VII
Habitude y tempérament, complezion; habitudo, Jacques de Clèves, s'il eust vescu, bien qu'il fiist de foible habitude^ si promettoit-ii beaucoup de soy, IV, 379.
1Î8 LEXIQUB.
., Habler^ parler; de l'espagnol hnàlar. Vkj trouve une fois dans les tablettes d'une très belle et honneste dame qui habloit un peu l'espagnol, IX, 747.
Hagard^ farouche, sauvage. Le feu roy, estant Monsieur, disoit qu'il n'avait veu femme si hagarde en sa perte et en sa douleur que celle-là, et que à la fin, il la faudroit abbattre pour la chaperonner, à mode des oiseaux hagardz, IX, 667.
Ettire^ maigre, pauvre, misérable. D'autres (historiographes), paouvres fatz et sotz, pensoient que leur histoire seroit manque et haire si elle n'estoit décorée et allongée d'une grand'crue et suite de motz, V, 118.
Eaire^ hère. (Le pape Léon X) les fit (les cardinaux dégradés) un jour venir et entrer à la veue et spectacle d'un chascun.... dans le consistoire, vestus de quelques meschantes robbes noires, comme pauvres haires et simples prebstres de village, I, 143. Cf. IX, 175. Voy. Eère.
Halhrené, Voy. AUehrené.
HaUainer^ respirer. On ne sçauroit dire autrement qu'il n'ayt esté (de Mons) l'un des plus hasardeux et des plus détermines soldatz de la France, et autant cherchant la fumée des harquebusades, et les alloit hallainer tousjours désarmé et en pourpoinct, V, 327. Voy. AUeiner.
Banté^ enté. Qui n'auroit de quoy à se battre, il ne faudroit que vous couper une jambe et la prendre par le bout et du costé de votre pied chaussé et haute dans vos patins ; on feroit rage de bien battre, IX, 324. Voy. Anté.
Haroi^ race. Il (G. de Tolède) ha tousjours bien faict en sa charge et partout où il s'est trouvé ; aussi estoit-il de très bon haras, II, 44.
Earauder^ arauder^ railler, tourmenter, crier haro sur quelqu'un. A la court ordinairement on a de coustume de faire la guerre aux jeunes gens à leur commancement de leur advènement, et les harceller et harauder, VI, 144. Si bien que vous les verriez (les vendangeurs napolitains) crier, hurler après eux (les passants), et les arauder sans eu espargner aucuns, IX, 527.
Earé^ labouré. D'autres (femmes) ont la chair d'oyson ou d'estoumeau plumé, harée, brodequinée, IX, 264.
Earpeur^ qui joue de la harpe. Clairons, trompettes, saquebu-
I£XIQUE. 119
derSy taboorinears, harpeun, joueurs de hauts bois, sonneurs de comète, II, 301.
Hary^ cri des âniers, Hz (les habitants d'Arras] reprësentarent un asne qui avoit un mors de bride tout à contre-rebours ; et l'un disoit : Et qui a mis mon mors ainsy (Montmorency)? L'autre qui yenoit après et qui touchoit i'asne, respondoit : Hary, Hary (Henri II), III, 346. Voy. sur ce cri une anecdote dans la 115* nouvelle de Sacchetti, citëe dans la Gazette des Beaux-Arts^ i^juin 1878, p. 506, note 1.
Hasard (se mettre au), s'exposer. Voy. Martel.
Eauguineur^ railleur, moqueur. Ceux de la ville d'Arras en Artois ont este de grands causeurs de tout temps, et les appelloiton haugùineurs et font des rencontres qu'on appelle des rébuz dArras^ III, 346. Voy. Ocquineur,
Hausser le temps y boire. Finalement l'empereur fut contrainct de laisser hausser le temps aux bons biberons, comm'ila avoient accoustumë, 1, 31.
Haui (gagner le), se sauver. A la bataille de Dreux fuirent avec plusieurs autres deux très grands capitaines.... et gaignarent le haut fort vOainement, II, 395.
HoëU (en), hautement. Voy. Emprès.
Haut à la main^ altier, arrogant. Il (Pescaire) estoit haut à la main et prompt à la vengeance, I, 229.
Hautainetté^ hauteur. Voyez queU'hautainett^ de courage et prësumption de soy, VI, 143.
Hautesscy ëlëvation. Par la richesse et purettë de l'or (du collier de ro. de Saint Michel) est remarquée leur hautesse (des chevaliers) et grandeur, V, 96.
Hère^ confus. Voy. Brac. Cf. Haire,
Hérédité^ héritage. Si j'avois envie de me rejeeter au lacz et r^empestrer dans les liens d'un second mariage. ••«, je prendrois plus tost un mari que non pas une hérédité, IX, 652. J Héronnier^ qui tient du héron. D'autres (femmes) les ont (les jambes) si gresles et menues et si héronnières, qu'on les prendroit plus tost pour des lleutes que pour cuisses et jambes, IX, 274.
Berpaille^ gueux, canaille. Les pots et marmites renversées, les potaiges et entrées de tables respandus, mangez et dévorez par an'infinité de herpaille, VI, 504.
Heure (d'), à temps. Un honneste gentilhomme, estant sorti de
i30 LEXIQUE.
sa place dont il estoit gouverneur pour aller à la guerre, au retour ne pouvant arriver d'heure en sa garnison, IX, 8.
Heurte^ choc, combat. (Galeazzo de Mantoue) luy fist veu (à la reine Jeanne) d'aller errant qui çà qui là parmy le monde et esprouver les faitcz chevaleureux à tous hasardz, à toutes heurtes et à toutes rencontres, VIII, 176. Voy. Hurt.
Heurter^ buter. On disoit que ce maréchal (Matignon) s'estoit si fort heurte aux commandemens du roy qu'il n'avoit rien tant en affection que de les exécuter, V, 173. Cf. Ahurter,
HUtorier^ représenter (en image). Mort de grand capitaine qui, certes, mérite d'estre historiée en une tapisserie, I, 318.
Hommenas^ imbécile. Parlons un peu des gentils cocus et qui sont bons compagnons. ••., débonnaires, traittables, fermans les yeux et bons hommenas, IX, 85. Dans le Dictionnaire provençal d'Honorat, hommenas est expliqué par : grand et vilain homme, ce qui n'est pas ici le sens. Homenaz est le nom que Rabelais a donné à l'évêque des Papimanes. (Voy. Pantagruel^ liv. IV, ch. xi.vm et suiv.
Hongre^ hongrois. Quand à Andréasse qu'elle (la reine Jeanne) fit mourir, on dict que c'estoit ung Hongre yvrongne très dangereux et malicieux, VIII, 154.
Honneur (premier), supériorité. Les Espaignolz.... qui d'euxmesmes ne se veulent jamais abbaisser et ont tousjours la vanterie et le premier honneur eo la bouche, IV, 176.
Honneur (se laisser aller à son), l'abandonner, avoir une mauvaise conduite. Voy. SoudardaïUe.
Horeloge^ horloge. Et que peut-il faire sans mouvement ? — Tout ainsi, dict la dame, qu'un horeloge qui n'est point monté, IX, 701. Brantôme écrit aiUeurs horologe ^
Horion, Voy. Orion,
Hors^ à l'abri. Ainsi qu'est le naturel des princes de dire tout, voire plus qu'il n'y a ; car ilz sont hors de combat, VI, 206.
Hors (de là en), en dehors de cela. De là en hors, au voyage de Lorraine, il (M. de Nemours) mena l'advant-garde avec M. de Montpensier, IV, 171.
Hortolan^ ortoUan^ jardinier; en espagnol hortelano^ en italien ortolano. Vient quelque bon œconome ou hortolan qui le vient appuyer (l'arbre), II, 363. Elle retint moitié du naturel du chien de l'ortollan, IX, 142.
LEXIQUE. 13i
Hosîière^ hAteUerie; en italien et en espagnol osteria. Gomme Ton donne à Paris bien souvent l'aumosne aux goeuz de Thostière, plus par leur importunité que de dëvotion, ny pour Tamour de Dieu, IX, 82.
Hourmeau, ormeau. L'on void des bois.... qui auroient beau à estre secz, vieux et taillez de longtemps, comme est l'hourmeau, le vergne et d'autres, ne brusient qu'à toutes les longueurs du monde, IX, 577. Cf. Oumeau.
Humeur (avoir de 1'), être un peu fou. Ce capitaine (Mazères) avoit este autresfoisen Piedmont fort renomme et détermine soldat, et si bizarre pourtant qu'on le tenoit pour avoir de llinmenr, IV, 264.
Humiliation (rendre T), rendre hommage, ses respects, faire sa soumission; dans le sens de l'espagnol humillacion. La plus part des plus gallans d'eux (des huguenotz] vindrent à La Rochelle rendre l'humiliation à Monsieur, frère du roy, lY, 325.
HurquCy barque. Estant son navire lourd et mauvais voyllier, car c'estoit une grosse hurque de Flandres, VI, 87.
Hurtj heurt, choc, coup. De mesmes les roys doivent faire de leurs vies ne les advanturer à tous hùrtz et occasions légères, II, 73. De son naturel, il (Bayard) aimoit mieux estre capitaine et soldat d'aventure et aller à toutes hurtes et adventures à la guerre^ II, 388.
Husse^ orhite. Il (Grillon) eut une grande harquebuzade au-dessns de l'husse de l'œil, V, 336. Dans le Dictionnaire provençal d'Honorat, je trouve ussas avec le sens de sourcils ; Roqnefort donne la forme eusse avec l'explication de : orbite de l'œU.
Hyménean^ d'hymen. Que je connois de filles de par le monde qui n'ont pas porte leur pucelage au lict hymënéan! IX, 92.
Hjrpochratiste^ disciple d'Hîppocrate. Avant que se réduire, il (Charles-Quint) avoit près de sa personne ce grand hypochratiste et anatomiste, voire fisionomiste (physiologiste}, Andrë Vesalius, 1,55.
Hjrraigne^ araignée. Ainsi que la dame prenoit à son coucher
sa chemise derrière le rideau de son lict...., se présenta sur ledict
rideau une grosse hyraigne si hydeuse que rien plus, VIII, i97.
Hyranielle, toile d'araignée. De peur que les hyraignes n'y
bastissent leurs hyrantelles, IX, 538. Voy. Hyraigne,
Idée^ image.
Pourtant Je reux en moy aToirU souTenance
De Yostre belle idée, et tousjours Thonorer, X, 84.
//, cela. Mais comment me suis-je perdu en cestedigresnon?.... Elle n'est point mauvaise puisqu'il est venu à propos, VII, 32.
//*, iir. Je croy que feu M. de Bussy voulut en cela un jour imiter Rolland, comme il'imitoit en sa vaillance, YI, 393.
IlSj eux. En ces temps les Turcz ny les jannissaires n'estoient si bien aguerrys ny armez, ilz s'estans fort peu encor appris et accoutumez aux harquebus, comm'ilz ont faict despuis, V, 227.
Imbécille^ débile. Le roy François II.... l'alloit voir (Suzanne de Bourbon) tous les jours en sa cbambre, laquelle n'en bougeoit pour son imbëcille vieillesse, V, 5.
Imbécillité^ faiblesse. J'ai donc si grande fiance à ce grand empereur (Gbarles-Quint) qu'il couvrira l'imbëcillité de ma plume par l'ofiàbrede ses hautes conquestes, I, 12.
Immodeste^ impudent, efifrontë ; dans le sens de l'italien immodesto. Quant au tableau de la prise de nostre roy, celuy-là ne fut si immodeste ny si scandaleux qu'un qui fut faict à Rome par l'ambassadeur d'Espagne, I, 70.
Impareil^ non pareil. Ast'heure vous ne m'en voyez plus (d'armes).... pour me croyre indigne de jamais n'en porter, puisqu'un tel impareil à moy m'a blessé et n'en puis avoir raison, IV, 17.
Impatient de^ qui ne peut supporter. (Le cardinal J. de Lorraine) s'approchant d'elle (de la duchesse de Savoie), elle, qui estoit la mesme arrogance du monde» luy présenta la main pour la baiser. M. le cardinal, impatient de cet affront, IX, 483.
ImpatroNiser^ rendre mattre, mettre en possession. Amprez avoir arraché des mains des Vénitiens, Florentins..,, le commerce de l'épicerie, (Charles-Quint) fist fermer boutique à tous ces raquedenares qui ratelloient tout l'or et l'argent de l'univers, pour en impatroniser l'empire bespaignol, I, 57, note.
Impériery commander, gouverner, régner ; en italien imperiare. Aussi que M. de Lautrec estoit trop haut à la main et qu'il vouloit impérier trop outrecuy dément, II, 39. L'empereur Rodolphe qui impérie aujourd'hui, I, 192.
Jmpériosiié^ domination, empire ; en italien impcriosità, La fenmie a pris telle impériosité sur luy (son mari), s'appuyant et
LEXIQUE. i33
se fortifiant sur ta pudicitë, qu'il faut que le mary passe par sa sentence, IX, 173.
Impertifiemmera^ déraisonnablement, mal à propos. Ilz luy (des magistrats à L'Hospital) respondirent si impertiuemment et avec un si grand estonnement, qu'ils ne faisoient que vaxiUer et ne sçavoient que dire, III, 307.
Impolluementy sans être pollue. Il faut estimer grandement ceste princesse (de Macëdoine) d'avoir este si belle et gardé sa viduitë jusques à son tombeau et révéré si invioUablement et impollument.... la foy aux mânes de son mary, IX, 631.
Importer^ emporter. La première conqueste (du Piémont] en estoit deue à M. le connestable et au forcement du pas de Suze, qui importa tout, III, 339.
Imposer^ alléguer, reprocher. Je sçay un gl^and et riche seigneur de France, qui fit longtemps plaider sa belle-sœur sur son dot, luy imposant sa vie estre un peu lubrique, IX, 590.
Imposition^ accusation. Bref, il (Ferez) ne manqua pas de fausses impositions et d'invantions en quantité, à quoy le roy (Philippe II) prenant pied.... faict donner la venue à la vie de Dom Juao, II, 131.
Impost (le contraire dedispost)^ impotent. U (Gordillon) eut les deux jambes emportées d'une canonnade.... Il demeura siestroppié et si impost qu'il ne peut (put) plus faire le mestier de la guerre, V, 415.
Impotence y impuissance. Nous avons veu.... une fort honneste et belle dame en Piedmont, nommée Mme de Montjouan..., laquelle endura l'espace de dix ans rinhabilité et impotence de son mari, VIII, 92.
. Impourveu (à 1'), à l'improviste. Antoine de Lève.... l'assaillit à Pimpourveu de telle façon par ses braves et vieux soldatz espagnol qu'ilz vous mirent toutes les trouppes.... en pièces, I, 294. (Voy. sur ce mot H. Estienne, p. 578.)
Impropérer^ reprocher; en espagnol improperar. Par quoy je me tays pour la brîefveté, et de peur aussi qu'on ne m'impropère que je suis trop grand faiseur de digressions, IX, 673.
Impudemment j hardiment. Au bout de deux jours qu'il (un iuyard de Dreux) retourna au leurre dans le camp, M. de Martigues, l'advisant aux piedz, luy dict impudeounent devant tout le monde : VoyUi de beaux et fort bons esprcHis, IV, 8.
Inadvertammenif ëtoordîment. Bâillon foat pris, ainsi qu'il couroît inadTertamment et imprudenunent.... pour chercher un chemin, II, 192.
Incapable^ indigne. (M. l'amiral) me faisoit cet honneiur de discourir avec moy bien que je ne fusse de son party et fusse encor jeune et fort incapable de ses secretz, IV, 300.
Inceste (être), être l'objet d'un inceste. Servilia n'avoyt pas le bruit d'avoyr este incestëe par ses propres frères, III, 39. Incident^ phrase incidente, digression. Voy. Navigage. Inclinaiiony inclinaison. Elle (Marie Stuart) luysoit tousjours si bien que de ses clairs rayons elle en faisoit part à sa terre (l'Ecosse) et à son peuple, qui avoit plus besoing de lumière que tout autre, pour, de son inclination, estre fort esloîgnë du grand soleil du ciel, VU, 409.
Incline à, portëe vers. (Diane de Poitiers) estoit fort dâ)onnaire, charitable et grande aumosnière envers les pauvres, fort dévote et incline à Dieu, III, 248.
IncolpeTj inculper. Par là l'arguant et incolpant de couardise, IX, 6.
Incompatible^ insociable. (M. de Guise) le tenoit (Monluc) trop bizarre et incompatible, et qu'il ne le falloit guières hanter qui le vouloit aymer, disoit-il, IV, 31 . Cf. Compatible.
Ineonsidération^ irréflexion, imprudence. Voy. Indiscrétion, Inconvénient j accident, malheur. (Le duc d'Enghien) fiit tué d'un coffre jette par une fenestre sur luy.... Aucuns disent que ce fut à poste, autres disent que ce fut inconvénient, III, 220. Les uns disoient que, quand il devoit arriver quelque grand désastre au royaume.... ou mort et inconvénient de ses parens..». que trois jours avant on l'oyoit crier (Melusine) d'un cry très aigre et efi&oyable par trois fois, V, 19.
Incrédule y incroyable. Le seigneur du Lude et trois ou quatre gentilshommes des siens qui estoient léans (au château de Brescia).... escrirent à ma dicte dame sa soeur.... la grande extrémité à laquelle ils furent réduicts ; qui est certes admirable et incrédule, II, 414. Cf. IV, 293.
Incuriosité^ négligence, insouciance ; en italien incuriosità. Madame de Bandan.... ne monstroit jamais ses cheveux, et coiffée plustost négligemment, monstrant pourtant avec son incuriosité une grande beauté, IX, 648.
IndUerétion^ ëtourderîe. Anebaut fat fort aussi estimé à Tenvitaillement de Thérouanne..,. et sans l'indisci^étion et l'inconsidération de la jeunesse de la court qui estoit avec luj^ tout alloit très bien, III, 208.
Indisposition^élaX maladif| infirmité; en espagnol indisposicion. Il (le duc d'Albe) alléga Anthoyne de Lève, mais que son indisposition Tavoit empesché d'estre si grand capitaine qu'il eust peu bien estre, I, 303. M. deMontluc,s'excusant sur son indisposition, remit toutes les forces entr'autres mains, et oncques puis ne se mesla de guerre, IV, 36. Cf. VII, 13. Voy. Disposition,
Indissoluble^ indissoluble. Le neu dqquel elle (Louise de Lorraine) fut liée en conjoinction avec luy (Henri III), a demeuré tousjours si ferme et indissolible, IX, 638.
Inesgal^ non pareil, supérieur. Il (Ramus) avoit un'grâce inesgale à tout autre qui secouroit davantage son éloquence, III, 286.
Inexpert^ inhabile. Il me semble qu'il faut que toutes choses ayent leurs motz propres; et qui n'en use bien se monstre fort inexpert en l'art, VI, 22.
Infamement^ honteusement ; en espagnol infamemente. Les Espagnolz qui luy reprochoient fà Henri U] infamement l'alliance qu'ilz (lui et son père) avoient micte avec sultan Soliman...., I, 167, note 3.
Infamie, chose vile, ignoble. Voy. Arzille.
Inganné, trompé ; de l'italien ingannato. Il (Antoine de Lève) le creut et y fust si beau et si bien inganné de ce bigu qu'il en mourut de despit, II, 228. Voy. sur ce mot H. Ëstienne, p. 578.
IngénieuXy ingénieur. Le voylà donc venu (l'Ouchaly), met son siège (devant La Goulette), se gouverne tousjours par l'advis de son homme ingénieux, tellement que...., II, 61.
Inhabilité^ incapacité, impuissance. Voy. Impotence^
Injuriant^ injurieux. Le roy lui (François P' à Lescun] sceut remonstrer très rigoureusement, avec parolles très aigres et injuriantes, III, 57.
Innobédience^ désobéissance; en italien inobbedienza. Et non qu'on pense que ce soit, par leur opinion, innobédience et peu de respect à Téglise, I, 173, note 1.
Innoble^ qui n'est pas de race noble. Un autre chevallier (du S. Esprit) esleu, point François, mais estranger, fort innoble, que )e nommerois pour un double, car il ne me sçaroit battre, V, 103.
136 LEXIQUB.
Irmoeêmmeni^ sans l'avoir mbnXé. Ainsy qu'on meschant homme.... m'eust faict empoisomier meachantement et înnooeinment mon abbë titulaire (de Brantôme)...., III, 116.
Innorme j ënorme; en italien inorme. Encor qu'elle (la rdne liouiae) en priast les hommes (de la punition de l'assassinat de son mari) et sur tous nostre roy qui doit justice sur ce ûdt innorme d'une personne sacrée, IX, 643.
Innumérahle^ innombrable. Ce vaillant Louys d'Ars, berruyer, duquel sans aller rechercher les innumërables vaillances qu'il a monstre en sa vie, II, 391.
Insassiettéf insatiabilitë ; en italien insatieià. Il fallut que les cardinaux, évesques, ambassadeurs et marchans donnassent encore de l'argent pour la paye des soldatz. Quelle insassiettë ! 1, 274.
Inscienty ignorant ; en italien insciente. Et trouva l'on qu'ilz (des Français qui avaient mange gras un jour maigre) estoient innocens et insciens de la feste, Y, 410.
Inspicer^ regarder, examiner* Le médecin l'ayant bien fixe* ment et doctement inspicëe (l'urine), il trouva...., IX, 182.
Insiinty inspiré. Après s'estre beaucoup peinez (les négociateurs) et consumez à Gercan plusieurs jours, sans y rien faire ny arrester, estans tous en deffaut et hors de queste, à mode de veneurs, elle (la duchesse de Lorraine) ou qu'elle fust instinte d'un esprit divin, ou poussée de quelque bon zelle chrestien, IX, 626.
Instituts^ institutes. Voy. Ure.
Instruiseur^ instructeur. Ce bon rompu Machiavel et bon instruiseur de la guerre en l'ayr, I, 144.
Instrumenis^ documents. Jusques à les envoyer (les savants) pérégriner aux régions estranges à ses dépens (de François I*'), comme ce grand voyageur Postel et autres, pour faire recherche des livres à nous incognus, et papiers et instrumens de l'antiquité, III, 94.
Intelligence^ connaissance. La jeunesse.... s'en alloit à la guerre et se faisoit valoir en quelques beaux exploictz, dont la cognoissance et l'intelligence en venoit au roy, III, 278.
Intelligence^ sens, signification. Ce mot est bon et porte en soy deux intelligences, car une barhecane est une espèce de fortification, et barba cana en espagnol signifie barbe blanche, VU, 169*
Intéresser^ offenser, blesser. La quinte-essence de ces vers....
nous lait entendre que ce gentilhomme, qui s'attitre du nom de Nécessité, pouvoit avoir intéressé l'honneur de ce brave cavailier, X, 114. Cf. Gaiiant(Uire du}.
Intérêts y prêts à intérêts. D'où diable sont-ilz donc riches de* venus de cent mille livres de rente, de cinquante, de trente, et tant d'or et d'argent qu'ilz ont aux intérêts? III, 75.
Intériner^ entériner. Voy. Guischet.
Intermédie, intermède ; en italien et en espagnol intermedio. Là tragi-comédie.... estoit accompagnée de force intermédies et faÎQtes qu'ils (qui) contentarent infiniment le roy, la reyne et toute leur court, III, 258.
Interpo^é^ supposé. La place (Landrecy) se rendit par une très honorable composition, circonvenu pourtant M. le comte (de Sancerre) par jone* lettre interposée qui le désespéroit de tout secours, III, 235.
IntradCy entrée, abord ; en italien intrata^ en espagnol entrada. Un jour il (Matignon) l'envoya quérir (Vaillac), pour venir au conseil, auquel il dist d'intrade et profitera à bon escient ces motz, V, 161. Cf. IX, 689.
Intrade^ revenu, rente; de l'italien intrata* Son évesché qui vaut cent à six vingtz mille ducatz d'intrade, I, 61.
Investir^ attaquer. Soudain qu'elles (les deux galères) se virent, elles s'accostarent et s'investirent, taschant chascune à se rendre maistresse de son ennemie, II, 116. Cf. IV, 151 ; IX, 408. Voy. Fogue^rancade,
Inviolammem^ inviolablement. M. le comte de Fiasque, seigneur.... de grande fidellité à la France qu'il a tousjours inviolamment gardée, IV, 158, note 3.
IrraisannahUy déraisonnable ; en espagnol irracionable. Hz (les Espagnolz capitulant dans Amiens) demandèrent après el saco de In pilia^ demande certes très irraisonnable et très impudente, et mesmes à un tel roy (Henri IV), VII, 157.
Irrccognoissabley méconnaissable. Ayant (Viteaux) laissé venir la barbe fort longue, si qu'il estoit irrecognoissable, VI, 331-332.
IslettCy petite île ; de l'espagnol isleta, J'ay veu le lieu où ce beau mystère fut faict et où ils (Rincon et Frégose) furent enterrez, en uneislettesurleTezin, 1,207. Cf. VI, 357. Voy. Isolète,
IsolèiCy petite tie ; de l'italien isoletta, J'ay veu le lieu et la place où ilz (Rincon et Frégose) furent massacrez et enterrez, qui est
une petite isolète près de Pavie, I, 206, note. Yoy. Islette et
Jssolat^ îlot. Ilz (les Espagnols) mirent en grand destroict la ville d'Alger...., par le moyen d'un fort qu'ik firent.... en ung issolat tout devant la ville, Y, 316. Yoy. IsUue et Isolette.
Jà^ interjection qui iç> peut se rendre par ah ! Et ce que j'en dis des uns et des autres, tant du vieux temps que du moderne, et de leur abus, ce n'est pas de tous, jà Dieu ne plaise I III, 110.
Jaçoit quCj bien que. Je puis seulement asseurer que jaçoit que les armes ayent esté prises par quatre ou cinq fois, j'ay tousjours conseille et persuadé la paix, III, 320. — Nicod écrit : jà soit. Yoy. Jà.
Jacter (se), se glorifier avec jactance ; de l'espagnol jactar. J'ay ouy parler d'aucuns, lesquels se sont 'ainsi jactez et vantei d'avoir donné ainsi ces grâces de vie, qui n'en méritoient si grand los, YI, 376.
Jalet^ petit caillou rond, galet, projectile d'arbalète. Elle (Catherine de Médids) aymoit aussi fort à tirer de l'harbaleste à jalet et en iiroit fort bien, YII, 346.
Japer^ aboiement. Par mon japer, j'ay chassé les larrons, et pour me tenir muet, j'ay accueilly les amants, IX, 528.
Jordrin^ jardin. Ce fut au vice-roy à se sauver pai: la porte de derrière, de jardrins en jardrins, I, 233.
Jargoimer^ babiUer, discourir. Ainsi ay-je veu jargonner plusieurs de nos dames sur ce poinct, lY, 81.
/q^er, jais. J'estois avec luy (Bussy) lorsqu'il qu^^lla M. de Sainct-Fal à Paris.... Ce fut sur un manchon de broderie de jayet où il y avoit des XX, YI, 182.
Jean (faire), terme du. jeu de trictrac, IX, 231.
JeUemeni^ jet. Yoy. Tirer,
Jeu (souffrir en), supporter la plaisanterie. Malaisément il (le comte de Brissac) soufiroit en jeu, quand on le vouloit picquer ou par trop agasser, YI, 144.
Jeunementy en un âge jeune. Son gallant fut puny de mort par la justice pour avoir eu affaire à eue en un aage si tendron et l'avoir faicte porter si jeunement, IX, 578.
Jeunesse^ folie de jeunesse. Je devrois estre retiré ches moy à prier Dieu de mes offances et jeunesses passées, Y, 48.
LEXIQtTE. 139
Jolet^ cochet. Et se fait aussi plus grand massacre. •• de ces joletz et petits cocqs qu'en Fhyver des grands cocqs, IX, 222.yoy. Jaubert, Glossaire de la France centrale^ art. jaulet,
Jolfy à parler^ beau parleur. Les (écrivains) modernes qui veulent faire des pindariseurs et des joUys à parler, Y, 3iS,
Jofy (en), terme de marine, en panne; de l'italien giolito. Et tenant ses gallères en bataille et en joly, et asses loin, il (le grand prieur) envoya dans un esquif...., IX, 364.
Joncher^ renverser, jeter. Pour le ruer jus, c'est-à-*dire pour le rendre corps sans âme, pour l'envoyer au royaume des taupes, pour Testendre et joncher sur le carreau froid et roide, X, 118.
Jonchu^ herbeux. On dit : chemin jonchu, etc...., sont fort propres pour chevaucher, IX, 266.
Jour^ dernier jour. L'on disoit qu'il faisoit cela (La Vauguyon) ezprez pour se faire tuer, voyant ses jours approcher, les estimant mieux et plus honnorablement là achevez que dans son lict, V, 179.
Jour (sur), au jour, pendant le jour. J'ay ouy parler d'une autre dame qui, tant qu'elle couchoit sur jour avec son amy, elle couvroit son visage d'un beau mouchoir blanc, X, 346 •
Jours (sur ses), à la fin de ses jours. Voy. Délices.
Jowanet^ jomeneij tout jeune, jeunet; en italien gioçaneiio. Il (Pescaire) l'espousa (Vittorià Golonna) qu'elle n'avoit que trois ans et luy aussi foit jouvanet, 1, 197. Il (Tavannes) fut despeschë avec M. d'Àumalle et M. de Guize, qui estoit lors fort jouvenet, pour empescher M. le Prince de joindre ses reistres à Mouzzon, V, 115. Cf. Jovanone.
Jouxte que^ joint à cela que.... haletant (un chien) et tirant un pied de langue entre les jambes de son maistre, jouxte que c'estoit en esté, il mourut, X, 110.
Jamnotte^ jeunette; en iSaS^tVi gioinuietta; en espagnol /ope/t^/a. Aussi estoit-elle fort (trop) jovanotte pour estre grasse, IX, 262. Cf. Jouvanet.
Judicier^ judicieux. Sur quoy, j'ay veu beaucoup de personnes judicières s'estonner comment force gentils hommes en France se mirent du costé de la ligue, III, 115.
Jugé^ condamné. Junon..., de despit d'avoir esté jugée, rendit le paouvre juge (Tyrésias) aveugle et luy osta la veue, IX, 571.
Juger^ être jagë. En matière d'Estat et d'attentat, la pensée juge autant que l'effect. Y, 263.
Juillet^ julep ; en italien giidebbo. Avec plus de cérëmonies que ne faict un malade qui se prépare par des bolus et juillets pour prendre la grande médecine, III, 392.
fument (se rendre la], se rendre la pareille. Si les François leur (aux Espagnols) reprochoient Sanjac, ilz nous reprochoient Conis...| et ainsy ilz se rendoient la jument, IV, 68.
furéj conjuré, associé. Qu'est la chose impossible à une douzaine de compaignons braves, vaillans, résoluz et jurez? YI, 178. Voy. Paré.
Jurement j action de jurer, de prêter serment. Force dames et seigneurs qui estoient là tous conviez pour la soUempnité du jurement de la paix, II, 264.
Jus (ruer), jeter à bas, renverser. Voy. Joncher et Ruer,
Jusneur^Jusneresse^ jeûneur, jeûneuse. Un curé de Sainct-Eustache, en son sermon, blasmant un jour les jusneurs et jusneresses de la court et de Paris, Y, 152.
Jusqdà Ihy jusque là. Yoy. Soudardaille.
Juste^ adroit, qui tire juste. Il (un soldat) tiroît d'une fort bonne grâce et estoit très juste harquebuzier. Y, 344. Cf. YI, 134.
Justice^ gibet, échafaud. Yoy. Paouvrett^.
Jufticiabiey pratiquant la justice. (Le mareschal de Gié) aiant récusé aucunes courtz de parlement, il eut celui de Toulouse...., aussi que ceste cour de longtemps a esté fort justiciable et point corrompue^ YII, 311.
Labeur^ labourage, labour. Yous verrez de jeunes gens sortir des villages, de la labeur, des boutiques, des escoles..... Y, 367.
Labié ^ lèvre. Il prit une espée.... et luy perça les deux cuisses et les deux labiés de sa nature.... Les Latins les nomment tdae et les François labiés, lèvres, lendrons, landilles et autres mots, IX, 278.
Labile^ caduc ; en italien labile. Il faut excuser ma mémoyre labile qui ne peut se souvenir de tout, IX, 538, note 2.
Lahouré^ travaillé, élaboré. C'est ung très grand dommage.. •• de quoy ce livre que j'ay dit, fait et labouré de la main de ce grand empereur, nous est caché, I, 64, note 2.
