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COMM

qui n'admet que la propriété collective, c'est-à-dire celle de l’État, et supprime la propriété individuelle.

COMMUN. On appelle quelquefois notions communes les vérités universelles essentielles à toute intelligence humaine, principes premiers, jugements intuitifs, vérités du sens commun ou, comme disaient les anciens dans un sens un peu moins précis, anlicipations et prénotions.

Le sens commun doit s'entendre de l'intelligence en tant qu'elle nous fournit ces notions communes à tous les hommes; mais, comme cette expression désigne aussi l’usage qu’on en fait dans la science et dans la vie, on a pu dire avec justesse que « le sens commun n’est pas si commun que l’on pense ».

L'expression sens commun traduit quelquefois l'expression latine sensorium commune (el non plus sensus communis) et prend dès lors un sens particulier (V. Sens).

COMMUNISME. Système de ceux qui réclament la communauté des biens, c’est-à-dire qui suppriment la propriété individuelle et n’admettent que la propriété collective ; s'ils admeltent que l’État doit en donner la jouissance égale à tous les citoyens, c’est un communisme égalitaire; s'ils veulent que l'État accorde à chacun selon ses œuvres

A De

COMP et tiennent compte des capacités (les saint-simoniens), l'égalité qui semble détruite est rétablie en réalilé.

COMPARAISON. La comparaison consiste à établir un rapport de ressemblance ou de dissemblance entre deux idées. Elle suppose une double attention et se distingue de l'appréhension qui la précède et du jugement qui la suit.

On appelle quelquefois jugements comparatifs ceux qui supposent la perception distincte et préalable des deux idées qu'ils unissent par une affirmalion et on les distingue des jugements intuitifs où lesidées comparées seraient percues simultanément comme dans le principe «Je pense, denc je suis », qui ne suppose pas d’affirmation préalable sur l'être et sur la pensée.

COMPLEXE. Ce qui n’est pas simple : complexe se dit à la fois des idées qui en comprennent plusieurs autres et des propositions à plusieurs membres, c’est-à-dire qui ne sont pas simples. Port-Royal en donne cet exemple: « Tout homme qui ne craint rien est roi ».

COMPOSÉ. Se dit d’un tout physique, métaphysique ou logique : l’homme est composé d’un corps et d’une âme formant un tout naturel; il est encore composé de puissance et d'acte, d'essence et

CONC |

d'existence ; il est enfin composé de genre et de différence, d’animalité et de raison.

L'union des parties destinées à ne former qu'un tout constitue sa composition, el celle-ci implique en conséquence l’imperfection des parties constiluantes.

COMPRÉHENSIF. Ce mot s’employait dans le sens de complet, adéquat : la connaissance compréhensive était la connaissance complèle et adéquate de l’objet.

COMPRÉHENSION. Dans son sensle plus général,compréhension se dit de l’acte de comprendre.

Dans un sens plus spécial, le mot compréhension désigne le plus ou moins grand nombre d'éléments que renferme une idée.

La compréhension s'oppose à l'extension et elles sont en raison inverse l’une de l’autre; l’extension d’une idée est le plus ou moins grand nombre d'objets auxquels s'applique cette idée. L'idée d'homme a plus de compréhension, celle d'animal plus d’extension, puisqu'il y a plus d'animaux que d'hommes et que l’homme c'est l’animalavecla raison en plus.

COMTISME. Le positivisme, la philosophie d'Auguste Comte (V. Positivisme).

CONCEPT {concipere, concevoir).

Le concept est l’idée, la notion,

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l’appréhension; bref, l’acte de concevoir. « Je dis concept, remarque Spinoza, plutôt que perception, parce que le nom de perception semble indiquer que l’âme reçoit de l’objet une impression passive et que concept, au contraire, parait exprimer l’action de l’âme. »

Les traducteurs de Kant rendent ainsi le mot Begriff et le concept kantien est une notion générale sans être absolue. Kant distingue les concepts purs qui n'empruntent rien à l'expérience (ceux de temps, d’espace), les concepts empiriques qui doivent tout à l’expérieuce (par exemple le plaisir, la couleur), et les concepts mixtes, composés en partie des données de l'expérience et des données de l’entendement pur.

CONCEPTION (concipere, concevoir). On oppose quelquefois Le mot concevoir au mot percevoir : les principes premiers sont conçus par la raison, les objets extérieurs sont perçus par les sens (V. Concept).

CONCEPTUALISME. On appelle ainsi le système d’Abaïilard, qui essaya de trouver un moyen terme entre le nominalisme et le réalisme : nos idées générales ou universaux sont, selon Abailard, plus que de simples noms (nominalisme), sans avoir pourtant de réalité correspondante hors de l'esprit (réalisme); leur réalité, qui est indéniable, est toute subjective, car

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ce sont des conceptions très réelles de notre esprit, Sous les mots, il y à un sens, un concept. Le conceptualisme n'est qu’un nominalisme déguisé.

CONCLUSION (concludere, fermer). La conclusionest la proposition qui ferme ou termine le raisonnement, principalement le syllogisme. Ce n’est pas la même chose que la conséquence : celle-ci est le lien logique qui unit la conclusion aux prémisses, La conclusion peut être Juste alors que la conséquence est fausse (si l’on a mal raisonné), ou fausse alors que la conséquence est légitime (si l’on est parti de prémisses fausses).

CONCOMITANCE. Concordance ou accompagnement. Ce mot est employé surtout par les traducteurs des philosophes anglais.

Stuart Mill distingue quatre règles ou canons de l'induction: ce sont les règles de concordance, de diftérence, des résidus et des variations concomitantes. Supposons un fait A dont on observe les variations; si parmi les antécédents À, B, C, il s'en trouve un qui varie en méme

temps que lui, tous les autres restant

invariables, on en conclut que A est la cause cherchée (V. Variations).

CONCRET (cum, avec; cernere, apercevoir). Concret est l'opposé et le corrélatif d’abstrait (V. ce mot).

1! désigne le réel, le particulier, ce

À. BERTRAND. — Lexique.

CONN qui se perçoit par les sens. Il se dit des termes et des idées : un terme concret exprime l’objet tout entier, un terme abstrait une qualité séparée de l’objet. Trois hommes, dix chevaux sont des nombres concrets, trois et dix des nombres abstraits.

Ampère emploie l'expression de concrétion d'images pour désigner cette loi en vertu de laquelle, quand deux objets ont été perçus ensemble, la perception isolée de l’un d’eux éveille l’image de l’autre,

CONDILLACISME. Système de Condillac, appelé encore système de la sensation transformée et sensualisme (V. Sensualisme).

CONDITION. La condition n’est pas la cause, mais ce sans quoi la cause n’agirait pas : le cerveau est la condition de la pensée. La formule condition sine qué non désigne une condition essentielle, absolument nécessaire.

Hamilton emploie l'expression conditionner dans le sens de rendre relatif : penser l'absolu, ce serait le condilionner, c’est-à-direlerendre relatif et lui enlever son caractère d’absolu (V. Absolu).

CONNAISSANCE (cognoscere, connaître). La connaissance est l’acte propre de l'intelligence. Elle peut donc se diviser comme les notions et les idées: connaissance abstractive, intuitive, discursive,

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