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l'espèce. Il diffère de l'intelligence en ce qu’il est aveugle, n’impliquant pas la réflexion, et de habitude en ce qu’il est inné tandis qu’elle est acquise.
Beaucoup d’instincts peuvent n'être que des habitudes hérédi- (aires.
On lui donne généralement pour caractères l’ignorance du but, la perfection immédiate, l’infaillibilité, la spécialité, l’uniformité et l'absence de progrès, mais ces caractères sont loin d’être absolus et inflexibles : par exemple, certains instincts se perfectionnent, soit dans l'individu, soit dans l’espèce, sans pouvoir toutefois rivaliser avec notre intelligence « faite pour l’infinité »; de même l'instinct a beau être spécial et uniforme, c’est-à-dire ne provoquer que des actes spéciaux et toujours les mêmes, l’animal fait preuve d’une certaine souplesse et d’une certaine initiative en adaplant sa conduite aux circonslances, el l’on sail que presque tous les animaux sont éducables.
Les expressions nombreuses où entre le mot instinct (de conservation, d’imitalion) s'expliquent d’elles-mêmes.
INSTRUMENT. Moyen d’action.
On appelle quelquefois cause instrumentale, non pas une véritable cause, mais une condition indispensable pour agir, la plume pour l'écrivain, le pinceau pour le
INTE
peintre. La main, a-t-on dit, est l’organe des organes ou l’instrument des instruments.
INTÉGRATION. Action qui compose et constitue le tout. Le progrès, dit Spencer, est une intégration continue (V. Évolution).
INTELLECT. Ce mot s'emploie comme synonyme d'intelligence.
On dit quelquefois l’intellect passif, l’intellect actif : ces expressions, qui viennent d’Aristote, désignentla connaissance sensible, recue passivement par le moyen des sens, par la réceptivité, et la connaissance organisée par le moyen des principes de la raison qui lui donne la forme scientifique ou philosophique.
INTELLECTUALISME. Un système est dit intellectualiste quand il affirme la prédominance et la prééminence du penser sur le sentir et le vouloir. Ainsi le système de Hégel qui fait tout sortir de l’idée est un intellectualisme ou, mieux encore, un panlogisme.
Par opposition, on désigne quelquefois par les mots éthélisme, moralisme, les systèmes qui donnent la prééminence à la volonté et qui cherchent le dernier mot de l’explication de l'univers, non dans la pensée, mais dans la moralité. Cependant c’est surtout le mot sensualisme qui s'oppose à intellectualisme.
AD rer
INTE
INTELLIGENCE ( intelligere, comprendre). L'intelligence est la faculté de connaître. Connaître, c’est former des idées, porter des jugements, faire des raisonnements.
A ceux qui soutiennent que rien n’est dans l'intelligence qui wait été d’abord dans les sens, Leibniz répondait : excepté l’intelligence elle-même, c’est-à-dire les idées innées et les principes rationnels.
On rapporte généralement à l'intelligence les facultés d’acquisition, de conservation et d’élaboration des idées : les premières sont la perception externe ou les sens, la perception interne ou la conscience, et la raison, faculté des principes; les deuxièmes sontla mémoire avec sa loi essentielle, l'association des idées et l'imagination sous ses deux formes, reproductrice et créatrice ; eafin l’élaboration des idées se fait par les opérations intellectuelles, l'attention, l'abstraction, la généralisation, le jugement et le raisonnement (V. ces mots).
INTELLIGIBILITÉ. On nomme principe d’universelle intelligibilité l'affirmation rationnelle que tout ce qui existe peut être ramené aux lois de l'intelligence, être compris, sinon par notre intelligence humaine, du moins par une intelligence supérieure et infinie.
INTELLIGIBLE. L’intelligible se
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distingue du sensible : le mondeintelligible est le monde des idées.
Le principe d’universelle intelligibilité se confond avec celui que Leibniz nommait principe de raison suffisante (rien n'existe qui n'ait sa raison suffisante d'exister) et qu'on peut formuler ainsi :
tout ce qui est réel est rationnel, c’est-à-dire peut être ramené aux lois de notre raison ou du moins d’une raison capable de tout embrasser.
INTENSITÉ. On nomme intensité le degré ou la quantité de la force ou de l’action. Grandeur intensive signifie grandeur dans l’ordre de la qualité. Grandeur extensive se dit au contraire de la grandeur dans l’ordre de la quantité : la grandeur d’une ligne est extensive, celle d’une sensation est intensive.
INTENTION. L'intention morale est le but poursuivi par l’agent moral, la fin qu'il a en vue et qui dirige son action. C’est l’intention morale et non le résultat de l'acte qui fait, selon Kant, la valeur morale de nos actions : il faut obéir à la loi par respect pour la loi et non pour un motif intéressé, par exemple la crainte ou l'intérêt.
Les scolastiques employaient le mot intention dans un sens très particulier : ils appelaient intention première l'idée directe et
omis VAE