Lairer^ laisser. Amprès avoir parlé à eux et sceu leurs noms, il
(un ermite) venoit rapporter aux tenans pour sçavoir s'fl les lairroit entrer, V, 277.
Laisser aller à (se). Yoy. Honneur,
Lamponner^ brocarder. Yoy. Chiquenauder»
Lançadey jet de la lance. Yoy. Deffendre.
Lancepassade^ anspessade, bas officier d'infanterie. Aussi les appelloit-on (les soldats) payez reliez et lancepassades, Y, 371. L'un estoit caporal et l'autre Tancepassade, ibid.^ 70.
Landille^ lèvre. Yoy. Labié.
Langoitreux^ qui traîne en longueur (Mme de Bourdeille) ne priant jamais Dieu de luy donner vie ny santë, mais patience en son mal et surtout qu'il luy envoyast une mort douce et point aspre et langoureuse, IX, 459.
Langorrant^ languissant. Il y a force grandz qui sont grands landores et langoyrans, tant mal bastys et adroictz que c'est pitië, lY, i62.
tangue (avoir), être informe. M. d'Espan eut langue comme cinquante soldats estoient partis de ^etz, YII, 289.
Languir y rendre languissant, affaiblir. En un estât très misérable de sa maladie (de Charles IX), qui le tourmentait et le languifisoit peu à peu, Y, 267.
Lard (manger le), être coupable. Yoy. Accroire.
Lardasse^ blessure (comme des coups de lardoire). Et (il s'agit d'un chien) au sortir de ce combat, sortant du bois tout ensanglante, après avoir receu plusieurs lardasses des deffenses d'un sanglier, X, 109.
Largue^ large. Il (La Garde) garda et empescha bien' l'entrée du port, et aussi quand le secours de M. de Montgommery y vint, qui ne peut entrer et fut contrainct de se mettre au largue, lY, 147.
Larmoyer quelqu*un^ \é pleurer. Le lendemain on trouva ces deux belles moitiés et créatures, exposées estendues sur le pavé devant la porte de la maison, tontes mortes et froides, à la veue de tous les passans qui les larmoyoient et plaignoient de leur misérable estât, IX, 16.
Larronner^ voler. Il (Goise) à son voyage d'Italie fit pendre deux soldatz, l'un pour avoir larronné une seule pièce de lard, et l'autre pour quelqu'autre chose légère, Y, 379.
Lassure^ entrelacement. Le collier -de cet ordre (de Saint- Michel).... estoit Cadet de coquilles entrelassées l'une à l'autre
d'un double lacz.... La devise 8igiiifi(nt...y par la double laflsure d'icelles ensemble^ leur invincible^et indissoluble union (des chevaliers), V, 96.
Léans^ dedans. Voylà le corps qui repose' lëans du plus brave et vaillant prince et capitaine qui fût jamais^ I, 283.
X^a/, loyal; en italien légale. M. de Sypière, son gouverneur (de Charles IX).,.. estoit.... tout légal, franc, ouvert et du cœur et de la bouche, Y, 254.
Légat^ legs. Voy. Enderier^
Lendrofij lèvre. Voy. Labié.
Lenmatin, Voy. Enmatin,
Lentitudej lenteur; en espagnol /^/trî/ui/. (Le cardinal de Guise) avec sa lentitude et songearde façon avoit d'aussi bons advis et donnoit d'aussi bons conseilz qu'aucun qui fîist parmy les affaires et conseils du roy, IV, 279.
Lettres, Yci^. Fcweur.
Lettrier^ lutrin. Le roy Charles.... (à la messe) se levoit bien souvant et s'en alloit, à l'imitation du feu roy Henry son père qui en faisoit de mesmes, au lettrier avec ses chantres, V, 284-285.
Leur. Ce pronom, comme l'italien loro^ est fort souvent invariable dans les auteurs du xvi* siècle et même encore dans Malherbe.
Leurre (retourner au), terme de fauconnerie, revenir au lieu d'où l'on est parti. Au bout de deux jours qu'il (un fuyard de Dreux) retourna au leurre, dans le camp, IV, 8.
Lavement^ levëe. Bien servist le secours et lèvement du siège (de Fontarabie) que donna et fist M. de la Pallice, II, 414.
Lever^ enlever. Deux desdites dames (de Saint-Riquier) levèrent deux enseignes des mains des ennemis et les tirèrent de la muraille dans la ville, IX, 421.
Lever ^ faire lever. Un aussi beau traict qu'il fit (le marquis del ^ Gouast), dont on le loue fort, quand il leva le siège de Nyce sur M. d'Anguyen et Barberousse, I, 202.
Lever (se), s'en aller. L'empereur s'en leva de là (de Metz) fort à regret et grand crève-cœur, IV, 192.
Librairie^ bibliothèque. Louis XP disoit d'un prâat de son royaume, qui avoit une très belle librairie et ne la voyoit jamais, qu'il ressembloit un bossu qui avoit une belle grosse bosse sur son dos et ne la voyoit pas, II, 242.
Licencier^ autoriser; en italien Ucenziare; en espagnol Ueerh*
LBXIQUE. 143
tiar. Antsi qae ladicte doctrine (de Lntfaer) Hcendoit assez gentiment les personnes, et mesmes les ecclésiastiques, au mariage, IX, 680.
Uégéj garni de liège. Ces petits patins et escarpins sont pour les grandes et hautes femmes, non pour les courtaudes et nabottes qui ont leurs grands chevaux de patins liégez de deux pieds, IX, 312. .
LieUj place, rang. Et après les pairs (les paladins) marchoient les premiers et tenoient grand lieu, X, 65. Du temps duroy sainct Louys, tenant la cour des pairs, la contesse de Flandres est renommée présente et tenant lieu entre les pairs, YIII, 52.
Linceul ^ drap de lit, drap à couvrir le lit. Voy. Rezeur. Cf. IX, 115.
Lire^ professer, enseigner. M. de Sainct-Suplice,.., advant, avoit leu les Institutz à Poictiers,V, 382. — Dans les Contes étEutrapel^ (f^ ^^i*^) ^^ trouve ce passage qui ne permet pas de doute sur le sens de ce mot : « Eguinaire Baron, grand et notable enseigneur de Loix, s'il en fut onc, lisoit en l'université de Bourges avec une telle majesté, dignité et doctrine, etc. » (On sait que les professeurs du Collège Royal portaient le titre de lecteurs. )
Livrance^ action de livrer; en espagnol libranza. Ce qui fut cause en partie de la livrance de la bataille [de Ravenne], VI, 226. Cf. Idçrement,
Livrée^ cadeaux en habillements faits à l'occasion d'une fête ou d'une cérémonie, et par extension la f%te elle-même. En telles festes.... le roy et les reynes leur donnoient (aux dames) de grandes livrées, les unes plus gentilles que les autres, VU, 398. La nuict estant venue, que tout le monde estoit las et endormy, M. de Salvoyson qui ne dormoit pas voulut avoir part de sa livrée, VII, 108.
Uinrement^ action de livrer. Hz assemblèrent quelques grandes forces qui furent cause du livrement de la balitaille de Philippes, où luy (Brutus) se tua misérablement, VII, 251.
Livrer^ délivrer; en italien livrare. Le prince d'Orange,.., après une longue prison, fut livré par son roy et remis en tous ses biens, II, 176.
Locataires^ gens qui louent leur service, gens à gages. Mesmes qu'on a veu qu'ils (les spadassins) se louoient comme vallets et serviteurs de bouticque ou autres, et s'alloient présenter à ceux
i(b4 LEXIQUB.
qu'ils sentoient ayoir querelle; et vivoient de cela comme locataires à ce métier, VI, 388. Cf. Sentir.
Loge^ logis, logement. Ça esté le premier (Alviane) qui.... a esté inventeur des grandes courvëes et cavalcades de guerre, pour aller de bien loing rechercher son ennemy dans son camp et ses loges, II, 197.
Loisir, Voy. Loysir,
LongCy longue. Un gentilhomme portant la barbe longe, X, 113.
Longue (tirer de), se diriger. JTay ouy dire à plusieurs gallants hommes et veu jurer qu'ils n'espouseroyent jamais fille ou femme qui auroit passé le Port-de-Pille, pour tirer de longue vers la France, IX, 183. Cf. IV, 86. Voy. Aposté.
Longueurs du monde (à toutes), le plus longuement du monde, Voy. Bourmeau.
Lot^ mesure équivalant à environ deux pots de Paris. Voy. Piot.
Louventin^ qui est atteint de l'espèce d'ulcère appelé loup. Celles (les femmes) qui ont les jambes louventines et autres fluxions et marques, IX, 276.
Louvière^ manteau on fourrure de peau de loup. Ayant (le grand prieur) combattu ce jour (à Dreux) très vaillamment et s'y estant par trop eschauffé..., et son page escarté ne l'ayant peu trouver pour luy donner sa louvière, IV, 156.
Lojsir (être à), avoir du temps à perdre. Aucuns.... pourront me blasmer que j'estois bien à loysir quand j'escrivois cecy, II, 268. Cf. VIII, 21. — Oudin rend la locution sh^us estes bien de vostre loisir^ par : vous ne faites pas bien, vous ne devriez pas faire ce que vous faites.
Luctueusement^ avec grand deuil. (Mme de Montpensier.... pleura son mary luctueusement, IX, 645.
Luctueux^ plein de deuil; en espagnol luetuoso. Ce roy (François I**) fut enterré..., avecqu'une pompe funèbre autant exquise que jamais de roy ait estée faicte..., et autant luctueuse et triste, m, 173. Cf. II, 304.
Luitte^ lutte. De là vint le proverbe qui a longten^s couru à la court et en France..., qui se disoit quand quelqu'un fîiyoit la luitte, VU, 84.
LytestCy ornement de tête(?) A ses femmes (Marie Stuart) leur partagea ce qui luy pouvolt encor rester de bagues, de carquans, de lytestes et accoustremeûs, VII, 428.
LEXIQUB. 14S
Magasin de quelque chose (faire son), se l'approprier. On répnta lors à grand blasme.... à Cl^pâtre, laquelle.... alla ainsy monstrer et estendre toutes ses richesses et grands thrésors à Caesar...; aussy que Caesar avoit l'ame trop noble et glorieuse pour tendre à si vile entreprise d'avarice et en faire son magasin, X, 25.
Magnianty maniable, dresse. Le roy luy-mesme lui (au grand ëcuyer de l'empereur) fit voir tous ses grands chevaux...., les voyans si beaux et si bien magnians qu'il s'estonna, III, 275.
Méugnier^ manier. Le comte la maignant par la poincte et le bout (l'épée de François I*') dist qu'il n'en avoit jamais veu une meilleure ny plus tranchante, YI, 47i. Cf. Manier,
Maigrelin^ maigrelet, mince, svelte. Il estoit beau et agrëable de visage et d'une joHie, gentille et maigrelline taille, VII, 90.
Maillé^ ëmaillé. Au lieu de testes de mort qu'elles (les veuves) portoient...., au lieu de larmes> ou de jayet ou d'or maille, IX, 659.
MaiUotter^ frapper à coup de maillet. Pour la fin, en dernier martyre, il (l'assassin du prince d'Orange] fut roue et maillottë, dont il ne mourut point, car on ne luy avoit donne que sur les bras et jambes, II, 174.
Mainy coup, effort. Lorsque ce grand sultan SoUman vint, pour sa dernière main...., mettre le siège devant Signet, I, 90.
Main (départir de la), dëgaîner, agir. Une fort belle et grande dame...., estant fort sujette aux médisances, quitta un serviteur fort favory qu'elle avoit, le voyant mol à départir de la main, IX, 401.
Main (prompt de la), violent, querelleur. Voy, EsnUlabreux.
Main (tenir la), aider. Tout cela fust esté bon.... si.... il (le duc de Savoie) n'eust tenu la main avec le marquis d'Ayamont.... au mareschal de Bellegarde de s'emparer du marquisat de Saluées, II, 147.
Main gauchêre, VoJ. Gauchère.
Main en main (de), à la file, l'un après l'autre; c'est la locution italienne di mono in mono* Et au retour du fort, les hommes (les Siennois) à part, et les dames aussi rangées en bataille... allèrent l'un après l'autre, de main en main, saluer l'image de la vierge Marie, IX,414.
Mains (mener les), combattre, guerroyer. (Les Italiens £sent menar le mani^ jouer des couteaux.) Non pourtant qu'il y menast
gi somrant ny si longuement les mains comme contre les Franç(»s, I, 20. Et, Dien sçait, îU n'auront pas mené la main de Tespée plus qu'un pionnier^ Y, 329.
Mains (meneur de), combattant. MM. de Caumont.... estoient dé la religion et à couvert, sans porter autrement les armes..., et qu'on regardoit de mauvais œil plus tost que les meneurs de mains, IV, 27.
Maintenir^ soutenir, défendre. Il y eust M. de Gharry qui ne se peut tenir et dist : Monsieur, je suis icy pour maintenir M. de Montluc, IV, 28. Cf. VIII, 36.
Mms (il ne leur en chaut], il ne leur importe guère. Et ne leur en chaut mais en quelle façon, ou en honneur, ou en dëshonneurj ilz (les princes et les grands] parviennent à leurs fins, VII, 279.
Mais que^ pourvu que. Si M. de Bourbon prophétisa un peu devant sa mort qu'il ne s'en soucyoît point, mais qu'il demeurast immortel de mémoire, I, 288. Cf. X, 56, 57.
Mais qui il en aity malgré qu'Q en ai^. Ainsi qu'il y a des gens, mais qu'ilz en ayent, ilz souffrent tout, V, 168.
Mais qiiil soit^ quoiqu'il en soit. Bien souvent void-on les couards et pusillanimes y parvenir (aux honneurs) ; mais qu'il soit, telle marchandise ne paroist point sur eux comme quand elle est sur les vaillants, IX, 403*
Maisné^ puîné. Marguerite, maisnée seur de la reyne Jeanne, VIII, 165.
Maistre de quelque chose (être), y exceller. U (Gersay) disoit et rencontroit des mieux, mais surtout quand il médisoit, dont il en estoit le maistre, IX^ 485.
Maistre-escole^ écolâtre. Il (Saint-Gouard) estoit dédié à l'esglise et longtemps a-il porté le nom et le titre de maistre-escole de Xainctes, VI, 171.
Maistriser^ conquérir. Pour revanche, il (Lesdiguières) aruyné* la Savoye, il a maistrisé et a donné jusqu'en Piedmont, V, 186.
Mal (A de). Voy. Ademal.
Mal (être très), se trouver mal de quelque chose. Voy. Escamper.
Malaise^ mauvais traitement. Il (Montpensier) mourut de tristesse^ autres disent de poison, autres de sa mort naturelle qu'il advança des malaises qu'il reçut après le traité d'Atelle, mal accomply, V, 2.
LEXIQUB. 147
Maldire^ méfire. lyatitres qui, espris de beDe jalousie.*.., maldisent de ceux qa'eUes (les dames) ayment le plus et qu'euxmesmes ayment tant qu'ilz ne les yoyent pas à demy. Ydlà l'un des grands effets de la jalousie, IX, 500.
Maidire^ médisance. Je voudrois volontiers de bon coeur que plusieurs langues de nostre France se fussent corrigées de ces maldires, IX, 525.
Male^ malle^ mauvaise. Là dessus vous voyez fort bien escrite et re[Nrësentë6 la fortune bonne et maie dndict Alexandre, X, 19. Cf. IV, 265,
Maliier^ cheval on mulet qui porte la malle. M. le mareschal (Strozzî).... envoya quërir vingt chevaux de poste, mandant à Brusquet qu'il les luy envoyast bons.... et surtout trois bons malliers, II, 248.
Mallotreux^ misérable. Tay veu un homme qui estoit alors avec M. de La Noue. Il les vit (Bouillon et La Marck) arriver avec cinq cens chevaux seulement à Genève, bien mallotreux, du reste de leur naufrage, VU, 291.
Maltalientj mécontentement, mauvais vouloir. Par quoy (A. Doria) rongeant doucement son maltallent, son despit et sa rage, IV, 125. Cf. VI, 122.
MalzfaictZf méfaits» Vous portez vostre croix selon vos malzfaictz, V) 106.
MameUus^ Mamelucks. Il (Mercœur) en fut empoisonné ; qui fust un grand dommage pour toute la chrestienté, luy servant de vray rempart contre les Mamellus et Mahommétans, V, 194.
Mandil^ mandille, espèce de casaque. Et la fit beau voir à tout leurs beaux mandils neufs de vellours jaune, IV, 383.
Manier^ remuer. J'ay ouy. parler d'un grand qui prenoit plaisir de voir ainsi sa femme nue ou habillée, et la fouetter de daquades^ et la voir manier de son corps, IX, 286. Cf. Maignier.
Manière que (à), à mesure que. C'est qu'à manière que les troupes qui avoient passé le ruysseau, elles prenoient place de battaille, V, 43.
Manieur JarmeSy qui pratique le métier des armes. Voy. f7lanner.
Manifeste^ divulgation. Si à tous il (l'amour) ne se peut dire pour le moins que le manifeste s'en face ou par monstres ou par faveurs, ou de livrées et couleurs, IX, 501 .
Manifester^ rendre public. Ce n'estoit pas pourtant la faute de César, car il falloit nëcessairement qu'il manifestât ce brevet (un billet de Servilia) ; autrement il y alloit de la vie, IX, 507.
Manople^ menotte ; en italien manopola^ et en espagnol manopla signifient gant de fer. Il (le marquis del Gouast) avoit fait faire pourtant deux charretées de manoples, I, 203, note 3. Voy* Man<3tte,
Manotte^ menotte. On dict qu'il (le marquis del Gouast) avcnt faict faire deux charrettes toutes pleines de manottes, I, 204.
Manque^ affaibli, défectueux; en espagnol et en italien maneo. Puis après ils (les déserteurs) faillirent bien à la bataille de Ravanne, et l'armée en resta fort manque et faible, III, 164. D'autres (historiographes] paouvres fatz et sotz pensoient que leur histoire seroit manque et haire, si elle n'estoit décorée et allongée d'une grand'crue et suite de mots, YII, 118. Cf. Haire,
Manquer^ cesser d'être. Mays cecy manque aujourduy; car par la valeur et sagesse.... de nostre roy (Henri IV) jamays la France ne fust plus fleurissante, ny pacifique, ny mieux réglée, VIII, 83.
Mantelline^ petit manteau; en espagnol mantellina, Yoy. Plu- Fnar.
Marché (empirer le), aggraver la situation. Ceux de la relligion eurent grand tort de faire telles menaces.... car ils en empirarent le marché du pauvre M. l'admirai et luy en procurarent la mort, VII, 363.
Marché (vin de), vin que l'on boit en concluant un marché. Brusquet alla prier M. le mareschal (Strozzi) d'accord, et qu'ils fissent au moins trefves de ces jeux nuisans.... Et pour ce, pour en boire vin de marché, il le pria de vouloir venir un jour prendre son disner chez luy, II, 249.
Mareschaussée^ dignité de maréchal, maréchalat. M. de Brissac eut son gouvernement et sa maréchaussée (du prince de Melfe), II, 238.
Maret^ marais. Au Garillan de mesmes, parmy ces maretz et palus, nos chevaux furent deffaictz, IV, 207.
Marette^ agitation de la mer ; en italien maretta; en espagnol mareta, J'ay cogneu un seigneur de par le monde qui estant sur la mer avec une très grande dame.... et d'autant que ses femmes
estoyent malades de la marette, et par ce très mal disposées pour la servir, IX, 310.
Mar fondre f morfondre. Le pis est de ces roys, après qu'ils ont chasse ces mignons gros et gras, ils en reprennent d'antres affamez, nuds et marfondus, lesquels de nouveau S faut engraisser, vestir et emplumer, III, 155. Cf. YIII, 97-98.
Marguerite (à la franche), franchement. (Voy. Oudin, p. 235.) Il treuvera que Dieu a favorise ma cause, estant allé desmesler ceste fusée armé d'innocence, y estant allé à la franche Marguerite, X, 118.
Marine^ bord de la mer, rivage. Estant une grosse escarmouche attaquée par une grand'saillie que firent ceux de la ville (Alger) sur les Espaignolz le long de la marine, II, 43.
MarmiteuXy dolent. Voy. Estomach,
Marquetéy tacheté. Voy. Tarrotté,
MarqueUéy qui est fait en marqueterie. Le maistre artîller, qui est celuy qui se mesle de faire des arballestes, des traitz et des flesches, que j'ay veu faictes et eslabourées d'eux très gentiment et proprement marquettées, V, 301.
Marquisac^ marquisat. Voy. Pracquerie,
Marquisote^ petite marquise. Les duchesses grandes et petites, les marquises et marquisotes, les comtesses et contines, IX, 354.
Marrant (de l'espagnol marrano^ pourceau, maudit), terme d'injure adressé particulièrement aux descendants des Maures ou des juifs. Faut-il qu'à l'appétit d'un marrane opiniâtre nous nous faisions ainsi tuer à coups de canon? I, 150.
MarrinCy nuiyrrine^ marraine. La reyne de Navarre Marguerite, sa tante et sa marrine, V, 74.
Marrisson^ doléance, regret. Aucuns disoient que ce marrisson ressembloit à celuy de Cxsar quand il vit la teste de Pompée, dont il s'en mit à pleurer, VI, 121.
Marteau (frapper au), heurter à la porte. Voy, Frapper.
Martel j tourment, inquiétude. Ils (les amants) portent (supportent) desmartelSy dés capriches, se mettent au hasard, IX, 186. Voy. Temporiser,
L'expression martel en tête était nouvelle du temps de Henri Estienne. <c Je me suis souvenu, fait-il dire à Geltophile, que nos ancestres disoient martel pour marteau.,., et toutesfois quand ces
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messieurs les courtisans disent martel in teste ^ ils ne prenn^t pas ce martel du vieil langage, mais le syncopent de l'italien marteUo^ »
Marielié^ qui a martel en tête. En quoy tek escrocqueurs et esGornifleurs sont grandement à blasmer d'aller ainsi allambiquer et tirer toute la substance de ces pauvres diablesses martellées et encapriciëeSy X^ 107.
Mascher^ broyer. Voy. IX, 263.
Mastiner^ gourmander, maltraiter. Voy. Complexiormé,
MathurinesquCj de fou. Ceux qui luy sembloient de plus gaye et mathurinesque humeur, Y, 153. (Saint Madiurin ëtait le patron des fous. De là l'expression : faire un voyage à Saint'Mathurin^ pour dire être atteint de folie) • Il luy demanda^ par manière d'injure, si elle avoit jamais faict de voyage à Saint«Mathunn, IX^ 115.
Matin (Y en) y le lendemain matin. Voy. Enmatin.
Matois^ enfant de la matte, filou, rusé. (Strozzi) emmena avec luy un matois serrurier, si un et habile à crochetter serrures qu'il n'en fut jamais un tel, II, 245. Voy. Meute,
Motte (enfant de la), filou. U (Charles IX) voulut un jour sçavoir les dexteritez et finesses des couppeurs de bources et enfants de la Matte en leurs larcins, Y, 278.
Maugréy malgré. Que c'est que de se £adre aymer de son contraire, maugrë son naturel ! IX, 376*
Mauçaistiéj méchanceté, perfidie. Comm'ainsy soit que la nature des traistres se délecte plus en trahison qu'en foy et vertu, nous devons combattre afin de vaincre mauvaistié, II, 316.
Mécanique (vie), vie d'artisan, de gens de métier. N'estoientilz pas braves.... ces gens de bien de soldatz de vivre et mourir en soldatz.... non pas faire la vie mécanique que M. de La Noue ordonne, Y, 383.
Médeciner^ soigner. Un médecin qui venoit plus tost voir sa maistresse (la maistresse de Ronsard) soir et matin, pour luy taster.... son sein...* et son beau bras que pour la médeciner de la fiebvre qu'elle avoit, IX, 569.
Meffaire^ commettre un méfait. On me fera de mesmes que l'on fait bien souvent à de pauvres diables que Ton pend pour tenir compagnie seulement à leurs compagnons, encor qu'ik n'aient rien mefiaict, III, 363.
Meffjr^ méfiance. Le duc deBrunswic ne s'y achemina (en Italie),
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à cause d'un niefi^^ qae l'empereiur prîst de lay, qu'il ne peut prétendre au royaume de Naples, III, 203*
MegrelUn. Voj. Mai^tlin^
MeiUiorer^ améliorer. Voy. IX, 541.
Mémorcuif^ qui a de la mémoire. Tout m'est pardonné pour m'estre bon et mémoratif escripvain, VI, 208.
Menacer à, menacer de. Depuis arriVarent les lettres du marquis (de Pescairé], là où il parle de ce Charles (de Launoy) comme j'ay dict cy^devant, et le menaçant au combat, I, 229.
Mené (mal), mal en point, mal habillé. Un soldat e^iaignol de moyen aage et de fort belle façon.. .., mais pourtant fort mal mené de sa personne et bien deschiré, VU, 54.
Mener^ pratiquer. N'ayant voulu (Soliman) mourir ailleurs qu'au mitan de Tezercice qu'il avait toujours aymé gt mène en sa vie, I, 92.
Mener heau^ mener rondement, mettre à la raison. Je Pay veue (Catherine de Mëdicis) parler aux courts de parlement, fût en public, fût en prive, et qui bien souvent les menoit beau, quand ils s'estravaguoient, ou faisoient trop des retenus et ne vouloient condescendre aux ëdicts faicts en son conseil prive, VU, 375.
Mener les armes^ combattre. Gomme certes de vr^^y elles (les Rochelloises) en firent de bons (services), jusques-là que les plus ▼irilles et robustes menoient les armes, IX, 420.
Mener les mains ^ meneur de mains. Noy, Mains*
Mener le festu par la bouche, Voy. Festu,
Menestrej potage ; en italien minestra. Voy. Vesarde.
Menigance^ manigance. Ils (les ambassadeurs de robe longue i Rome) s'amusoient à faire leurs affaires..., et soubs ceste menigance complaire si fort au pape et aux uns et aux autres que les aflidres du roy se laissoient en crouppe, III, 97.
Menton (tenir le), soutenir. Ce fut luy (le roi de Navarre) pourtant qui, premier, luy tint (à Alluye) le menton en cet amour et Ty encouragea, V, 75.
Menasaille^ menuzaille^ chose menue. Et de ces pastez ains composez de menusailles de ces petits cocqs et cids d'artichaux et trufles, IX, 222. Voy. Penaillerie.
Memuerie^ exiguitë. Voy. IX, 579.
Mercier^ remercier. Sentant qu'il s'en alloit, il (M. de Bure) se hasta dire à Diea à l'^vesque d'Arras et au comte d'Arenberg,
les merdant du vray o£Bce d'amy que tous deux luj avoient faict, I, 317.
Merxy de quelqtiun (avoir), lui faire grâce. La fortune fut encores si bonne pour le seigneur de Crëqui, qu'il abbat son ennemy et le tue, sans en avoir plus de mercy, VI, 358.
Mert^ que.,.. (Dieu), grâce à ce que.. ..Le marquis (dePescaire) se peust vanter, lorsqu'il mourut, de n'avoir jamais eu telle disgrâce, Dieu mercy qu'il ne vesquit point tant, I, 206.
Merque^ marque. (M. La Roche du Mayne) fut lieutenant de cent hommes d'armes de M. d'Alançon, grand'merque pour lors de sa suffisance et valeur, III, 404.
Mésadvenir^ survenir malheureusement. Le principal subject de leur institution (des chevaliers de la Table-Ronde) estoit.... de secourir les belles et honnestes dames en leurs afflictions, si aucunes leur mësadvenoient, X, 61.
Meschance^ infortune, mauvaise chance. Danser me faut par ma maie meschance, X^ 108.
Meschantement^ méchamment. Voy. Innocemment.
Meschoir^ arriver par malheur. Il mescheut à ce pauvre soldat de manger de la chair un jour prohibe, II, 60.
Mescognoùsanee^ manque de reconnaissance, ingratitude. Madame Jeanne de France luy servit (à Louis XII) bien fort aussi à sa liberté..., dont il en fut blasmé de mescognoissance, lorsqu'il la répudia, VIII, 102.
Mescognu^ méconnaissable. Le roy Ladislas.... choisit six gentilshommes.... et les vestit tous d'une sorte à sa propre devise..., tellement qu'ils estoient si bien mescognus que chascun d'eux ressembloit au roy, II, 306.
Mescrofont^ qui a une mauvaise croyance. Un mescroyant croira ce qu'il voudra mal croire, X, 74.
Meshuf^ aujourd'hui, maintenant. Meshuy estant fort sur l'aage, il (l'empereur Ferdinand) devoit.... quitter le monde et servir Dieu, I, 88. Il luy (François I*' à sa mère) manda.... comment il estoit si advancé que meshuy il ne s'en pouvoit desdire, III, 149. Voy. Retractation.
Meslé^ varié, mélangé (de couleur). Les festes de Bains estoient plus belles, plus plaisantes, plus meslées et plus généralles, X, 616. Il avoit la façon très belle et bonne...., venant sur l'aage
de soixante ans, toutteffois peu meslé pour son aage et son poil qu'il avoit noir, I, 282.
M ester (se), se jeter dans la mêlée. Ils (Pulfio et Varennus) se meslèrenty et firent si vaillamment, et se secoururent l'un et Tautre si bien que...., VI, 403.
Mesiier^ nefQier. Pour (armes) offencives ils avoient un bon gros bastoivde meslier, VI, 242. Cf. Pale-nuiUle.
Meslouer^hXSimtT» Sur ce ledit vënërable docteur Paris de Puteo se met à exalter cette généreuse reyne (Jeanne de Naples) pour ce beau trait, en déprimant et meslouant fort celuy que firent lesdits chanoines de Saint-Pierre de Rome, VI, 251.
Mesme (le), lui-même. Voy. Plorable,
Mesnage^ épargne. Respondu bien, certes, pour ceux qui veulent jouer leur jeu au plus seur, et au proffit du mesnage de l'honneur, VII, i09. Cf. III, 60, et Reffréné.
MesnagCy objet de ménage. Il (Strozzi) se résolut de tirer de ses coffres un bassin, esguière, coupe, escuelle, cuiller et autre tel petit mesnage d'argent qu'il avoit pour son usage, VI, 84, note 2.
MesnageTj administrer, avoir la disposition de. Et leur semble (aux veuves) que, quand elles sont hors de la domination de leurs marys, qu'elles sont en paradis ; car eUes ont leur douaire très beau et le mesnagent ; ont les affaires de la maison en maniement, IX, 706.
Mesnager^ aménager, traiter. Voy. IX, 541.
MesnageriCy choses, provisions de ménage. Et (les maris) estoyent si simples de penser qu'on ne leur osoit (à leurs femmes) entamer aucun propos d'amours, sinon que de mesnageries, de leurs jardinages, de leurs chasses et oyseaux, IX, 183. Vous eussiez veu les bonnes gens et femmes de village luy porter (à Romegas) des pouUetz, des fromages...., bref de ce qu'ilz avoien de leurs petites mesnageries et commoditez, V, 235.
Messel (livre), missel. Avant combattre, fut apporté le livre messel sur lequel prestèrent serment l'un et l'autre, VI, 241.
Mettable^ digne, convenable. M. de la Force.. •• esgal en biens à mondict oncle (La Chastaigneraie), mais inesgal certes en vaillance..., encor qu'il fust bien mettable gentilhomme^ IV, 29. MM. de Tenance et Beaulieu (lieutenants de galères) estoient fort mettables et bien choisys, ibid.y 158.
Mettre assus, Voy. Jssus et Sus.
Meurtrier^ de meurtre. Yoy. Confidant.
Meurtrir^ tuer. Il (le marquû del Gouast) ne luy devoit (à François I*') faire meurtrir misërabiement sur le Teûn ses ambassadeurs, I, 212.
Mextimer^ mésestimer^ dénigrer. Cestoit un vieux proverbe parmy nous, quand nous voulions mextimer un capitaine et homme de guerre, on disoit...., IV, 219.
Mezze partjre^ moitié ; de l'italien mezza parte. Il (La Valette) fut lieutenant de roy en une mezze partye delà Guienne, Y, 214.
Mieux^ le mieux. Yoy. PoinctiUes^ Tendrelei,
Mignon de couchette^ amant, favori. Pensez qu'aucuns de ceuxlà estoient de ses mignons de couchette (à Anne de Beaujeu), III, 410. — Malgré Oùdin qui explique cette locution par « mi jeune sot qui fait le beau », ie sens ne me paraît pas plus douteux ici que dans le passage suivant des Dialogues de Jacques Tahureau, (Rouen, 1583, p. ao] : « Et Dieu sçait la chère et vie qu'elles meinent en l'absence de leurs maris; rien n'y est espargné pour le traitement de leurs rufEens et mignons de couchette. »
MiUeur^ meilleur. Ce n'est pas milleur.... que ces grands cardinaux se meslent tant des affaires du monde, II, 365.
