‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 7 sur 664 · MAILLE — MAIN · texte numérisé non relu

MAILLE — MAIN

Les marÎB le plus souvent, les jours des fêtes, passoieot ensemble le temps ou à la Comédie, oix à la Paume, ou au jeu d^argoUe, qui est une espèce de mail en Es> pagne. — D'*Oi]¥1lx.«, CorUet, 16&6; édit. Jouaust, i883; II, p. aoa.

# Le bmU ou pale^nuiil était un «rieu bonnétei», comme la paume. Cest, dit le Diction, de Fnretière, un njeu d^exercice où ion pousse avec grande violence et adresse une boule de buis qu on doit faire à la fin passer par un petit arcbet de fer quVn nomme poMtev, On nommait auKsl nkail une petite masse de bois fort dure et ferrée, munie d*un long raanebe pliant , dont on se servait pour pousser la boule.

Maille : avoir maille a partir.

3oa Et Ton nous voit sans cesse avoir maille à partir, - UÉt., I, 7.

« La mailla était une petite monnaie de la valeur d*un demi-denier. Avoir maille à partir, c^esl-è-dire à partager, était donc avoir une grande difficulté à vaincre.

Main : avoir en main, avoir sous la main.

Nous n'avons personne en main pour cela. — Mal. imag,^ III, 9.

Me trouvant asseï en état de travailler, je voulus passer plus outre. Tavoiê en wmm on sujet asseï difficile. - Malh., II, p. 5o9.

356 Vous seriex un grand maître à faire des romans; AyfoM si bien en math le festin et la guerre , Vos gens en moins de rien courroient toute la terre. - Corn. , Ment. ,1,6.

Un homme qui a le sommeil si bien en main n*a pas besoin d*étre bercé.

Rbgnard, Coquette, II, 6.

Main : baiser les mains : 1 ° Formule de refus ou d^adieu.

688 Répare ce malheur, et me sois secourable.

— Je vous baise les mains y je n'ai pas le loisir. - VÉt,y II, G.

J^ay une gentille carbonade qui grille ; il y a du pain ; si tu as du vin , tu es naon homme ; sinon , je te baUe Uê maint ; je m^cn vay chercher compagnie.

CflAPiLAiif, Trad, de Guzm, d'Alfar,, i63o; II, p. 76.

1 1 9 Un Huguenot de conséquence . . .

A, depuis peu, baixé ke maint. . .

Aux défunts sieurs Calvin et Bezc.

LoBBT, Muze hittor,, 97 décembre 166A.

Qoe ne vous mettez-vous dans les loges? On ne vous examinera pas de si près. — Moi , dans les loges I Je vout baiee Jet maint ; je n^entends point la Comédie dans une loge comme un sansonnet. Je veux, morbleu I qu'on me voie de la tête aux pieds, et je ne donne mon écu que pour rouler pendant les enlr'actes et voltiger autour clés actrkes. - RioxiBft, Coquette, 111, 7.

â^ Formule de salutation y à F abord ou à F adieu.

Pour vous, Monsieur, je vous donne le bonjour. . . — Je vous baise Uê mains. - 6. Dand., I, 6.

Ceux ({ui, eslans k TEglîie après la messe dile. . ., ayans mis fin à lewv prières, se retooment vers hurs supérieurs , et disent : je baUe lêi main» à vostrc Paternité. . ., nous les déclarons confrères (de la Sottise). . . ; qui ayment mieux se servir d^un faux je wm» baU$ les main» (je dis faux et menteur, car ils ne les leur baisent point, ny ne leur baiseroient pas quand mcsme ils les verroient evesques, spécialement à certains qui les ont toujours pleines de gale et de farcin, et à certains autres, lesquels vous portent des onfi^es si lanternes et si salement colorez qu*ils font mal au cœur. • .) que non pas a un véritable «Dieu vous doint le bonjour» ou «la bonne nuict».

Ghapelhic, Trad. de Guzm, d'Alfar., i63o; III, p. 3o5 : Statut» de la Sottùe.

Je bai»e humblement le» main» k Monseigneur de Sévigny, k Mademoiselle de La Yergne, toute lumineuse, toute précieuse, et à vous. Madame.

ScABBON, Dem. (JEuvr,, Paris, 1700; I, p. 16-17 * ^ ^"^ ^ Sévigné.

aoi Pour les Germains et les Romains, Je leur baize aujourd^huy le» main»,

LoBBT, Miue hietor,, 39 janvier 1G61.

