patte dessus; la êeqvenie du palefrenier sautoit le plus souvent.

Ghapilai5, Trad, de Gvxm, d'AJ/ar., i63o; III, p. 170.

Ses bras estoient passeï dans les manches d'une ekiquenilk de toille . . . qui estoit trop lon^juc pour casaque et trop courte pour robe de chambre, et dont il doutoit s'il devoit couvrir son habit, pourcc que l'un u'estoit guère plus beau â monstrer que l'autre. - Sobbl, Polyandre, 16^8; II, p. 197.

♦ Squeniê, Rob. Estiennc (iSAg). — Sowfuenie, voy. Squenie; Nicot (i573). — Souquenie, tqumie, Hier. Victor (161 4 et 1687). — Souquenie, voy. Squèniê, W«sbergae (1618). — Souquenie, iquenie, Monet (1690 et i636). — Sêquenie, Diction, deê Rimm (1694). — (Manque dans le Diction, fr.-ttal. de i63/i). — Souquenie, voy. Squenie, L. d'Arsy (iG34). — (Manque dans le Diction, de» Rime» de i648). *— Sowjumie, Colgrave (iC5o). — Squeme, Duei (1671).

SOURNOIS — SODS 637

ftS<mquêmlU, espèce de grande veste de toile que les palefrenien et les cochers mettent pour conserver leurs habits lorsqu'ils travaillent» - Righilit, Diciion,, 1680.

On ne trouve nulle part êiquenUU, corruption populaire qui s'explique dans la bouche d'un valet.

Dans Texcellente édition du Molière de la Coll. des Gr. Ecriv. , nous trouvons Tintéressante note qui suit : «Le théâtre, dit le vieux Mémnrt d». . . dieonUkm$, est une salie, et, sur le derrière, un jardin. Il faut deux chiqutmUi*, des lunettes,. . . etc.» - T. VII, p. 5a.

Sournois.

Taisez-vous, bonne pièce. Vous faites la sournoise; mais je vous connois, il y a longtemps. - G. Dand,, I, 6.

Ehl bien, le croiroit-on?

La Mùumoiiel Elle voit plus bas que son menton.

Hadtirochi, Bourg, de quël.^ II, s.

♦ Le plus ancien dictionnaire où nous ayons trouvé ce mot est le Diction, fr.-^iuU. d'Ant. Oudin (1669), qui le traduit iparfiramsUo, lumacono, ioppiatkmê, êuiormonê :

vForamoBo, Mous disons un mmmoU. — LuntacoM, une grande limace. lUm, un qui fait le niais; nostre vulgaire dit un êournoU, — Soppiâitonê, un mmoU, un qui murmure en soy-mesme. — Su$ornioni, murmurateur, et iornoiê ou soiimotf.»

En 1680, Richelet donne ioumoU, iomoii, en faisant précéder le mot dNme croix, t, signe des mots comiques ou burlesques. «L'un et Tautre se dit; mais ioumoù, ioumoiêê M)nt les mots d'usage, et ils signifient mélancolique, rêveur, qui a l'humeur sombre et triste.»

En 1690, Furetière se rapproche davantage du sens de Molière et de Hauteroche : ftSoumoii, adj. et subst. qui est caché et dissunulé, qui fait les choses à la sourdine sans en dire mot à personne.»

Sous, prép.; par ou avec.

98 Je ris des noirs accès où je vous envisage,

Et crois voir en nous deux, sous mêmes soins nourris,

Ces deux frères que peint YEcole des Maris, — Misanth,, I, 1 .

5ti6 Enfin je Tai fait fuir; et sous ce traitement.

De beaucoup d'actions il a reçu la peine. — Amph,, I, 9.

Sous , grâce à . . . , à la faveur de . . .

i558 Mais pour qui, je vous prie, un tel préparatif?. . . Pour cet Arménien, ce marchand dég[uisé, Introduit sous Tappas d'un conte supposé. — L'£(., IV, 5.

1301 Quoi? Le premier transport d'un amour qu'on abuse Sous tant de vraisemblance est indigne d'excuse?

Dip, am,f IV, 9.

Page 1