MUlice de Vespée^ maniement de l'épée, escrime. La Chapelle venant de frais d'Italie où il avoit apris du Patenostrier la millice de l'espée, VI, 356.
Mineuse^ qui fait des mines. Aucunes (dames) y en a qu'à les voir mineuses, piteuses, marmiteuses, froides, serrées et modestes en leurs paroles et en leurs habits, IX, 212.
Ministresse^ féminin de ministre. On pourroit à plein cognoistre..., combien bonne ministresse estoit ceste reyne (la reine de Ilongrie) des dessains.... de l'empereur son frère. Y, 35.
Minuitéj exiguïté. Yoy. IX, 579.
Mire^ visée. M* de Bouillon la rompit (la trêve) par quelques quatre ou cinq voilées de canon, dont ilz en voyoient un beau coup et belle mire, lY, 284.
Mire (se mettre en), se mettre aux aguets, à l'affût; (c'est la
locution espagnole estarà la mira,) Il y eut dedans (Pizzighitone)
trois harquebuziers très excellons qui s'estoient mis en mire der-
ière une cannonière fort secrette, pour faire chascun son coup,
YII, 65. Yoy. Cannonière.
Mitan^ milieu. Yoy. Mener,
Mixte (pour miste), joli, gentil. En cela il pouvoit avoir double plaisir; l'un pour cette jouissance si douce..., et le second, à la contempler souvent devant le monde en sa mixte^ cointe mine, froide et modeste, IX, 237.
Mochache^ petit garçon ; de l'espagnol mucJiacho. Voy. Fourcha.
Modelle^ forme.
Je ne croy pas cela; tous estiez par trop belle,
Quand tous estiez icy, pour obanger de modelie, X, 76.
Modestie y modération, réserve. Elle (Mme de Nevers] fut si sage et si fort commandant à soy que.... jamais n'en sonna mot à son mary ny à sa maistresse.... Voilà comme la modestie en telles choses y est fort nécessaire et très bonne, IX, 514-515.
Mœqttaniqueté (pour mécaniquetë], vilenie. Quelle mœquaniqœté, voire animositë et indigoité, de ne luy en avoir voulu achepter ung (drap) noir un peu plus digne d'elle (pour le corps de Marie Stuart), YII, 438.
Mologuer^ homologuer. Le testament (de Charles IX} fut incontinant porté à la court de parlement qui, après en avoir ouy la lecture, l'approuva et mologua, Y, 268-269.
MoncCj masse, amas. Ce qui est plus à remarquer en toutes sesbeilea filetions c'est qu'ilz (les Espagnols).... ne les ont ezploictées par des montaignes, grands monceaux et monces d'hommes, mais par de petites troupes, Vil, 14.
Mondain^ homme qui sait vivre, qui sait son monde. Dont il ne faut point douter que teUe dérision.... luy (à Jean-Sans-Peur) fit faire ce coup (l'assassinat du duc d'Orléans) en fort habile et sage mondain, IX, 474.
Mondaniser^ former, civiliser. Les vieux soldats les entreprenoient (les recrues) et les prenoient en main, les mondanisoient..., si bien qu'en peu de temps on ne les eust point recognus, Y, 318.
Mondanité^ vie du monde. Parmy la mondanité, il (le cardinal de Lorraine) avoit cela qu'en sa prospérité il estoit fort insolant et aveuglé, lY, 278.
Mondanité^ chose policée, politesse. Yoy. Barbarisme»
Moniale^ en basse latinité monialis^ moinesse, religieuse. Les gallans bien aises (les soldats de Bourbon à Rome) se mirent à dearober, tuer et violer femmes..., sans espargnerles sainctes reliques des temples, ny les vierges, ny les moniales, I, 272.
Monine^ guenon ; de l'italien mannina. Yous avec avec vous
le fol et bouffon de la Cause, qu'est le jeune des Pruneaux; et la petite monine de la Cause, qu'est Layardin, YI, 197.
Mormoyes (les), l'argent. Yoylà donc comme ces messieurs de Guyze sont estez les grands sangsues des monnoyes de la France! IV, 273,
Monopoler^ intriguer, cabaler, mam'gancer. Il (La Garde) alla, il vira, il trotta, il traicta, il monopola, et fit si bien et gaigna si bien le capitaine des janissaires.... qu'il parla au Grand-Seigneur comm'Û voulut, IV, 141. Un'autre entreprise lut aussi, par le moyen du chapitre gênerai des Cordelliers qui avoit esté mo. nopoIÛ et arrestë esprez en ceste ville (Metz), Y, 70.
Monstre^ montre. Voy. Manifeste.
Monstre dt armes ^ service militaire, exploit. Le seigneur Jehan- Jacques Trivulse fut un grand capitaine italien, toutes fois très bon françois, et qui fit de très grandes monstres d'armes pour le service de la France, II, 221.
Monstrer^ paraître. Yoy. Garconner (se).
Montée^ lieu élevé. Voy. Plain.
Morel (cheval), moreau. II (le duc de Guise) estoit lors monté sur son bon cheval morel, VII, 301 .
Morgue (tenir sa), faire le fier. Je le vis venir (Bellegarde) dans le carrosse du roy..., qui tenoit fbrt bien sa morgue à l'endroit de la reyne, de Monsieur, etc., V, 200.
Morné^ entouré, garni. Les autres portoyent.... les cornets et trompes momées d'or et d'argent, IX, 320.
Morney grave. René de Scidlle avoit, pour devise, pris deux bceufz lat>ourans la terre, avec ces motz : passo a passo^ comme voulant dire et inférer que pas à pas, et à pas mornes et lents, on parvenoit enfin à son œuvre et besoigne, IV, 260.
Morneuxy sévère, grave. (Nestor) assis comme une statue immobile donnoit ainsy ses advis et conseils, en la mode d'un morneux président, III, 336.
Mort (être blessé à la), être blessé grièvement (mais non pas mortellement). (Le capitaine Bourdeilie) s'en vint à la guerre d'Allemaigne.... où il fut blessé à la mort devant Cymay...., puis au siège de Metz blessé de trois grandes harquebuzades. II, 237. Il (Mansfeld) y fut blessé dans un bras à la mort, lequel il cuyda perdre, I, 308.
Mort (jugé à), jugé perdu, condamné. Il (le roi de Navarre)
LBXIQUE. 1S7
eat uae grand'harquebuzade dans Tespaule.... Aussi tost il fut juge à mort par les chirurgiens et médecins, IV, 367.
MortaUité^ tuerie, carnage. Le comte Petillano.... se retira un petit plus viste que le pas avec sa gendarmerie et cavallerie restée de la mortallitéy II, 191.
Morte^pajCj vieux soldat préposé à la garde des places. J'ay ouy conter à de vieux mortes-payes du château de Lusignan qui le gardoient (le prince d'Orange) que« ... n'y avoit muraille blanche au chasteau qu'il ne noircit de petitz escriteaux contre les Fran* çoiSy I, 244.
Motifs auteur. Ce qui arriva ceste fois mesmes au providadour Loredano qui avoit esté aussi motif, avec AlvianO| de l'attaque du combat, II, 194. Voy. Proposer.
Moucle^ moule (coquillage] ; de l'italien nmsciolo. Les capitaines et soldats vesquirent fort longtemps de coquilles et mondes que la mer.:., laissoit sur le sable, VI, 36.
Moumon^ moumoniy masque, momerie. Aux seconds troubles, le feu roy Charles envoya ung capitaine dans une place que je ne nommeray point de peur de descouvrir le moumont, IV, 12. Ce qui sert beaucoup aujourd'huy à nos vefves d'excuses et qui disent: sans qu'il est deffandude Dieu, elles se tueroient; et par ainsi couvrent leur moumon, IX, 666.
Moumon^ défi au jeu de dés porté par des masques auxquels il était défendu de parler. Voy. Estrange.
Mouricauty moricaud. Aussi monstroit-il (le portrait de le Peloux) une belle représentation d'un gallant homme, mouricaut pourtant, I, 98.
Mouscher^ courir comme court un cheval piqué parles mouches. Je vous asseure qu'ils (les chevaux de Brusquet) estoient bien légers en toutes façons, tant de la graisse dont ilz n'estoient guière chargez, que de la légéretté à bien courir et mouscher, II, 262. Mais cognots-je à aujourd'huy plusieurs grands capitaines. ... qu'on tenoit des Caesars, fuir aussi viste les dangers et mouscher, comme le moindre pionner des armées. Ibid.^ 394.
Moustache. On donnait anciennement ce nom à une grande mèche de cheveux qui pendait d'un côté de la figure; de là l'expression mousiaehe de la barbe quand on voulait parler de la bart)e qu'on laissait pousser sur la lèvre supérieure. Un jeune soldat espaignol estant interrogé comme, estant si jeune, il avoit
dëjà les moastaches de sa jeune barbe si grandes, Vil, 30. Voj« Rabelais, livre III, ch. xxx in pie.
Mouvant^ actif, remuant. Il (l'empereur Ferdinand) n'estoitpas si bouillant et mouvant comme l'empereur, I, 87. Pierre Strozze.... qui estoit un homme actif, violant, mouvant et brave, TV, 436.
Mouvoir (se), s'émouvoir. M. l'admirai et M. d'Andelot firent bonne mine; car, de leur naturel, ilz estoient si posez que malaisément se mouvoient-ilz, Y, 343.
Moyen de (au), par suite de. Yoy. Perdu de sens.
Mojenneur^ celui qui moyenne, entremetteur. Et puis (Saiot- Andrë) fîit l'un des principaux moyenneurs de la paix entre les deux roys, V, 36.
Mugueter^yn&er.^. de Salvoyson.... avoit.... gaigné quelques uns de ceste ville (Casai) qu'il avoit muguetëe et veillée de longtemps, IV, 107.
Mule (faire tenir la), faire attendre à la porte. Le dict chevallier (Breton) m'a conté qu'il a veu qu'elle (la rçine Elisabeth) ne faisait guières grand cas dudict prince (Casimir), et plusieurs fois luy a faict tenir la muUe, IV, 203.
Mulet de coffre^ mulet servant à porter les coffres. Il (F. de Bourdeille) se mit un jour sur les rangz (à un tournoi) et comparoist sur un de ses muletz de coffre^ et avecquea des sonnettes, X, 83.
Munition (chambre de la), chambre où étaient les munitions sur une galère. Yoy. Fougon.
Muré, mis entre quatre murs, emprisonné. Yoy. Cçyte,
Muscle, cuisse; de l'espagnol muslo, Dom Hugues y mourut, blessé d'une grande harquebuzade dans le bras, et d'un coup de fauconneau dans le muscle, après avoir combattu avec une rondelle en la main, I, 236.
Mussard^ musard, qui traîne en longueur. Le connestable de Castille, devant Fontarabie, lors de la dellivrance de messieurs les enfans de France...., foisant du mussart, ou plustost voulant se desdire sur la dicte dellivrance, YI, 460.
Mutination^ mutinerie. La belle obéissance qui luy (au duc de Guise) fut rendue d'une si grande principauté et noblesse, capitaines et soldatz sans la moindre mutination du monde, lY, 189. Yoy. Crouiler.
My-disner (au), au milieu du dfner. Je le vis (Poltrot) une fois
retàt au my-disnery que M, de Gayze luy demanda s'il avoit disnë, ly, 255.
Nacquetter^ naqueter^ mendier, flatter, rechercher. Estant une £6is (les bannis) envazzez et engagez parmy eux (les princes) n'en tiennent plus de conte, et s'en mocquent jusques à leur faire naquetter leur vie, I, 259. Le roy Henry, durant le roy François son père...., pour son royaulme, n'eust pas recherche, ny naquetë le cardinal de Toumon, ny l'admira] d'Annebaut, grands favorits du roy, VIII, 68. Voy. Aiguilleue.
Naction^ nation. Il leur faut pardonner (aux Espagnols) pour vouloir mal à nostre naction, VU, 125.
Nai^ naxj né. D'autres destracteurs y a-il qui sont si fort naiz et accoustumez à la médisance, IX, 501. Aussi à ce prince (Charles IX) tout seyoit bien, tant il estoit bien nay et nourry, I, kk.
Naïf^ naturel. Son chappeau ou bonnet couvert de plumes très belles et nalf^es, Y, 323. Vovlà les beautez du visage et du corps de ceste belle princesse (Marguerite de Valois), que^Mur asteure je puis représenter, comm' un bon paintre, au naïf, VIII, 24.
Naïf^ nature vivante. Si bien qu'à la veoir painte (Jeanne de Naples), le monde s'en rend ravy et amoureux de fta painture, comme j'en ay veu aucuns, et comme aussi autrefois ont estes aucuns de son naïf, VIII, 174.
Napée (nymphe), nymphe des vallées et des prairies, napaea. Et après vint Paies, la déesse des pasteurs, avec six nimphes na* pées, IX, 315. ^
Naqueter. Yoy. Nacqueter.
Tfarde^ nard. Voy. Festiné,
Noire ^ naitrcy malicieux, méchant. Ceux qui l'ont veu et cogneu (Don Carlos) disent qu'il estoit fort natre, estrange et qui avoit plusieurs humeurs bigarrées, II, i03. Et ce petit fol (Thony) estoit bien si nattre quelquesfois qu'il se plaignoit sans raison, a£Bn de faire foitter les galans, III, 342.
Natreté^ nattretté^ finesse, rouerie. Quelle nattretté et gloire vayne, aveq laquelle pourtant, pour sa bienvenue, don Helve de Sande le fist aussi tost pendre (un capitaine espagnol), I, 313.
Nau^ nauf^ nef, navire. Quand il (Beauheu) fut vers l'Archipelage, il rencontra une grand'nau vénitienne bien armée et bien
riche, IX, 463. Ayant ostë et jette de lear gros trois {grandes naufz qu'estoient de l'arrière-garde, II, 38.
Nave^ nef. Durant lacpelle (tourmente) vindrent passer à sa veue unze grandes naves bien armées en guerre, IV, 145.
Na»igage^ navigation. Sans aucun empeschement, nous arrivasmes au Petit-Lict, dont sur le navigage je feray ce petit incident : que le premier soir que nous feusmes embarquez...., VII, 417.
Naz^ naze^ nez. Nous ne le craignons (Montluc) guières plus en son tourë de naz, IV, 38. De donner encore et de plus une grande estaffilade sur la naze et le visage, disoient-ils (les Espagnols) n'estoit que bon pour servir de mémoire, VI, 377. Cf. VII, 24.
Négatifs qui nie ; dans le sens de l'espagnol negativo. J'en allëguerois une infinité d'exemples et de femmes, et de mariées et à marier, et de filles ainsin perjurantes et négatives, VIII, 98.
Négotier^ avoir affaire. Il (un seigneur) se plaignoit.... des filles et femmes avec lesquelles il avoit négotié, IX, 579.
NemmachiCy mot estropié, pour naumachie, La troisième belle chose aussi fut ceste belle nemmachie, ou combat des gallères tout à l'antique, III, 253.
Nesciemment^ par ignorance. Il (Bessarion) s'en va luy premièrement vers le duc (de Bourgogne), duquel aiant eu sa despesche, s'en alla après, fort nesciemment, trouver le roy (Louis XI) qui trouva fort estrange.... d'avoir abordé premier le vassal que le seigneur, II, 348.
Nettierj nettyer^ nettoyer, laver. Et si, pour rabiller leurs fautes et les nettier, ils (les fuyards) reprennent les armes, il faut qu'ilz y facent des miracles de valeur et de l'espée, II, 196. Cf. IV, 277, notel; VIII, 168.
Ifcu^ nœud. Voy. Indissolible.
NimphaU (à la), en nymphe. Sur la fin du festin comparut une dame, accompagnée de six nimphes oréades, vestues à l'antique, à la nimphale et mode de la vierge chasseresse, IX, 315. Voy. OEillade.
Nocter^ noter. En quoy nous nocterons aussi que le naturel de l'Espaignol est fort avare, et aymera mieux la bourse de son ennemy où il n'y aura que deux escus, ou une petite rançon, que de le tuer, VII, 59.
NombrcTy nommer; de l'espagnol nombrar. Sans les chercher ailleurs^ vous en trouverez (des exemples) en ce livre parmy ces capitaines que j'ay nombrez, IV, 6.
Nommément^ formellement, absolument. Et dirent (les chefs protestants] et se résolurent nommément de ne veoyr la reyne, ny traicter avec elle, que ladicte trefve ne fust descriëe^ VII, 35S. M. de Bayard assembla ses gens d'armes et les alloit charger (les lansquenetz) nommément et mettre tous en pièces, s'ils ne se fussent adoucis, III, 25. Cf. VI. 367.
NonchaUance^ négligence, oubli» Telles bontez pourtant sont fort à louer et telles nonchallances de vindites très à priser, IV, 369.
Nonpareily inégal, inférieur. Il estoit impossible qu'un si vaillant homme (1^ Chastaigneraie), et qui a voit les armes si bien en main, fust esté tué ainsi d'un sien nonpareil (c'est-à-dlire par un homme cpii ne lui était pas comparable), V, 83.
Nore^ bru; en italien nora. Et encor (Catherine de Médicis) pour son dot heut plus de deux cens mil escuz.... avecques.... les plus belles et plus grosses perles qu'on ait veu jamais..., que de&puis elle donna à la reyne d'Escosse, sa nore, VII, 339.
Notice^ connaissance ; dans le sens de Titalien notizia. Jamais querelle n'est entrevenue en sa cour, qu'estant venue en sa notice, qu'il (Henri III) ne la fist aussi tost accorder, VI, 386. Cf. VIII, 96. Voy. Entrevenir.
Nourri^ élevé. Voy. Nai.
Nourriture^ éducation. Que c'est d'une belle naissance et bonne nourriture! I, 30. Cf. V, 123.
Nouveau (de), nouvellement. Voy. Parrassier.
Nouveiletéy nouveauté. J'estois avec la reyne en Gascoigne^ et dirois voulontiers ce qu'elle m'en dist à moy indigne et comme réprouvant ceste nouvelleté, V, 105.
Nuisance^ dommage. Telles peintures et tableaux portent plus de nuisance à une âme fragile qu'on ne pense, IX, 50. Ces deux capitaines (Mouvans et Pierregourde), s'ilz eussent vescu, ik eussent bien porté nuisance à nostre party, V, 428.
Nuisant^ nuisible, dommageable. Voy. Marché (Vin de). Nunce^ nonce, nunzio, Tay usé de ce mot de nunce puisqu'il s'use aujourd'huy; mais j'ay veu à mon advènement à la court, que l'on n'en usoit, sinon d'ambassadeur du pape, IV, 294.
IM UBXIQUB.
Nyer^ noyer. Voycy Fenraqaes qui a este toasjours rude joueur, qui poussa du haut en bas ledict baron (de Montesquiou} dans TeaUy qui s'alloU nyer sans moy, IV, 348.
ObjieeTy obicer^ objecter; objicere. Mais ladite Apologie luy objice (à Charles^uint) que...., I, 168. Voylà ce qu'on en a plus voulu obicer à M. de Montpensier, de s'estre voulu ayder des huguenots, V^ 24.
Obruer^ engloutir, oAm^r^. Jupiter. ...envoyé soudain son foudre sur Tescueil qui, s'esclattant en deux partz, Tune demeure ferme, et l'autre, de la salvation d'Ajax (c'est-Â-dire où Âjax avait trouvé son salut), tumba dans l'eau et emporte l'homme et tous deux s'obruarent et sumergearent ainsi dans la mer. Vil, 43.
Obstant^ nonobstant. (Les Horaces et les Curiaoes) ressongeans après qu'il y alloit du sallut et service public, par paction iidcte, obstant toute considération, YI, 406.
Obstentation, ostentation. Encores qu'il n'en fîist rien, plusieurs le faisoient accroyre par obstentation et, pour ce^ en estre plus esdmez, IV, 121.
Occasion^ motif, sujet. Il (le duc d'Albe) alléga M. de Bourbon qu'il loua fort, s'il n'eust este traistre à son roy, bien qu'il en eust quelque occasion, I, 303.
OcquineuTy oguineur^ moqueur, railleur. Les Picardz, qui sont grands ocquineurs, mot propre à eux pour dire grandz causeurs, 1, 11. Nos farceurs et brocquardeurs françois, pour avoir revanche des mocqueurs et oguineurs...., firent ceste ryme, ïbid.^ 24. Cf. Hauguineur,
OEconomief administration des biens, de la fortune. Voy. Ca^ balle^ Économie.
Œil (faire laiguerre à 1'], la faire par soi-mtme. Ceux qui conseillent et remédient, non seullement aux maux qu'on void mais
aussi qu'on ne void point, sont fort à estimer Aussi dict-on
cpi*il faut faire la guerre à l'oeil, II, 72. ~- Oudin explique cette locution par a être présent à ses afiTaires, y prendre garde sans s'écarter. »
OEilUtde, coup d'oeil. Et ne fut sans raison qui inventa cette forme d'habiller à la nimphale ; car elle produit beaucoup de bons aspects et belles oeillades, IX, 323.
Offanrer^ attaquer, H (Strozzî) avoît un cabinet à part remply
LEXIQUK. ie3
de toutes sortes d'engins de guerre, de machines... , bref de toutes invantions de guerre pour ofiancer et se deffendre, 11^ 243. Voy. Offenser.
OffenseTyhlesser. Il (d'Aremberg) avoit.... une detfectuositë.... qu'estoit qu'il ne voyoit goutte d'un œil.... Il avoit été ainsi offensé d'un coup, II, 182. Voy. Offancer.
Offerte^ offrande. Le comte. .. . ayant oui sa messe, se recommandant à Dieu, et ses aumosnes et offertes distribuées, VI, 247.
Offusquer^ couvrir. Il (le cardinal Jean de Lorraine) avoit plusieurs grandes vertus et perfections qui offusquoyent cette petite imperfection, si imperfection se doit appeler faire l'amour, IX, 482.
OlimbrieuXy adjectif estropié d'olibrius^ dédaigneux, glorieux. Comme font celles qui sont chastes et riches, d'autant que cette-cy, chaste et riche du sien, fait de l'olimbrieuse, de l'altière, de la superbe et de l'audacieuse, à l'endroit de son mary, IX, 173.
0/iW, olivier. Aussi l'appelloit-on (lÉlisabeth de France).... la reyne de la paix et de la bonté^ et noz Françoys l'appellarent l'olive de paix, VIII, 6.
Ombrager (s'), prendre ombrage. Voilà encor un bon mary qui ne s'ombragea pas trop, et, se despouiUant de soubçon, pardonna ainsi à sa femme, IX, 289.
Opiné j prévu. Mort très heureuse certes, si l'on veut croire Caesar, que la moins opinée est la meilleure. V, i48. (Nous n'avons conservé que le négatif inopiné).
Opinier^ opiner. Et là, je le vis (le grand prieur) aussi bien opinier et bien dire que le meilleur pilotte qui fut jamais, FV, 156.
Opulant, fertile, fécond. Elle (Marguerite de Navarre) les sçavoit (les ambassadeurs) fort bien entretenir et contenter de beaux discours, comme elle y estoit fort opulante, et fort habille à tirer les vers du nez d'eux, VIII, 118.
Ordinaire^ habituel. La cour de nostre roy Henry IP et de nostre reyne estoit ordinaire, fiist en guerre, fust en paix, fust ou pour résider ou demeurer en un lieu pour quelcpies mois, VII, 379.
Ordonnances^ compagnie de gendarmes. Mon père aussy donna son premier cheval de guerre, pour aller aux ordonnances soubz M. de Montpezat...., à M. de Sainct-Martin de Lisle, X, 52.
Ordonner^ assigner. Voy. Brodure.
Ordre (mal en), mal vêtu, mal arrangé. Un pauvre vieux fauconnier, chassieu x , bossu, mal vestu, qui ne sçavoit approcher
de son maistre (M. de Bure) pour luy dire à Dieu...., pour estre mal en ordre, I, 316.
Oréade (nymphe), nymphe des montagnes; oreades. Voy. Nimphale.
Orée^ rivage, ara. Gomme dist un jour à son fils le père de Thëmistocles, le pourmenant le long d'un port et des orées de la mer, I, 136. Cf. VI, 472.
Oreille (défaut de T), surdité. Tant y a que, s'il estoit si bien disant (Gondé], il avoit le deSaut de Toreille, car il n'oyoit pas, IV, 354.
Orer^ parler, haranguer, dire des oraisons. Songes quelle rare chose c'estoit et admirable de voir cette belle et sçavante reyne (Marie Stuart) ainsy orer en latin, qu'elle entendoit et parloit fort bien, VII, 405. Certainement il n'estoit permis à nous autres femmes que de prier, orer, faire vœux et jusnes, IV, 450.
Ores^ tantôt. Ayant esté malade sept mois, ores bien en espoir de guérir, et ores en désespoir, IX, 459.
Orgueil^ pompe fastueuse. Je ne discourray point icy les bra- ' vades, les orgueils et magnificences qui furent faictes en toutes sortes (aux fêtes de Bins), ill, 259.
Orillier^ oreiller, Voy. Desrompu.
Orion^ horion. Et sur cet hda^ la supercherie s'y en alloit ausaitost, ou de meurtre, ou de quelque blessure ou orion sur la teste, VI, 389.
Ortolan^ orîcllan^ jardinier. Voy. HortoUm.
Ostf troupe. U (Guise) fit sa retraite, poussé par un gros ostde sept cornettes de reystres qui marchoient furieusement, VII, 298. Voy. Ou.
Ostentian^ démonstration; en italien ùstensione, en espagnol osiension. Le marquis de Pescayre.... n'eust pas faict le coup, car il estoit plus froid et retenu en ses ostentions, I, 209-210.
Oirqxj octroi. Hz (Henri II et le connétable) luy reprocharent (à Romero) qu'après avoir receu du roy François tant d'honneur en sa court, sur l'otroy du camp-clos qu'il luy avoit donné, VII, 83.
0/2, host, corps d'armée. Veoir quinze mille reistres en deux gros otz, cela monte à beaucoup et efiraye, IV, 206.
Oublieux, qui apporte l'oubli. Que c'est de la ferveur d'amour
d'aller se ressouvenir, en un passage stygien et oublieux, des plaisirs et fruictz amoureux! IX, 669.
Oumeau^ orme. Les deux roys (Philippe*Àuguste et Richard).... parlèrent ensemble en ce dict Guet-d' Amours, où il y avoit un grand oumeau entre lesdicts deux roys, VI, 458.
Oust^ août. Et y demeura tout le long de rhyver et Testé jusqu'à la fin d'oust, VI, 139. Cf. Just.
Outrée fatigue outre mesure, excède, rempK à l'excès. Pour quant aux autres chevaux que M. le mareschal (Strozzi) avoit, il (Brusquet) les mena jusques à Gompienne.... et demeurarent là outrez, II, 249. Despuis les plus petitz jusques aux [dus grands, les Turcs sont naturellement outrez d'avarice, II, 54.
Ouireciijrdéj plein d'outrecuidance. L'armëe de l'empereur..., glorieuse et outrecuydée d'avoir pris Sainct-Dizier à la barbe du roy dans le royaume, bravoit tant et menaçoit bientost aller loger dans Paris, VI, 13.
Outrecuydémeray avec outrecuidance, avec insolence. Il respondit (Montbrun à Henri III) si outrecuydément que cela luy cousta la vie, Y, 423.
Ouvert (à), ouvertement. Ilz (les soldats) en mangeront (de la chair, en carême) aussy bien deçà comme de là, et à ouvert et à cachette, I, 170.
Ouvertement^ à découvert, clairement. Il n'estoit pas possible au devin de mieux et plus à clair parler que cela, encor que de leur naturel, ou par l'inspiration de leur esprit familier, ils sont tousjours ambigus et doubteux; et ainsy ils parlent tousjours ambiguement, mais là il parla fort ouvertement, III, 283.
Ouvré y ouvert. Son chappeau de taffetas noir, couvert de forces plumes blanches et noires, et un mouchoir ouvré en la main, sans qu'il (Egmont marchant au supplice) eust les mains liées, II, 160.
Pache^ pacte, convention. Les Espaignols condictionnèrent le leur (leur camp) que j'ay dict cy-dessus contre les François, qu'ils limitèrent soubs tel pache : qui passeroit outre le camp demeureroit vaincu et prisonnier, VI, 317.
Pacifique^ qui est en paix. Voy. Pa^fique et Manquer.
Pacquet (plier), plier bagage, partir. Dès le lendemain il luy fit (Cossé à sa femme) plier son pacquet et vuyder, IV, 85.
Paciion^ pacte* Voy. Obsiant,
Paillard j drôle, coquin. Voy. Armé et Sacqitemens, Cf. PaUard,
Paille par le bee (passer la), duper, jouer. On passa la paille parle bec audict Montpezac... que tous ses compagnons eurent cet ordre (de S. Blichel) et luy point, I, 84. Cf. I, 247, Y, 214.
Painiure^ portrait peint. Voy. Naïf. \
Païsante^ paysanne. Une grande dame de Poictou demandant une fois à une palsante.... combien demarys ell'avoiteu...., elle faisant sa petite rëvërance à la pitaude, luy respondit de sang» froid, IX, 691.
PaistrCf repaître. Voy. Fillaude.
Paladin^ palatin. En luy (René d'Orange) faillit la race des paladins de Ghalon, I, 245.
Pale-maille^ parmaille^ jeu de mail; en italien palamaglioy en espagnol palamalio. S'il ne jouoit à la paume (Henri II), il jouoit à la balle à emporter, ou au ballon, ou au pale-maille, qu'il avoit fort bien en main, III, 277. Ils avoient un bon gros baston de meslier...., ce bois est fort dur ; aussi les bonnes boulles de parmaille se font à Naples de ce bois, VI, 242.
Pallardj paillard. Lucullus.... répudia sa femme Clodia,..; et espousa en secondes nopces Servilia....; mais il ne gagna gmères au change.... Elle estoit aussy pallarde et lubricque comme la première, III, 38-39. Cf. Paillard.
PalUf pelle. J'ay ouy dire que la place est très mal envitaillëe, non pas seulement pourveu de pâlies, de tranches, ny de hoUes pour remparer et remuer la terre, III, 392.
Palléey pelletëe. Il leur sembloit (aux gens de guerre) que le roy leur devoit donner l'or à pallées, IV, 224.
Pallestrine^ escrime (en iià^en palesira^ lutte). Je vous jure que je n'ay jamais veu fouetter homme comme ce La Rivière et les capitaines bravaches du Piémont le furent, de ce coup, de parolle, et comment de jeunes pages les avoient .estriUez, et que les autres avoient là oublié leur pallestrine piedmontoise, IV, 77.
Pallier. Voy. Palyer.
Pallis^ pallis. Voy. Paux.
PalluZy marais, bas^fonds. (Barberousse) sort de la place (Tunis), reffaict un second petit armement de quatorze gallères qu'il avoit caché et sauvé dans quelques petis recoings de palluz et canaux de là auprès, II, 68.
Palyer^ pallier^ feindre; en italien paUiare; en espagnol paliar, Mondict siear de Montmorency, sans palyer autrement, luy (au connétable de Castille) envoya incontinent M. de la Guyche.... luy dire qu'il advisast à luy tenir sa paroUe, VI, 460. M. l'admirai en fit une apologie..., là où plusieurs trouvoient de grandes apparences en ses excuses, qui (cpi'ils) disoient estre bonnes; d'autres les trouvoient fort palliées, lY, 253.
Pancartes^ papiers, actes. J'en fis le conte à mon frère M. de Bourdeille.... et le priay de fiiire adviser dans les vieux titres et pancartes du trésor de nostre maison ce qu'en pouvoit estre, V, 392.
Paouvre^ pauvre. Voy. Fillaude.
Paouvretté^ pauvreté. Tous les jours nous en voyons les expériences et exemples d'aucunes qui, pensans estre bien traictées de leurs hommes qu'elles avoient tirez aucuns de la justice et du gibet, de la paouvretté, de la chétifverie...., les battoient, rossoient, IX, 693'.
Papat^ papauté. U (Charles-Quint) vouloit rendre le papat héréditaire.... en la maison d'Autriche, I, S4.
Papaux^ papistes.
Maïs monsieur Tadmîral Est encore à cheTal ÀTec La Rochefoucaud Pour chasser tous ces papaux, papaux, papaux, IV, 356.