. . . Monsieur, voilà Monsieur le Mededn

Que vous avez mandé. Madame vous Tamene

Et vous bai»e le» main», - Montflbdbt, Dame médecin, II, 5.

Main : donner la main, épouser.

1 1 Vous venez, dites-vous, pour lui donner la main.

Ée. des Fem, , 1 , 1 .

:(c De même Corneille :

980 En qualité d*époux, je vous dotme la main, - Ment,, III, 5.

5i 1 Sonfi[ez qu^â m^épouser votre foi vous engage. Ou nien que du Démon vous serez le partage. — Je Tétois sans ressource, en vous donnant la main.

La Fort., VII, p. 435 : Le Florentin, se. 1 1.

591 Approche et tends la main : edle-ci t^e»t donnée

Comme gage assuré d*un fidèle hyménée. - Id., VII, p. 6a8 : Achille, II, h.

M"^ de Sévigné emploie cette expression dans le sens de céder le pa».

On dit quHl (M. de Noailles) a ordre de ne donner la main qu^aux Lieutenant 8 du Roi et aux Évéques. - Sév. au Préndent de Moukeau, 90 octobre 168a.

Main : être en main.

i55/i Un bâton à peu près. . . Oui, de cette grandeur,. . . Propre, comme je pense, à rosser les épaules. Car il est bien en main y \rert, noueux et massif. - LEt, , 1\\ 5.

^o5 Mais laisses-moi passer entre vous deux, pour cause : Je serai mieux en main pour vous conter la chose.

Princ.ttÉly I, a.

Je MTOts bien ici en main pour le leur faire (ce compliment) tout à mon aise.

Sét., II, p. 3a 1.

NKn : se LAVBB les mains de. . .

Ma foil Monsieur, si Scapin vous fourbe, j6 m'en lave le$ mains,

Fourb. deScap., III, f).

Je ne ^eux point tremper dans vos lâches desseins ;

Le cas est trop vilain; je m'm lave lee mamê, - Rbonabd, Fol, am,, 1,3.

M\l?i : MBNER PAR LA MAIX.

# Voir ci-dessous, p. 67, Mener par la main,

MaI^ : METTRE LA MALN À LA CONSCIENCE.

• Voir t. I, p. à6i, Conêcience : mettre la main à la coMcience,

Ma1!« : METTRE LA MAIN AU FEU.

« Voir t. II , p. 365 , Feu : mettre la main au feu.

Main : donner ou prâter la main . . . , tendre la main . . .

3&3 (Ils) viennent aussitôt, avec un doux langage.

Vous donner une main contre qui Ton enrage. - Fâch., 1,5.

9 il 5 Tai feint de m'en aller, pour cacher mon dessein,

Et jusqu'à mon carrosse il m'a prête la main. - Ibid. , ibid.

L'étrange opinion ! Où Taurois-je trouvée Pour lui dmnir la main et la conduire ici ?

MoifTPLBURT, FUle capitaine f III, /i.

11 étoit dans les foyers (du théâtre), occupé devant le miroir à. . . se renouveler do bonne mine, pour être en état de donner la main k quelque femme de bonne qualité et la conduire avec succès dans son carrosse.

Régna BD, Crit, du Légat, univ',, se. h,

« La même expression avait aussi le sens de venir en aide, secourir, se prêter à. . ., n^der, consentir.

1387 Rendez-moi, s'il se peut, ce billet innocent:

A vous prêter k$ mains ma tendresse consent. - Misanth, , IV, 3.

1761 Pourvu que votre cœur veuille donner les mains Au dessein que j'ai fait de fuir tous les humains.

Misanth., V, k.

4t On ne manquera pas de remarquer ce coeur qui donne les mains.

Donne la main à mon dépit, et soutiens ma résolution.

Bourg, gent., III, g.

Un autre a prêté la main à son maître. - Malh. , Trad. de Sénèquê,

1667 Fais-les venir tous trois, que je lise en leur âme

S''i\s préteroUnt la main à quelque sourde trame. - Corn., Œdipe, V, 1.

89 Monsieur Tambassadeur de France A fait pour iceux grande instance Envers le Pontife Romain, Afin qu'il y donnât la main, - Lobbt, Muze kiilor. , à septembre 1 655.

90 A II la prêcha, mais si bien et si beau Qu^elle donna Ut main» par pénitence.

liA FoKT., V, p. 46-/47 : Contet, III, a.

La Sultane , feignant de prendre cet officier pour un imposteur, donna les mains k sa mort - Siobais, Now,franç,y i656; 6* liouv., p. 97.

