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ENTÉ

il ne se fie qu'aux faits et se défie de la raison au point de constater les faits sans essayer de les relier par une théorie ou de les expliquer par un système. Auguste Comte a dit : le pur empirisme est stérile.

ÉNERGIE. On dit quelquefois principe de la conservation de l'énergie, pour désigner la loi de la conservation de la force : la quantité de force potentielle et actuelle est constante dans l’univers.

ENTÉLÉCHIE (évreïiyex, de vre- 2, parfait, et éyew). Dans la philosophie d’Aristote, ce mot désigne l'acte, la forme par opposition à la matière. C’est, littéralement, pour chaque être, la possession de sa perfection ou de sa fin interne.

Aristote définit l’âme : l’entéléchie première d’un corps naturel ayant la vie en puissance. IL veut dire que c’est parl’âme que le corps possède la vie, la perfection de ses fonctions, son achèvement.

Leibniz n’est donc pas fidèle au sens péripatéucien de ce mot quand il appelle les monades inférieures des entéléchies.

Au surplus, il faut que le sens de ce terme soit bien difficile à pénétrer, puisque Hermolaüs Barbarus invoqua le diable pour en avoir l'explication et que le diable se borna à lui souffler un mot latin qui n’en est que le décalque, per-

ENTH

fectihabia. Ce n’était pas la peine, dit avec raison Leibniz, de consulter le diable pour n’apprendre que cela.

ENTENDEMENT . L’entendement est l'intelligence, faculté d'entendre ou de comprendre.

C’est le sens de ce mot dans les Essais de Locke et les Nouveaux Essais de Leibniz sur l’Entendement humain.

Kant lui a donné un sens plus restreint et plus précis : c'est la faculté de connaître par le moyen des catégories (V. ce mot). La sensibilité a ses formes à priori (le temps et l’espace); l’entendement juge par les catégories; et la raison organise et systématise la science par les idées (l'âme, le monde, Dieu). Les principes de l’entendement sont : 1o les axiomes de l'intuition; 2° les anticipations de la perception ; 3° les analogies de l'expérience; 4° les postulats de la pensée empirique (V. ces mots).

ENTHOUSIASME (évecs ëv nuiv, Dieu en uous). Ce mot signifie, chez Platon, inspiration divine et désigne aussi bien la réflexion profonde des philosophes et l'héroisme des guerriers que l’inspiration des poèles.

ENTHYMÈME (iv büuo, dans l’esprit). Syllogisme elliptique dont une des prémisses est sous-enteri-

ÉPAG —

due, reste dans l'esprit. Comme la forme syllogistique est lente et pesante, on l’allège en laissant la majeure ou la mineure sous-entendue : c’est pourquoi Aristote appelle l'enthymème le syllogisme des orateurs.

Il désigne surtout par le mot enthymème le syllogisme qui porte sur des propositions simplement probables ou vraisemblables. « L’enthymème, dit-il, est un syllogisme fait avec des vraisemblances. » Ce mot n’exprimait donc pas seulement, comme chez nous, un accident extérieur du raisonnement.

ENTITÉ (ens, être). Terme de philosophie scolastique synonyme d'essence ou de forme. Les animaux ont pour entité l'animalité, l'homme l'humanité. On comprend que l’abus de ce mot l'ait fait dans la suite prendre en mauvaise part; entité est devenu synonyme d'abstraction réalisée el de chimère : c’est dans ce sens qu'il est pris dans l'expression entités scolastiques.

ÉPAGOGIQUE (éraywyr, induction). Le syllogisme épagogique d’Aristote est un syllogisme dont le moyen offre l'énuméralion de toutes les espèces du mineur cest une véritable induction.

Aristote en donne cet exemple :

les quadrupèdes, les oiseaux, les poissons, etc., ont une bouche et

: ÉPIG

des organes sensoriels : tous les animaux sont quadrupèdes, o1iseaux, poissons, etc.; donc tous les animaux ont.une bouche et des organes sensoriels.

ÉPICHÉRÈME (émyeroetv, appuyer de Ja main).Syllogisme danslequel la majeure ou la mineure, quelquefois les deux sont appuyées de leurs preuves ou simplement accompagnées d'explications.

ÉPICURISME. On dit aussi épicuréisme. La philosophie d'Épicure comprend une logique appelée canonique (V. ce mot), une physique et une morale. La physique est renouvelée de l’atomisme de Démocrite, avec celle différence qu’Épicure attribue à ses atomes la pesanteur qui les fait tomber éternellement dans le vide et le clinamen qui les fait dévier de leur chute parallèle et produit leurs rencontres. Sa morale est la morale du plaisir, mais en distinguant les plaisirs en mouvement (ou du corps) des plaisirs en repos (ou de l'esprit), et, en recommandant exclusivement ceux-ci, il fait de l’hédonisme une sorte d’ascétisme : c’est,dit Sénèque,un héros sous des habits de femme.

Le souverain bien, pour Épicure, c’est l'absence de douleur : il consiste à ne pas souffrir (indolentiu).

ÉPIGÉNÈSE (éxi, sur ; yéveots, généralion). Épigénèse signifie pro-

ÉQUI

duction successive d'éléments anatomiques à l’aide de matériaux nutritifs empruntés au milieu ambiant.Le nouvel être existe d’abord à l’état d’ovule, puis de germe, puis d’embryon.

La théorie de l’épigénèse s’oppose à la théorie de la préformation des germes, d’après laquelle les êtres futurs seraient préformés et contenus dans les formes antérieures des animaux, et la génération ne serait qu'un accroissement ou un grossissement.

ÉPISYLLOGISME. Quand deux syllogismes sont reliés ensemble de telle sorte que la conclusion du premier soit la majeure du second, le premier prend le nom de prosyllogisme et le second d'épisyllogisme. L’épisyllogisme se dit aussi de l’argament dans sa totalité :

c'est une sorte de sorile.

ÉQUIPOLLENCE. Équivalence, dans la théorie très subtile de l'opposition et de la permulation des propositions. Port-Royal nous avertil que les règles qu’on donne de l’équipollence « ne sont la plupart vraies qu’en latin ».

ÉQUIVOQUE (æque, également; vocare, appeler). Une proposition équivoque offre un double sens.

Les scolastiques distinguaientavec soin ce qui estanalogue, ce qui est univoque, ce qui est équivoque :

l’analogue se dit de la ressem-

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