TYPE
libéraux, classification scolastique des connaissances humaines, le trivium comprenait la grammaire, la dialectique et la rhétorique (V. Quadrivium).
TYPES ({rômo, empreinte, modèle). Les types sont les idées des choses en prenantle mot idée dans son sens platonicien. Protolypes ou archétypes s'emploient dans le même sens. ,
Toute chose, selon Platon, a son idée dont elle est la copie plus ou moins fidèle et dont elle participe :
cette participation des choses à leurs éypes éternels constitue toute leur réalité. |
Les types sont des principes de connaissance (car nous ne connaissons les choses que par leur intermédiaire), et des principes d'existence, puisque les choses
n'existent que par la participation
aux idées.
Selon Platon, il y a une connaïissance intuitive des choses dans leurs exemplaires éternels et c’est elle qui rend toutes les autres connaissances possibles, loin d’en être elle-même le résultat. D’après la théorie de la réminiscence, cette connaissance primitive a son origine dans quelque condition antérieure à la vie terrestre et qui consiste dans une union intime de l’âme avec la vérité et l’être ou une intuition rationnelle.
UBIÉTÉ (ubi, où). Ce mot désignait, chez les scolastiques, les différentes manières d'exister quelque part ou dans un lieu : la première s'appelait circonscriptive (quand le lieu occupé par le corps est déterminé par les points de l’espace qui le circonscrivent) ; la deuxième définitive (quand on peut définir ou déterminer que la chose est située dans tel espace, sans pouvoir lui assigner un lieu précis et exclusif; (exemple : l'âme dans le corps); la troisième réplétive (c'est l’ubiété ou ubiquité de Dieu qui emplit tout l'univers par son opération sans être lui-même étendu). Leibniz nous avertitqu’on aurait grand tort de tourner ces distinctions en ridicule.
UBIQUITÉ. Présence en tous lieux à la fois. L’ubiquité de Dieu est la même chose que son immensité où son omniprésence chez les théologiens.
ULTIME (ultimus, dernier). Ce mots’emploie quelquefois, surtout dans les expressions fait ullime,
principe ultime, pour désigner le fait qui est irréductible, et qui marque le dernier terme de lanalyse ou le principe au delà duquel il est impossible de s’élever et d’où dérive tout principe secondaire et toute démonstration.
UN, UNITÉ. L'un, c’est l'être en tant qu'il ne comporte aucune division et se distingue de tout autre être.
L'unité en métaphysique n'est donc ni l’harmonie, le concert ou leconcours,comme dans la langue ordinaire (ce tableau manque d'unité), ni l'unité abstraite des mathématiciens, ni ce qu’on à appelé quelquefois l’unicité (quand on dit : cette montagne n'a qu'un sommet, cela signifie que ce sommet est unique), Dieu est unique et il est un.
Les platoniciens appelaient Dieu l’Un ou le Bien. Cette dénomination est surtout usitée chez les Alexandrins.
On dit que l’âme est une malgré la multiplicité des facultés et que l’idée d'unité nous vient de la con-
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science. Le corps, au contraire, est mulliple par ses éléments et par ses fonctions. Unité signifie donc indivisibilité et s’oppose à pluralité ou multiplicité.
Dans la langue de Kant, l'unité est une des catégories de la quantité : les deux autres sont la pluralité et la totalité.
UNIFICATION. L’unification est l'acte qui unit ou combine ce qui est distinct, soit dans la pensée, soit dans la réalité. On entend surtout par ce mot l'union intime de l’âme avec Dieu ou plutôt l'absorption de l'âme individuelle dans l’âme universelle.
Le but suprême de la philosophie, le souverain bien, selon les philosophes de l’école d’Alexandrie, était l'unification de l'âme avec Dieu par la contemplation ou plutôt par l’extase.
UNIVERS. L'univers comprend la totalité de ce qui existe : Dieu, le‘monde, l’homme. Dans beaucoup de cas, le mot univers désigne simplement le monde et a pour synonyme l'expression souvent usitée de création.
UNIVERSALITÉ. Ce mot s'emploie quelquefois pour désigner la totalité, la somme complète des faits ou des êtres, mais plus souvent pour exprimer le caractère de ce qui est universel, c'est-àdire de ce qui convient à tous les
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êtres. On dira, par exemple, qu’un des caractères de la loi morale est l’universalité parce qu’elle s’applique à tous les hommes; que les principes premiers sont universels parce qu’ils se retrouvent dans tous les esprits et dirigent toutes nos recherches scientifiques. Universalité dit donc plus que généralité.
UNIVERSAUX (universale, universel). Les universaux sont les idées générales; les scolastiques les réduisaient à cinq: le genre, l'espèce, la différence, le propre et l'accident (V. ces mots).
La querelle des universaux, qui remplit toute la scolastique, consistait à déterminer la portée ou la valeur des idées générales Correspondent-elles à des réalités hors de nous (réalisme)? Ne sont-
elles que des noms (nominalisme)?
Sans avoir de réalité extérieure, transcendante qui leur corresponde, sont-elles les signes de conceptions très réelles de notre esprit {conceptualisme)? Telles étaient les trois solutions proposées.
Roscelin fut le chef des nominalistes ou nominaux ; Guillaume de Champeaux combattit le nominalisme outré de Roscelin et attacha son nom au réalisme, dont les partisans s’appellent aussi réauxæ; enfin Abaïlard, d’abord disciple de Guillaume de Champeaux, inventa le conceptualisme et il y eut dès lors des no-
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minaux purs et des nominaux conceptualistes.
