TOUT DOUX — TOUT
9** Tout doux,
&3i Tout doux!. . . - Fem. sav.y II, 6.
776 Ahl imU doux! laisse^moi, de grâce, respirer.- Ibid.y III, 9.
10^ Tout : du tout, avec une n^atian, aucunement; sans négation y et parfois même avec négation [i*^ ex.)^ tout à fait.
1377 Non pas du tout, mais bien quelque chose approchant.
UÉt., IV, t.
1687 Le pauvre hommel — Mon fils, je ne puis du Umi croire
Qu'il ait voulu commettre une action si noire. - Tari. y V, 3.
1999 Non, avec Tauteur de ma peine
Je ne puis du tout demeurer. - An^h.y II, 6.
Elle ne peut souiïrir du tout la vue d'un jeune homme.
UAv.y 11,5.
Le Ciel vouloil m'aflliger du tout. - D'Uifé, L'Àêiréê, 1616; I, p. 956\
Vos paroles, ma sœur, me feroient rougir, si je n'estois du tout à yoiu.
Id., ibid.; Il, p. i35; ~ Cf. ibid.; I, p. 76'.
56 Que si nos maux passes ont laissé queloues restes. Ils vont du tout finir. ~ Malh., I, p. aSa.
Il n*y a personne du tout ferme. - Id., II, p. 339.
1 183 On en voit tous les jours des effets étonnants.
— Encor ne sont-ils pas du tout si surprenants. - GoaH. , MmU, , IV, 3.
II est vrai que ces deux pièces B*ont ni le sujet ni le caractère du tout semblables au reste du livre. - Li Fort., IV, p. 11 : Prtf, dm Contes.
Ahl cette retenue est du tout impossil^e. - Qdihaclt, L'Amant indiâcret, 1,6.
11** Tout du long, foc. adv.
1 967 Un monde près de nous a passe tout du long. - Fem. «av., IV, 3. 1 2** Tout, emploi particulier de tout dans un mot composé;
la TOUTE-BONTlf.
878 Que le Ciel à jamais par sa toute-bonté. . . - Tart.y III, 3.
1^ Comme on dit : toute-puisiance ; forme ancienne.
Le Curé so mit à prier Dieu et se recommanda de bon cœur à sa totUe^nté,
ScAsaoR, Rom. corn,, I, iA.
716 tracer — trahir
Tracer.
Mêlez vos pas à nos sons, Et tracez sur les herbettes L'image de nos chansons.
Atn. magnif. , 3* interm. , se. 5.
3|t ttll (M. de Bensserado) eut ensuite une affaire avec Molière qui entendoit asseï l*trt de se venger de ceux qui Tofiençoient. Gelui-cy avoit composé une pièce dans laquelle on rhantoit ces vers :
Et tracez sur les herbettes L*image de vos chansons.
ffSur quoi Bensserade dit tout haut qu'il falloit dire :
Et tracez sur les herbettes L*image de vos chaussons.
ff Molière avoit fait seul ce ballet, et même les vers pour les personnages; et Bensserade [qui avoit presque le monopole des ballets de cour], ae chamn, avoit fait la plaisanterie que je viens de citer.» - Disc, sommaire de M. L. T. (rabbë Tâlliiiaiit), touchant It Vie de M. de Bensserade, en tête des Œuvr, de Bmuiàraie, Paris, de Sercy, 1697, I, 8* feuillet, v", et 9* feuillet, t\
Traduire. . ., produire, présenter.
Tenrage de voir de ces gens qui se traduisent en ridicules, malgré leur qualité. - Crit. de VEc. des Fem,^ se. 5.
5 Devant certaine guêpe on tradumt la cause.
La Fout., I, p. 191: FahL, I, ai.
Ils (les médecins) sont le jouet ordinaire des compagnies, on les traduit sur le théâtre , pour estre la fable banale du peuple.
Bbzançoh, Lié Médêc, à la eenntre, 1677, p. 366.
Trafic, appliqué aux choses morales.
Ce soroit une chose plaisante à mettra sur le théâtre qae leurs grimaces savantes,. . . leur trafic de réputation.
Crit. de VÉc. des Fem.^ se. 6.
( La fidélité ) est de tous les trajici de Tamour-propre . . . celui où il fait le moins d'avances, et de plus grands profits. - La Rochbp., I, p. i3i ( Var.).
