‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 611 sur 664 · TURQUERIE · texte numérisé non relu

TURQUERIE

♦ Voir ci-dessus, p. 751, Turc, turquene.

TUTAIER et TUTOYER.

&6 Et qui sont familiers jusqu'à vous tutoyer, - Fâch., I, 1. 60 1 II tutaye en parlant ceux du plus haut étage. - Misanth.y II, &.

J*y mettray tm, je diray tee beaux yeux : Un homme on vers peut tutoyer les Dieux.

Saint-Amant, Œuvr,, bibl. elzév., Il, p. 5o.

Elle t*a enc4)re donné une attaque touchant Oreste qui tutaye Pylade. . . — Quoyl tu trouves mauvais que deux amis se tutayerUf. . . — Pauvre auteur d^Andromaque, tu as fait une lourde faute de faire tutoyer deux amis. . . — Tu es un estourdy. Je n^aurois rien à dire si Orcste et Pylade se tutoyaient tous deux ; mais de voir seulement Oreste tutoyer Pylade ... — Et à qui tient-il que Pylade ne le tutaye aussi? — Le fou! A qui tient-il? 11 tient à Fauteur.

SuBLioRT, Faune Querelle, 9668, 1, 5. - Cf. Id., ibid., I, a.

Pour duper le barbon, il faut vous tutoyer. Vous attendrez fort peu , je vais vous l'envoyer.

Th. GoBif., Comteeee d'Orgueil, 1670; V, 6.

Croyez-vous ? — Je le crois un comte supposé.

Le faux nom que tu prends, et, qui veut qu*on te rende. . •

' — Ah I vous me tutayez I C'est ce que je demande.

756 TUTOIEMENT — TYMPANBER

— Eu vérité , Monsieur I . . . — J'auray raison de toy.

Madame. SVnhardir à me ttUayer, moy,

Un gentilhomme, un comte 1 - Hautkroche, Bourg, de quai, V, 3.

Non ; par devant les Maréchaux de France ,

Quand nous nous y verrons, on luy dira comment

Leur prudente équité punit le tutayement, - Id., ihid,, tbid.

En puhiic il est peu poly

De sentrelutoyer sans cesse. - Coularobs, Chanioutj 1696; t. II, p. 11.

* Aucun dict., excepté Colgrave, ne donne ce mot avant le Monct de i636; il y parait sous la forme tuteier ou totteier; on retrouve en 16A8, dans le Diction. de$ Rimn, tutayn; dans Cotgrave (1611, i63a , 1650), tutoyer, to thoune, qu'il retraduit par tutoyer, tutuifer; dans Duez (1660, 1671), tutoyer, tutoyer; Richelet (1680) : fstutaier, tutoier, II faut écrire tutaier et prononcer tutaié.n Furetière (1690), tutoyer. L'Académie (169^) : ctotoyer, on prononce tuteyern. Jouhert (1726), tutoyer.

Le chapitre i? du huitième livre des Recherchée de Pasquier est intitulé : «rDont vient qu'en nostre langue Françoise, parlans à des gens de plus grande qualité que nous, on use du mot de voue pour tu, et, au même peuple, du mot de tu pour voue.n — A la fin du chapitre, il dit : «r Encore tutoyoM-nous ceux-là (telle est la diction Françoise que noa.< avons forgée de (ti) avec lesquels nous exerçons une bien grande privauté.*?

Est. Pasquier, Rech., iGai, p. 680-687.

Notre langue aimant la douceur s'accommode beaucoup mieux d'aboyer; ainsi de nettoyer, qu'on disoit autreFois, nous disons aujourd'hui sans difficulté netteyer; on dit encore tuteyer, et ainsi de quelques autres.

[Alema!^], Nouv. Obeerv. $ur la long, franc., 1688, p. t&.

Desmarets, dans VAdim qui précède la première édition de son Glovis, défend Tusagv du toi, en parlant aux princes :

(rQue l'on ne trouve point estrange aussi que, dans cet ouvrage, Ton parle aux princes et aux princesses par le mot de toy. C'est ainsi que l'on ]>arle à Dieu mesme : et c*est ainsi que l'on parioit aux Aleiandres, aux (Césars, aux Reines et aux lm])eratrices. Le mot de voue, en parlant à une seule personne, n'a esté introduit que par la basse flatterie de$ derniers siècles, qui s'est avisée de parler en pluriel à une persomie, en voulant luy faire croire que toute seule elle en valloit plusieurs; et cela s'est eslcndu enGn jusques aux personnes de la moindre condition. 1^ Poésie Héroïque ne peut souflrir cette foiblesse. . .*>

fril est ridicule, pour ne pas dire impertinent, de tutaier les personnes avec qui on n'est pas fort familier?), dit Richelet. On tutoyait les valets, les suivantes; on ne tutoyait ni ses frères, ni ses enfants, ni ses parents. Le Marquis de Mascarille tutoie le Vicomte de Jodelct, dans les Précieutes ridicules, et de même les deux marquis de Y Impromptu de Venailles. C'était une mode nouvelle entre les jeunes marquis; mais on en trouve rarement des exemples dans le monde sérieux. On peut citer cependant Patru et d'Ablancourt; on voit par leurs lettres qu'ils se tutoyaient. — (rL'usage du tu et du tot s'est introduit parmi les Prélieuses et une espèce de petite-maitres qui se traitent fort cavalicrement.a - L'abbé de Bellegarde, Réjkxiont sur le ridicule, a' édiL, 1(^97, p. &Û9.

Tutoiement, tutoyer.

* Voir Tutayer.

TympAMSER, faire des railleries, des critiques publifjuos.

7Q (larc qu'aux carrefours ou uc vous tympanise!

Ec. des Fcm.y I, 1.

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