Sous cette forme scolastique, la querelle des universaux est bien oubliée, mais les questions agitées n'étaient ni factices ni imaginaires : quand les naturalistes discutent la question de l’origine et de la valeur des espèces, ils transportent le même problème sur un autre terrain. Si, par exemple, la nature par l'évolution des êtres brise sans cesse les cadres arrêtés dans nos classifications, c’est qu’il n’y à de réel que les individus et, dès lors, le conceptualisme, qui n’est guère qu'une forme du nominalisme, a gain de cause.
Platon, qui posait au-dessus des
idées générales les idées en soi, était
leréaliste par excellence et l’on voit par là que ce mot a une étroite parenté avec le mot idéaliste.
UNIVERSEL (Consentement).
Pour démontrer certaines thèses de philosophie, par exemple l’exisncende/Dieuret, laliberté de l’homme, on invoque quelquefois l'argument du consentement universel, c’est-à-dire de l'opinion unanime du genre humain. C’est un appel au sens commun, une sorte de confirmation du témoignage dela conscienceindividuelle.
Mais, outre que l’unanimité n’est jamais facile à obtenir ou à démontrer, le sens commun ne doit pas être invoqué légèrement par le philosophe, accoutumé, comme
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parle Descartes, à «se repaître de vérités » et non d’apparences, comme le vulgaire. Kant dit très bien : « Un ciseau et un maillet peuvent servir à travailler le bois, mais pour graver, il faut un burin. » Il faut toujours recourir, en fait de preuves, à la raison guidée par la méthode.
UNIVOQUE. Un nom est univoque quaud il s'applique dans le même sens à plusieurs individus :
tel est le mot homme et le mot animal (V. Équivoque).
UTILITARISME. L'utilitarisme ou morale utilitaire est le système qui place dans l'intérêt particulier ou général le seul motifet laseule règle de nos actions.
I se distingue de la morale du plaisir en ce qu’il nous propose pour but de la vie un plaisir calculé, le maximum des plaisirs avec le minimum des peines; c'est une arithmétique des plaisirs où l'on tient compte de leur nombre, de leur intensité, de leur certitude, de leur pureté.
Sila morale utilitaire passe assez aisément de l'intérêt individuel à l'intérêt général (ce qui pourtant n'est pas sans difficulté dans certains cas), elle ne rend pas compte suffisamment de l’obligation morale, et quand elle distingue dans les plaisirs, outre leur quantité, leur qualité mesurée par la dignité des facultés qui les font naître, il
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semblebien qu’elle ne se rapproche de la morale du bien ou de l’obligation qu'en devenant infidèle à ses propres principes.
UTOPIE (cè, non; sonc:, lieu). Ce mot, forgé par Thomas Morus, désignait dans son livre un pays imaginaire où tout est réglé pour le mieux. Littéralement, il signifie ce qui n'existe nulle part, ce qui est purement fictif et imaginaire.
L’utopie n’est pas l'idéal : ce mot désignerait plutôt aujourd’hui un
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faux idéal, un idéal non conforme à la raison et surtout irréalisable.
M. Renouvier a forgé sur le même type le mot uchronie qui signifie : ce qui n’a eu d'existence en aucun temps, ce qui aurait pu avoir lieu, mais ne s'est point passé réellement; en d’autres termes, l'histoire imaginaire de ce qui serait advenu si par hypothèse tel ou tel grand événement historique qui a laissé des traces profondes était supprimé ou modifié. |
VARIATIONS. Stuart Mill appelle méthode des variations concomitantes le procédé inductif dont la règle ou le canon peut se résumer ainsi: quand un fait varie, si tous les antécédents, sauf un seul, demeurent invariables, l'antécédent qui varie est la cause cherchée.
La méthode des variations concomitantes supplée ou complète la méthode de différence (V. ce mot), dont la méthode des résidus n’est qu’un cas particulier. Gelleci peut se formuler ainsi : si l’on retranche d’un fait complexe la partie qu’on sait, par des inductions antérieures, être l'effet de certains antécédents, le résidu (c’est-à-dire l’ensemble des faits qui restent à expliquer) est l'effet des antécédents restants.
VELLÉITÉ. Diminutif de volonté ou plutôt de volition. Une velléité n’est qu’une volonté chancelante, inconsistante et passagère, une volilion sans effet et sans efficacité. La velléité est à la volonté ce que la rêverie est à la pensée réflécnie.
VÉRACITÉ DIVINE. La véracité est la qualité d’un être qui n’a jamais l'intention de tromper. La véracité divine est invoquée par Descartes pour prouver la réalité du monde extérieur: Dieu étant éminemment véridique ne peut ni se tromper ni nous tromper et dès lors le monde extérieur, que nous.
croyons réellement existant sur la foi des sens que Dieu nous a donnés, ne peut être révoqué en doute, après que l'esprit s’est élevé par l'unique secours desidées qu'il trouve en lui à l’affirmation de la divinité.
Cet argument n'est guère décisif, puisque Dieu ne nous force nullement à ajouter foi à l’existence du monde et que Berkeley, par exemple, se sert justement de la connaissance de Dieu pour nier cette existence (V. Idéulisme).
VÉRITÉ. Accord ou adéquation de l'intelligence avec son objet.
Le criterium cle la vérité ou de la certitude est l'évidence. On nomme vérités premières les principes ra-