PapilioUe^ paillette. M. le marquis (de Pescaire) s'estoit accommodé d'un fort grand panache à sa sallade, si couvert de papillottes que rien plus, IV, 174.
Par, pour. Au dedans (d'un joyau) y avoit enchâssé du boys de la vraye croix, qui en retint les coups....; ce qui fut trouvé par un très grand miracle entre les gens de bien et de dévotion, III, 146. Voy. Gris.
Par^ à travers. Ayant esté blessé d'un'harquebuzade au-dessus du genoux par l'arçon de sa selle d'armes, I, 204.
Par delà (être), être au bout de. Aussi les villes se preuoient dans ce temps-là à coupz de bonnetz de nuict, comme l'on disoit, et estoient par delà le pain tout aussitost, et la faim les faisoit soudain rendre, VI, 225.
Par sur^ par dessus. Mais par sur tous (les âéments) le ciel et l'air qui ne firent autre chose que pleuvoir, l» 72.
Paradvant^ auparavant. Quelques quinze cens soldats espalgnolz peu paradvant s'estoient apiutinez, II, 184.
Pardonner^ refuser; dans le sens de l'espagnol perdonar. Il (Andelot) demeura aussi assiégé dans Orléans, là où il ne pardonnoit à aucune faction qu'il ne s'y trouvast, YI, 55.
Pardonrai^ pardonrois. Le futur et le conditionnel de donner sont donrai et donrois^ et des composés de ce verbe, comme pardonner, suivent la même forme. Pour l'envoyer (Don Carlos) en Flandre, il n'y seroit pas plus tost qu'il s'accorderoit avec les rebelles, les pardonroit et les accosteroit en quelque façon que ce fût pour se faire encor plus rebelle qu'eux, II, 102. Il me pardonra, s'il luy plaist, si je luy dis, I, 210.
Pareniellej parenté ; en italien pareniela. Ayant (le marquis dé Pescaire) mis la main à l'espée à demy, luy en voulut donner (à Prospero Colonha]....; à quoy il n'eust eu grand honneur, pour sa vieillesse (celle de Golonna), foiblesse et parentelle, I, 149.
Parer ^ tendre, présenter; en italien parare, Luy-mesme (Oieu) a voulu et dict que : quand on te touchera à une joue, pare l'autre pour en avoir de mesme, IV, 20.
Parer^ arranger, préparer. Hz (les Rochellois) nous respondirent que c'estoyent une bande de dames ainsi jurée, associée et ainsi parée pour le travail des fortifications, IX, 420.
Par fournir^ achever. Nostre petite reyne (Elisabeth).... se résolut de s'en aller parfoumir le reste de ses beaux jours avec l'empereur son père, IX, 601. Cf. X, 85.
Parlement^ négociation, pourparler (nous avons encore le verbe parlementer). Je luy vis dire à Blois, estant sur le parlement avec Monsieur, qu'elle ne supplioit rien tant Dieu que de luy envoler cette grâce de réunion (de Henri III et de son frère), VII, 360.
Parler (le), la mention. Deux petis chasteaux et bicoques en Périgord qui ne vallent pas le parler, II, 201.
Parmail, Voy. Pote-maille,
Paroistre (se faire), se montrer^ se découvrir. Voy. Empescher.
Parole h quelqiûun (demander une), lui demander une explication, une satisfaction. (Un chevalier du S. Esprit) allant en sa maison en poste, il fut rencontré de quelqu'un qui luy vouloit de-
mander une parole et le quereller, YI, 468. Cf. 2bid.^ 469, et Demander,
Parrossier^ aller, pour piller, de paroisse en paroisse. (Les soldats) usant de ce mot invantë de nouveau : il faut parrossier^ qui est d'aller de parroisse en parroisse^ et voysiner, à bon escient mais non à la bonne mode, Y, 38Q.
Part^ endroit. Ne faillez, aussitost la présente veue, de vous en aller en telle part...., à un tel jour, I, 109. (Ce mot n'est plus guère usité, avec ce sens, que dans les locutions quelque part^ attire part).
Part ott (là), en cet endroit où. Ils eschapparent bien sanglantz pourtant et couvertz de force playes, et se sauvarent là part ou estoit M. de Termes, lY, 49.
Part (faire la), faire tort dans un partage. Yoy, Ckiquenauder.
Partance^ départ. Yoy, Desrobade.
Partant (au), au partir. Au partant de ce siège (de Metz), ledit marquis (de Marignan) fut faict lieutenant général de l'empereur, I, 29S. (Peut-être faudrait-il lire an partant?)
Parte^ partie, en italien parte. Et ainsin qu'en disoient tous, il n'en tourna pas la quarte parte de ses gens en leur pays, I, 347.
Portement^ départ. Nous nous donnasmes la garde qu'au plus beau de nos belles résolutions et déterminé partement, lY, 298.
Parti y position, état. Puisque vous méritez justement le mauvais party auquel vous estes réduictz à présent, assurez-vous que vous avez affaire à des personnes qui le sçaront poursuivre jusques au vif et sentiment, lY, 202. Yoy. Party.
Partial, qui appartient à un parti, factieux. J'arrivay à la court fort troublé et esmeu d'un grand bruict de guerre, incontinant après le tumulte d'Amboise, qui ne fut pas tant de soy dangereux que pour le remuement des partiaux que (qui) bientost après s'ensuivit, III, 319.
Partialité^ dissension, rivalité; en espagnol parcialidad. Ceux de ceste maison (de Tolède) et ceux de Mandozze sont estez longtemps en querelles et guerres.... et ont bien faict mourir des hommes pour leur partialitez, H, 22, Cf. YI, 252. — Yoici un passage où ce mot me semble employé avec une autre acception que possède aussi l'espagnol parcialidad^ c'est-à-dire avec le sens de ligue, confédération : Les Gaulois qui ont faict leurs
guerres pljos par le grand nombre de gens et de leurs partialités cpie par leur grande valeur, I, 20.
Partie^ troupe ; de l'espagnol /^or/idlff. Quand il se faisoit quelques belles parties ou de cheval ou de pied, il en estoit tousjours (Nevers)..., et sa partie paressoit fort, IV^ 380.
Partir j sortir. Hz s'estoient trouvez en maintes rencontres et en estoient partis en leur honneur, VU, 303.
Part)r (prendre), trouver asile, refuge. Si du commancement il (Montluc) l'eust faict (eut chassé de Sienne les bouches inutiles)..., toutes ces bouches s'en fussent allées au loing, et eussent cherché et pris party sans aucun danger, IV, 56. Cf. Part,
PartXy partage. Quel humeur donc luy prit-il (à Labienus) d'abandonner et quicter Caesar, sur le poinct d'entrer en party avec luy de la grand' fortune qu'il eut après? V, 181.
Pas^ passage. Sortirent aucuns cavaliers et harquebuziers des mieux choisis à deffendre un certain pas d'un petit ruysseau, III, 261.
Pas (rompre le), changer d'avis. Ledict roy (Henri III) ne tint pas son arrest et résolution, car assez peu de temps aprez il rompit le pas et passa plus outre, Y, 105.
Pas (fermer le), s'arrêter. Voy. Fermer,
Pas que^ plus que. Pompée qui, par manière de dire, n'avoit pas que son espée et son cheval de guerre, X, 27.
Pasche^ pacte. Les Espaignolz disent que M. de Nemours tua le cheval de M. le marcpiis, et que, le pasche faict, M. de Nemours luy envoya aussi tost après le combat les cinq cens escus, IV, 175.
Pasquiné^ qui est l'objet de pasquins. Telles dames y a-il cpi'elles ne sçauroyent marcher ny broncher le moins du monde sur leur honneur.... que les voilà aussitost descriées, divulguées et pasquinées partout, IX, 515.
Pasquineur, faiseur de pasquins. La reine mère y tenoit fort la main pour soustenir ses dames et filles et le bien faire sentir à ces détracteurs et pasquineurs, IX, 484.
Passade^ argent donné à des soldats de passage pour continuer leur route, et par extension aumône. Il (Prémillac) s'advisa, avec quelques cinquante ou soixante compaignons qu'il avoit commandez en enseigne, d'aller à la porte de la grand' église (à Chambéry) demander la passade et Taumosne à leifrs altesses (de Savoie), lî, 142.
Passade^ passage. (Gondë) luy avoit mande (à ^eilleville) qu'il ne s'esmeust autrement de la passade. Y, 51.
Passager^ passeur; en ïtàJàiNi peusagiere. (Le vidame de Chartres] ayant fait mener quelques barques sur le grand chemin de Thëonville, et luy s'estant accommodé avec quelques autres en passager..., comme pauvre basteiller convioit ces pauvres soldatz espaignolz de passer la Moselle, VI, 118.
Passéger^ se promener; de ViXsUkea passeggiare (voy. H. Estienne, p. 12). Et venant à luy (un soldat espagnol à un Français) l'embrassa à la mode soldatesque ; et causèrent fort ensemble de nostre voyage en passégeant, VU, 85.
Passer^ subir, souffrir ; en espagnol pasar. Le duc de Florance et le marquis imposoient de trop dures condictions, si bien qu'ilz [les Siennois) les reffusarent; et Gomelio fit response qu'ilz creveroient tousplustost que de les passer, I, 298.
Passer pajs^ voyager. Il (Parisot) avoit résolu de venir trouver le pape, l'empereur, le roy de France et le roy d'Espaigne, et autres princes chrestiens, en passant pays. Y, 229.
Passer qneUpiun^ le faire passer. J'ai ouy dire.... cpie quand l'empereur Charles vint en France, on le passa par là (par Lusignan) pour la délectation de la chasse des dains, Y, 18»
Past^ repas; de l'italien /mm/o (voy. H. Estienne, p. 12). Je ne conte point la grand' despence qu'il faut faire pour entretenir ces espadassins et leur donner de bons pasts, YI, 388.
Pasyfque^ qui est en paix. Et par ainsi (Louis XII) vouloyt mourir roy pasyfique de ce costé d'Angleterre, II, 268, note 4. Cf. Manquer.
Paienostrière^ diseuse de patenôtres. Mais pourtant en ay-je vea force de ces dévottes et patenostrières mangeuses d'images et citadines ordinaires des églises, IX, 582. Cf. ibid.^ 465.
Patient^ qui sait supporter. Tant ilz (les Espaignolz) sont patiens de la fain, entre autres vertuz militaires, YII, 138. Plusieurs l'en excusèrent (d'Andelot) pour ne pouvoir estre patient des bravades et insoUances dudict Charry, Y, 344.
Pdtir^ supporter. Il luy (à Randan) seroit fort dur à pâtir les courvées de l'infanterie, YI, 28.
Paitante^ lettre patente. Leurs confesseurs, parrains et confidans leur en respondoient tout à faict (de la victoire)| comme si Dieu leur en eust donné une pattante, YI, 289.
Pauretix^ paoureux^ peureux. L'homme vaillant ne sçauroit faire ce traict, et son ame hardye ne le sçaroit permettre, ouy bien la poltronne et paureuse, IV, 20.
Paux^ pluriel de pal^ pieux. (La couronne) castrense ou vallaire, faicte aussi en manière de paux et pallis, estoit donn^ au premier qui entroit dans le camp des ennemis, Y, \ 00.
Favtsade^ en italien pavescua^ en espagnol pa^escida. Ce mot est ainsi expliqué dans Henri Estienne : « A propos de pavois, il me souvient du mot pavoisade pour lequel on prononce aussi pavigeade. Et ce mot est dict des deux rengs de pavois qui sont es deux costés de la galère, pour couvrir ceux qui rament (p. 307). » Voy. Extraponîin.
Pay^e réaile ^ soldat payé par le roi. Aussi les appelloit-on (certains soldats) payez réallez et lancepassades, VI, 371. Cf. f/itretenu.
Pccfs^ campagne, champs. Telles inconstances leur sont belles et permises (aux grandes dames), mais non aux autres dames communes, soit de court, soit de ville et soit de pays, VIII, 194. Voy. Passer.
Payserj courir le pays, voyager ; en italien paesare. Il y 'a eu des hommes qui estoient si conscientieux (scrupuleux) de n'espouser des filles et femmes qui eussent fort paysé et veu le monde tant soit peu, IX, 182.
Peine que (à), pourvu que. Il eust maintenu son dire qu'il luy avoit fait, à peine qu'on la visitasl, et qu'on ne la trouveroit point pucelle, IX, 488.
Peine de quelqu'un (se donner), s'en mettre en peine, s'en soucier. Par ces parolles, M. de Bourbon ne se donnoit pas beaucoup de peine des autres qui estoient là, ny ne les craignoit guières, III, 196.
Peiner, Voy. Pener.
Penailleriey penaillon, guenille. Ces messieurs les pastez estoient remplis de toutes vieilles penailleries de ses chevaux de poste (de Brusquet), les uns en petitz morceaux et menuzaiiles, les autres en grandes pièces en forme de venaison, II, 250.
Pener ^ peiner. Et voilà aussitost la trefve descriée et descousue, sans autrement se pener, VII, 355.
Pénitenciaif de pénitence. Ainsy devoît M. de Montgomery espier^ meurtre (de Henri II) par œuvre pénitenciales, III, 294.
LEXIQUE. in
Pennache^ panache. Voy. Spécialité,
Peno ou penony vergue. Voy. Arbre,
Pensement^ souci. Quand M. le grand maistre fut venu, il (So- Uman) lu)r fit dire en grec... qu'il n'eust pensement de rien et qu'il fist ses affaires à loisir. Y, 225.
Penser (se), penser en soi, se figurer. Voy. Poultre,
Penser^ panser. L'une des belles beautez.... que ce seigneur (Randan) avoit, estoit ses jambes qu'il avoit des plus belles, et par là le mal le saisit et les luy gasla, et le fit mourir, comme luy-mesmes le disoit ainsi qu'on le pensoit, VI, 33.
Per à per^ pair à pair. Tout ainsi que les Espaignob les assaillirent vaillamment, les François leur respondirent bravement; car ik alloient per à per, II, 186.
Perce^ pèche ; en italien persiea. Il y eut un paysan qui avoit apporte un plein pannier de percez très beaux, comme il y en a là force (à Gaëte), VI, 306.
Perdition^ perte. Il me souvient, comm'y estant, qu'après qu'il (Guise) eust veu jouer tout le jeu de perdition de la battaille (de Dreux) et le désordre et fîiitte des nostres, IV, 246.
Perdre^ exposer. Aussi despuis a-on dict que c'a esté le premier général de nos temps (Guise) qui a monstre le chemin à aucuns, qui sont venus puis après luy, d'en faire de mesmes et se perdre en pareilz périlz, IV, 239. Il n'y a rien si brave et si supe]4)e à voir qu'un gentil soldat..., soit qu'il marche à la teste d'une compaignie, soit qu'il se perde devant tous à un'escar» mouche, V, 367. Voy. Essuyer le baston.
Perdre (se), être éperdu. Voy. Assurer.
Perdre (se), s'égarer. Voy. Altère,
Perdrieur^ celui qui prend les perdrix au moyen d'un appeau. Toy. Austrucfùer.
Perdu de sens^ aliéné. Jehanne, au moyen d'une certaine mélancolie qui la prit emprès la mort de son mary le roy Philippe (de Gastille) devint perdue de son sens et entendement, I, 126.
Perdu^ éperdu. Elle (Marguerite de Valois) leur parut (aux ambassadeurs polonais) si belle.... avecques si grande majesté et grâce que tous demeurarent perdus d'une telle beauté, VIII, 26. Voy. Baster.
Perdurable^ qui doit durer longtemps. On voyoit quelque apparance d'une paix assez perdurable en Flandres, V, 347.
Pérégriner, voyager. Gomme Ton vist après qu'il (François !•') eut ërigë ces doctes proffesseurs royaux, lesquels il fut très curieux de rechercher par toute l'Europe.... jusques à les envoyer për^griner aux régions estranges à ses despens, III, 94.
Pérentoire^ përemptoire. Il y avoit avec nous un grand philosophe médecin qui confirma son dire, et dist que la raison naturelle y estoît toute përenfoire, III, 318.
Période^ terme, fin. Et là (à la bataille de Renty aussi fut son période (à Charles-Quint), I, 25.
Perjurer^ se parjurer. Voy. Négatif.
Perrucque^ chevelure. Les uns portoient cheveux aucunement noirs, autres blçnds, si que Caesar mesme advoua n'avoir veu de telles ny si belles perrucques en la Germanie, X, 24.
Persiarij persien^ persan. Il avoit aussi (S. André) deux tapis velus tous d'or, persians, qui estoient hors de prix, V, 31. Entre toutes les femmes d'Orient les Persiennes ont le los et le prix d'estre les plus belles, IX, 290.
Perspective^ vue, aspect. Voy. Vision.
Perspective de quelqu^un (en la), de manière à le voir. Durant la malladie du roy son seigneur et mary (Charles IX), luy gissant en son lict, et le venant visiter, soudain elle (Elisabeth) s'assîoit auprès de luy.... un peu à l'escart et en sa perspective, IX, 596.
Persuadeur^ qui persuade, conseiller. Tels persuadeurs en avoient esté cause, comme les prescheurs de la publication de ce concile, III, 312.
Perturlfer^ troubler. Je ne veux point parler des morts, car l'offence seroit trop grande de les perturber en leur repos par une mesdisance, II, 394. Cf. VIII, 66.
Pertuzane^ pertuisane. Voy. Rançon,
Pessêre, pessaire. Voy. IX, 203.
Pesenteur^ chose pesante. Tout ainsi qu'une coullonne est ferme, stable, et sur laquelle on peut assoir ou l'on assoit quelque grande pesenteur, et Tappuye-on fermement, V, 298.
Pestilencieux^ pestilentiel. Le malheur fut qu'avant l'accomplissement (de son mariage) une fiebvre pestilencieuse la saisit (une grande dame) à Paris si contagieusement qu'elle luy causa la mort, IX, 668.
Pestilentialy funeste. Que pour un conseil pestilential de Dom Pedro de Navarre, qui traictoit les choses pav tardivetté, ces
beaux.... chevaux du pape et des Espagnols furent rompus par la iiireur de Tartillerie françoise, I, 154.
Pestrinalliery porteur de petrinal (yoy.ce mot). Bien qu'il (Maurevel) fîist accompaigné ordinairement de six à sept assassins comme luy, tous pestrinailiers, Y, 247.
Pétrarquiseurj poète à la façon de Pétrarque. Que pleust à Dieu fttsse-je ung bon pétrarquiseur, pour bien l'exalter, scelon mon désir, ceste Élisabet de France 1 VIII, 16.
Petrinal^ espèce d'arquebuse courte et de gros calibre. U (Mouy) fut tellement blessé d'un petrinal à travers le corps qu'il en mourut, V, 247. Cf. Pestrinallier.
Peu (un), peu de temps. Après il [Gaston de Foix) tourne toutes ses forces contre les Vénitiens, et delà à un peu...., il rompt en chemin et met en pièces le secours desdicts Vénitiens, III, 11.
Peu^ pu. Ainsy qu'est le naturel des dames qui ont faict une fois profession de l'amour et peu sentir la jouissance, III, 244.
Peur tout entière^ peur qui est suivie du mal (suivant Oudin). Hz lui respondirent (les archers qui gardoient Mazères prisonnier) : « Quand nous en serions-là, si vous fairions-nous la moytié de la c peur. 3» Mais il leur répliqua en son cap-derDiou : « Ouy, je « vous en fairois l'autre moytié ; mais ces bonnetz quarrez me la a font toute entière. » VI, 43.
Peut^ put. Voy. Impost^ Râtelle.
Peys^ pays. Gondempnée (Madeleine de France) à aller faire son habitation en ung peys barbare (l'Ecosse) et une gent brutalle, VIII, 127.
Philaftie^ amour-propre; ^iXaurCoe. Je louerois davantage vostre œuvre (Marguerite de Valois s'adresse à Brantôme) si elle ne me lonoit tant, ne voulant qu'on attribue la louange que j'en ferois plus tost à la philaftie qu'à la raison, VIII, 210.
Philosophai^ philosophique. Voy. Défayrer.
Physionomiste. Voy. Fisionomiste,
Piaffe^ éclat. M. Tumebus fut aussi un très sçavant honune en grec et en latin ; mais non qu'il eût telle piaffe de parler et enseigner comme Biunus, III, 286.
Pianeliey pantoufle ; de l'italien pianella. Voy. Profuse.
Piceoriy piquant. Gomme le porc-^spic qui darde ses piceons à ceux qui lui veulent nuire, II, 366.
Picourer^ picorer, piller. L'un de ses capitaines (de Loub XI)
qui en ses guerres avoit pîcourë quelques callices et vieilles reliques d'ëglises d'or et de perles et pierreries, II, 206. Picquer^ Voy. Piquer,
Picques (passer par lés), être violëe. J'aymerois autant croyre qu'un'inQnitë de belles femmes qui, aux assauts des villes, ont pa5së par les picques des soldatz qui les ont prises, sont chastes et intectes, VIII, 93.
Piéça^ longtemps. Sans la peinture qui est dans la maison de Veuvre, il y a piëçà qu'il ne se parleroit plus d'une chose si remarquable, Xy 112.
Pied (tenir du), tenir de près. Je le voudrois bien avoir (l'hôtel de la Rochelle) pour moy ou aucuns des miens, pour estre plus près d'eux et leur voisin, et les faire tenir dn pied (lettre de Louis XI), II, 337.
Pied (prendre), s'attacher, faire attention. Il ne faut jamais prendre pied à ces causeries, I, 128. A quoy ladicte reyne (de Hongrie) prit pied et poinctilla aussitost, V, 34. Cf. Imposition,
Pieds (mettre à petits), diminuer, amoindrir. On le tenoit fort suspect (Vieilleville) à cause de la religion nouvelle, et qu'il luy avoit donne trop grand pied et accroissance à Metz, et s'il l'eust voulu, il l'heust bien mise à plus petit pied et bassesse, Y, 50. Ci. II, 205.
Pieds (s'ëlever en), se révolter. Quelque police qu'on eust voulu establir, lorsqu'il plaisoit aux huguenotz, et leur heure estoit venue de prendre les armes, ilz se mocquoient de la police et s'es levoient en piedz autant que jamais. Y, 52.
Pieds (être sur les), être en mesure. Ilz (les huguenots) n'ont jamais cesse qu'ilz n'y ayent mis le roy (Henri lY) bien avant (à la guerre contre l'Espagne)..., dont le roy s'en fustbien passe et estoit sur les pieds de la luy faire en renard, Y, 62.
Pierreux y qui est atteint de la pierre, Yoyl GraveUeur.
Piété ^ pitië, charitë; en italien pietà. Si peu qui en restarent (des François vaincus) se retirarent dans Sienne où ces belles dames et honnestes Siennoises n'oublyarent rien de tout devoir de piëtë envers eux, car elles les secoururent de tout, YI, 165.
PiétoTi (capitaine), capitaine d'infanterie. Un simple capitaine piëton aller deffier un colonnel, tout le monde luy devoit courir assuB, YI, 429.
Pitfl/v, misérable. La pluspart furent deffaictzet s'en toumarent
LEXIQUB. 177
fort piètres, II, i36. De quarante soldatas françoia qui estoient demeurez dedans pour la garde (au château de Crémone), il n'en eut que huit restez et très piètres encor, mais aussi résolus comme de plus grand nombre, III, 63.
Pille^ pillage. Il ne fut jamais que les Gascons n'aymassent la pille, ainsy que j'ayleu dans Froissard, VI, 2i0.
PiUé^ empilé. Poix pillés^ théâtre ayant pour enseigne des pms empilés et où Ton jouait des farces. Ainsi se pavannent et piaffent comme roy des pois pillez^ aux jeux et farces de jadis,
Pindariseur de mots^ faiseur de mots. Ces beaux pindariseurs de motz, pensant faillir ou ne dire pas bien qa* ambassadeur du pape^ allarent trouver nunce du pape ^ lY, 295. Cf. Y, 312.
Pintré^ peint, enluminé; en espagnol pintado. Au partir de là, bien habillées, elles sont saffrettes comme poupines, et d'autres fatdées et pintrées, comme images, IX, 279. Yoy. Dépeint.
Pioty pot. Ilz (les Suisses] ayment k faire bonne chère et à boire tousjours de ce bon piot, quand il debvroit couster un écu le lot,
Pique, Voy. Picque,
Piquer , donner de l'éperon à un cheval, le faire caracoler. Les escuyers de nos roys.... quand ilz picquoient les grands chevaux devant leurs roys, I, 43.
Piquer ^ se diriger. Le capitaine.... tout bellement s'esvada, et monta à cheval, et piqua vers la Flandres, II, 132.
PistoUade, coup de pistolet. Il (M. de Brissac) y fut fort blessé en un bras d'une pistoUade et porté par terre^ YI, 148.
PistoUet^ pistole. Aujourd'huy il y a parmy la chrestienté, voire ailleurs, plus de pistolles de deux et quatre qu'il n'y avoit, il y a soixante-dix ans, de petitz et simples pistolletz, de doubles ducatz à deux testes de la reyne Yzabelle et Ferdinand son mary, I, 50. Cf. lY, 381.
Pitaud^ paysan. Elle (une paysanne) faisant sa petite révérance à la pitaude, luy respondit de sang-froid, IX, 691 .
Piteux^ plaintif. Yoy. Estomach.
Pitié (en), en implorant la pitié. Je lui en fis (à Henri III) ma plaincte plustost en collère qu'en pitié, Y, 207.
Plaidé^ plaidoyer. L'empereur.... trouva le plaidé de M. de
Salvoyson si beau et n admirable pour on homme de guerre qu'il en demeura tout ravy, lY, 10^.
Plaider quelqu'un (faire), lui intenter un procès. Voy. Imposer.
Plaidoyer^ plaider. Et croy que si ceste cause estoit plaidoyée par des raisons d'un costé et d'autres alléguées, il y auroit bien à rire, IX, 546.
Plain^ plaine. C'est assavoir s'ilz estoient (les boui^} en plain ou montées, II, 302. Cf. PUine.
Plain (à), pleinement. Le corps se monstroit fort à plain et extérieurement ce qu'il estoit, par son beau et agréable visage (de M»* d'Aubeterre), IX, 455.
Plaindre qùelqtiun^ le regretter. De sa mort (Claude de France) tout le pays en fut comblé de regretz, et M. de Lorrayne la plaignist tellement que, encor' qu'il a demeuré veuf d'elle jeune, ne vouleust jamais se remarier, YIII, 138.
Plamussade^ plamusse^ tape, claque. Elle les battoit du plat de la main sur les fesses avec de grandes claquades et plamussades, IX, 285.
Planer^ tenir en suspens. Voy. Cannwer.
Plamer^ uni, sans obstacle. Aussi un torrent d'eau qui est arresté est plus violent que celluy qu'a son cours planier, IX, 596.
Planière^ plénière. U fut receu (Philippe II en Flandre) très magnifiquement et bravement, comme celui qui en prenoit planière possession, IIF, 258.
PUutrer^ flatter, enjôler. Lesquelz (les rettres) en ayant perdu une grand' part (de leur bagage) dans le Portereau (à Orléans).., et pour ce désespérez, il (Coligny) les amadoua, les contenta et les plastra si bien et si beau qu'ilz ne Tabandonnarent jamais, yi, 320. La reyne les sceut si bien mener et plastrer qu'ilz se sentirent encor très heureux de ce petit morceau, Y, 14.
Plattine^ lingot ; de l'espagnol platina. y avoit aussi force plattines et saumons d'argent à battre monnoye à Naples, II, 40.
Playe^ blessure. Dictes à mon roy et à la reyne que j'ay trouvé à la fin l'heureuse et la belle mort dans mes playes que tant de fois j'avois, pour ses pères, ayeulz ^et pour luy, recherchée, III, 328.
Plébéan^ plébéien. En quelles tentations et récréations de veue pouvoyent entrer aussi les jeunes seigneurs, chevalliers, gentils-
hommes, plâ>éans et autres Romains...., le jour que se célëbroit la feste de Flora, IX, 299.
Pleige^ caution. Qui fut aise? ce fut le soldat, d'avoir rencontré un si bon pleige et payeur (François I*') pour son homme, III, 150.
Pleiger^ faire raison, répondre à un toast. Us s'entredisoient : « Holà, l'entendz-tu?» Celuy qui estoit tenu de pleiger son compagnon respondoit : <c Et quoi? a» L'assaiUant respondoit : « Ce que l'empereur a defifendu ». Et là dessus il falloit trinquer et faire raison, I, 31. (Voy. H. Estienne, p. 421.)
Pleine^ plaine. Alphonse (d'Aragon) iuy répliqua (à René d'Anjou) qu'il acceptoit la bataille...., et apellé d'eslire le jour et lieu de la bataille, il eslisoit ceste pleine qui estoit entre Nola et Lacera, VI, 425-426.
Pleuviner^ pleuvoir légèrement. Et d'autant qu'il avoit pleuviné et que la terre estoit fort glissante, IV, 242.
PlorahlCy afiOigeant; plorabilis. C'a esté une si sanglante victoire (celle de Ravenne) que les mesmes François confessent qu'il eust pieu à Dieu qu'ilz fussent estez vaincuz^ pour avoir eu une victoire si luctueuse et plorable, VII, 115.
PlumoTy plumet, panache. Hz estoient accoustrez deplumars..., de mantellines, séons de drap d'or, de velours ou satin découpez, n, 304.
Plume (passer par la), omettre, laisser de côté. Ceux qui opiniastrèrent en ce combat furent tuez, comme ledict conte (de la Rochefoucauld).... et force d'autres vaillans, leàquelz je passeray pour ce coup par la plume, VI, 202.
Plume (se mesler de la), être occupé à nn travail de plume, être secrétaire. Au commencement de sa jeunesse, encor' qu'il (Caraccioli) fût bien gentilhomme, parce qu'il estoit pauvre, il se mesla de la plume, VIII, 196.
Plusy le plus, grandement. G'estoit (Romegas) le meilleur homme de guerre qui fust là. ..,*et qui avoit plus faict la guerre aux Turcs, II, 112. Voy. Foitter.
Plus^ de plus. Les Espaignolz usent de ce mot latin (in fiagranii)^ et tiennent plus, que ce soldat, tant signallé soit-il, venant quelques fois à faillir, n'est déshonoré d'avoir quelque coup de ce baston (de sergent-major), VI, 11. Voy. Aspergez,
Poccession^ possession. Voy. Spirituel,
Poinci (être bien en), être bien vêtu. Anthoine de Lève, porté
laO LEXIQUE.
par des esclaves dans une chaire de vellours cramoysy, et luy très bien en poinct, I, 42.
Poincte^ attaque. Il (le comte de.Samo) avoit demandé au marquis del Gouast ceste faveur de faire la première poincte pour recognoistre la place (La Goulette)^ II, 4.
Poincte (prendre), aboutir. En ce beau embarquement de brouage qui ne prit poincte et ne nous servit que de ruynes à nos bources, II, 110.
Poincte (faire la fausse), tromper, trahir, faire faux bond. (C'était probablement un terme d^escrime ; en italien, on appelle une feinte, punta falsa,) Ce furent ces deuxFabricio et Prospero (Colonna) qui, quasi les premiers de ces pays, luy firent (à Charles YIII) la fausse poincte et se rëvoltarent contre luy, I, 139.
Poinctilie^ pointillerie. C'estoit (Guise) Thomme du monde qui entendoit mieux les querelles et leurs poinctilles, lY, 267.
Poiser^ peser. Qui poisera ce bel exploict, quelque ennemy qu'il soit de la nation espaignolle, ne peut qu'il ne loue à jamais ces braves soldatz, II, 187. Cf. I, 38, note 1.
Poitraiy poitrail. Voy. Celle,
Poix pillez^ pois empiles. Voy. Pillé,
PolacrCy Polonais. Voy. Charger,
Police j gouvernement. Voy. Piedz (s'élever en).
Poltronne (cuirasse). Voy. Cuirasse»
Polironnesque^ poltron. Aux premières guerres civilles, MM. de Caumont.... estoient de la religion et à couvert, sans porter aucunement les armes..., et les appelloit-on huguenots rëallistes; d'autres les appelloient poltronnesques, IV, 27. Voy. H. Estienne, p. 63, 64.
Pongniart^ poignard. M. de Montmorency luy manda (au connétable de Castille).... que s'il ne luy tenoit sa foy.... qu'il le defioit de sa personne à la sienne aveq une bonne espée et un pongniart, III, 328, note 1.
Pontifical^ habit pontifical; de l'espagnol pontifical» La reine Isabel de Castille disoit qu'elle prenoit un très grand plaisir de voir quatre choses : un homme d'armes sur les champs, un ëvesque en son pontifical, une belle dame dans un lit, et un larron au gibet, IX, 207.
