‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 601 sur 664 · TROMPETTE MARINE · texte numérisé non relu

TROMPETTE MARINE

(Les Seigneurs) veulent que pour leur belle morgue et belle troignê toute seule on ployé le genouil devant eux.

Gbapilaiii, Trad, de Guzm, d^Alfar., III, p. 4^io.

Quitte donc rennemi qui te tient,

Reprends ta trogne rubiconde. - Rec. de rond., in-aa, 1639, p. i9â.

Dieu sçait combien on voit d'ivrognes, Et tous en différentes trogneê !

ScABROH, Virg, trav,, Paris, David, 1706; I, p. 84.

Adieu, bel Hôtel de Bourgongne, Où d'une joviale trongne, Gaultier, Guillaume et Turlupin Font la figue au plaisant Scapin.

Saiht-Amart, Œuw,, bîbl. elxév., I, p. 9 95, 996.

On ne vit plus comme autrefois

Retentir les grosses voix

Des basses aux rouges trongnt»

Qui, grimassant en yvrongnes,

Absorboyent fliîte et haubois. - lo., ihid,, II, p. &5/i.

1 1 5 A Tentour de Sens en Bourgogne Des gens d'assez mauvaise trogne, . .

Vouloient cette ville surprendre.

LoBET, Muze hiêtor,, a8 janvier 1669.

ài Je ne suis nulement yvrogne,

Quoy que j'en aye un peu la trogne. - Id., ibid,, 8 septembre i659.

Diroit-on pas à son maintien Que c'est une femme de bien ?

Cependant c'est une carogne Qui n'en eut jamais que la trogne,

Fb. Gollktbt, Juvénal burL, 1667, p. 90.

L't^pouvantable et laide trogne De cette infernale carogne Obsède incessamment les yeux.

RicBBB, Ovide bouffon, 1669, p. 93 ; - Cf. Id., ibid,, p. 990, /173, 689 et ^90.

N'avez-vous pas toutes deux glosé sur notre trogne f ^

MoTTPLauRT, Ec. det Jaloux, III, 5.

Trompette marine.

Il y faudra mettre aussi une trompette marine, La trompette marine est un instrument qui me platt, et qui est harmonieux.

Bourg, gent.y II, 1.

if «La trompette marine, dit Furetière, est un instrument de musique composé de trois tables, qui fonnent son corps triangulaire. Elle a un mancbe fort long, et une seule corde de boyau fort grosso, montée sur un chevalet, qui est ferme d'un côté sur un de ses pieds, et tremblotant de l'autre côté sur un pied qui n'est point attaché à la table. On la touche

744 TRIQUETRAG — TROGNE

Les Espagnols sont de tout ce tripotage, - La Rogbif., III, p. 67.

Tai pris ce matin du tripotage de c^fé avec du lait. - Si?., IX, p. h'jb.

Je fais ici un certain tripotage à mes mains, avec de la moelle de cerf et de Teau de la Reine d'Hongrie. - Id. , Y, p. 99.

Je ne m'entends point à ce tripotageAk, - Rkonabd, PUIn §rr.. Il, 9.

9|c Quel est le sens exact de tripotage f — Gotgbavi le traduit par A cot^UBod imiMi^ of ihingt together, qu'il retraduit ptiTharhouiiUment, — Ricbblit (1680) : nTr^^otage. Ce mot ne peut entrer que dans la conversation en plaisantant , ou dans le stile le plus bas. Il signifie sorte de commerce blâmable, sorte de désordre.» — FuBmàu (1690) : «rfnjp»toge, ménage qu'on fait en brouillant plusieurs choses ensemble. R faut laisser faire aui servantes tout leur tripotage,n — L'Académie (1696) se borne à dire : «mélange de plusieurs choses; il est bas.»

TRIQUETRAG, trictrac.

1697 Puis, outre cela, vous faisiez sous la table

Un bruit, un iriquetrac de pieds insupportable. - UÈ,, IV, &.

Bottez à crû, les gros milourds, Armez d'épieux, en habits courts,. . .

Jouoient les uns au trique-trac^ Les autres prenoient du tabac.

ScABBOR, Virg, trav., 1706; I, p. 989.

Prime, hombre, reversy, trictrac, eschetz et hoc, Quinquenove et piquet, allez paistre de rherii>e.

Sabasih, OEuvr,f • in-à*, i656, p. 80.

3|c (rLe jeu du Iricque-trac , comme j'estime pour vray semblable, vient du bruit qui se fait sans remède en l'exercice du jeu, au déplacement et placement des Dames, qui, en leurs mouvemens, rendent un son continuel, qui semble dire à l'oreille trie et trac, ou bien, comme aucuns l'appellent, tic et tac, qui sont paroles vrayment nées dans le son mesme ; ce qui fait que cette onomatopée peut passer pour vraie définition. »

[La MARTiNiàRB], Maiton académique, i654, p. 33-3&.

Est. Pasquier (Rechercïtet, liv. YIII, cbap. 6) avait donné la même étymologie.

Trogne, «t visage, mais sur tout le visage de ceux qui aiment un peu trop le vin?). - Richelet, 1680.

253 Nous Tavons, et je puis voir à Taise la trogne.

Du malheureux pendard qui cause ma vei^ogne. - Sgan, , se. 9.

Je ne pense pas que Nemrod, Hercule, Sardanapale, Héliogabale fussent de leur temps plus excelfens en ivrongnerie et gourmandise que Martin Luther. 11 ne faudrait que regarder sa trogne et considérer son visage.

Le P. Garasse, Doctr. cur,, i6si/i, p. 769.

Si bien qu'à regarder nos jambes sans nos trongnet. Un passant nous prendrait pour un balet d'yvrongnes.

J. DE ScBSLAiiDRB, Tifr et Sidon, V, 1.

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