‹ Lexique de philosophieChapitre 125 sur 176 · PERS · texte numérisé non relu

PERS

L'âme, substance pensante, disait Descartes, pense toujours. C’est.

la définition de sa permanence.

Stuart Mill appelle les corps des possibilités permanentes de sénsations, parce qu'entre deux sensations ou deux perceptions qu'ils font naître en nous ils demeurent ou sont censés demeurer tels qu'ils étaient, bien que nous ne les percevions pas.

On nomme principe de la permanence de la force ou de la conservation de l'énergie celui qui porte que la quantité de force ou d'énergie est constante dans le monde et, malgré toutes sestransformations, n’augmente ni ne diminue en quantilé.

PERSONNALITÉ. Caractère constitutif de la personne, c’està-dire conscience ou plutôt réflexion et liberté.

L'expression personnalité de Dieu désigne l'existence conscienteettranscendante du principe divin, par opposition à l’existence simplement immanente admise par les panthéistes.

PERSONNE. La personne n'est ni la chose ni l'individu : la chose est insensible et inconsciente; l'individu, par exemple l'animal, est doué de sensibilité et par conséquent, dans une certaine mesure, de conscience; la personne possède la sensibilité, la conscience et le pouvoir de s'emparer de ses facul-

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tés pour les diriger vers un but, initiative qui a pour principe la réflexion sur soi-même et qui devient la liberté morale.

Les personnes divines : expression théologique de la trinité; un seul Dieu en trois personnes.

PESSIMISME (pessime, très mal). Le pessimisme est opposé à l'optimisme et consiste à soutenir, soit que tout est mal et même le plus mal possible, soit que la somme des maux l'emporte sur celle des biens.

Schopenhauer établit son pessimisme sur l’analyse de la nature humaine : être c’est agir, agir c'est faire effort; l’effort est toujours pénible; donc toute vie est par sa nature malheureuse.

M. de Hartmann établit le bilan des biens et des maux et décide que ceux-ci l’emportent dans la balance.

L'art du premier consiste à identifier l’activité et l'effort : il y a une activité spontanée qui, loin d'être pénible, est toujours agréable, car le plaisir, selon Aristote, est le complément de l’acte.

L’artifice du second consiste à donner à la douleur son caractère vraiment humain (par exemple la crainte de la mort et tout le cortège d'idées tristes et désolantes qu'elle amène ordinairement chez l’homme), et à ne laisser au contraire aux plaisirs que leur caractère animal, ce qui les abaisse et

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les fait paraître peu de chose : la pesée est donc faussée et le raisonnement sophistique.

PÉTITION DE PRINCIPE. Paralogisme qui consiste à supposer ce qui est en question. C'est à peu près la même chose que le cercle vicieux : peut-être y a-t-1l entre ces deux expressions cette nuance que le cercle vicieux consiste à s'appuyer sur la proposition même qu'on veut prouver, et la pétition de principe sur une proposition qui en dépend.

PHÉNOMÈNE (vive, j'apparais). Manifestation : ce qui apparaît, par opposition à ce qui esl.

Il y a donc deux sortes de phénomènes : les phénomènes internes, qui se manifestent à la conscience, et les phénomènes externes, qui sont connus par les sens.

Depuis Kant, le phénomène s’oppose au noumène : ce dernier mot désigne l'existence en soi, existence qui ne pourrait en aucun cas se révéler qu’en se manifestant, c'estàa-dire en devenant phénoménale ; d’où Kant conclut que toute connaissance du noumène ou de l'en soi est impossible.

PHÉNOMÉNISME. Théorie qui n'admet que des phénomènes :

Hume, qui réduit l’âme à une collection de sensations et le monde à un système d’apparences, est un phénoméniste. Son phénoménisme

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