‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 71 sur 664 · MIÈVRE · texte numérisé non relu

MIÈVRE

Les deux mains dessus le rognon , Jurez par la mort d*an ognon Que vous nous aurez la caillette.

Dassougt , Ovide en belle humeur, 1 65o , p. gB.

Gomme la rivière de Bievre Qui d'ordinaire est un peu mièvre, Après avoir fait quelque temps De la diablesse dans les champs, Laisse le pays tout fangeux. . ., etc.

RicHKB, Ovide bouffon, 1669, p. 5o.

196 G>ndé, dont le nom jour et nuit.

Malade ou sain, fait tant de bruit, N^est plus si vif, si dru, si mièvre, Car à prêtent il a la fièvre. - Lobbt, Muze hiëtor., 99 septembre 1669.

173 Ce fut chez Monsieur de Bellievre Que cette bande gaye et mièvre Vint, se rencontra, se rangea.

Puis but, chanta, dansa, mangea. - Id., ibid,, 8 novembre 1669.

87 Le sieur commissaire Picard, Lequel sans doute est un gaillard Vigdant, agissant et mièvre, . . - Id., ibid,, 10 janvier 1660.

1 7 Cette aimable nourrice enfin De Monseigneur notre Daufin , Si frais, si gras, si beau, si mièvre. . . - Id., ibid,, 19 aoâl 1669.

55 Son pouls étoit toujours fort mièvre.

Indice d^une ardente fièvre. - Id., ifnd,, lo mars ]663.

996 Divertissement.

Qui fut assez plaizant et mièvre ,

Assavoir la chasse du lièvre. - Id., ibid,, 3i mars i663.

953 Pay Tesprit morne et le pouls mièvre :

Haï je pense que j'ay la fièvre. - Id., ibid,, 11 août i663.

969 Et Monsieur le Daufin aussy.

Qui n^a plus fluxion ny fièvre.

Mais est fort sain , fort dru , fort mièvre, - Id. , ibid, , 1 5 septembre 1 663.

699 Tai tout présentement, pour lui donner la fièvre. Rétréci ses habits. Le tour est assez mièvre,

La Font., Vil, p. 339 : Ragoiin, III, 9.

Ma famille ne craint rien tant que de me voir un petit héritier, et je fais tout mon possible pour leur donner ce chagrin-là. — Que vous êtes mièvre. Madame I — y y réussirai, je vous en donne ma parole. - Dancourt, La Gazette, se. 11.

« Le premier dictionnaire où se trouve le mot mièvre est le Diction, dee Rimee d*Odet la Noue (1596). Nous le retrouvons ensuite, en 1606, dans le Tréeor dee troiê langvei nç. , iteU. et eepagn, de Hiérosme Victor et dans toutes les éditions suivantes du même vrage; il est traduit en italien par bello, leggiadro, galante; en espagnol, loçano, laeeivo, Dowi cherchons la correspondance, nous voyons que loçano est traduit en français par jr, gaiUm'd, mignon, beau, glorieux , folaetre. En 1607, le Diction, franç.-esp. de César idin le traduit de la même manière. En 1611, le Dictionnaire de Cotgrave donne :

■^MrevBZ, malapert, outragûm», ever doing one miechiefor other; as mieeureux.

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