Ainsi divers objets m*engageant tour à tour, Je me regarde seul dans ce trafic d'amour.
Th. Gob!i., Amour à la mode, I, 3.
Trahir, au figuré.
aS Morbloul C'est une chose indigne, lAche, infâme.
De s'abaisser ainsi jusqu'à trahir son âme. - Misanth.^ I, 1.
Vous n'êtes pas la première femme. . . qui ait auprès d'elle un Monsieur le Receveur, dont on lui voit trahir et la passion et la bourse.
Escarb,, se. 8.
1 75 Mais ce seroît trahir tout ce que je leur doi
Que leur promeUre un coeur quand il n'est plus à moi. - Goitx., Œdipe, 1, 51.
119 G'étoit trahir par trop sa conscience. - Là Font., VI, p. 3a : Contêê, V, 3.
11 . . . ne peut abaisser son âme à dire ce qu'il ne croit pas. Toute la violence de sa passion n eût pu Tobli^r à trahir ses sentiments.
M"* Di ScuD^RT, Artamène ou le Grand Cifitu, t" partie, lùbk ; liv. I, p. 969.
Train : i** Marche, auprop. et aufg.
2 18 Nous sommes à piquer de chiennes de mazettes.
De qui le train maudit nous a tant secoués. - Sgan,, se. 7.
A vue de pays, je connois à peu près le train des choses.
D. Juan, I, 1.
Cet homme. . . étoit estime grand diseur; il ne hésitoit jamais, ne rompit jamnis son train, et du commencement, alloit d'une traite jusqnà la fin.
Malu., II, p. Aog.
Leur maxime (des Athées) porte que le destin est étemel, et que, par conséquent, toutes choses ont marché toujours leur petit train sans aucun commencement. - GiBASSB, Doctr. car., 169/1, p. /j3i.
Mais lorsque d*un amant on remplit les souhaits. Comme Ton vit sans guerre , on ne fait point de paix : L^amour, triste et pensif, va son train ordinaire.
Th. Gor!i., Amour à la mode, I, 3.
918 J'iray toujours mon petit train,
LoRET, Muze hittor., 9 décembre i656.
19 Il laisse la Tortue
Aller son train de sénateur. - Li Fotit. , II , p. 33 : Fabl, , VI , 10.
Toute la terre alloit du même train.
Beussbrade, Œuvr,, 9 in-i9, 1697; I, p. 3; - Cf. lo.. Bail, de la Naiu, de Venue, dem. Entrée.
Hé ! quoy I il faut que les choses prennent ce train ?
St'BLiG?iT, Folle Querelle, 1668; III, 6.
Vous allei si heau train qu'on a peine à vous suivre. ~ Id., ilnd,; IV, 1. 4e A comparer au vers de Molière dans Tartuffe :
2 Vous marchez d'un tel j)as qu'on a peine à vous suivre.
Tart.y I, 1.
Les plaisirs, les cadeaux, vont toujours même train,
MoRTPLBUBY, Trigaudin , 11, 3.
L'însUbilHé natureile aax noaveUes sectes demioU toàjoare au monde de noinresiii spectacles, et les Confessions de foy alloient kiir Iram.
Bossoir, HUi. dm Vm;, s în-4*, 1688; II, p. lào.
La femme a beau crier, le mari va son Itmji.
RsaHAiB, Prol, ém Mémeekmet, se. 1.
2® Train, train de vie.
7&7 Celle qu'un lien honnête Fait entrer au lit d'autrui Doit se mettre dans la tête, Maigre le tram d'aujourd'hui, Que l'homme qui la prend ne la prend que pour lui.
Éc. des Fem^y III, 9.
9& Et vous menex sous chape un train que je hais fort.
Tart.y 1, 1.
Si j'ai dit que je voulois corriger ma conduite et me jeter dans un train de vie exemplaire , c'est un dessein que j'ai formé par pure politique. — D. /lion, V, 9.
Mon Dieu, nous savons le train des enfants dont les pères se remarient. — UAv.j III, t.
Il me seroît bien facile de faire des livres, si je voulois mettre au jour tout ce que jo sçay, tout ce qui mW advenu en ma vie, tout le irain de ma fiimille, toutes mes occupations et rencontres.
Le P. GAaissB, Rech, dê$ Bêch, de Et Eêt, Pàtqmer, t6aa, p. 193.