Pontilleux^ pointilleux ; en italien puntiglioto. Il est vray qu'il y a des gens pcmtilleux qui pourroient arguer là dessus, VI^ 257.
Port €t armes ^ prise d'armes. Voy. Sus (mettre à).
Porter^ supporter. Voy. Martel.
Porter (faire) , engrosser. Voy. Jeùnement,
Porter (se), se comporter. Et tous deux (les Trivulce) se portoient si bien en ceste dernière administration de ville (à Lyon), que le peuple en demeura fort content, II, 226.
Portraict^ représentation. Les superbes obsèques que le roy Philippe (II), son filz, luy fit faire à Bruxelles...., desquelles j'en ay veu et eu le portraict faict en taille-douce^ I, 65.
Poste^ message, voyage. Le roy, après l'avoir employé (Brion) pour plusieurs allées, venues et postes vers l'empereur, III, 196.
Poste (à), à dessein, exprès ; en italien a posta. On ne sçavoit qu'en penser, s'il (P. de Navarre) avoit faict le coup, ou par une opiniastreté et tardance militayre ou à poste, I, 157, note 4.
Poste (à sa), à son choix, à sa dévotion; en italien a sua posta. M. le mareschal (Matignon).... en chassa toute la vieille gamizon, et y en mit une nouvelle à sa poste, V, 162.
Posthumié^ posthume. L'autre (mariage de Marguerite d'Autriche) fut avec le filz du roy d'Arragon nommé Jehan, duquel elle eut un enfant posthumié qui mourut tost après estre né, IX, 614.
Postiqueriey fausseté, fourberie; de l'italien jMMticcio^ contrefait, postiche. Il (le fou Thony) fut si bien appris.., dressé... par les nattretez, postiqueries..., et friponneries de la court, m, 343.
Potet^ petit pot. Le page s'y en va, et tire de l'eau du puis d'Aysnay mesmes ; et ainsy qu'il advisoit le seillau dans le puis, et qu'il avoit mis son potet sur le bord du puis, III, 176.
Poudagreux^ podagre. Il (Ant. de Lève) estoit goutteux, poudagreux, malladif, 1, 175.
Pouil^ pou. Et de ceste mauvaise humeur il creut grand' abondance de pouilz, de façon qu'on ne le pouvoit espuiser, II, 94.
Poulet de papier y billet doux. Voy. Scondé.
PouUinage^ état de poulain. Telles filles après avoir layssé leur pouUinage et jette leur gorme, comme l'on dit des pouUins et poulines, IX, 586.
Poultre, jeune cavale^ en basse latinité pullitra. Lorsqu'elle sçaura que je l'ay nommée poultre, qu'est une jeune cavalle, elle
ISt LEXIQUE.
se pensera qoe je Tayeencor en estime d'une jeune dame, IX, 708. Voy. Estime.
Pour^ par. Voy. Jusi^ Japer.
Pour^ pendant. Je l'allois voir (la marquise del Gouast) tous les jours, pour sept ou huict jours que nous y demeurasmes (à Naples), et y estois très bien venu, IX, 374.
Pour étre^ ëtant. Voy. Consente.
Pour quant^ quant. Voy, Outré.
Pourchas, poursuite» instigation. Voy. Appostement,
Pourchas (aller au), chercher fortune (en amour). Quiconques le mary soit, qui passe et repasse souvent sa femme par le miun, sans aller au pourchas ailleurs, il est très bon mary, IV, 81.
Pourmener, promener. Voy. Orée,
Pourmenoir^ promenade. J'ay veu la reyne mère, de son temps encor vigoureuse (lors) qu'elle avoit ses bonnes jambes et qu'elle aymoit ces longs pourmenoirs, IV, 80. ^
Pourpenser, méditer, projeter. Sur quoy aUéguoit ce grand capitaine (Biron) : que certainement il avoit bien pourpensé et cogite (un complot) par un despit et mescontentement, mais pourtant il ne l'avoit pas faict, V, 263.
Pourter^ porter. Le jeune comte de Brissac... pourtant le titre de couronnel général des vieilles bandes du Piedmont, comme il le porte encor, VI, 58.
Pourvoir (se), être pourvu. Voy. Assigné.
Poussement^ incitation. Par les instigations et poussemeos de M. de Villebon, V, 53.
Poussière, la fange à quelqu'un (mettre la), l'effacer, lui faire honte. Ce sont esté eux (les courtisans) qu'à la guerre sont estez les premiers aux assaulz, aux battailles et aux escarmouches et que, s'il y avoit deux coups à recevoir ou donner, ilz en vouloient avoir un pour eux, et mettoient la poussière ou la fange à ces vieux capitaines qui causoient (railloient) tant, VI, 30.
Pouvoir que (ne), ne pouvoir faire autrement que. U (Dampierre) avoit espbusé ma tante, mais, s'il fit ce coup (contre Diane de Poitiers) je ne puis que je ne le blâme, IV, 288. Voy. Poiser,
Pracquerie^ praguerie, trouble. Ledict marquisac (de Saluées) ne laissa pour cela à estre brouillé et en pracquerie, V, 203.
Pratique f affaire, profit. L'empereur le tenant (François I*') en sa puissance son prisonnier, l'avoit si mal traicté.... jusques à ce
qu'il le Mit de perdre de maladie et qu'il s'en alloit perdre toute sa pratique de luy, lU, 157. Aussi leur a-il donne (le duc d^Albe à ses soldats) de bonnes pratiques et friandes lipëes et curëes en son temps, 1, 115, note 4.
Pratique (avoir), s'appliquer. Et ça este sur luy seul l'unique et le phénix (le cardinal de Guise) que le proverbe du feu roy François a eupractique, qui disoit...., IV, 279.
Pratiqué^ exercé. II voudroit avoir quinze cens jeunes soldatz, pratiquez un peu pourtant, I, 338.
Préalaguer^ alléguer précédemment. En ung traité que j'ay leu dans cette vieille chronique cy-dessus préalaguée, II, 314, note 2.
Précipitant, raide. M. de Nemours, estant sur le Real (un cheval) monta de course.... par le grand escalier du Pallais, cas estrange, estant ainsy précipitant, IV, 161.
Prédécesseur^ et son féminin, prédécesseresse, ancêtre. Ses prédécesseurs (de Tavannes) furent d'Allemaigne, de très bonne et illustre maison. Y, 89. Si de son temps les chevaliers errants eussent eu vogue, elle (M*»* de Bourdeîlle) eust bien faict reluire plus leurs armes que n'avoient faict jamais sa prédécesseresse, Frédégonde de Montbron, pour l'avoir à femme, Y, 69.
Préfis, préfixe, fixé d'avance. Pour la prison perpétuelle, il luy tiendroit fort bien la foy et la parolle, mais non pour celle qui est préfise à quelque temps» I, 22. Cf. lY, 137.
Preignant^ décisif, pressant. M. de Nemours débattit fort et ferme qu'il falloit guaigner Paris pour beaucoup de raisons bien preignantes, IV, 170.
Préjudicier (se), se faire tort, se porter préjudice. Ces deux seigneurs s'embrassarent comme réconciliiez, M. le Prince, comm' estant satisfaict, et M. de Guyze comme ne s'estant préjudidé, V, 268.
Premier que^ avant. Il (Bessarion) s'en va premièrement vers le duc (de Bourgogne), duquel aiant eu sa despesche, s'en alla après fort nesciemment trouver le roy qui trouva fort estrange la façon de ce pauvre philosophe, d'avoir abordé premier le vassal que le seigneur, II, 348.
Prendre sur (se), s'en prendre à. Ce fut luy (Hugues de Moncada) qui prist le Vatican et pilla la sacristie de la saîncte Eglise. Il en vouloit avoir comme les autres et se prendre sur le meilleur, I, 237.
Prester une (eii)^ la garder bonne, en vouloir. On dict que le grand service signallë faict à la chrestienté fut bien aussi cause que l'empereur ne luy en prestat une aux guerres des protestants, aussi bien qu'aux autres (princes protestants); car il (le comte Palatin) y estoit bien brouille, I, 323.
Preîezze^ prestesse. La ville (Agen) iîit prise et forcée de telle sorte et en telle pretezze et allarme, que la pauvre reyne (Marguerite), tout ce qu'elle peut faire fut que de monter en trousse derrière ung gentilhomme, VIII, 70.
Preuve^ épreuve. En ayant (Henri III) faict preuve grande de sa vertu et de sa foi magnanime (celle de Maximilien II), 89.
Preuve (à), à Tépreuve. Stuard, gentilhomme escossois...., qui se mesloit de- faire des balles trempées de telle composition qu'il n'y avoit cuyrasse à preuve ny à si bonne trempe, qu'il ne la perçast, III, 329.
Prime^ printemps. Estant persuadée (Marie Stuart) d'aller en son royaume, et aon voyage aiantesté remis à la prime, VU, 414* Cf. IX, 609.
Prime avec quelquun (jouer à Ja), le prévenir, prendre les devants. Mais amprès, il (Bussy) fut adverty de bon lieu qu'il fust sage et fust muet et plus doux, autrement qu'on joueroit à la prime avçcques luy, VI, 187.
Principauté^ réunion de princes. Voy. Mutination,
Principe^ commencement, début. Or, estant donc M. de Chastillon couronnel, pour son principe il fut debvant fiouloigne, VI, i7.
Prinsauîier^ primesautier, irréfléchi. Devenus quinaux en leurs festins (les Flamands) s'advisarent d'esnerver cest édict prinsautier en ceste façon, I, 31.
Privée familier. Une dame de par le monde, ou plustost fille, estant fort aymée et privée d'une très grande princesse, IX, 281 .
Priviléger (se), se prévaloir, s'autoriser d'un privilège. L'autre chose qui est à notter, est les courtoisies que ces gallands hommes combattans s'usèrent les uns aux autres, ne se privilégeans nulle^ ment des loix rigoureuses permises en ces faits, VI, 260.
Procache^ messager, de l'italien procaccio. J'allois un jour à Naples avesques le procache, avecques qui sont toutes sortes de gens. Vil, 187.
Proffvz (être), faire profession. Dieu n'ayrae pas tant les,vail-
LEXIQUE. i8S
lans et hardys que l'on diroit bien, puis qu'ils ne sont destinez et profiez que pour tirer sang et tuer, IV, 20,
Proffondir^ pénétrer dans; en espagnol profimdar. Elle (une galère turque) alla si advant dans le fond de la mer qu'elle proffondit l'enfer où là j'accueilly et coupé la poincte de la naze à Pluton, VII, 24.
ProfUurej bordure, garniture. Les manches et le demeurant de satin cramoisy avecprofilure d'or, IX, 3i9.
Profuse^ prodigue, excessif; en italien profuso, Popea Sabina..., outre qu'elle fust la plus profuse en toutes sortes de superfluitez..., elle portoit des escarpins et pianelles d'or, IX, 310.
Proie. Voy. Proye,
Projecîer^ projeter. Voy. Escorte.
Proportionné^ capable, apte, de l'espagnol proporeionado. Il (Ferdinand de Gonzague) estoit pri^dent, bening, magnanime..., fort adroict, gentil, valeureux et bien proportionné, I, 247.
Proportionné^ membre. Craignant (une mère) qu'elle (sa fille) ne pust soufirir ce premier et dur efibrt (du mariage), à quoy on disoit le gentilhomme estre très rude et fort proportionné, IX, 520. Cf. Ibid., 285.
Propos^ convenance. Aussi a-on defiendu le mariage à nos prestres; car venant de coucher avec leurs femmes..., il n'y a point de propos de venir à un sacré autel, IX, 54.
Propos (à), exprès. (Le pape) les fit exécuter (trois cardinaux). ..• et puis sécher leurs corps dans un four, et les os les mettre et enserrer dans certaines quaisses faictes à propos, II, 200.
Proposer, avancer, mettre en avant. M. le Prince (Condé)..*. dist et proposa que celuy qui avoit esté cause et modf de sa prison estoit meschant, IV, 268.
Proprement^ en propre personne. Enfin le dict Paule (Orsini) fut contraint l'envoyer (l'ordre de S. Michel) au roy par un gentilhomme très soUempnellemeDt, qui (le roi] Tacepta très bien, non luy proprement, mais le fit acepter par le chancelier de rOrdre. V, 98.
Propreté, ce qui est propre, qui convient. Il faut que toutes choses ayent leur propreté et leur séance, IX, 312. •
Proscrition, proscription. M. de Tavanes.... et le conte de Raiz.... luy prestarent ceste charité de proscrition, V, 132.
Providadour^ provéditeur. Ce grand sultan Solyman, duquel
j'ay leu un traict noble. ... dans une lettre imprimëe» qu'escrivoit un providadour de Cataro à M. Bembo, II, 233.
Providencey prévoyance. Quelle créance parmy eux et quelle providance au chef! I, 115. Gela s'adoucit un peu par les providences et sagesses de la reine, III, 361.
Provident j prévoyant, prudent. Voy. Considéré. Cf. IV, 389.
Proye (mettre en), livrer comme ime proie. Si un général.... commet une trahison à son prince, il est punissable, car.... il met en proye et au cousteau son prince, sa province et ses gens, IV, 21.
Psalme^ psaume. Estant dans l'église» il (François I*'') y vist un petit escriteau d'un vers de psalme de David, III, 146.
Publiement^ publication. Ce bon et brave chevallier (du Biez) avoit bien besoing d'un tel escrit et publiement de,^ vertu et valeur, car il a été peu favorisé de ceux qui ont escrit de son temps, IV, 60.
Puis^ puisque. Et si vous me respondez que de cela les Espaignolz ne s'en peuvent louer, puis leurs enseignes et drapeaux sont encor entre les mains des François despuis le jour de la bataille de Ravanne, VII, 115.
Puis après j ensuite. Voy. EnsaUir^ Perdre (se), et BengoT" gement.
Puissance (offrir sa), offrir ce que l'on peut, ce qui est en son pouvoir. (La marquise del Gouast) luy manda (au grand prieur) que, si son sexe et la coutume du pais luy eussent permis de le visiter, volontiers elle y fust venue fort librement pour luy offrir sa puissance, IX, 368.
Punais^ puant. Tant il est haut (le cœur de Marguerite de Valois), plain de franchise, et ne sçauroit supporter d'eau punaise, ni le venin d'aucune hypocrisie, VIII, 67.
Purger (se), se purger d'une accusation, s'excuser. M. de Matignon luy donna (à Vaillac) cinq cens escus, à ce qu'il m'a dict, pour aller trouver le roy et se purger à luy, V, 162.
Purisy-f purési^ pleurésie. Il (Salvoyson) prit un gros villain purîsy et une fiebvre chaude dont il en mourut au bout de six jours, IV, 99. Cf. VI, 170.
,Pa/, puits. Eau simple venant de la fontaine ou du puy, V, 45.
Quadrille^ troupe ; en italien quadriglia. Celle (l'escarmouche)
LEXIQUB. 187
de Jazeneiiil le fat (soutenue) de plus de vingt mille harquebuziers ; non pas que tout à coup ilz escarmouchassent et combattissent, mais par bandes et grosses quadrilles dont la moindre estoit de quatre ou cinq mille, V, 430. Cf. VI, 38f7.
Quaisse^ caisse. Voy . Propos (à) .
Quand^ quand même» Mon père s'asseuroit si bien de son faict et du recouvrement de son oreille (jouée contre le pape), qu'il ne s'en soucyoit point quand il l'eust perdue, X, 42.
Quant et quant^ aussitôt, sur le champ. Et (Louis XI) sans lui (à Bessarion) faire responce autre, le planta là tout esbahy; et quant et quant luy fit dire par quelque autre qu'il eust à se retirer, II, 349.
Quarantaine^ services et prières que l'on faisait pour un mort pendant les quarante jours qui suivaient le décès. Elle (Vittoria Golonna) rencontra le corps (de son mari) qu'elle laissa aller devant pour faire sa quarantaine, I, 199.
Quarte^ quatrième. Voy. Parte, Quarter^ aller à quatre. Voy. IX, 10.
Que^ lorsque, quum, Voy. Couper^ Pourmenoir, Que y qui. Aussi vous trouverez dans.... les vieux romans que, comme j'ay dict, ne doivent estre à rejetter, X, 65. Voy. Par^ tial.
Çne, à tel point que. Voy. Esuanouir,
Que, ce que. Et si.... ilz (les poltrons) reprennent les armes, il faut qu'ilz y facent des miracles de valeur et de l'espée, et que Moïse fit de sa verge, II, 196.
Que, comme. Les processions de la court que de la ville de Paris, se firent et se parachevarent fort dévotieusement et quiettement, IV, 234. Voy. Pindariseur. '
Que^ que ce que. Son maistre.... qui est mort à Thurin pauvre prebstre, n'ayant que sa messe et son brévire luy produisoient, V, 77.
Que bien (très), très bien. Voy. Très.
Queste (faire la), mendier. Voy. Habilité.
Queste (hors de), terme de chasse, hors de la voie, dévoyé. Voy. Instint,
Question^ querelle ; en italien questione; en espagnol question. M. de Longueville.... demanda les prisonniers; mais M. d'Espemon les luy reffusa; sur quoy s'émeut question, IV, 352.
M. de Rosne.... ayant une question contre M. de Fargy.... et ayant esté appelle par un gentilhomme que je sçay^ YI, 326.
Queue (couper), quitter le jeu quand on perd. Voy. Couper.
Queue (faire la), terminer. Voy. Cariage.
Quiy à qui, oui. Voy. Follie,
Qui^ ce qui. Bien que mondict sieur de Guyze fust un très grand capitaine, si consultoit-il tousjours ce bon et honnorable vieillard (La Brosse), qui estoit à dire qu'il estoit capitaine très suffisant, V, 47.
Q«/, qu'il. Usant (Birague) de ces mesmes motz, encor d'un autre plus estrange, qui n'est pas bien séant de dire pour la rêvérance de la religion, V, 77.
Qui\ qu'x^ qui y. Leurs vaisseaux qu'y entroient (à Ostende) tous les jours à leur aise, IV, 124. Ce qui est (en Espagne] rare et point commun est tousjours plus exellent, V, 296.
QuiciCy quitte^ même. Ce mot, qui se trouve aussi dans Rabelais et qui ne me semble avoir été expliqué par aucun de ses commentateurs, est encore conservé dans le patois gascoa avec le sens que nous lui donnons. Le quite pape (le pape lui-même) ne luy en eust peu résister, 1, 41 . Ne considèrent-ilz pas aussi que les quictes espées que nous portons à nos costez .., que nous tenons pour les plus luisantes, les plus assurées et pour les plus esprouvées, nous viennent à faillir quelques fois au plus grand besoîng où nous les employons, II, 193. Cf. V, 240, 370.
Quietie, tranquille ; quietus, (Nous n'avons conservé que son contraire inquiet). Le roy (François P') vouloit bien que M. le connestable demeurast quiette en sa maison. ..., mais non qu'il mît plus le. nez en ses affaires, III, 210.
Quiettemeru^ tranquillement. Voy. Que^ comme.
Quinquailleur^ quincaillier. Du temps du roy Henry, il y eut un certain quinquailleur qui apporta une douzaine de certains engins (des cadenas de chasteté) à la foire de Saint*6ermain, IX, 133.
QuinqueneUe^ répit de cinq ans accordé à un débiteur. Faire la quinquenelle^ d'après le passage suivant, devait probablement signifier, faire cession de ses biens quand ce délai était écoulé. M. de Bourdillon s'estant dépouillé de ses villes (du Piémont), je le vis arriver à la court...., d'aucuns estimé et d'aucuns non,
pour aTOir ainsi laisse la saintare (ceinture) et faict la quinquenelle de ces pauvres places. Y, 80.
Quinze (un), une quinzaine. Au départir, M°^* la marquise ayan sceu de M. le grand prieur le séjour d'un quinze jours qu'il touloit faire là, luy dit...., IX, 369.
Quitte^ qiiite, Yoy, Quiète.
Quitter^ tenir quitte. J'ay quitté mon frère aisné, M. de Bourdeille, pour les deux légitimes de mes deux frères morts et leurs successions, X, 130. Volontiers on quitte un vieil ennemy et s'ayde de luy pour se venger du nouveau, VII, 213.
Quqjr que^ quelque. C'est le naturel d'un défavorisé dire tousjours du mal des favoris, quoy que braves soient-ils, III, 196.
Qucf qui soiij quoique ce soit. Il (H. de Guize) me dist en ryant : « si faut-il que nous nous facions un peu blesser, au moins quoy qui soit, pour nous faire estimer », V, 330.
Sabaiiu^ débattu. Pour fin, tout calcuUé et rabattu, il fallut au Gascon estre maistre en son eslection (le choix des armes), et l'Italien à les prendre, VI, 298.
Babe^ rave^ M. Dorât.... et M. Muret, deux aussi sçavans Lymosins qui jamais mangearent et croquarent rabes, III, 286.
Rabillery réparer, raccommoder. Il [le siège de Malte) a esté aussi grand et rude, voire plus que celuy de Rhodes, si l'on veut considérer la force de la place qui n'estoit nullement esgalle à- celle de Rhodes, qui de tout temps avoit estée tousjours bonne et forte et encores mieux rabillée et fortifiée de messieurs les chevalliers, V, 226. Une très grande dame.... s'estant rompu une jambe et se l'estant faite rabiller..., elle se la fil rompre une autre fois au rabilleur, pour la remettre en son point, IX, 307.
RabiUeur^ rhabilleur. Voy. Rabiller,
Rackaptemenî^ rachat. Voy, Bandière.
Bachaptet^ racheter. Il (de Termes) fut pris par quelques fustes de corsaires... • et après il fut rachapté, IV, 5.
Raconirer^ rencontrer. U y en heust quelqu'un qui alla racontrer là dessus, disant que ceste reyne..., VIII, 74.
Eàfflade^ ra&e. Si ne se retira-il pas (Léon Strozzi} qu'il ne fist quelque coup et rafiQade, IV, 132.
Raffler^ rafler^ enlever, emporter. On fit aussi rafler un poignard qui estoit au pauvre trespassé, fort riche el décoré de force pier-
reries et belles turquoises qm Talment plus decinq cens escus, et ne fut rafle que pour cent,!!, 26. Les gailèresespaignolles qui n'en pottToient plus.... en un rien elles furent emportées el rafflées, ibid.^ 37.
Baffraischiy renouvelé. Les assautz gi-andz (à Malte) loi^ et assidus, donnez, raffraischis et soubstenus, nous le doivent encor d'autant plus faire admirer (Parisot), Y, 216.
Baing^ rein. Voy. Aeabrer.
Raison (faire), rendre justice. Vous autres roys et grandz princes, vous ne valiez rien trestous. Si Dieu vous Êdsoit raison, vous mériteriez d'estre tous pendus, rv, 93.
Raison (présenter la), ofinr le combat. Ce baron de Fiais estoit un brave et déterminé.. ., qui avoit querelle contre luy (Matignon), et Ta tellement bravé et luy a présenté si souvant la raison que, nonobstant sa charge et authorité^ il ne luy a jamais rien peu faire, V, 165.
Nous avons conservé la locution rendre raison^ pour dire : se battre en duel.
Raison (se contenter de), n'avoir que des exigences raisonnables. (Henri d'Àngoulême} estoit homme de bien et le moins tiran gouverneur de son temps ny depuis ; et la Provence en sçauroit bien que dire et encore que ce fust un seigneur fort splendide et de grande despense; mais il estoit homme de bien et se contentoit de raison, !X, 491.
Raisonner^ résonner. Le nom du duc d'AlbC/s'est tant fakt sonner que rien que le duc d'Albe n'oyt-on encor que raisonner par la chresdenté, !, 98. Cf. Résonner.
Rambade^ la partie la plus avancée de la galère entre le bout de la coursie et l'éperon ; c'était aussi une construction élevée sur la proue d'une galère ; en italien rambata. Un matin que l'empereur disoit ses heures (hé! quelles heures!) sur la coursie, il ^îst le marquis qui passoit et s'en alloit vers la rambade, I, 211, Voy. Rançon,
Ramé^ couvert de branchages. Et disent les Espaignols qu'ilz leur prirent sept pièces d'artillerie que les soldats menèrent dans Milan, bien ramées et couvertes de feuiUes d'arbres, en signe de grand triomphe, VIT, 273.
Ramenteus (je), je rappelai, du verbe ramentevoir. M. de I^a Noue le va trouver (Monsieur) vers le Poictou.... où je le vis et
lay ramenteus biea ses anciennes protestations^ VII, 208. Cf. X,
Bampeau^ partie de quilles qui se jouait en un seul coup^ IX, 505, note 3. Voy. SampeUer.
BampeUer^ rempeUer^ jouer au rampeau. Les soldats aux escarmouches.... se reprochojent les uns aux autres l'honneur de deux de leurs princesses souveraines, jusques-là à s'entredire : « La tienne joue bien aux quilles. — La tienne rempelle aussi bien. », IX, 805.
Raneade. Voy. Fogue,
Rançon^ bâton armé d'un fer en pointe avec ailerons. Les soldats aux arballestières, poupes, rambades, proues et coursies..., bien armez.... de corseletz, de morions, de.... cymeterres, rançons, pertuzanes, III, 254*
Rimcune [hivt en), être mal vu. Hz (les ingrats) sont tousjours rejetiez de toutes bonnes et honnestes compaignies ; et faut bien dire qu ilz sont en rancune de tout le monde, qu'eux-mesmes se hayssent et ne se peuvent aymer, VII, 249.
Rapineux^ enclin à la rapine. Quandà mOy.... je ne l'ay trouvé (Birague} tant rapineux comme on l'a faict et en crioit-on, V, 77. Cf. VI, 99.
Rappeler^ appeler à prendre part à une succession. Lorsqu'il Tespousa, il n'eut pas de maryage que vingt mille francs. «.., mais son père la rappela puis après, X, 46.
Rapporter^ apporter. Voy. Escarre, •
Raquedeniers^ raquedenare^ raquedinare^ râcleur, ratisseur d'argent; de l'italien raschiare et denaro. Les riches marchands, les usuriers, les banquiers et autres raquedeniers, IV, 329. (Charles-Quint) amprez avoir arraché des mains des Vénitiens, Florentins et Genevoys le commerce de l'espicerie.... fist fermer boutique à tous ces raquedenares qui ratelloient tout l'or et l'argent de l'univers, I, 57, note. Cf. VI, 93. Voy. ImpcUroniser .
Raritéy rareté. Il (l'empereur Sévère).... ne garda rien pour luy forSi... un cheval tout verd qu'il estima plus pour la raritéet couleur nalfve et belle que pour la valeur, V, 249.
Raieiie^ rate. Le cadet d'Aubanye.... en tout vouloit fort imiter M. de Bussy, mais il ne peut (put) en aucune sorte ; se le figurant, cela luy faisoit grand bien à la râtelle pourtant, VI, 315.
Baiouère^ ratière. M. l'évesque de CSsteron, qui disoit le mot
mieux qu'homme de la court, en brocardant affermoit qu'il vaUoit mieux de coucher avecques une ratouère de fil d'archal qu'avec eUe, IX, 262.
Raualiéy rabaisse. Enfin le voilà (Bellegarde) tout change en un tourne-main de ce qu'on ne le venoit que voir adessc^ comme dit l'italien, et de fraiz fort ravallë, V, 201 .
Rauallementf rabaissement. A la court on ne sçavoit que l'on devoit plus admirer on la fortune de cet homme (Bellegarde) qu'on avoit veue hier très grande et très haute, ou son petit ravallement d'aujourd'huy, V, 201.
Bavauderj mal mener. On la craignoit (Catherine de Mëdids) plus que le roy en cela; car elle sçavoit bien parler à ces dësobëissans et desreglez et les ravaudoit terriblement, YII, 367.
Béal^ royal. Voy. Entretenu et Pajre.
Réalle^ galère royale, galère du commandant. A la poupe de la rëalle, pour conserver (voguer de conserve) estoient la capitainesse du commandador major et la Patronne dEspaigne^ II, 116. Cf. VII, 24.
RéalUste^ royaliste. Voy. Poltronnesque.
Réaume^ royaume. L'empereur aussi luy ayda bien (à son frère) en ses rëaumes de Boême et d'Ongrie, I, 87.
Rébarbératif^rubarbaratif^ rébarbatif, M. le connestableetM. le chancelier.... qui estoient si sages et de nature et de pratiques point sëvères.... non point chagrigneux et rëbarbératifs, ny séparez des douces conversations, III, 311. Tous lui obéissoient très bien (à Sansac) pour sa sufiSsance^ encor que aucuns n'approuvassent guières sa façon rubarbarative, III, 398. Cf. VI, 163.
Rebec^ espèce de violon. Vinrent soubs sa fenestre (de Marie Stuart à Holyrood) cinq ou six cens marauts de la ville luy donner l'aubade de meschans violions et petits rebec7..., et se mirent à chanter des pseaumes, VII, 419.
Rebras^ retroussis. Sur le rebras de sa barrette (de César Borgia) avoit aussi grande quantité de pierreries, II, 21 0.
Rebrasser, retrousser, mettre à nu. Luy (Milon de Crotone) se rebrassant et retroussant ses bras fort piteusement, regardant ses nerfk et muscles, il dist seullement : « Hélas 1 ilz sont mortz », IX, 709.
• Rebrouer^ rabrouer, G'estoit la dame du uKHide (Catherine de
MMicîs) qui sçavoit le mieux rebrouer et estonner les personnes, IX, 487.
Rébus ^ bëvue. M» de Biron.... voyoit bien qu'il n'estoit aussi si grand en grade ny en science de capitaine comm' il a esté despuis, et que pour estre tel il faut faire, avant, de grands rébus et des fautes et grandz pas de clercs, Y, 429*
Recevoir^ accepter. Yoy. Annonciation,
Recepoir, porter. Voy. Camhorisé,
Recevoir sa despesche de quelqtUm^ être expédié par lui. Voy, Nesciemmem,
RecAignardy rechigné, maussade, rigide. Sa parole toute chaste, rigoureuse et rechignarde, IX, 237.
Recogneu, Voy. Reeognoistre,
Reeognoistre^ récompenser. Ast'heure, j'ay moyen de vous tous recognoistre et faire plaisir, mes amys, V, 13. Que pouvoit-il doncques moins faire ce brave prince, après avoir si bien faict, combattu, battaillé, et mal recogneu, que d'avoir recours au roy? II, 228. ^- Dans le passage suivant le mot recogneu est employé pour exprimer le service dont on a paie un bienfait : Aucuns diront sur la vie de ce soldat très bien recogneue, que cela est bon pour les soldatz simples, mais non pour les gentilshommes, VI, 352.
Recognoistre^ examiner, observer. Voy. Gedlant et 5i, signe.
RécolleZj récollets. Voj» Rfissaré, ,
Récompense^ compensation, dédommagement. Je veux et entendz que mes susdictz nepveux et niepces, héritiers et héritières soient récompensez de seize mille escuz une fois payez, en récompense et desduction de l'estime du bastiment beau de Richemont, X, 149.
Récompenser^ dédommager, donner ou recevoir en compensation. Voy. Récompense.
Recorder^ rappeler. Volontiers aucunes personnes se sour viènent à leurs trespas des choses qu'ils ont plus aymées, et les recordent.... Mourant, ils en causent quelque mot, IX, 465.
Recourre y recouvrer, délivrer. Luy (Mar ligues),... sor^de table, part et court, et ses gens après luy, et attrape les sergens, les estrille un petit, et recourt d'entre leurs mains son capitaine, VI, 39. Elle (Clarisse Strozzi) tumba dans la mer et plongea fort advant, mais aussi tost fut recourue.... car ainsi qu'elle voulut
monter après à Tescalle, Tesquif luy faillit, II, 276. Snr les quinze gallères qui Airent prises, aucunes recourues, II, 118, Cf. IX,
Recourre (se), se retirer, se sauver. Et ne sachant où se recourre, il (Cësar Borgia) envoya au grand capitan pour luy demander un passeport, II, 214.
Recouvert ^ recouvre. Voy. Recouvrir.
Recouvrir y recouvrer. Elle (Toulouse) fut prise vingt heures, et puis recouverte par les armes et la conduicte belle dudict Boyjourdan, lY, 292. Il leur estoit fort à de mal qu'ilz ne menassent les mains à si bonne et belle occasion qu'ilz ne recouvriroient jamais, V, 52.
Reco/j repos, requies.
En labeur, en recoy,
Tousjours est près de moy, VII, 412.
