‹ Lexique de philosophieChapitre 111 sur 176 · MOME · texte numérisé non relu

MOME

celui-ci est constitué ou plutôt se constitue par nos habitudes et tous les événements fortuits qui nous affectent ; l’autre est immuable ou, du moins, peut seul se modifier lui-même.

C’est le for intérieur des anciens moralistes.

MOLÉCULE. La plus petite parcelle de matière est la molécule : elle n’est pas l’atome, mais se compose d’atomes similaires ou d’atomes différents les uns des autres. L'atome est un élément véritable ; la molécule n’est que la plus petite partie d’un corps composé qui puisse exister à état libre.

MOLYNEUX (Problème de).

Le problème de Molyneux, géomètre anglais du xvin siècle, peut se poser ainsi : Un aveugle-né, devenu subitement clairvoyant par une opération, pourrait-il tout d’abord et sans le secours du toucher distinguer une sphère d’un cube et dire : Voici la sphère et voilà le cube?

MOMENT. Moment se dit de la plus petite division de la durée. Il se dit aussi des points d’arrêt dans le mouvement de la pensée: dans ce dernier cas, ilsignifie une phase, un stade de la pensée; chez Hégel, par exemple, la pensée passe par trois moments, l'affirmation ou la thèse, la négation ou l’antithèse,

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et l'absorption ou la synthèse.

MONADE. Monas, dit Leibniz, signifie l'unité. Le mot apparaît pour la première fois dans Giordano Bruno, qui appelle minima ou monades les éléments des choses; mais l'idée de faire jouer à l’unité le rôle d’élément date de Pythagore.

La monade de Leibniz n’est pas d’ailleurs l’unité abstraite, l’unité mathématique : c’est l'unité métaphysique, l’unité d’une force non composée de parties, c’est-à-dire simple.

Sa qualité distinctive, c'est la représentation : elle exprime l’univers qui se réfléchit en elle et devient ainsi un microcosme ou monde en raccourti. Son essence est l’appétition ou tendance constante à passer d’une perception à une autre.

Il faut distinguerles aperceptions des perceptions : celles-ci ne sont que les modifications internes de la monade, celles-là impliquent de plus la conscience ou la réflexion : elles sont apercues. Se représenter l'univers et tendre à la perfection, n’est-ce pas le carac:.

tère des esprits ou des âmes? La monade est donc une âme ou un esprit et les animaux eux-mêmes, contre l'opinion de Descartes, sont de telles âmes et de tels esprits, mais réduits aux perceptions obscures et aux consécutions d'images qui imitent le raisonnement.

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Puisque les monades sont simples, elles sont impérissables ou immortelles, et puisqu'elles font partie d’un même monde parfaitement ordonné, sans pourtant qu'elles agissent les unes sur les autres (elles n’ont pas, dit Leibniz, de fenêtres sur le dehors), il faut qu'il v ait entre elles une harmonie préétablie.

MONADOLOGIE. La monadologie ou monadisme est le système leibnizien des monades. Ce mot désigne aussi l’opuscule dédié au prince Eugène, où Leibniz, en quatre-vingt-dix thèses fort courtes, établit tout son système. Ce système renferme comme parties essentielles : la définition des monades et de leurs caractères propres, la perception, l’aperception, l’appélition, la théorie des perceptions obscures appelée aujourd’hui de l'inconscient; la doctrine de l'harmonie préétablie qui régit les rapports des monades entre elles; la preuve leibnizienne de l’existence de Dieu par le principe de raison suffisante; la doctrine de l’optimisme sur les rapports de Dieu avec le monde, fondée à priori sur les perfections divines et justifiée à posteriori par l'examen approfondi (surtout dans la Théodicée) de la nature et de l’origine du mal métaphysique, physique et moral.

L'originalité de Leibniz dans l'école cartésienne a été de réfor-

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