‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 74 sur 664 · MILIEU — MINCE · texte numérisé non relu

MILIEU — MINCE

n^ Ce mot ne parait dans aucun dictionnaire avant celui de Oudin, en 16^9, où il es traduit : monna honnetta di eampi^ une honnête femme de campagne. On en a vaine ment, jnsqu^ici, cherché Tétymoiogie. Cependant, le patois normand ayant le verbe jorer orner, parer avec affectation, une mijaurée ne serait-elle pas une miê, jorée f

Richelet, Furetière et TAcadémie, en 1680, 1690 et 1694, Tont admis, sans le tra duire d*une façon bien précise; pour Richelet, c^est un rrmot bas et méprisant qui se di d*ane femme pour marquer qu^eile n^a rien de beaun ; pour Furetière, c*est un (rterm* populaire et injurieux que les femmes disent à Paris quand elles se querellent. Vous este une belle, une plaisante mijaurée, pour dire, une laide, sotte» ; pour TAcadémie, c^est ui (T terme d'injure et de mépris qui se dit d'une femme ou d'une fille». Entre laide, d Richelet, et eotte de Furetière, TAcadémie ne se prononce pas.

M. Litlré, qui dit avoir trouvé ce mot dans Ant. Oudin, au (7) xvi* siècle, n'en cili aucun exemple avant Molière.

Milieu, moyen terme.

Écoute, il n'y a point de milieu h cela : choisis d'épouser dans quatre jours, ou Monsieur, ou un convent. — Mal, imag., II, 6.

On prit ce milieu. - Sév., VIII, p. 5i3.

Mince.

Un conseiller et un receveur sont des amants un peu bien minces^ pour une grande dame comme vous. — Escarb,, se. 9.

Vostre noblesse est mince.

Car ce n'est pas d'un prince , Daphnis, que vous sortez; Gentilhomme de verre, Si vous tombez à terre, Adieu vos qualitez.

Mâthard, Kpigr, contre Saint- Amant , filé d'un gentilh, verrier.

Votre Altesse, pour wi grand prince, A , me semble , le cœur bien mince.

ScARROR, Virg, trav,, Paris, David, 1706; I, p. 319.

18/i Mais ce corps de garde maudit, Compozé de gens assez mince» , Qui gardoient Neuilly pour les Princes,. . . Ont brûlé le pont dudit lieu. - Lorbt, Muze histor., 19 may i65a.

179 D*Eslampes, de Fiesque et Goulas, Qui d^agir ne sont jamais las , Et qui ne sont pas des gens mincee. . . - Id., ibid,, a 5 août iGSa.

97 Aucuns nobiliê assez mince». . .

Font encor les opiniâtres. - Id., ihid., 6 février i655.

aaA Je croy qu^entre tous les Autheurs Tant de la Cour que des Provinces, Je suis, possible, un des plus mince». - Id., ibid., i3 août 1661.

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