1661 Hélas I et plût aux Dieux qu*â son sort inhumain

Moi-même j^eusse pu ne point prêter la main, - Rac, Mithr., Y, h.

Vous en riez au lieu de me ^donner le» main»,

MoHTFLBUBY, Ec. de» Fille», I, 5; - Cf. Id., Dame nMeein, V, 9.

Vous me croyez d^humeur à vous donner la main, - Id., Geutilh, de Beauce, IV, 8.

Les jours passent. . ., et au Ueu d^en être fâchée comme je la suis quand vous êtes ici, je leur pr^te la main pour aller plus vile. - Siv., V, p. 181.

G*e8t. . . ce qui doit tenir tous les Princes dans une entière dépendance, et les rendre attentifs aux ordres de Dieu, afin de pre»ter la main k ce qu'il médite pour sa gloire. - Bossuit, Hi»l. univ,, in-â% 1681, p. à36; - Cf. Id., ibid,, p. 536.

Bucer avoit donné le» main».

Id., Hi»t. de» Var,, 9 in-à% 1688; I, p. 999; - Cf. Id., Àvert, aux Proteet., in-&*, 1689-1691; I, S 11, p. 19.

L*un vous dit : (t/'y donne k» main», pourvu qu*un tel y condescendes, et ce tel y condescend. - La Bbut., I, p. 333.

Mais par trois fois le sort injuste, inexorable.

N'a point donné h» main» k ce soin charitable. - Rbgkabd , Di»trait , II , 1 .

Mab le dédit pourroit traverser vos desseins.

— Mon oncle, sur ce point, vous prêtera le» main».

lD.,tW.,II, 6;-Cf. tfciVf., V, 8.

On me soupçonneroit d'avoir prêté le» main»

A fiiire réussir en secret vos desseins. - Id., Légat, univ., V, 1.

Main : tenir la main X . . .

6/i3 Que ton affection me soit alors sévère.

Et tienne comme il faut la main à ma colère. - Dép. am., IL /i.

Va-fen tenir la main au reste de Touvrage. - Am. magn^.y IV, 3.

De parais amoureux la moitié d'une paire ,

Si l on n^y Iteitl la main y donne [dus d'une affaire.

MORTPLBDRT, FHU copùatM, I, 8.

MuN (a) forte, locution.

fjZk Et chez moi venons à main forte

Pour le percer de mille coups. - Amph., III, b.

t a 1 9 Avec trente soldats elle a saisi la porte ,

Et tirant de ce lieu Théodore à main forte • . . ~ Gobn., Tkéod., IV, 3.

i586 Tout le peuple assemblé nous poursuit à main forte, - Ric. Androm,, V, 5.

ga Dans le sein du repoa vient le prendre à main forte, - Dbspr., Sal, V11I.

Mari (La) hauts.

&66 Et les fait, la main haute, obéir à ses lois. - Fem. <ao.,JI, fi.

♦ Métaphore emjMiintée â Téquitation. Quand on veut arrêter un cheval en marche , il faut d'anord ftleier la main de la bride sans mouvoir le coude»; ce n'est là pour le chev^ qu^une simple indication, le cavalier ne devant pas tirer sur la bride pour ne pas loi gâter la bouche; il faut cr ensuite eslendre vigoureusement les jarrets et appuyer sur les étrîers pour luy faire former le temps de son arrêt en folquant avec les hanches trois ou quatre fois. . . » Pour être bon cavalier, «au lieu de vous tenir â la bride, servei-vous des cuisses». — Guillkt, Lee Arte de l'homme d'épée; v* Arreet, Main. — Faire obéir haut la mêfom, c*est donc faire obéir sans user de tous ses moyens d'action, facilement. D'autres locutions, empruntées aussi à Téquitation et où figure le mot main, sont entrées dans la langue : avoir quelqu'un dane la main, etc.

Voir L n, p. 5di : Haut la main.

Main : a toutes maipis , locution.

Cest on épouseur à toutes mains. - D. Juan, I, i .

Je me sens toutes les dispositions â devenir bonne comédienne; j'ai l'esprit à toute main. - Rbsnabb et DoraéiiT, Chinoie, III, i.

MaIH : SOUS MAIN.

687 Vous Tenez m'amuser de vos belles paroles. Et conservez sous main des espérances folles.

Éc. des Mar.y II, 8.

69 On se contentera de f'en rire so\ts main. - Éc, des Fem. , I, 1 .

Bien que. .. ils (les Frondeurs) eussent essayé de tirer, ious main, tous les avantages possibles. . . - La Rocnr., II, p. ai5.

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