QUIN
la quantité discrète (un nombre) (V. Continu).
QUIDDITÉ (quid? qu'est-ce ?).
Mot de la langue scolastique qui désigne l’essence en tant qu’exprimée par la définition et répond à la question «qu'est-ce que c’est?»
ou « qu'est-ce? ».
QUIÉTISME (quies, repos). Le quiétisme fait consister la perfection dans la contemplation ou l'amour désintéressé de Dieu présentà l’âme.Quand Fénelonadopta le quiétisme de Mme Guyon et pré- tendit le justifier par les maximes des saints, il fut combattu par Bossuet et dut se rétracter.
QUINTESSENCE (quinta essenlia, cinquième essence). Substance incorruptible dont on supposait les corps célestes constitués.
Par extension, ce mot désigne l’extrème subtilité d’une analyse qui cherche l'essence derrière l’essence, ou d’une conception qui échappe à la compréhension du commun des hommes parce qu’elle est quintessenciée et peut être complètement inintelligible même pour celui qui la formule.
RAISON. La raison est la faculté des principes. Les principes de la raison s'appellent principes premiers, principes directeurs de la connaissance. Les plus souvent invoqués sont les principes d’identité et de contradiction (principes logiques), de causalité, d’induction, de finalité (principes métaphysiques) (V. ces mots).
Outre les principes, on attribue aussi à la raison les idées innées, les idées premières, mais on n’est pas d’accord sur leur nombre; tandis que les idées de perfection, d’infini, d’absolu sont généralement rapportées à la raison, on hésite pour les idées de temps et d'espace (dont Kant fait des formes de la sensibilité) et bien plus encore pour les idées de cause, de fin, d'unité, d'identité, qui semblent avoir leur origine dans la conscience ou réflexion. C’est que la raison et la réflexion ont pour ainsi dire même racine : dire que l'homme est un animal doué de raison ou de réflexion, c’est Lout un et Leibniz le fait bien voir par sa célèbre exception : « Rien n’est
A. BEertrann. — Lexique.
dans l'intelligence qui n'ait été auparavant danslessens», disaient les empiristes; Leibniz, partisan de l'innéité, ajoute : « excepté l’intelligence elle-même », c'est-à-dire l’ensemble des idées premières et des principes premiers que la réflexion découvre dans l'esprit, qui n’est nullement une table rase (V. ce mot et Innéité).
La raison n'est donc pas toute l'intelligence, mais sa fonction la plus haute, celle qui règle toutes les opérations intellectuelles. Elle n’est pas davantage le raisonnement puisqu'elle saisit son objet intuitivement, alors que le raisonnement, opération discursive, établit une vérité par l'intermédiaire d’autres vérilés évidentes ou démontrées.
Depuis Kant, on distingue avec soin la raison pure (ou thécrique, ou spéculalive) de la raison pratique. Celle-ci n’est autre chose que la conscience morale ou faculté de juger du bien et du mal par le moyen de la loi morale ou impératif catégorique; celle-là aurait pour objet les idées transcendantes de l’âme, du monde et de Dieu,