‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 70 sur 664 · MIE · texte numérisé non relu

MIE

Ealendei-vous , ma mieT - MoiurLiUBT, Dupe de toi-miéme, I, s.

Toajoun ivec cpielqu^un je vous trouve , ma mie,

GHAMPHBSLé , Critp, chev,, se. 2,

La nature est une sotte, et vous aussi, ma mie.

Rbgnard, Sérénade, se. 8; - Cf. Id., Ménechmee, II, 3 - Légat, umv., III, 9, et V, 7.

Savei-vous bien qui je suis, ma petite mief

RiGifARD et DuraiiiT, Foire SailU-Gtrmain : $c. dêt Carro$$e$ (ajoutée).

* Doit-€D écrire mut mie, m'amie ou momie T La première orthographe a fini par se «bidtiier à ia seconde, qui est la plus ancienne et la plus correcte, puis même la troisième an deux antres. En i53i, Jacq. Dubois (Sylvius) prétend que certains mots, comme ssiM, etféêy sont d*un genre douteux, car on dit mon pour ma eetable, mon eepée pour ma nfie; parioîs, pour conserver à un mot le genre qu^il avait en latin, on le fait précéder d'en î, conune Conle, amita, pour ont»: ma lanie; mais, d^autre fois, on se borne à supprimer fa dn possessif, et Ton dit : m* amie, Garnie, %'amie, pour ma, ta, sa amie. - Stlvii Grm. lat.-gail., p. 9 A.

Pftriant de Tapostrophe, Guill. des Autels, dans sa Replimêe aux furieueeê dé/eneee de L ÈÊeigrH (i55i), dit de son côté : (rll (l'apostrophe) advient aucunes fois aux mono- ^Habes parCûts devant les voyelles, comme Va en Vame, ma, en m' amie et en l'antique a'omf.a — Voir notre ouvrage sur la Gram. franc, et let grammairiene du Xfi* eiècle, p. ia8.

Gamier (i558) parie comme pariera Ramus; selon lui, on dit : timon ams et non ■'cn«, quoiqu'on dise, par exception, m'amieji. - Ibid., p. 3oo.

De son côté, Ramus, en 1673, fait remarquer que txmon, ton, $on, avant le mot commençant par voyelle sont prins pour le féminin , comme mon ame ... Il semble que cecy soit introiduit pour la dureté de l'apostrophe m'ame, . . ; ce qui sera bien évident en inierpoeant un adjectif commençant par consonne, car lors nous disons ma et non pas nom, comme ma pauvre ame.yi - Ibid., p. 3/1 5.

Plus tard, on dit franchement ma mie, et de là le jeu de mots de Rabelais : crL^ng appebit une aultre ma mie, et elle le appeloil ma crouste.»

•Mon, ton, êon, masculins, aucunes fois se mettent au lieu de fna, ta, $a, femenins, avant les noms commenceans par voyelles, comme mon ame, ton avant-garde, ton oreille, mm ignorance. Quelquefois nous disons m* amie, m* amour, mais c'est en estant a de ma, OQ ptostost on de mon, à cause que la prononciation seroit trop rude : et au lieu des lettres déniHantes, on met une apostrophe, qui dénote l'absence dcsdiies lettres.»

RoB. EsTiKNNi, Gram. franc., 1669, p. 35.

?Ce mon n*a pas esté aussi commun à nos ancestres qu'à nous; et mesmes, il semble qulls Tont évité tant qu'ils ont peu devant un mot de genre féminin. Qu'ainsi soit, vous lisex dans Villon, qui a esté du temps de nos ayeuls., nvame, pour mon ame, et m'escoliere pour «MM eecoUere : laqudle façon se retient encores aujourd'huy en quelques lieux : et ne ia devons trouver estrange, veu que nous mesmes disons m' amie plustost que mon ouf.? '- H. EsTiiimi, Long, franç.'italian. , 1678; édit. Liseux, 1, p. i3i.

Ricbeiet (1680), le premier, puis Furetièrc (1690), donnent le mot mie k son ordre alphabétique, et citent exclusivement des exemples de Molière. Dans sa première édition (169&), lAcadémie écrit en un mot mamie, tr terme de tendresse qui est dans l'usage du peuple, et dont quelques maris se servent en pariant à leurs femmes : bon jour, mamie; adieu, momie yf. — L^ Académie ajoute : fxMie, abrégé de mamie. C'est ainsi que les enfants appellent leur gouvernante.»

La deuxféme édition (1718) écrit ma mie, votre mie. . .

84 MIEL — MIEVRE

La MoDDoie, dans le Glou, de tei NoéU bourguignons (Caidemie) note que m'amie, m'amie, . ., ont été par ignorance écrita en deux mots, ce qui fait qu'on appelle mi$ la gouYernante d'un enfant, et qu'on nomme aussi mie$ les maîtresses des anciens Paladins : Oriane était la mie d'AmadisT».

Quant à m'amour, on lit dans Nicot :

ftM'amour, C'est un nom composé de ma ou tnon et amour, duquel l'homme blandit et caresse celle qu'il aime. Le pareil est de t'amour et e'amour, esquels vocables, comme en plusieurs autres féminins commençans par une voyelle, le François, pour éviter la cacophonie et dure prononciation de deux voyeles, qui se rencontrent, l'une à la fin d^on mot et l'autre au commencement du mot qui suit, change le pronom féminin en masculin. Ainsi dit-il mon ame, ton ame, eon ame, et non point ma, ta, »a orne, qui luy seroil une fascheuse prononciation , laquelle il évite le plus qu'il peut. C'est presque comme l'Italien compoae ce mot mogliema, pour mia mogUe,n - Nigot, Diction., 1606.

Voir ci-dessus, p. aA, Wamour, mamour.

Miel : tout sucre et tout miel.

nt Voir Sucre ( Tout) et tout miel.

Mieux (Des).

3/19 Voilà qui va des mieux. - Fem. sav.^ II, 9.

Aussitôt qu'il fut en présence , H ûidêt mieux la révérence.

SciRBON, Virg. trav,, 1706; II, p. 58; - Cf. Id., t^., II, p. agà.

ii4 Je m'acquitte deê mieux de la charge commise. - Cobn., Place Boy., I, â.

1759 Est-ce bien s'expliquer? — Des mieux et nettement.

La Font., VII, p. 109 : L'Eun., V, 5.

Ils causent de» mieux. - Rac. , VI , p. A 1 9 : Lettr.

Ce rôle vous convient ; vous le ferez det mieux.

MoNTPLBURT, Domê médecin, II, t.

Je réussis de$ mieux et dans l'un et dans l'autre. - Rbohabd, Fol. am,, II, 7.

3|c Dans ses éditions de 1694 et 1718, l'Académie française n'a pas noté cette locution; la troisième édition (17&0) permet de dire «dans le style familier, ou un homme chante iftf mieux, pour dire qu'il chante aussi bien que ceux qui chantent le mieux». — Dans ce cas, l'Académie présente mieux comme un adjectif.

Mièvre, déluré, éveillé, vif.

Lorsqu'il étoit petit, il n'a jamais été ce qu'on appelle mièvre et éveillé. - Mal. imag., II, 5.

Avant la mort du sieur Pithon, Qui vous fit grand'peur, ce dit-on , Vous estiez plus doux qu'une image ; Mais ores, plus mièvre qu'un page,

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