RecreUj recru, harasse, épuise. Il falloit donc qu'alors il fust si las et recreu d'ailleurs qu'il n'y pust fournir, IX, 280.
Recueil^ accueil, asile. Naturellement et extrêmement, comme je lui ay ouy dire (à Henri III), il aymoit leur république (celle des Vénitiens) pour le bon recueil qu'il a voit receu d'elle, III, 103. Geste reine (Anne de Bretagne) estoit.... la vraye mère des pauvres, le support des gentilshommes, le recueil des dames et damoîselles et honnestes filles, et le refuge des sça vans hommes, VII, 318.
RecueillancCy accueil.
O noble seigneur de Rance,
Nous te remercions
De la bonn' recueillance,
Que tu as faict à Bourbon, III, 195.
Recuillir^ accueillir, recevoir. S'estans donc présentez devant Sa Gaesarée Majesté, il (Gharles-Quint) les recuillit tous d'un très bon visage, I, 28. Voy. Sentir.
Redevance^ obligation, devoir. Ge qui est une grande obligation aux cendres de son mary (A. de Bourdeille), et un tesmoignage de l'avoir bien aymé vivant, et une redevance par trop extresme à ses enfans de l'honnorer pour jamais, et ainsin est morte veuve, IX, 650.
Rédigé^ réduit. Nul jamais..., bardasche ne fut brave.... que
le grand Jtiles César; aussi que par la grand'permissioii divine telles gens abominables sont rédigez et mis à sens réprouve, IX, 179.
Redonderj recommencer. M. de Savoye luy avoit mande et promis (au roi de Navarre) qu'il luy aideroit beaucoup k l'endroict du roy d'Espaigne, et Dieu sçait encor que (si) le roy d'Espaigne eust rien en cela faict pour luy, sinon qu'il eust redondë et tourné à son proffit, V, 74.
Réduction^ retraite. Yoylà donq sa fin; à quoy j'adjoutteray ce mot que lorsqu'il (Gharles-Quint) fist ceste réduction de vie, I, 61, note 4. Voy. Réduire.
Réduire (se), se retirer, faire sa retraite; en italien ridnrsi. Voy. Descalse^ Hypochreuiste,
Eeffaity en bon état. Il vid une cuisse belle, blanche, pollie et reffaite, mais Tautre elle l'avoit toute seiche, atténuée et estiomenée, IX, 261.
Reffrenéy réservé, prudent. C'estoit là, de par le diable I qu'il (Bonnivet) devoit estre froid et retiré, reffrené et en mesnage du temps et de la charge à une plus opportune occasion, III, 60.
Réformé y sévère, rigide. Et cependant que je feray ainsy du sot et du réformé qui me nourrira? VII, 238. Voy. Jbstrainct et Esvanouir.
Regester, rejeter. Si un gallant homme me veut suivre, un brave capitaine, un soldat, un gentilhomme, seray-je si fat de ne le repcevoir ny de le regester? VI, 174.
RegestrCy registre. Voy. Révèrent ier."
Règne^ royaume, regnum, A l'advènement du roy Ilenri II, que son règne estoit encor* en paix, 1, 27. — Ce mot était aussi employé pour désigner le royaume de^aples, seul état de l'Italie dont le souverain portât le titre de roi. C'estoit beaucoup pour un genêt qui ne pouvoyt estre si fort qu'ung coursier du Règne, ibid, , note 3.
Regorgéy regorgeant. Voy. Escrarcir,
Regorgement^ débordement. Il (César) prie Achorée, le grand maistre de la loi d'Egypte, de luy discourir de l'ancienneté de sa région.... et surtout de la source du Nil, de son regorgement et ressarement puis après dans son lict, X, 28.
Regrilléy pour regredillé^ frisé avec un fer. Les autres avoient les cheveux crespez, frisez, entortillez, regriUez et fort renversés en haut, X, 24.
Réhabiller, rhabiller, raccommoder. D'autres (femmes) font p^ter leurs os, comme si on leur rëhabilloit de quelque rompure, IX, S22.
^ Reheust^ 3* personne du singulier du prétérit du verbe ravoir. Nostre roy Henry d'aujourd'huy l'a perdue (Calais).... et puis après, en un rien...., la reheust, et en un traict de plume, par le traictë de paix qu'il fit avec l'Espaignol, IV, 216.
Reigniéy renégat.Ce que ne fit pas Assanagas, Espaignol reignié, que Barberousse avoit laissé dans Alger, Vil, 62.
Religieux^ religionnaires. Voyant (Montmorency).... les inso* lences que les religieux faisoient, et leurs presches, III, 296.
Rembitrrer (se), se barricader. Eux (des soldats huguenots) le voyant venir (d'Espan), se jettent dans un moulin.. , se renÂar* rent, se fortifient, tirent force harquebusades, YII, 289.
Remède^ puissance, vertu. Monstrant elle (Cléopâtre) par là son gentil esprit et courage.... pour le tenir (César), conmie elle s'en asseure bien, par le remède de ses extresmes beautez, X, 19.
Remettre (se), se rejeter. L'un se remettoit sur l'autre et disoit que la faute venoit de son compaignon, X, 33.
Remonstreiu-j qui fait des remontrances. Vous estes de beaux prescheurs, de beaux harangueurs et de beaux remonstreurs, I, 274.
Remparer^ faire des travaux de défense, réparer, travailler aux remparts.
Monsieur de Guyse estoit dedans (Metz) ATecques beaucoup de noblesse.
Faisant remparts de grnnd'addresse, Et remparant de toutes partz.
n, 272-273. Voy. PalU.
Rempeller. Voy. Rampeller,
Renarde^ qui tient du renard. Il (Dragut) forge en soy une astuce ny millitaire ny renarde, maïs du tout diabollique, II, 56,
Rencontres (faire), combattre. Voy là comment en toutes façons, soit pour bien, soit pour mal, les François ont estez hasardeux à rechercher les advantures et faire rencontres et entreprendre voyages, V, 403.
Rendre (se), devenir, Voy. ^aif.
Renduy rëparë. D'une herbe de prë tondue.... le dommage en est bientost rendu, IX, 544.
Renette ou reinette^ petite reine, espèce de jeu de dames ou d'ëchecs. Vous les eussiez veuz tous deux (Guise et La Brosse) consommer un' après dinëe à jouer à la renette du tablier (échiquier), V, 48.
Renfermé^ ferme. Le bonhomme de Sainct-Remy qui s'estoit en son temps trouve en sept ou huict sièges renfermez (c'est-àdire dans des villes complètement investies), Y, 419.
Rengoit^ rangeoit. François I*'.... rengoit tousjours ce petit roy Charles (VIII) parmi les plus grands roys de la France, II, 319.
Renommer^ signaler. Yoy. Lieu.
Repasser par le fouet^ tancer vertement. Âsseurez-vous qu'elle (Catherine de Mëdicis) la repassa par le fouet (Mlle de Limeuil) à bon escient, avec deux de ses compagnes qui en estoyent de consente, IX, 484.
Repairier^ rapatrier. Mettant (Henri II) aucuns de ses gens de guerre aux garnisons où il estoit besoing et donnant congé aux autres pour s'aller repatrier, III, 276.
Repentante^ repentir, regret. Dieu permet qu'elles (les veuves remariées) sont tant maltraictées et rossées comme il faut; après, les voylà aux repentailles; mais il n'est plus temps, IX, 674.
Repiquet ^ carillon; de l'espagnol repiquete. Je, n'a vois point faute d'amis, car en un demy son de repiquet de cloche j'avois toujours trois cens compaignons qui se venoient joindre à moy, VII, 49.
Réprimer^ blâmer, reprocher. Sur ce, il (Henri III) s'adressa i, Arques et luy monstra et réprima quatre mulletz qu'il avoit d'ordinaire, tant de grandz chevaux, courtautz, oyseaux et chiens et qu'il falloit se retrancher désormais de tout cela, II, 212.
Réprouvé (mettre quelqu'un à sens), le laisser dans son endurcissement, dans son vice. Voy. Rédigé.
Répugner^ contredire, s'opposer ; repugnare. Le soir de la battail]p gaignée à Ranty..., M. l'admirai luy répugna (au duc de Guise) sur un petit poinct que dict M. de Guyze; si que M. de Guyze luy dist : ahl mort- Dieu, IV, 287. Sa sœur (Anne de Beaujeu) qui répugnoit tant qu'elle pouvoit (à la liberté de Louis XII); car elle estoit fort vindicative, VIII^ 102.
Résonnemeni, retentissement. Ayant este (La Noue) appelle par le prince d'Orange et les Estats des Pays-Bas, sur le rësonnement de son nom et de ses beaux faits qui s'espandoient partout, VII, 209.
Résonner^ faire resonner. La voix d'un chascun s'alloit espandant et résonnant par la court et parmy la grand' cité, que bien beureux estoit cent et cent fois le prince qui s'alloit joindre avec cette princesse (Marie Stuart), VII, 409. Cf. Raisonner,
Résoudre (se), prendre un parti. Voy. Tire.
Respect j considération, motif. Il (le comte de Rhingrave) fut pris à la journée de Sainct-Quantin. Un cbascun pensa qu'on le fairoit mourir. Mais.... la guerre ne se faisoit plus contre l'empereur, mais le roy d'Espaigne..., A quoy le roy d'Espaîgne y eut esgard, qui ne voulut^ par ce respect, souiller sa conscience pour le faire mourir, VI, 222.
Respect de (au), à Tegard de. (Egmont et Hom) ne parlant d'autre chose que de leur faict de conscience et du tort qu'on leur tenrât au respect de la fidellité et obéissance qu'ilz avoient tousjours porté à leur prince, II, 160.
Respects^ égards. Voy. Comment,
Ressaré^ strict, sévère. Les refformez chrestiens et ressarez religieux les en louent et disent qu'il faut oublier les ofiances selon Dieu et sa paroUe; cela est bon pour des ermites et des récollez, V, 245.
Ressarement^ retraite, retirement. Voy. Regorgement.
Ressarrer (se), se retirer. Je vis feu M. de Guyze le grand détester ces eslévations (soulèvements) pis que le diable, aux premières guerres que quelques communes d'Anjou.... faisoient autant de maux aux catholiques comm' aux huguenots, et commanda aussitost qu'ilz se ressarrassent, V, 191.
Ressasier^ rassasier. Les réaumesde Scicille et de Naples estoient deux trop petis morceaux et réaumes pour ressasier et borner son ambition (de don Carlos), II, 102. Cf. III, 49; IX, 535.
Ressente^ récente. Voy. Déporter (se).
Ressentir^ sentir. L'empereur luy envoya (à Soliman) faire ses excuses si humbles qu'elles ne ressentoient nullement ce grand empereur, V, 61.
Ressentir (se), s'éprouver. Voy. Trister.
Resserrer^ enclore. Voy. Bestial, Cf. Ressarrer,
Ressonger^ réflëchir. Voy. Obstanî,
Reste (à toute), jusqu'au bout. Le roy Charles.... pour jouor sou jeu à toute reste contre ceux de la maison de Montmorency, Illy 363. Oudin explique cette locution par : fort et ferme.
Rétemption^ action de retenir. Ladicte reyne (de Hongrie).... fit arrester à ses portz tous les navires françois, à l'appétit de trois petitz navires flamans arrestez pour trois jours seulement..., combien qu'ilz fussent desjà délivrez et que ceste rétemption fust seulement particulière à Dieppe, V, 33.
Retenir^ arrêter, empêcher, détourner. Voy. Empérière et Par.
Retentipe^ mémoire; en italien ritentiva; en espagnol relent ipa. Pour tout il avoit (le cardinal de Lorraine) un esprit fort subtU, bon jugement et bonne retentive, IV, 275. L'on m'excusera aussi si je répette force choses et motz et parolles que j'ay dict quelques fois ; car je ne puis avoir la mémoire ny la retentive si bonne que je me puisse ressouvenir du tout, V, 294.
Retenu^ récalcitrant. Voy. Mener beau,
Retirade^ retraite. M. de Bayard qu'il (Bonnivet) engagea mal à propos à Rebeq, qui fut cause de sa retirade qu'il lui £adut faire en France, III, 62.
Retiré^ réservé. Il (le duc d'Albe) paroissoit de bonne façon, lAais fort froide et retirée et qui ne s'advançoit pas tant que Le Peloux, I, 95. Voy. Reffrené.
Retiré^ éloigné, écarté. Où se treuve-il de telles dames veulVes, si vertueuses et si généreuses que celle-là que, pour solemniser la perte du mary...., mena ceste vie retirée de secondes nopces? X, 72. (Le duc de Savoie) nous conta la prise (de la Goulette) et la faute grande de ces Espaignolz ainsi retirez de leur devoir et réputation, VU, 16.
Retirer^ reprendre. Ainsi qu'il (Alviane) estoit sur les dessaings de retirer Bresse et Véronne, II, 198.
Retirer^ recevoir. Voy. Désespérer.
Retorser^ tresser ; en italien ritorcere ; en espagnol retoreer. Les gentiles femmes de Cartage.... s'advisèrent de couper leurs belles tresses et blonds cheveux..., si bien qu'elles-mesmes, de leurs belles, blanches et délicates mains^ en retorsèrent et en firent des cordes, IX, 423.
Retourner^ remmener^ ramener. Après la battaille de Dreux,
Ton voulut pratiquer les siens (les rettres de Coligny) ; je le sçaj; il les retourna à Orléans, IV, 320. Cf. Ihid.^ 364j VII, 183.
Retourner^ revenir, Voy. Garde (donner).
Rétractation^ retraite. Elle n'avoit d'autre but (Marie de Hongrie) que de plaire et contenter son frère, et dès meshuy ne contenter le monde, et tenir compaignie à son frère (Charles-Quint) en sa rétractation et prières, IX, 619.
Refraictj privé. Voy. Anneau.
Rétribuer^ rendre, donner en échange. L'autre (la reine Louise) pour rétribuer ce présent, luy envoya (à Marguerite de Valois) de longs fers d'aiguillettes. ••• enrichis de quelques perles et pierreries, VIII, 76.
Réunion^ réconciliation. Voy. Parlement,
Revalery tomber, descendre. La Fortune le laissa (Gaston de Foix)..., l'ayant mené et conduict avec des pas douteux et dangers de revaler, III, il»
Revanderesse^ revendeuse. Son père (du mareschal de Raiz) fut banqueroutier à Lyon, et sa mère. M*"* du Perron, grande revanderesse de putains; et pour ce le roy Henry la prit en amitié,
Révérencial^ de révérend. Et (Louis XI) lui (à Bessarion) ayant mis doucement la main sur la barbe révérenciale..., il luy dict : Monsieur le révérend...., II, 348.
Révérentier^ traiter avec révérence. J'ay ouy dire à feu M. de Lansac qui estoit un vieux regestre de la court, que le feu roy François I*' disoit que telz grandz de son royaume, quand ilz arrivoient à la court, ilz y estoient venus et receuz comme petitz roys, c'est-à-dire qu'il n'y avoit que pour eux, du premier jour, à estre révérentiez, honnorez, IV, 74.,
Revesche^ étoffe de laine. Le lieu de l'exécution (de Marie Stuart} estoit dans la salle, au milieu de laquelle on avoit dressé un eschaffaut..., tapissé de meschante revesche noire, VII, 432.
Revestiaire ^ vestiaire. Antonio Roques (fameux brigand espa* gnol}.... ayant eu envie de se faire prestre dez sa première profession, le jour venu qu'il luy falloit chanter sa première messe, ainsi qu'il sortoit du re vestiaire..., bien revestu et acconmiodé à faire son office, IX, 444.
Reuestitoire^ vestiaire. Il (Ant. Roques) retourne froidement du my-chemin, et s'en va au revestitoire; là se dévestit, IX, 445.
LEXIQUE. soi
Repircmarion^ revers^ Boafflet. Il ne faut jamais attendre le dernier coup de la fortune adverse, ny de la prospère non plus, car gare le revire-marion I IV^ 52.
Révocation^ reprise. Ces princes qui font ces révocations de présens (il s'agit des bijoux repris par François P' à M*»* de Chateaubriand ] ne font pas comme fit une fois madame de Nevers, IX, 513. Cf. Réi^uer.
Révolter (se), retourner; en italien rivoltare. Et ne fit (le baron des Adrets] jamais si mal pour sa réputation que, puisqu'il s'estoit mis en ceste dance (le protestantisme), bonne ou mauvaise, qu'il ne la continuas! jusqu'au bout sans changer de party et se révolter à l'autre. IV, 32.
Révofjuer^ reprendre. Allei, dit-elle (M™* de Chateaubriand), portez cela au roy et dites-hiy que, puisqu'il luy a plu me révoquer ce qu'il m*avoit donné si libéralement (des bijoux), que je le luy rends et renvoyé en lingots d'or, IX, 513. Cf. Révocation.
Rezeur^ pour reteuil^ filet, broderie. Ma grand' mère.... à qui M. Louys d'Ârs.... fit un présent d'un grand linceul de rezeur de soye cramoisie, tout ouvré d'or et d'argent en personnages et de petis bestions, II, 392.
Ribatidain^^ la ribaude. Elle se laissa tomber derrière le cofire à jambes ribaudaines, IX, 522.
Ribauder^ faire la ribaude. Nonobstant laquelle (sa vieillesse) fut soupçonnée (Béatrix de Tende) de son mary d'aller ribauder ailleurs et pour tel soubçon la fit mourir, IX, 336.
Ribler le pavé^ battre le pavé (comme les filous). Il (don Carlos) aymoit fort à libler le pavé et faire à coups d'espée, fust de jour, fust de nuict, H, 106.
Rihleur^ batteur de pavé. Lorsqu'il (Bellegarde) estudioit eh Avignon, il luy advint, comm' est la coutume des escolliers ribleurs et desbauchez, de ribler et battre le pavé, tellement qu'il fit un meurtre d'un autre escollier, V, 195. Pontdorsé,... avoit esté grand ribleur de pavé à Tholoze, estant escolier, Ihid.^ 414. Cf. Ribler.
Ridicule^ moqueur. En après, d'un visage moitié courroucé, moitié ridicule et de mespris...., il luy dict (Louis XI à Bessarion) : Monsieur le Révérend, II, 348.
Rien (il n'y a), il y a un rien de temps. Il n'y a rien que nous avions le roy de Navarre, ares il est pour tous autres, IV, 38.
Rien pour eela^ rien de tout cela^ il n'en arriva rien. Ainsi qa'il fit (le roi de Navarre) envers M. de Beauvais-Nangy.... qui le quicta pour aller à M. de Guyze dont il luy en voulat mal mortel jusques à l'en menacer; ce que l'autre craignit fort quand il vint en sa régence ; mais rien pour cela, car plus grands amys que devant, iV, 369. Cf. IV, 44.
Rigofder (se], s'ëbattre, se donner du bon temps. Quelques mois avant, il recouvra quelque fille 4e joye belle, qu'il faisoit venir toutes les après-disnée dans la garenne de son père, car c'estoit en este, et là il s^esbaudissoit et se rigouloit..,. avec sa damoiselle, IX, 519.
Rigoureux^ rigide, austère. Voy. Rechignard.
Riote^ rioitej dispute, querelle; en italien riotia. Telles divisions, notes et contentions, I, 149, note 7. Cf. IV, 177.
Rioieux^ d'un naturel difficile ; en italien riottoso, J'ay fait faire ma robbe de la façon que les gens d'armes et cavalliers font à leurs chevaux rioteux et vitieux qui tirent du pied, IX, 129.
Risîre^ collet Une canonnade...» nous tua un capitaine et trois soldatz tout auprès de nous, qui nous couvrirent tous de sang et de chair ; et moy estant plus près de tous, j'euz le visage tout couvert de cervelle d'un, et un ristre de vellours verd, fourré, tout gasté, V, 333.
Rithmej vers, poésie. Il (M. de Nemours) a esté un très beau prince. •••, aymable et accostable, bien disant, bien escrivant autant en rithme qu'en prose, IV, 165.
Robe^ lùarchandise; en italien roba. Il ne fit seuUement (Romégas à un navire vénitien] que commander d'amener, faire sortir la gondolle en mer et sçavoir s'il y avoit robe de contrebande, V, 234.
Rxfbe (tourner sa), changer de face. Monsieur avoit acquis si grand'gloire jusques alors qu'il ne faloit tenter la fortune doubteuse de la guerre, et qu'il ne falloit qu'une heure malheureuse qu'elle ne toumast sa robbe et ne luy fist un mauvais tour, V, 119.
Robe (changer sa), changer de parti. Le marquis de Richebourg.... se rendit en un rien si bon capitaine, qu'il est mort (ayant changé sa robe) l'un des bons que le roy d'Espaigne eust là-bas, VII, 212.
RobeUe^ petite robe. Une procession qui s'y fit (à Rome) de
trois fois neuf, qui sont Tingt-sept, jeunes belles filles romaines... , vestues de robettes assez longuettes, FX, 414.
Robin^ niais, sot. Les autres par dernsîon s'en allarent tourner son nom (de Biron) et y trouvarent par anagramme Robin. «.. Pourtant il n'en tenoit rien, car c'estoit le plus habille homme de son temps et tout. Y, 131, note 3.
Rocque^ roque ^ château-fort, forteresse. Il (J. A. Doria) prit le Pignon de Bellys en Barbarie, qui estoit une rooque inexpugnable. II, 44. L'un entretint la grande avec tous les respects.... qu'il put...., sans faire jamais aucun semblant de s^ipprocher de près ny vouloir forcer la roque, IX, 406.
Roguer (se), faire le rogne. La Souche, qui faisoit si bien sa myne, et se targuoit et se roguoit..., qu'il ne faisoit cas de personnes, X, SS6.
Romance^ chanson espagnole. J'ay veu d'autres fois chanter en Espaigne une vieille chanson, que proprement on appelle la romance, VU, 162.
Rommeau. Je n'ai trouve dans aucun lexique ce mot que l'on peut expliquer par râle^ en le rapprochant du verbe roumer^ « respirer avec oppression et bruit )», donne dans le Ghss. du centre de la France^ de Jaubert. « J'ay ouy conter d'elle (de Marguerite d'Angoulème) qu'une de ses filles de chambre.... estant près de la mort, la voulut veoir mourir ; et tant qu'elle fut aux abois et au rommeau de la mort, elle ne bougea d'auprès d'elle, III, 124
Rompant j fragile, se brisant facilement. Voy. Vitrine.
Rompement, rupture, violation. Pour imiter mieux son ayeul le brave Charles de Bourgoigne et le bon rompu le roy Louys XI* en leurs faicts et condictions et principallement en rompement de foy, I, 33.
Rompre^ être rompu. Combien avons-nous veu despuys force huguenotz s'estre convertys et faictz bons catholiques I Les che« mins en rompent, IV, 307.
Rompre ia guerre^ y mettre fin. Voy. Guerre,
Rompre le pas^ changer d'avis. Voy. Ptts,
Rompu^ roué. Le bon rompu roy Louys XI*, I, 33.
Rompure^ rupture. Ce grand duc (d'Albe).... n'oublie le voyagé de M.deGuyseet la rompure de 8c>n desseing, VU^ 121. Cf. IX,
Rondelle^ rcmdache ; en italien rondeUa. Voy. MuseU. Cf. Henri Esdenne, p. 278.
RmdelUer^ porteur de rondelle. M. du Gua ae retira gallantement et en rondelHer, comm' on dict, V, 359.
Rnngneare^ retranchement. Ces pouvres gens (les chevaliers de Malte) ne dévoient point avoir telles rongneures en leur bien,
Router^ routier. U y eut un vieil rottier, soldat allemant, qui s'advança à luy dire, I, 344. Il n'y a nul vieil capitaine^ ny rottier, fantassin de guerre, qui ne die que nostre harquebuzerie, le temps passëy n'estoit pat telle #n armes comm' ell' a este despuis,
Raner^ tourner. Nous trouvons qu'aucuns de nos roys, et mesmes de nos modernes, ont estes fort subjectzà changer ainsi la fortune d'aucuns de leurs favorys et les faire rouer autour de sa roue ainsi qu'il leur a pieu. Y, 205.
Rouler y dërouler. Voy. Dëbomé.
Roupture^ routure^ rupture. U (d'Aumale) n'estoit pas encore bien guëry de sa rupture d'espaule, IV, 283. On l'accuse (Henri II) de la routure de la trêve faite entre luy et l'empereur, I, 121,
Route ^ routte^ dëroùte. Voy. Désordonner, Cf. IV, 116.
Routure. Voy. Roupture.
Roîfiller^ embarrasser; de l'italien rof^i^/iartf. A ce qu'elle me dist après, fut esbahie davantage, quand, sans y penser, elle me veid en ceste noble assistance de fiançailles, la regardant et rovillant de mes yeux fixement, IX, 667.
Royaume (le), le royaume de Naples. En tout ce voyage, il ne se présenta que deuxbes^ux sièges, qui furent celuy de Valance en Piedmont et celuy de Civitelle vers le Royaume, VI, 173. Voy. Règne,
Royauté (à la), à la royale, en roi. (Charles IX) parloit bravement, hardiment, autant ou plus à la soldatesque qu'à la royauté, V, 282.
Rubarbaratif^ rébarbatif. Voy. Rébarbératif.
Ruer Jus ^ mettre à bas.
FranccBur je tuii, monté sur Bon-Renom, Pour ruer j ut de NéceMÎté «hance, X, 107.
Rural. Voy. Ruraut.
Buraut^ /wa/, rustique, grossier. Ccstuy-cy (Montgommery).... en devoit faire de mesme, et percer et traverser dix ou douze fois le pays barbare, ruraut et rude des Grisons, III, 29Î. Cf. VU, 407.
Sarqitemens, gens de sac et de corde. Mesmes que leur bùdn (des soldats de Bourbon à Rome) ne leur proffifarent point non plus qu'à plusieurs massacreurs, sacquemens, piilardz et paillards de la feste de Sainct-Barthëlemy, I, 276.
^ar^irer (encore usitë en Saintonge), mettre ; en espagnol jracar. Je suis si prompt de la main que, pour le moindre vent qui me passe par les oreilles, je me tourne, je sacque la main à l'espëe,yil, 22.
Sacrés polumes (les), les Saintes-Écritures. Fut faict et preschë un beau sermon par le vénérable confesseur du roy, raaistre Parvy, docteur fameux es sacres volumes, VU, 323.
Sacristant^ sacristain. C'est ceste-cy (cette ëpée) avec laquelle on tua le sacristant de Sainct-Luce, VU, 47.
Saffran (être au), être dans la misère, faire banqueroute. Un que je sçay du règne du roy Charles XI*, de qui le père estoit un banqueroutier, le fils pauvre et au saffran, III, 75. Cf. IV, 330. Voy. Tapis.
Saffrette^ pimpante. Au partir de là (du lit), bien babilla, elles sont saffrettes comme poupines, et d'autres fardëes et pintrées comme images, IX, 279. Cf. i^iV/,, 469.
SagCj savant. Voy. Ascendant.
Saigner^ blesser, tuer. M. de Guyse, oyant la rumeur.. ••, sort Fespée au poinct, appaîse le tumulte (à Vassy) et ne saigna jamais personne, IV, 236.
Saillie^ sortie, attaque. Voy. Marine.
Sainciure^ sainture^ ceinture. J'avois, par cas, à la saincture pendue la clef dorëe de la chambre du roy, V, 208. Cf. IX, 638.
Sainture (laisser la), faire cession de ses biens. Voy. Qki/iqueneiie.
Saison (la vieille), Tâge avance. La grande industrie qu'elle (Cezonnia) avoit pour l'exercer (la paillardise), que la vieille saison et pratique luy avoit apportée, IX, 333.
Sataudementj d'une façon sale. A quoy le badin fat Diogène Cinicus rencontra badinement, mais salaudement pourtant, IX, 235.
Sallaudir (se), se salir. Voy. Suspend.
Sallaudriej^ saleté. Un jour la reyne (Anne de BreUgne) luy
aiant demanda (à •rignaux) qudqnas mots en espagnol pour les dire à Tambassadear d'Espagne, et luy aiant dit quelque petite sallaudrie en riant, elle Tapprit aussitost, Vil, 317, Yoy, Anille.
SaUette^ petite salle; en italien saletta. Ainsi qu'est la coustume et la grandeur de la dame d'honneur de manger tousjours à un' autre table, dans la mesme salle ou saliette de la reyne, sa mais» tresse, II, 236.
Salmiion^ salut. Cestoit un traict plus d'un fin et ruse capitaine que non pas d'un sellé et curieux de la salvation de son compagnon, M. le connesuble, lY, 247. Cî. VI, 312, VU, 43. Voy. Obruer.
Sang (sujet au}, sujet à verser le sang. Le roy Henry d'Angleterre fit mourir sa femme et la décapiter, Anne de Boulan, pour en espouser une autre, ainsi qu'il estoit fort sujet au sang et au change de nouvelles femmes, IX, 24.
Sanglant^ sanguinaire. Si M. le marquis (de Marignan) et le duc de Florance fussent estes aussi cruels et sanglants comme ils furent gracieux et courtois, IV, 47. Cf. IX, 5.
Sans qucy sans cela que. Il (Nevers) prit aussi la Ganache (La Garnache) et autres places ; et sans qu'il fust mande par e roy, amprès la mort de M. de Guyse, pour aller secourir la citadelle d'Orléans, il eust fiiict autres conquestes» IV, 385.
éSaottl. Voy. Benott,
Sapper^ piocher. Voy. IX, 562,
Saquebutier^ joueur de saquebute (espèce de serpent d'église). Clairons, trompettes, saquebutiers, tabourineurs, harpeurs, II, 301«
Sarré^ serré, enfermé. Comme les espics de bled, emprès qu'ils sont moissonnes, cuyllis et les blés sarrés, I, 215. Et estoient tous sarres dans les forts, I, 263.
Sarré^ fermé. En les menant pourmener (les femmes mariées) partout sans leur faire tenir chambre sarrée, comme l'on fait à Rome, I, 275. Cf. III, 100.
Sau^ sel. Voy. Diantre,
Saugrener^ assaisonner. Et Dieu sçait quand leurs maistres (aux écolières) veulent estre meschans et qu'ils font de telles leçons à leurs disciples, comment ils les sçavent sangrener et donner la sauce, IX, 572.
«9aiig7-e/i^i/^, piquant, salé, saugrenu. J'en eusse allégué d'antres enoor (des contes) eneor plus sangreneax el meillearly ULf 230.
LEXIQUE. t07
M. de la Roche-du-Biayne jurpit : <c Teste- Dieu pleine de reliques, »...• et aatres que je nommerois plus saugreneuz que ceuxlà, II, 398.
Saupiquet^ sauce piquante; conte gras en saupiquet^ conte ëpîc^. Je prie toutes les honnestes dames qui liront dans ce chapitre aucuns contes. ••• me pardonner 3'ilz sont un peu gras en saupiquet, IX, 229.
Sauvagine^ bête sauvage. Après plusieurs et diverses morsures (le chien) Taterra (un cerf) finalement, cooune il avoit faict la sauvagine du matin (un loup-cervier), X, 110.
Sauue^ sauf. Dans deux coups l'autre demeura roide Qiort sur la place, et La Chapelle sain et sauve se retira, YI, 356.
Situveié^ sauvette^ salut, action de sauver, sauvetage. De peur que.... l'universelle sauvette de la fortune publique ne tombe en danger in^parable, I, 201. Voylà une très belle recognoissance de courtoisie et sauvette de vie, IV, 226.
Sauveté^ sûretë. Voy. Grabouii,
Sauveié (à), en sûreté', hors de përil^ avec garantie de la vie. Estant parti (Uenri lil) de Pouloigne à la dérobée et grandes traictes, il se vint jetter, quasi par manière de dire, dans ses bras (de Maximilien II), à sauvette, I, 89. Il (Castelnau) se rendit, sur la parolle dudict M. de Nemours, à sauveté et qu'il n'auroit aucun mal, m, 182. Cf. I, 25i. Dont fallut qu'il (Thorë) se retirast en AUemaigne en sauveté, tant pour le danga*que pour y dresser et amasser une petite armée, III, 37S.
«Va/r, espèce de casaque. L'empereur marchoit monté sur un fort beau genêt d'Espaigne.... armé de fort belles et riches armes d'orées et couvertes d'un saye de drap d*or, I, 43. Cf. Séon.
Scabreux^ difficile; en italien scabroso. Voy. Exate. Cf. Esca-' breuxj Sc€Uabreux,
Seatabreux^ scaUabreux^ dangereux, difficile. M. le vidasme (de Chartres)..., disoit qu'il en avoit vende fort belles et chaudes (escarmouches) en son temps, mais n'en avoit jamais veu une si scalabreuse que cela, III, 370. Aussi disoit-on de luy (La Chastaigneraie) qu'il estoit trop haut à la main, scallabreux et querelleux. Y, 87. Cf. Escallabreux.