Pasquier me faisoil ressouvenir de ce bon idiot qui disoit, estant sur le point de choisir le train d$ »a vi» : J'en sçay trop pour cstre procureur; je n*en sçay pas asm pour estrc advocat; . . . je me feray conseiller ou bien président. - 1». , ibid,, p. 707.
Je connois à peu près le train commun des choses.
Th. Govi., D, Bertr, de Cig., I, 1 ; - Cf. Id., 0. Juan, I, 1.
19 Son tram de vie et son honnêteté. - La Fort., V, p. 56o : Contet, IV, i5.
Los Perses qui n'élevoicnt pas leurs enfans dans ces maximes. . . estoient... jugez coupables d'un attentat envers le public. Quand on a commencé à prendre ce train , ios |]^rands hommes se font les uns les autres.
BossDBT, Hitt, univ.y inrh\ i68t, p. 5^0.
J'empêcherai, parbleu, que celle que je prends
Ne suive la manière et le tram de ce temps. - RicxAai», Fo/its amottr.. Il, 9.
Pour la dernière fois, mou fils, je viens vous dire
Que votre train de vie est si fort scandaleux
Que vous m'obligerez à quelque éclat fâcheux. - 1d., Jou»ur, I, 7.
♦ «L*» inesme train de vie déplatt ( Théophile, Poeti»), c'est-à-dire : une même manière de vie ennuie. — Il prend un certain train qui ne plait pas trop, c'est-à-dire : il prend une manière de faire qui n'agrée pas.» - Richilbt, Diction,
3® Train : en train , être en train , mettre en train de . . .
3ao Tu montres de Tesprit, et je te vois en tram
De trancher avec moi de Thomme d'importance. — Amph., l, s.
l'jUù Que je vais m'en donner, et me mettre en beau train
De raconter nos vaillantisesl - Ilnd.y III, 5.
Puisque vous êtes en train, vous connoitrez par là les sentiments que votre famille a pour vous. — Mal. imag., III, i9.
Vcux4u encore tout perdre , quand les choses sont en si bon train ?
SuBuoinr, FoU$ QuÊrtUê, 111, lo.
Parlons, mais, je vous prie, est-ce à moy qui me treave Néréide encor toute neuve, A meUre tout le monde en train?
BiKSSiRADi, BalU de la N(ù$$, de Venu», i** Entrée.
Si je ne le sois pas, je tuti en train de Tétre.
MoNTFLEoaT, FtUe capitaine, I, 9.
Nos violons sont bons; la symphonie est douce; Venez, pour m^imiter, mettre bas votre housse. Mettre le monde en train de se bien divertir.
Id., Ambigu eom., t*' interm., se. 9.
Ma plume n^àoit pas en fram ;j^ai tout planté-Ià. - Sév., VI, p. 3 18.
Que voulez-vous donc donner pour régie à ce grand nombre d^ignorans? La multitude? Qu^ils voyent croistre tous les jours, et en Irein de se grossir beaucoup davantage. - Bossurr, AverU aux Prote9t,, m-h\ 1689-1691 ; VP, p. 5^7, 693.
û® Train, équipage, troupe, escorte.
Si nous avions quelque femme . . . qui . . . jouât assez bien pour contrefaire une dame de qualité, par le moyen d'un train fait à la hâte ... - IJAv, , IV, 1 .
Le pauvre n*est point en peine de son bagage; 8*il se faut mettre en mer,. . . les
3uais ne sont point couverts de ceux de son train; il n^est point suivi d^une troupe e valets. ~ Malh., II, p. i<i5.
La vertu ne se contente pas de si peu de place; son train est plus grand; il lui faut beaucoup de logis. - Id., U, p. 697.
Deux grands laquais portoient Tespée haute et disoient : place I place I . . . ensuite alloient deux pages qui crioient encore : place I et y adjousterent : retirez-vous, voicy le Roy des Amoureux. . . En mesme temps, ils apperçurent Orilan qui suivoit les pages et qui étoit encore entouré de quantité de laquais. Ha furent si surpris qu'ils laissèrent passer ce beau train sans rien dire à aucun de la troupe.
SoBKL, Pùlyandre, p. A7A-&75.
Nous le laisserons foulant Testain d'un pied superbe, pour aller recevoir un train qui entra en mesme temps dans Thostellerie. - ogabboh, Rom, eom*, II, p. 8.