Scalabreusemeni^ dangereusement. M. de Guise en ayant longuement exercé la charge (de commandant des gens de pied) et fort flcalabreusemenly UI| 227.
Sealdatif^ ëcbauffant. De bons j^nds fuistesy que Ton a in- "ventes depuis quelque temps, avec force pistaches, pignons et autres drogues d*apoticaires scaldatives, IX, 221.
Sçarortj sauroit. Voy. Innoble,
Sçapoir^ oser. Voy. Ordre,
Sçavoir mon (à), c'est à savoir. J'ay veu faire une demande et dispute À sçavoir mon : s'il e^t permis de punir des poltrons qui ont fuy des batuilles, IV, 19. Àssçavoir mon, si l'empereur se fust tant advancë en parolles, IIl, 100.
Sçàvous pas (ne); ne savex-vous pas. Ne sçavous pas l'ordonnance qui a été faite, de ne sortir sans passeport du prévost des marchans? VII, 87.
Séisme^ schisme ; en italien seisma; en espagnol cisma. Voy. Diversion, Cf. Sismaiique,
Seonder^ seconder. Une (dame) que je sçay, laquelle estant i la suite d'une grand' dame marine, ainsi que ceste. grande dame fut surprise dans sa chambre par son mary, lorsqu'elle ne venoit que recevoir ung petit poulet de papier de son amy, vint à estre si bien scondëe par ceste soubz-dame, etc..., IX, 549. Voy. Se^ conder.
Séance^ ce qui sied, ce qui convient, convenance. Voy. Pnh prêté.
Seconder^ servir de second. Voy. Tiereer, Cf. Scander,
Secourir^ venir en aide. Voy. Jnesgal»
Secours (envoyer au), envoyer demander du secours. Voy. Bn^ vojrer. — Brantôme emploie aussi dans le même sens l'expression courir (recourir) au secours.
Secret^ cache. Voy, Mire,
Segréiajrre, secrétaire. A ce que j'ay ouy dire à ce grand M. de Vyginaire, son secrëtayre et grand favory (du duc de Nevers), IV, 377,
Segrèie ou secrète^ espèce de casque appela aussi pot de fer. Azevedo s'estant entre dans le camp, le prieur de Messine vint porter deux segrettes et deux rapières bien tranchantes, VI, 258.
Seillau^ seiiiand^ seau. Le page.... tire de l'eau du puis d'Aysnay mesmes, et aînsy qu'il advisoit le seillau dans le puis, III, 176. Cl, IX, 276, 712.
Séjour (être de), séjourner quelque pait. Quand ils estoient de sëjour (Guise et La Brosse) et qu'ils n'avoient rien af&dre que
passer im pen k temps, tous les enssîes reûz tous deaz consommer un' après diaée à joaer à la renette du tablier, V, 48.
Selon que^ d'après ce que. Voj. Dire (avoir à).
Semblance^ ressemblance, image, portrait. C'est un très bon et gracieux prince (Montiiensier), vraye semblance de ce bon roy sainct Louys, V, 26. Cf., II, 320; X, 70.
Semhtant^ mine, visage ; dans le sens de l'italien semblante et de l'espagnol semblante, La dame pour cela ne luy en fit (à Brissac) mauvais semblant ; . mais elle mourut quelque temps après, VI, 143.
Sembler^ ressembler. Et dtsoit le roy François qu'ainsy il falloit rëgner ; qu'il (Louis XI) sembloit un juge de Montravel en Përigord, II, 346.
Semoml^ ça mon, oui, vraiment. Semond, semond ; ouy, ouy, nous en sçavons et en faisons de bonnes ; car nous sçavons des secrets que tout le monde ne sçait pas, IX, 570.
Sénateur^ magistrat. Le roy luy donna (au prince de Melfe) pour commissaire et adjoint le président Cotel^ très babile auvergnac et grand sénateur, II, 231. Cf. VI, 367.
Sens (perdu de). Voy. Perdu,
Sens froid^ sang-froid. Puis luy demanda de sens froid (une dame à François I*') comment il vouloit qu'elle le servit, IX, 480.
Sens réprouvé, Voy. Réprouvé,
Sentence^ décision, volonté. Voy. Impériosité,
Sentencier^ condamner. Plusieurs disoient que s'il (D'Àmville) fust mort de ceste poison, que M. de Montmorency fust été sentencié, III, 365. Le lendemain de sa prise, il (G. Pizarre) fut sententié à mort et à estre décapité, VII, 97. Voy. Esgard,
Sentiment, ressentiment. Voy. Parti,
Sentir y entendre ; en itilien sentire. Le marquis (del Gouast) vint trouver le roy, lequel le sentant venir» vestu d'une belle robe fourrée de' martres snbelines, et un chapeau de plumes à la soldade, l'alla recuillir jusques sur le perron de l'escalier, I, 208. Cf. II, 170; VllI, 124. Voy. Locataires,
Sentir y paraître. Desquels (des violons de Brissac) en ayant esté faict grand cas au feu roy Henry et à la reyne, les envoyarent demander à M. le mareschal pour apprendre les leurs qui ne valoient rien et ne sentoient que petitz rebeczd'Ëscosse au prix d'eux, IV, 82.
Sentir^ être tonchë, se ressentir. Voy. Foguer,
Séfm^ sayon, espèce de casaque. Hz estoient accontbnezde.... mantellines, sëons de drap d'or, de vellours ou satm découpes, II, 304. Voy. Piumar.
Séparé, éloigné. Voy. Bébarbéraiif.
Séparer le combat^ séparer les combattants. Enfin la nuict arrive et sépare le combat, VU, 289.
Serayne^ sirène. Faut qu'3z bouschent leurs oreilles, oomme on fait au chant des seraynes, VII, 63,
Sercot, surcot. Ladicte efiSgîe (delà reine Anne) estoit..;. vestue dessoubz d'une cotte de drap d'or, et dessus un grand seroot de vellours cramoisy de pourpre, VII, 322. — On lit dans Oudin, et sans autre définition, au mot surcot : a Un sui*cot que les reines mettent et vestent sur leur cotte. »
Serée^ soir, soirée. Gomme fit ce brave Philippe de Vallois après la battaiile de Crécy, cfui, après avoir combattu tout ce qu'il se pouvoit jusques à la serée, II, 73. (M. d'Imbercourt) n'aymoit point aller aux matinées ny serées, ny prendre tant ses aises aux frescheurs, II, 405..
Séreinetéj sérénité. Son beau visage blanc, qui ressembloit un ciel en sa plus grande et blanche séreineté, VIII, 37.
Sériositéj chose sérieuse ; en italien seriosifà. Il y a de la sériosite et de la joyeuseté meslées ensemble, VII, 3.
Serpentin, pièce de la platine du mousquet où l'on appliquait la mèche allumée. La roesche de Tharquebuz se portoit par le soldat toute entortillée en rondeur dans le bras, fors le boutdelamesche que Ton tenoit en la main, pour la mettre au serpentin, VI, 73.
Serré. Voy. Donrois^ Sarré.
Serviahle^ de serf, servile. Je me puis servir de vous autres en telle et vile condition serviable qu'il me plaira, VIII, 177.
Serpfable^ digne d'être servi. Cette dame (Diane de Poitiers) emportoit tousjours les plus belles fleurs de son jardin (de Catherine de Médicis) ; ce qui faschoit fort à la reine, car elle se sentoit aussi belle et agréable que serviable, et digne d'avoir de si friands morceaux, IX, 283.
Ses^ pour ces, La confusion, au point de vue orthographique, du pronom possessif et du pronom démonstratif , est très fréquente dans les écrivains du XVI* siècle,' et il faut y faire une grande f^ttention, oar elle peut souvent être la cause de graves erreurs.
LEXIQXTE. 211
Seurié^ saufKk>ndait. Je me deffiois (dit SforM a Gharles-Quint] de vos capitaines et généraux qui m'ont faiet tant de tort, et m'en eussent faict de mesmes, m'estant mis en chemin sans votre seurté, II, 216.
Sif signe, marque. S'il Teust bien veue et recogneue toute nue (un mari sa femme)..., il Teust cogneue à plusieurs sis, possible, IX, 68 ; ibid., 500. Cf. VIII, 96.
Siy condition, convention. Et despuis, par traittë, nous nous sommes dellivrez par tel si : Fouille et Calabre luy demourent (à Charles de la Paix), VIII, 163; IX, 6.
5/, défaut. On ne donna que ces deux sis à ce grand roy Anthoine, sinon aussi qu'il estoit fort adonné à l'amour, IV, 370. M. de Montpensier..., a esté un prince qui en ses colères a esté fort subject à gourmander et offenser les personnes : aussi n'avoit-il en luy autre Ky que celuy-là, VI, 495. Cf. VII, 312.
Siy six. La première fois, il (Valesergues) y mena (en Turquie) si braves soldatz et un capitaine, V, 388.
•S/, pourtant. Si ceste bataille luy fut malheureuse pour sa prise (la prise de François I** à Pavie), elle luy fut bien autant heureuse si après ce malheur..., pour avoir esté estimé le plus vaillant homme de son royaume, III, 148.
52, ainsi. Si ay-je ouy dire à un grand personnage théologien, V, 148.
Si bien que^ quoique. On vîst aux pleines de Farsalle, mesmes Romains, dit Lucain, mesmes aigles, mesmes armes et pareilles ordonnances et formes de guerre, si bien que Pompée mit force estrangers ramassez et vraie racaille, IV, 336.
Si que^ si bien que. On sçait aussi comme il (Gharles-Quint) brava et meniassa la France... ; si que ces parolles hautaines et rodomontades braves donnoient un grand effroy partout, VI, 215. Voy. Brœ^ Désagréer^ Irrecognoissable^ Perrucque,
Si très tant y tellement. On les suivoit (les reitres) par les pistes de leurs chevaux las, boiteux, qu'on trouyoit par les chemina, titrés unt que la ^uspart.... les laissoient'à l'abandon, IV, 321.
S^ii (pour ce il), k ce qu'il. La mer estoit si haute qu'elle nouspouvoit adonq' couvrir, s'il nous sembloit, VIII, 163.
Siê-çogae (faire) (pour scie^vogué), virer de bord. Dragut fit lever Tanere et faire sie-vogue, tant qu'on Teust perdu de vue, II, 52, note.
Siedsoir^ seoir. S'il haj (au cardinal de Châtîllon) siedsoit bien de tenir une si çrande dignité ecclësiastiqae et en exercer la religion contraire, II, 2S9.
Sien^ à soi. Sien nonporeil^ qui est inférieur à soi. Yoj. IfonpareiL
Sigilléy ciselé; sigiUmius, H (le duc d'Anjou) achepta d*un orfèvre une très belle coupe d'argent doré..., la mieux élabourée, gravée et sigillée qu'il estoit possible, IX, 4S.
Signallément^ d'une manière signalée ; en italien segnaMtamenie^ en espagnol senatadtunente. Le plus grand roy de toute l'Eu* rope pris en une battaille signallément par la vertu de ceste grandissime nation, I, 232. Voy., sur l'introduction du mot signalé^ H. Estienne, p. 72.
Signe^ cygne. L'autre (tableau) d'un Mars coucbé avec sa Vénus, l'autre d'une Lœda couchée avec son signe, IX, 50.
Signet^ seing, signature. Une chose que j'ay notté en ses lettres (celles de Louis XI), c'est qu'en une centaine que j'en ay ven, au diable le seing d'un seul signet, ny le sien particulier que j'y aie veu, II, 334. C'estoit l'homme du monde (Saint-Martin) qui contrefiiisoit mieux toutes escritures et signetz, tant vieux que nouveaux, IV, 117. Cf. Ibid., 325.
Silier^ fermer.
Ores bien qne j*ay met yeux aillez pour désormaif, X, 8L (Nous n'avons plus que le yerhe dessiiler,) Simplesse^ simplicité. J'en ay veu plusieurs reffuser des places de capitaines, pour demeiurer en leur simplêsse de soldats, tant ils l'y plaisoient, V, 367.
Sincérité^ pureté. Si fut aussy respandu sur leors cheveux force çynamome d'Ethiopie, l'odeur et la sincérité duquel n'avoit point esté altérée ny gastée par l'attouchement des hommes, X, 26-27. Singesse^ femelle du singe. En son bras gauche (le grand prieur) avoit, au lieu d'un petit enfant, une petite singesse, qui estoit à luy, IV, 160.
Sinon^ personne que, rien que. Et n'aiant (Louis XI) auprès de luy, sinon son fol qui le descouvrit, II, 329, note 3.
Stsmaii^ue, schismatique ; en espagnol cismatiro. Ayant (Urbain VI) pris prisonniers sept cardinaux sismatiques et bandez contre luy, en fit jetter à Gènes quatre au sac dans l'eau, II, 200. Cf. Scisme,
Sotdade (à la], à la soldat; de l'espagnol #o/</aiiSc7. Voy. Sentir.
Soldatiesque^ de soldat (en bonne part). Ceux ausquelz il (Guise) lear apercevoit une bonne façon et grâce belle soldadesque^ les caressoit bien fort. Y, 373.
Soliladin^ soldat ; diminutif de l'es[>agnol soldado. Un capitaine, enfant de Poictiers, qui s'appelloit La Roue, gentil soldadin certes, mon grand amy, II, 46.
Songeart^ songeard^ endormi. Voy. LentitudCy et Sourdaut.
Songeart^ songeardy méditatif, rêveur. Estant (Qiarles IX), fort ouvert, prompt et actif, vigiliant, esveiilé et |)«u songeart, comme doit estre tout dissimulateur, V, 2S4. Voy. Bizarre.
Songneux^ soigneux. Quand il (Montgommery) avoit une fois le cul sur la selle, c'estoit le plus vigiliant et songneux capitaine qu'on çust sceu voir, IV, 359. Cf. IX, 54.
Sonner f jouer. Les violons montans jusques à une trentaine, sonnans quasy un air de guerre fort plaisant, VII, 371. Cf. IX,
Sonner^ résonner. Voy. Raisonner»
Sonneur de cornet^ joueur de cor. Voy. Harpeur.
Soiterie^noûe, farce théâtrale. Paradvant on ne parloit que des farceurs, des conardz de Rouan, des joueurs de la basoche et autres sortes de badins et joueurs de badinages, farces, mommeries et sotteries, III, 236.
Soubstenir^ soutenir. Voy. Condictionner,
Soubz-iiamef dame suivante. Voy. Scondé.
Soucier (se), avoir du souci, s'a£Biger. Elle print (Valentine de Milan) un chantepleure ou arrousouer pour sa devise,' sur le hault de laquelle estoit un S en signe.. •• que seuUe souvant se soucioit et souspiroit, VU, 350.
Soudardaiile (la), les gens de guerre, les soudards. Pour pratiquer si souvent la gendarmerie et soudardaiile, elle (Eléonore de Guyenne) se laissa fort aller à son honneur, jusqu'à là qu'elle eut à faire avec les Sarrasins, IX, 433.
Sourfve^ suave. On ne vist que dragée de toutes sortes plouvoir et gresler, et.... plouvoir amprès toutes sortes d'eau de senteur, si bonnes, si odorifférantes et si souefves que la compaignie en demeura en toute admiration, VI, 116.
Suuffrener^ gémir, soupirer. EUe (M"» d'Usés) s'estant desparQre d'auprès de lui (François W), se mit à faire semblant de plorer,
2i4 LEXIQUE.
se tourmenter et crier, et souffrener, comme si ell' eust senty quelque grand mal ou fortune, III, 91.
Souffreteux^ plein de soufirances. Auquel voyage (d'Italie) fut (Louis XII) en plusieurs përilz et dangers, tant sur le combat qu'il fit.... que pour la fiebvre qu*il y eust et le souffreteux siège de Novare, où il mangea jusques aux chats et aux rats, II, 359.
Souffrir^ endurer. Mal aisément il souffroit en jeu, quand on le youloit picquer ou par trop agasser, VI, i44.
Souplesse^ tour d'agilité. Gentilz compaignons qui avoient bons corps pour fayre souplesses, II, 301. -
Souppe à quelqu'un (donner une), l'appaiser en lui donnant un morceau. On leur donna à tous deux (Montpensier et le cardinal de Bourbon) ceste petite souppe à la gorge (ainsi parloit-on) qu'ils seroient les chefs du Conseil. El sur ce encor, la reyne les sceut bien mener et plastrer, qu'ils se sentirent encor très heureux de ce petit morceau. Y, 14.
Souppée (la), le souper. Par ainsi se passa la souppée aux despans des capitaines de Piémont, IV, 78.
Sourdaut^ silencieux, taciturne; en espagnol sordo^ Telle bu* meur active lui plaisoit fort (à François I*') en ses enfans, et aux gentîlhommes françois, ne les estimant point s'ils estoient songeards et sourdauts et endormis, III, 180.
Sous quelquun (danser), danser aux sons de sa musique. A M. d'Estrozze il (Charles IX) luy fit donner un luth.... et dtst audict M. d'Estrozze qu'il en jouast..., et puis commanda à M. de Brissac de danser soubz luy, VI, 142.
Soustenemertty action de soutenir, de supporter. A toute heure, ilz (la garnison de Metz) fHÎsoient des plus belles sorties du monde qui valoient bien des soustenemens d'assautz, IV, 190.
Soustraire^ extraire. Et sur ce (les prédicateurs) s'aydoîent de quelques passages qu'ilz alloyent soustraire de TEscriture Sainte pour leur faire trouver la sausse bonne, I, 123.
Souveraineté^ souverain. Pour retourner encor aux obligations, qu'aucuns publient et cellèbrent tant, que nous devons à nos pays |
et à nos souverainetez, en quoy peuvent-elles estre si grandes? VII, 236. Voy. Supériorité. \
Soyent'-ilzy quels qu'ils soient. Tous et toutes, soit grands oa grandes soyent-ilz aujourd'huy, paressent auprez d'elle (Jeanne i
de Naples) comme une petite estincelle, VIII, 175.
LEXIQUE. 2i8
Sopposer^ «apposer; en italien sopptmere. Voy. Composeur,
Soudre^ sourdre. Et si en cuida soudre entre deux frères (Henri IH et Henri de Navarre) quelque contention sourde et hayne,VIII, 68.
SpcUvertuie^ le même mot que espaiverade. Voy. ce mot. En ▼oyià sortir six (galères).... lesquelles n'estoient des pires choisies, niais très bien spalverades, IV, 151.
Spéciauté^ curiosité. Pour sa souvenance^ il (le cardinal de Bourdeille) ne nous laissa que son chappcau de cardinal que nous gardons par grande spéciauté, III, li2« Je luy ay ouy dire aussi (à La Garde) qu'il avoit veu au Grand Seigneur un peonacbe de plumes de phœnixy et qu'il luy avoit fait monstrer par grand' spédauté, IV, 142. Cf. IX, 48.
Spécieux, beau ; dans le sens de l'italien spezioso. Mais c'est chose trop spécieuse qu'une couronne pour demeurer si conscientieux (à tenir sa parole), VIII, 191. Nom (celui de gueux) certes vil, par trop bas, fatal et malheureux, bien différent de celuy qui est veau après, qu'on nomme Estatz, nom certes plus beau, plus spécieux et plus heureux que le premier, II, 153.
Spirituel (chevalier), chevalier du S. Esprit. Les pages.... de tout temps ont poccession de faire la guerre aux passans parmy eux, mais non si cruelle ny si scandaleuse, comm' ilz firent à ce pauvre hère de chevallier spirituel, V, 108.
St€Lse^ extase. Ce que l'autre (l'amant) accomplit, demeurant toute la nuict en grand' stase, tentation et continence, IX, 6. Cf. Estaze.
Stretie, accident, mésaventure; de l'italien stretta. C'est ast' heure à penser, quand le marquis (de Pescaire).... sceut cette strette, le contentement qu'il eut et la risée qu'il en fit, 1, 234. Les Espagnolz disent qu'après que ceste strète et mocquerîe fut faicte par Charles de L'Anaoy à tous ces grands capitaines, I, 227. Cf. VI, 389. Voy. Esiretie.
Stygien^ du Styx. Voy. Oublieux.
Subelin. Voy. Sublin.
Suheline (martre), zibeline. Voy. Sentir,
Subjeci^ assujetti. Voy. Eschapper et Sujet.
Subjection^ sujétion. Si bien que les Ferruccys qui paradvant la tenoient en subjection (Civita Castellano), II, 205. Cf. X, 37. Voy, Suspect.
SuhUn^ subeli\ habile. M. Marillac, qui estoit subelin à bie parler, I, 83. Voy. Talent.
Sublin^ subtil, fin. Le roy en trouva le mot très bon, comm' il estoit, et subliu, et toute la compagnie, Ht, 217.
Sublin^ sublime. (Charles-Quint) fraia le chemin à tous les plus sublins espritz de la terre et leur monstra que, pour gaigner le ciel, il faut fouler aux pieds les grandeurs de ce siècle, I, 57, note.
Sujet à, expose à. Une fort belle et grande dame que je ne nommeray point, estant fort sujette aux mëdisances, quitta un serviteur fort favory qu'elle avoit, le voyant mol à départir de la main et ne braver et ne quereller, pour en prendre un autre, IX, 401.Cf. iWc/., 469.
Sujet au saiig^ voy. Sang.
Sujet (se rendre), s*assujettir. Le roy disoit que M. d'Espemon ne s'y rendoit pas subject (à sa charge de colonel) et qu'il s'amusoit trop aux autres grands charges qu'il avoit touchant ses • gouvernemens, VI, 103.
Sumerger, submerger. Voy. Obruer.
Sumiiéf sommité. Renaud.... luy paracheva de parler et dire qu'il sçavoit combattre estant cache parmy les bois, et semblablement sur la sumité des montaignes, VI, 392.
Superbelé^ suprrbité^ magnificence. Après avoir bien recogneu (Charles -Quint) la grandeur, la fertilité, la beauté et superbeté et forteresses des villes (de Flandre), I, 36, note 2. Cf. II, 304, IV, 149, IX, 636.
Supercherie. Voy, Orion.
Voici comment l'un des interlocuteurs des Dialogues de H. Estienne, Celtophile, explique ce mot qui comme la chose qu'il exprime « a eu sa naissance en Italie : » a Supercherie, dit-il, c'est à mon avis quand quelqu'un vient assaillir un autre sur lequel il a avantage. Or, vous sçavez qu'on peut avoir tel avantage en diverses sortes, mais en deux principalement : sçavoir est, quand on est en plus grand nombre, ou quand on est mieux armé. Et encore plus grande est la supercherie quand ceux qui sont armez se ruent sur ceux qui du tout n'ont pomt d'armes, ou quand plusieurs se ruent sur un seul » (p. 56, 57). Voy. encore p. 59, 603-605, au sujet de l'emploi de ce mot avec le sent
de tromperie, de fraude, que nous lai donnons aujourd'hui et qui alors ëtait tout nouveau.
Supériorité j puissance; en espagnol superioridad. Certainement ilz pouvoient esviter le danger préparé et fuyr la fureur ^e la patrie et de la souveraineté irrita..., afin de donner occasion à leur supériorité de s'appaiser, Vil, 238.
Supernaturel^ surnaturel. Il (Saint- Martin) sçavoit beaucoup de secretz naturels et supematurels, IV, ii7.
Supernuméraire^ surnuméraire. Ledict sieur d'Aluye arrive, qui promet audict sieur de Bourdillon un estât de mareschal de France, le premier vacquaht, voir un supemuméraire, V, 76.
Suppéditer^ mettre sous les pieds, dompter. Si vous estiez bien uny avec vostre roy et frère, vous nous fairiez à tous la loy, et nous braveriez et nous suppéditeriez tous, V, 143. Cf. IX, 59.
Supporter ^ soutenir, appuyer. Voilà pourquoy ledict prince (de Portien) couroit grand' fortune et avoit tort d'avoir voulu braver, bien qu'il fîist assez supporté de messieurs de Guise, YI, 491. Cf. X, 72.
.Sur, pardessus. Yoy. IX, 561.
Sur ses jours^ à la fin de ses jours. Yoy. Déliées.
Surcéer^ surseoir à. Et pour ee (les juges de Salvoyson) sur* céarent la sentence, IV, 104.
Surpassé de^ supérieur à. Advant ces deux grandz capitaines et corsaires Dragut et TOuchaly.... avoit esté ce grand Barberousse, le surpassé de tous deux..., duquel*. •• le monde sçache que amais des Romains ny des Grecs.... il n'y en a eu de tel, II, 67.
Surpefy^ surplis. Elle (une carpe) à tous coups, soubs sa robe (la robe d'un prêtre) et surpely» levoit la queue, III, 284.
Surprendre^ tromper. Yoy. Doubte.
Survenir^ subvenir. S'il faut vendre de son bien pour survenir à un voyage de cour ou de guerre, IX, 173.
Sus^ sur. Que maudite soit-elle (la mort) qui me le ravit (le duc d'Anjou) çt à d'autres honnestes gens qui avoient mis sus luy leur confiance comme moy, Y, 209.
Sus (mettre à), imputer, reprocher. Louis XII* succéda à Charles sans aucune contradiction que aucun s'y opposast, en luy mettant à sus le port d*armes contre son roy et sa patrie, II, 357.
Sus (à), sus. Yoy. Jsstu.
Sh$ bou$. Yoj, JBout,
218 LEXIQUB.
Sasanmè^ naanné^ charge d'années, soiannë. Bile (liai^^aente d'Angoulême) trouva ce mot (l'annonce de sa fin prochaine) fort amer, et reppëu.... qu'elle n'estoit point «icor' tant susannëe qu'elle ne peut encor' bien vivre quelques années, YIII, 122. Je m'estonne que ces femmes qui sont si chaudes et Si promptes à se remarier, et mesmes ainsi suzannées, IX, 687.
Suspect à^ soupçonneux envers; en italien sospettoso, Bn son adolescence il (Louis XII) fut tenu soubs la subjection du roy Loujs XI*y prince très austère et suspecta ses parens, II, 358.
Saspeiukf en suspens, incertain. Délibérant qui çà qui là, (Pescaire) mouvoit son esprit suspend et doubteux par la nouveauté et grandeur de Taffaire, sçachant bien que les louanges de tant de vertus qu'il y a se sallaudissent et s'enlaidissent fort avec le seul crime de trayson, 1, 192.
SwÊonné. Voy^Susanné.
iÇr. Voy. Si.
Table ^ planche. Elle (la reine de Hongrie).... lui représenta (à Tempereur) après disner un chasteau faict de tables peintes en façon de brioque, III, 259. Cf. IX, 268; X, KO. VflWter, échiquier, Voy. Renetie. Cf. IX, 231.
Takut^ cercueil. Voy. Tau.
Toisa (se), se tut. Par ainsin, elle (Mai^erite de Valois) se taisa, et M"* de Dampierre se retira, VIII, 65.
Taisé^ tû. Si les dictes escritures espaignolles ont taise son nom (celui de Montluc), I, 300. Cf. IV, 236.
Talent, taUant^ argent, bien, marchandise (allusion au talent de l'Évangile). Un bancquier ou marchant signallé..., s'il n'a des facteurs habÛes et sublins pour faire valoir.... le talent de leurs bancques et de kurs boutiques, IV, 72. Son grand-père fut musnier à deux liens près de Floranee, d'un moulin où il (Raiz) se retira durant la Ligue, n'osant demeurer en France ; mais il y laissa sa femme pour y faire valoir son tallant, V, 253. Cf. VI, 101 ; IX, 546.
Tallent (mal), mécontentement, mauvais vouloir. Voy. Mal tallent.
Tamisé (au figuré), discuté minutieusement. Nous autres p^ ^its..«« ou il se faut battre, vanger et mourir, ou en sortir par des accords bien pointillés, bien tamisez et bien solennisèz, IX, 449.
LEXIQUE. 2i9
Taneement^ réprimande. J*ay ooy dire do.roj François qu'il fit une grande réprimande et tancement une fois i un chevallier de .son jeune temps, Y, 99.
Tant, autant. Il (Gondë) manda audict maréchal (^eilleville) qu'il avoit tant fîiy qu'il avoit peu (pu) et que terre luy avoît duré, V, 82.
Tant (À)y cependant. Voy. jdtoMi.
Tant (de), d'autant. Voy. FAms.
Tant,,,, commcy autant... que.
Frère, j*abhorre tant ma demem« première
Gomme j'estime autant ma dtmeore demièrei X, 76.
Tant n, aussi. Voy. Coquin.
Tante^ tenture. Entr'autres y avoit une tante de UqHSserie do la battaille de Farsalle, V, 30. L'église ^à Malte) estoit parée et tapissée d'une fort belle tante de tapisserie, Ibid,^ 231.
Tapis (être au), être à l'extrémité. Us (les Rochellois) esUrfent an tapis pour les poudres, IV, 39. Cf. V, 330; IX, 101.
Tardance^ lenteur; en iuUen et en espagnol tardansa. Geste tardance et temporisement vaMeut beaucoup, I, 155^156. Voy« Poste (A).
Tardipetté^ lenteur. Voy. PestilentiaL
Targue^ Urge. Une targue ou pavoys lelong d'un bras, III, 251 .
Targué^ couvert d'une targe. Ge sont (les petits hommes) des mirmidons targués pour faire la guerre aux grues, VII, 110.
Tarrottéy marqué de tares. Tant d'autres (dames) y a-il.... qui sont viciées, tarrottées, marquetées et marquées, IX, 276.
Tartre bourbonnaise^ bourbier, fondrière. (Les royalistes au combat de Saint-Yrieix) furent deffaicta par l'infanterie et bar* quebuserie, pour s'estre perduz et engagez, sans y penser, dans certains petitz maretz et tartres bourbonnoises, IV, 209. — Dans fa 29* nouvelle de Bonaventure Despériers, il est question d'un âne fantasque qui, à certains moments, plantait son cavalier « en un fossé ou en quelque tartre bourbonnotse », et l'éditeur, La Monvoye, met en note (éd. 1723, in-12, t. I, p. 300) : « Tartre bourbonnoiscy c'est un bourbier tel qu'il s'en trouve en divers endroits des chemins du Bourbonnob. Le dehors qui en paroit beau, sec et uni, ressemblant à une grande tarte, invite à passer pardessus ceux qui ne connoissent pas le terrain. 3» Ajoutons que l'on désignait aussi sous le nom de tartre bourbonnaise une certaine pâ-*
tîsserie mentioimée dans VHystoire du petit Jehan de Saimré (ch. 76) et dont Taillevent donne la recette dans son livre de cuisine, recette, hâtons-nous de le dire, qui ne ressemble en rien à celle dont s'est servi Panurge pour composer la tartre bourbon-noise qu'il avait fiabriquée h l'encontre a des pauvres maistres es arts. 3» (Voy. Pantagruel^ liv. U^ch. 16.) Disons enfin qu'Oudin explique ce mot par un autre qualifié avec raison de « bas » par le Dict. de V Académie^ et qui se rend en italien par stronzo.
Tasché^ enUcher. Gestuj-ci (Ferd. de Gonaague) fut fort taschë, au sac de Rome, de n'avoir espargné la maison de son oncle, le cardinal de Mantoue, I, 249.
Tau^ tahtttj cercueil, catafalque. Le tau (du connétable de Bourbon) estoit couvert d'un fort beau drap d'or frizë et rouge, I, 283, note 1. Fut ordonné et advisé par ceux de l'armée qui commandarent après luj (Du Guesclin) qu'on porteroit sur son tahuty où estoit le corps, lesdefs (de Ghasteau-Randon), II, 201.
Tavelle^ tacheté. D'autres (dames) j a-il encor qui sont de la peau fort maléficiées.... et tavellées comme faons de bische, IX, 264.
Tavernery fréquenter les tavernes. Moynes clostraux.... qui ne servoient de rien qu'à boire et manger, tavemer, jouer, etc., III, 108.
Taxer\ accuser, blâmer. Il (Tavannes) fut un peu taxé, ce disoit sa femme (la femme de Oampierre), d'estre cause de la mort du sieur de Dampierre, Y, 90. Pour ceste raison, Lucresse est taxée d'aucuns, IX, 138. Cf. ibid.^ 262.
Tajrs^ tessons. Elle (la mattresse de M. Tajrs) en portoit une devise ou plustost un rébus de Picardie, qu'estoit des tays d'un pot ou d'un buye cassez, car telles pièces en vieux françois s'appellent des tays, VI, 2.
Température^ tempérament, humeur; dans le sens de l'espagnol température, Tay ouy dire que tous ces estrangers, tant grands que petits, jettoient fort l'œil sur luy (le dauphin François) ; car il participoit de leur température, III. 174.
Tempéré^ qui tempère, calmant. Voy. Expeller^
Temporisement^ temporisation. Voy. Accroire (s'en faire) et Cunctation,
Temporiser son martel, couver son ressentiment, Yoy, Chaud et couvert.
Temps (aUer à), avoir u»« aUur* réglée. Voy. Aller.
Temps (hausser le), boîr«. Toj. Hausser.
Tenant^ retenu, parcimonieux. On le dîsoit (Ferdinand d'Aragon) fort tenant en sadespance, et pourtant quand il fut mort on ne luy trouva grands amas de thrésors, I, 124.
Tendre à, être proche de. Tels convois et pompes funèbres, certes, contentent aucunes personnes, soit ou qu'elles se leur attribuent eh leur vivant ou tendant à la mort, ou que leurs parens et amis, les pensant plus honnorer, les font faire telles, II, 201.
Tendre a, avoir pour but. M. de Guyze ne le fit qu'arregarder seulement (le corps de Coligny), sans luy feire outrage, tendant à la mort (c'est-À-dire n'ayant eu d'autre but que la mort de Coligny), IV, 303.
Tendrelet^ qui est dans un âge tendre. Monsieur (Henri III) son mieux aymë filz, qui jeune et tendrelet ne faisoit que venir à une si grande el grosse charge, lY, 87.
Tendrette^ toute jeune. Mais eust-elle fort désiré (M"« d'Aubeterre) de vivre encor un peu pour l'amour de sa fille qu'elle laissoit tendrette, IX, 4SS.
Tendron^ tendre. Yoy. Jeunement.
Tenir, Voy. Main.
Tenir (n'être qu'à), ne tenir à rien. A l'ouyr discourir (le grandmaître Parisot)..., Û n'estoit qu'à tenir que le Turc n'eust eu de terribles venues, V, 229.
Tenir cher^ garder précieusement Voy. Cher.
Tenir en ses délices. Voy. Délices.
Tenir du pied. Voy. Pied.
Tenir lieu^ prendre rang, siéger. Voy. Lieu.
Tenir ioriy faire tort, prêter un tort. Voy. Ad»aniage (d'} et Respect.
Tenser^ tancer. Mon oncle (LaChastaigneraie), curieux de l'honneur de son maistre (le dauphin) et le voyant en peyne^ car il craignoit que le roy (François I*') le tensast, IV, 289.
Tenser^ faute d'impression à l'article Curieux; lisez Penser.
Tentatif^ tentant. Quelquefois faisant semblant de lui (à la duchesse de Guise) vouloir toucher la jambe qu'il nevoyoit que trop belle et trop tentative pour lui, II, 406.
Tente^ tante. Par le moyen de Jehan-Jacques Trivnlse qui avoit espousé une de ses tentes, 1, 184.
Tenu. Voy. TanU.
Tenié de^ excité par. Ce baron de Luxebourg.... fot si ontrecuydë, ou pour mieux dire, tenté de vin, ainsi qu'il le conffessa, IV, 221.
Termes, thermes. Ainsi que l'ont Yoit à Rome.... les ruines de ces beaux pallais, ces superbes colissëes et grands termes, IX^ 343.
Terrain, terre. Elle (Marie Stuart) commanda an timonnîer, sitost qu'il seroit jour, &'il voyoit et descouvroit encoir le terrain de la France, qu'il resveillast, VU, 417.
Terrier^ butte, ëminence ; de l'espagnol terrera. (Lautrec) ordonnoit des assauts, des prises de villes, ou dans sa tente ou sur le haut d'un terrier, d'où on voyoit le passe-temps, IV, 240.
Terze, troisième ; de l'italien terzo. Ainsi que fit de mesmes le pape Paulo terze Femez (Paul III) à l'empereur Charles, I» 108.
Terze, régiment; de l'espagnol remo. Guevara, maistrede camp du terze de Lombardie, I, 21.
Test de la tête, crâne. Cette belle dame d'Allemagne que son mary contraignoit à boire ordinairement dans le test de la teste de son amy qu'il y (lui) avoit tué, IX, 38.
Teste (montrer), tenir tète, faire face. Il (Ferdinand) avoit assez à monstrer teste à ce grand sultan Soliman, IX, 614.
Testiffier, certifier, témoigner; en italienie#//^rtf; en espagnol testificar. Il y a encores force vieux capitaines et soldatz qui le testiffient, VI, 1. Voy. Blanc.
Testimonial, de témoignage. Et (Dragut) porta cet honneur testimonial à M. le grand maistre qu'il avoit cogneu, II, 229.
Tiercer, servir de troisième (dans^ un duel ou au jeu de paume). Ribéra et Chombert.... secondoient et tierçoient Antraguet; Maugiron et Livarot secondoientet tierçoient Quélus, VI, 312-313.
Tigne, teigne ; en italien tigna. Je croy qu'il (L'Ouchaly) prit le turban plus pour cacher sa tigne.... que pour autre chose, 11^ 63.
Tintinement, tintement. Ils (les compagnons).... se gamissoient et accommodoient de certaines sonnettes au temps qu'ilz avoient compaignîe avec la dame, à ce qu'au mouvement, elles faisans un son et tintinemant, donnassent.... advertissement aux passans, V, 12.
Tintiner, tinter, sonner; en italien tintinnare. Le clavier avec sa multitude de clefii faisoit un bruict comme si ce fussent esté
soimettes, pour l'amour des sautz du cheval, qui eu mesme temps que lui sauttoient en l'ayr et tintinoient ainsi^ lY, 161.
Tirade^ traite, course ; en italien tiraia. Luy, au lieu de faire une belle tirade et grande cavalcade, s'en alla repaistre et dormir à trois petites lieues du camp seulement, VII, 282.
Tirasse de chien couchant, filet servant à prendre les cailles et autres oiseaux arrêtés par un chien couchant. Yoy. IX, 273.
TirCj traite ; en italien /ia>. Qu'eussent-ilz faiot, s'ilzne l'eussent obtenue (la victoire de Ravenne) et perdu la bataille ? Ibs eussent fny jusques en France, tout d'une tire, sans se pouvoyr résoudre, III, 16.
Tirer ^ lancer. Ce jettement du bastcm que leurs majestez tenoient en la main, et le tiroient, portoit telle loy en soy si rigoureuse, qu'aussitost qu'il estoit tiré, il ne falloit, sur la vie, que p^s un des deux combattans passast plus oultre, VI, 262.
Tirer^ se diriger. Vous avez celuy (le grand chemin) de Picardie tirant vers Gallais et Angleterre ; celuy de Picardie (aussi tirant devers Péronne, II, 263. Leur disant à tous (le connétable de Bourbon) ainsi qu'il tiroit à Rome, I, 253.
Tirer de longue, Voy, Aposté et Longue.
Tirer du pied^ donner des coups de pied. Cest la locution italienne : Tirar calai. Voy. Rioteux.
Tirer sang^ verser du sang. Voy. Proffez.
Tordion^ tortillement. Et alors son contentement estoit de les voir remuer et faire les mouvemens et tordions de leur corps, IX, 285. Cf. Ibid.,kli.
Toréon^ torrion^ tourelle; de l'espagnol torejon. La batterie.... qui avoît abattu une partie d'un toréon, et faict quelque chemin debresche, III, 261, 264.
Tort (tenir}, faire tort. D'avantage quel tort tient-on à madame de Nemours, Me de madame de Ferrare, en partie héritière de la duché de Bretagne I IV, 273.
To/f, tors. Voy. VII, 341.
Touche y choc, coup. Quaod deux grandz capitaines, ... se sont tastez une fois en telz hasardz, sièges, combatz..., voulontiers ilz en craignent la seconde touche, I, 102. Cf. IX, 501.
Tonc/^tf (donner la), donner ou rendre des coups. On me parla fort de luy (le capitaine Perot), et l'attendoit-on en Espagne et
2Î4 LEXIQDE*
P<»tiigal eft h&amê détotion, s'fl y fort alU lorS| poar luy donner la touche^IY, 41.
Toucher^ atteindre. Ce Talantin (C. Borgia, duc de Valendnoift) fîit touche de ce yice (la perfidie) en son temps, 11^ 217.
Toucher les gens devant toij les faire marcher devant. M. de MontluCy qui ordonnoit Tordre de l'assaut (de La Rochelle) luj aToit dict (à Strozzî) et prié de toucher ses gens devant luy, et qu'autrement tout n'iroit pas bien» VI, 62.
Touret^ touré^ petit masque qui cachait le nez et un peu le bas du visage. Elle (la duchesse de Guise) l'escoutoit parler.... de Tamour, non pourtant sans rire soubs son touret de nez, II, 406. . Cf. IVy 38 ; IX, 236. Suivant H. Estienne (p. 156) les tourets de nez avaient porte d'abord le nom de cachenez»
Tourmenter^ se tourmenter. Laissez-les tourmenter, disoit-eUe (Catherine de Mëdicis), et prendre de la peine pour rien, IX, 484.
Tournemain^ tour de main. Il (Ferdinand d'Aragon) s'alla en un tournemain se liguer contre luy (Charles VIII), I, 117, Cf. V, 201.
Tourner^ ramener. Ainsi que deux archers le tournoient (Mazères) en prison.... et le pressoient d'aller, il leur dist : Tout beau, messieurs ! Pleust à Dieu que je ne crainse pas plus les robes longues. ... que vos hallebardes, VI, 43.
Tourner^ s'en retourner, revenir. Les pallefremers (huguenots à Gahqrs), qui alloient abreuver leurs chevaux, s'habilloient des chappes des églises qu'ilz avoient prises, et montez sur leurs dievaux, alloient à Tabrevoir, et en tournoient ainsi vestus, ,1, 273. Cf. IX, 119.
Tourner^ aller foire un tour. Voy. Etehapper.
Tourner^ traduire. Voy. Comerter.
Tourner à soiy garder. Il (le marquis de Marignan) s'estoit s bien accommodé et aproprié de ceste place (le château de Mus), qui n'estoit pas à luy, que despuis il se la tourna toute à soi, I, 291.
Tourner au bàton^ ttre docile, obéissant. Voy. Boston.
Tout (à), avec. Voy. MandiL
Tout (du), en tout, complètement. Le cardinal d'Amboise, son oncle, l'avoit poussé là (Chaumont), lequel gouvernoit du tout le roy et le royaume de France, III, 3.
Tout à coup, à la fois, en même temps. Un très grand prince....
Tint une fois à eatre amoarenx de deux belles dames tout à coup, ainsi que cela arrive souvent aux grands qui ayment les variëtez^ IX, 262. Voy. Variété.
Tout au eoup^ tout à coup. Voj. Coup,
Trac (tout à], tout à fait, complètement. Et par ainsi Brusquet, qui avoit donné la peine aux autres de crier si haut après sa femme sourde prétendue, il i'eust tout à trac, II, 255. Cf. Y, 83; IX, 46, 65. Voy. Guet (être du).
Tracasser^ aller çà et là. Il estoit bien aisé à Luculus de faire ses despences en une bonne ville, mais aux champs tracassans et tous les jours dans des villages, dans des déserts et des boys, et porter tout un attirail de court...., c'est une chose incroyable à qui ne Ta veu, III, 122.
Tracé^ où l'on a passé. Je sçavois bien.... qu'un autre y avoit très bien passé, mais non pas moy ; et la trouvant entamée et tracée, elle estoit perdue, IX, 488.
Tracquet^ poignard. Ce fut luy (La Rochepot) qui commanda dans Anvers à cellébrer la feste de Sainct-Anthoîne, où s'estant saisy d'une porte, donna le premier d'un coup de tracquet dans le corps d'un bourgmaistre de la viUe, et le tua tout roide mort, VI, 194. (Je n'ai trouvé le mot que dans le Dictionnaire provençal d'Honorat, art. Traquet.)
Traffiqueur^ entremetteur. Ce fut luy (Ferez) qui le premier fut médiateur et tra£Bqueur des amours d'entre la princesse de Deboly et le roy (Philippe II), II, 136.
Trahistre^ traître. En despit du dieu Mars qui est un dieu fort trahistre et ambigu, I, 98. Cf. Ibid.^ 225; IV, 254.
Traict, traitement. (La reine Jeanne) a.... essayé (éprouvé) par la faute d'autruy la fuitte, l'exil..., le mauvais traict non mérité, VIII, 169.
Traicteury qui traite. Ainsi que coustumièrement telz traicteurs d'amours ou porteurs de pouUetz sont coustumiers de faire; lesquelz ne sont si remplis de fidelUté à l'endroict de ceux qui les employent.... qu'ilz n'eschansonnent et ne tast^it, ou devant ou après, le bon morceau qu'ilz appareillent pour eux, II, 136. . Traisncj solive, poutre. L'empereur voyoil bien les petites pailles dans les yeux d'autruy, et dans les siens propres n'appercevoit pas une traisne qui luy devoit crever les yeux, V, 60-61.
Traisnée, suite.' Il y avoit (Mustapha à la conqufite de Chypre) consomme une grande traianée et laps de temps, II, 65.
Traies de corde^ supplice de l'estrapade. Ce grand capitaine Sforzè.... ayant este pris..., mis en estroitte prison et en quelques traits de corde, sans doute il avoit la teste tranchée, sans que sa sœur Marguerite se mît en armes et aux champs, IX, 423.
Traîner^ pratiquer, faire. (Isabelle de France), pour traîtter l'amour avec un seigneur de Mortemer, fut par son fils confinée en un chasteau à finir ses jours, IX, 433. Voy» Habiliter,
Traîner^ passer. Voy. Chevance,
Trajetter^ passer ; en italien tragettare, Craignans que, soubs couleur de trajetter en Flandres, elle (l'armée du duc d'Albe) ne vinst fondre sur la frontière de France, VU, 359.
Tranche^ bêche. J'ay ouy dire que la place est très mal envitaillée, non pas seuUement pourveue de pâlies, de tranches ny de hottes pour remparer et remuer la terre, III, 392.
Transpercé par (être), passer au travers de. Elle (Louise de Savoie) vid la nuict sa chambre toute en clarté, qui estoit transpercée par la vitre, IX, 45i. .
Trapaily anxiété, inquiétude. Le comte d'Aîguemont commença à solliciter fort Tadvancement de sa mort, disant que, puisqu'il devoit mourir, qu'on ne le devoit tenir si longuement en ce travail, II, 160.
Travailler à la mort^ être aux approches de la mort. Son seigneur et père (de Jeanne de Naples) travaillant à la mort, Tavoit priée et enjoincte.... qu'elle résignast tous et chascuns ses biens ez mains du pape, VIII, 167.
Traversé, transperçant. Et sur ces petitz motz traversez et picquans jusques au cœur, la dame monte à cheval, après avoir baisé le gentilhomme d'un bon cœur, IX, 702.
Traversé^ pervers, de travers. Quelle finesse et bonne pour un si bon roy (Louis XII), mais non pour un autre qui eust l'âme traversée 1 I, 219.
Trempe^ disposition d'esprit, humeur. (Mme de Dampierre) la trouvant (Marguerite de Valois) en assez bonne trempe, elle en entama les propos, VIII, 63.
Treper^ fouler, trépigner. Passant, m'ayant tant de fois foollée et trepée, je te prie ne me treper ny ne me fouler plus, IX, 342. (L'espagnol trepar signifie grimper.)
Très que bien^ très bien. Et (Tavaimes) continaa toaqoars à très que bien faire et à gouverner très bien.... son gouvernement de Bourgoigne, V, 115.-— Suivant H. Estienne (p. 158), l'expression très que était une « élégance dauphinoise. »
Très tant^ tellement. Lequel (Des Querdes) le roy regretta si très tant que..., Il, 356.
Trestous^ tous tant qu'ils sont. Qu'au diable soient-ib trestousl III, 75. Voy. Raison.
Tribunaly de tribunal. Ceux.... qui ne vont point aux coups, qui jugent dans leurs chaires tribunalles conmi' il leur plaist, II, 178.
Tridet. Je jure Dieu et le proteste que je me souciois autant de cet estât que de tridet, car j'ay tousjours aymé ma liberté, Y, 207. Bien souvent nous donnons cet honneur aux roys et aux grands princes que quelquesfois pour l'événement des choses et qu'elles sont arrivées, nous les disons prudens et providens... ; à quoy y ont autant songé qu*en tridet, VU, 364. Je n'ai pu trouver nulle part ce mot dont le sens général est fort clair, mais dont le seds précis m'échappe. Tout ce que je puis dire^ et vraiment ce n'est pas grand' chose, c'est que en périgourdin trido^ tridou (turdus), signifient grive et petite grive, et que terida en languedocien désigne une espèce de bruant.
Trier, tirer. J'ay ouy conter.... que feu son père (de La Chastaigneraie), lorsqu'il fiit trié de sa nourrice. Y, 87. (Il est probable qu'il n'y a ici qu'une faute de copiste et qu'il faut tout simplement lire tiré.)
Trinqat, tringat, fin, fourbe. Sa Sainteté.... s'aida du seigneur Hierorimo Mouron, un très habile et trinqat homme, pour con duire ce faict et en porter la parolle, I, 190. Cf. ibid., 230.
Trinque (faire), trinquer. Le cardinal de Trente.... bon compagnon à mode du pays pour faire trinque, lY, 103.
Triquemque^ niaiserie, bagatelle. Ce sont des battailles celles-là, bien rendues et débattues, non pas les triqueniques des nostres, II, 118.
Trister (se), s'attrister; en italien tristarsi. Il ne faut pas aussi que les bravasches et vieux routiers qui se )iont un peu ressenty des fureurs de l'espée abusent de leur fortune et gourmandent un jeune homme qui ne fait que venir^ car Dieu s'en triste, YI, 379.
Triumpher de^ tmmUmt à.... Je n'y allaj (soaper) pour le coup^ mais une autre fois où il (La Roche-du-Maîne] triumpha de dire, III, 406.
Trivialle^ commun. Combien que les compagnies de gens de pied fussent lors de grand honneur, et non si trivialles ny vulgaires comme despuis, III, 386.
Trousse (jouer une), jouer un tour. Le roy d'Espagne sçavoit bien que l'un et l'autre (lui et le duc d'Albe) en avoient trop foict, et que les diables leur pourroient jouer une trousse en cachette, 1, 112.
Troussé^ enlève, pris. Il (Gonsalve de Cordoue] s'enfuyst.... à belles erres.... jusque dans Rège, que bien luy servit de l'avoir trouva à propos, car il estoit trousse, I, 131. Ce qui (la bataille de Gravelines) fut un second contrecoup à la France fort dangereux. Que si le tiers s'en fîist ensuivy, elle estoit troussée, II, 152.
Trower à dire^ açoir à dire^ regretter. Voy. Dire.
TruflCy truffe. Il y en a bien force autres (fruits).... auxquels les dames courent le plus souvent..., comme aux asperges, aux artichaux, aux morilles, aux trufles, IX, 221. Yoy. Blanque et Menusailie,
Tu autem (savoir le), connaître une chose par expérience. Aucunes qui en sçavoient le tu autem..,. disoient, ou par timidité ou par hypocrisie... : « Ahl Dieu nous en gard ! » Vil, II.
Tuer la chandelle^ l'éteindre. Après que le ministre avoit fait son presche, sur la fin leur recommandoit la charité, et incontinent après on tuoit leurs chandelles, IX, 162.
TuitioFij protection, tuitio. Tous (les protestants) se rangearent soubz la tuition, autorité et obéissance de M. l'admirai, IV, 355.
Turquet^ turquois^ turc. Il (Henri III) s'estoit mis en verrue d'aymer de beaux petitz chiens de Lions (de Lyon) et turquetz et autres, V, 105. Cf. VII, 350. Voy. Ferrue.
Umbragé^ couvert, voflé. Et quelques fois en la chambre de la reyne (un cordelier) prenoit un grand plaisir de l'arraisonner (Mlle de Bourdeille) non de motz d'amour pourtant, car il y fust allé du fouet, mais d'autres motz umbragez tendant à cela, X, 35.
Umhragerj porter ombrage. Le soir venu (l'impératrice, à Marseille) ne failloit d'aller coucher en gallères, pour quant le
beau temps ou le bon vent s'esleva, toat au coup faire voyle aussitost, ou fust qu'elle ne vouloit rien umbrager, IX, 606.
VmbrageuXy effraye. Le cheval de M. de Nemours, s'approchant de celuy du marquis^ fust umbrageux de ces papillottes qui luy donnoient aux yeux, IV, 175.
Un (P), un seul. Au cas que jusqu'à la nuict Tune bande n'eust peu vaincre l'autre, et n'en demeurast-il que l'un à cheval, le camp seroit finy, VII, 178.
Un (tout vient à], tout revient au même. Tant d'autres (tableaux) y a-il.... qui sont un peu plus modestement peints et voilez mieux que les figures de l'Aretin ; mais quasy tout vient à im, IX, 50.
Urine de quelqu'un (voir 1'), faire connaissance avec lui. Le pape Jules dernier. .«. fit une fois venir à soy la bande de gli matti et passarelli.,.. et en voulut aucuns voir de leur urine, V, 153.
User (s'), être en usage. Voy. Nunce.
Tacationy vaccation^ profession, interruption, vacance. Pour son devoir de son estât et vacation, il (un cordelier) l'en advertissoit (un grand prince, des amours de sa femme) de bonne heure, afin qu'il mît ordre à cette âme pécheresse, IX, 131, La pluspart des femmes. . . . disans. . . . qu'elle (b nature) leur a donne des membres. • . pour en user..., ne leur deffandans ni imposansplus qu'aux autres aucunes vaccations, Ihid.^ 538.
Facqnant^ vacance. S'il ne fust mort (du Guast), il fut esté mareschal de France par le premier vacquant, et ne fust pas esté des pires du trouppeau, V, 356.
Faisselle^ vaisseau; en italien mseelio. Nous vismes pendre un enfant de la matte.... qui avoit dérobé six vaisselles d'argent de la cuisine de M. le prince de la Roche-sur-Ion, IX, 463.
FaleureuXy digne, noble. Son père (Strozzi).... dist qu'il luy (à son fils) pardonnoit et luy pardonneroit quand il en pourroit prendre davantage (de l'argent), mais que ce fust pour un si valeu« reux subject, VI, 85.
Faloir^ avoir. Aussi est-il raison qu'un bien faict se paye par une autre bienfaict ; mais d*y apporter (dans ses amours) et consommer tout son valoir, cela est très reprochable, III, 245.
Faloir^ mériter^ (tre digne. M, d'Estrozze.»,, aymoit le gen-
tilhomme (Brantôme) autant que soy-mesmes, car il le raloit, YI, 169. Mademoyselle de Ghangy, une très belle et fort honneste damoyselle, et qui ne valloit pas d'estre bannye de la compaignie de sa maistresse ny de la court» IX, 639.
Femteur^ vantard. Le coup luy en demeura (à Châtillon) si sourd et si dangereux, que n'en faisant de cas et ne gardant ny lict ny chambre, car à n'estoit autrement vanteur de court, au bout de quelques jours le mal longtemps couve vint à jouer son jeu, VI, 208.
Faréahle^ variable, changeant. Les grandes dames et princesses sont aussy varéables en leur foy que les hommes, et quasi tous et quasi toutes la changent et diversifient aussi souvent qu'ung comëdiant ne change d'habitz en un eschafaut, I, 124.
Farianty changeant, inconstant. La reyne Jehanne (de Naples) mourut aprez de fiebvre et de maladie, ayant regnë vingt ans; c'estoyt beaucoup pour ces temps et parmy ceste nation fort variante, VIII, 192.
Farter^ sortir. Il luy faschoit fort (à Guise) d'ouyr ainsi parler et dëtracter d'un si homme de bien que M. de Montluc, et pour ce coup varia de son naturel, IV, 30.
Variété j inconstance, variabilité. Par là Marc Anthoîne louoit sa constance et blasmoit la variété de l'autre (Auguste) d'en aymer Unt au coup (à la fois), IX, 247. Cf. VIII, 204.
Faron^ seigneur ; en espagnol voro, La fortune prist en main don Gaston de Foix, varon de admirable vertu, III, 9, note 3.
Fastadour^ pionnier ; en espagnol gastador; en italien guas^ tadore, Y avoit cent quarante grosses bombardes. .., vastadours ou pionniers, selon nous autres d'aujourd'huy. II, 298.
FaxiUer^ vaciller, hésiter* Ils luy respondirent (des magistrats à l'Hospital) si impertinemment.... qu'ib ne faisoient quevaxiller et ne sçavoient que dire> III, 308.
FeiUaqueriey coquinerie ; de l'espagnol beUaqueria. Et dist (le duc de Savoie) que les soldatz espaignolz en une si grande multitude (en aussi grand nombre) n'avoient erré jamais, ny fait telle veillaquerie que celle-là (de se renier), VII, 16.
Feille^ action de guetter, d'épier. Il (Vieilleville) eut un très grand honneur à la conservation de sa ville (Metz), sur laquelle n'a jamais mancqué de veilles ny d'entreprises, V, 70.
FeiUer^ surveiller. M. de Salvoyson.... avoit..., gaigné quelques
uns de ceste ville (Casai) qu'il avoit muguetëe et veillëe de longtemps, IV, 107.
Fériéfique, vënëneux; en espagnol venefico. Un autre curé, détestant les sorciers qui se donnoient au diable pour avoir des poisons et morceaux vénéfiques, V, 153.
FeneuTj chasseur. En la grande sale.... se voit une belle et grande peinture à huyle.... d'un brave chien de chasse qui appartenoit à son grand père maternel (de Gondras], gentilhomme grand veneur, X, 109.
Fenir^ devenir. Sur lequel piteux jeu (la défaite de son fils] arriva Charles (d'Anjou) qui, venant mallade de tristesse, despit et mélancolie, passa de cette vie en l'autre, VU, 445. Voy. Abrever. Venir au but^ venir à bout. Combien que ce soit très-mal fait.... de désirer la femme nuiriée..., il est fort aisé de venir au but d'elle, IX, 532.
Fenieux^ plein de vent, de vanité. Voy. Boubance. Ventiller^ flotter au vent; en italien Qentagliare; en espagnol ventilar, Hz (les Rochellois) furent maistres de nos trenchées quasi une heure et en raportarent dedans six enseignes et les plantarent sur leurs rampartz, à nostre veue ventillantes, pour nous braver, V, 324.
Fenture^ aventure; en italien i^entura. Le seul capitaine Alan- ^n.... s'enfuit sauve..., lequel, pour venture, seroit digne d'une louange singulière de prudence, si..., III, 407.
Fenuey disgrâce, échec, désastre. Aussi, quelque temps après, Dieu permit qu'il (Lautrec) eust sa venue après qu'il eut perdu Testât de Milan, II, 222. A Novarre, où son armée (de Louis XII) là eut ceste grande venue, soubs la conduicte de M. de la Trimouille, II, 363. Voy. Tenir.
Fenue^ atteinte, secousse. Voy. Proposer. Cf. III, 267.
Fenue (donner la), jouer un tour, défaire. Attendant (Prospero Colonna) le roy François de pied coy dans Villefranche, pour luy donner la venue, s'il eust peu, I, 145. Voy. Imposition.
Fénus^ ardeur amom*euse. Toute gallante ' dame veut estre libre en sa parole et dire ce qui luy plaist, afin de tant plus esmouvoir Vénus, IX, 248.
Ferecondiey pudeur, honte; vererundia. Semblables à plusieurs vielles putains qui aiants estéez trouvées et surprises sur le faict,
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se vcnllent pour un peu du yoyle rouge et de YérécùDiiie^ 17, il. Cf. VIII, 25.
Verrue^ verve^ caprice, fantaisie. Ces verrues luj durareot quelques jours (à Hautefort] jusqu'à ce que le temps ayant faict son devoir à les faire à demy-passer, IV, 17. Le roy (Henri III) s'estoit mis en verrue (ptfr/iz/?^e: en verve) d'aymer de beaux petits chiens de lions (de Lyon) etturquets etautres, Y, 104-105 et note.
-— Le mot çerve est ancien, dit H. Estienne, qui cite à ce propos des vers de la Farce de Pathelin (p. 115),',
Ferser^ changer. Yoylà comme la Fortune verse ses tours, ast'heure pour les uns, ast'heure pour les autres, IV, 218.
Verser (mal), mal agir. M. le baron de la Garde.... pour avoir mal verse, et un peu inconsidërëment, en Provance, contre ceux de Merindol et Cabrères, encor qu'ils fussent hërëtiques, fut mis en prison, VI, 41.
Verpe^ Voy. Verrue.
Vesarde^ vezarde^ frayeur. Fabrido (Golonna) fut fort blessa et pris prisonnier, non sans grand peur et belle vesarde qu'il eut que.... Louis XII* ne luy fist payer la menestre de sa rëvolte, I, 139. Cf. V, 177. Voy. Feuirde.
Vespres de la mort (être aux), être au moment de mourir. Le voilà donc (Viteaux) aux vespres de la mort, car le roy et le roy de Poullogne crioient qu'il meure, VI, 333.
Vessey femme de mauvaise vie. Il (Don Carlos) les caressoit plus modestement, en leur disant qu'elles estoient fort gracieuses putains etvesses, II, 106. Cf. V, 249; IX, 117.
Veail^ bon vouloir. Favorisé (La Chastaigneraie)' des heureux auspices et veuilz de Henry II, VI, 272.
Vicinaneey voisinage; en italien vicinanta, L'fispaignol pour l'importance de la vicinance qu'elle (Valance) avoit près de Milan, la reprit et fortifia, IV, 69.
Vidualy de veuvage; en espagnol pidual. Madame la princesse de Condë.... s'estant pieu en sa condition viduale, sans jamais s'estre voulue remarier, IX, 646.
Vie^ nourriture, subsistance. Je vous prie de mettre sur mon testament que j'entendz qu'il ayt sa vie en ma maison tant qu'il vivra, I, 31 6.
Vie recogneue^ grâce de la vie que celui à qui elle a été ao* cordée paie par un service, Voy. fycognQiifre,
Figier^ vizir. Mostaffa bascha.... despais fut premier vigier à la Porte du Grand Seigneur. . . , mais après dësappoincté et disgratië, II, 64.
Vikumer (se), s'avilif . A plusieurs gallans hommes ay veu d^ sapprouver et s'estonner de M. de la Noue, qui a esté si bon manieur d'armes, ayt eu ceste opinion «... qu'il faille que les mains qui les ont maniées.... s'aillent souiller et Tilanner par un labourage et vil et sale mestier mécanique, Y, 381.
nienaiile (la), les vilains, le peuple. Voy. Eslévateur.
nUagoys^ villageois. Une fillaude villagoyse, ainsin qu'on la menoyt espouser à l'église aveq le tabourin et la flûte, IX, 560.
Fin (donner le), récompenser. Aussi luy donna-il bien le vin (Philippe II à un courrier) tant pour la diligence que pour les bonnes nouvelles qu'il luy porta, ÏV, 304.
Fin bourru. Suivant le Dictionnaire de Trévoux, le vin bourru « est du vin qu'on a jeté dans Teau fW>ide pour l'empêcher de bouillir, qui est doucereux et qui a encore toute sa lie ». Suivant Oudin (p. 56) « c'est une sorte de vin blanc, doux et trouble, que l'on ameine de Champagne « . — Mort-Dieu 1 vous autres qui estes mes bons amys, ne me voulles-vons pas ayder à avoir raison de ces bourreaux médecins qui ne me veuUent laisser boire du bourru? Et par Dieu, j'en boiray, IV, 92.
Fin de marché^ vin bu à l'occasion d'un mardié conclu. Voy. Mçrché.
Findite^ vindicte. Voy. Nonehallance.
Finette^ oseille. Je connois une grand' dame à qui sa mère, des son petit aage...., luy fit user*... en tous ses repas du jus de vinette qu'on appelle en France oseille, IX, 227.
Fiolence^ force. Lequel (le duc de Lenox) il faut louer à toute violence d'untraict noble qu'il fit dernièrement. II, 370.
Fireton^ trait d'arbalète. Faisant allusion sur un vireton ou trait d'arbaleste, VII, 95.
Firii^ vigoureux, fort. Voy. Mener les mains.
Fision^ vue. Cette coupe faisoit de terribles effets, tant y estoyent pénétrantes ces images, visions et perspectives, IX, 49.
Fiste (aller), être vif. M, du Lude eut un jeune frère qu'on appelloit M. de la Crotte..., qui alloit un peu plus viste que l'aisné, II, 417.
Fitrine^ fragile comme verre. En voicy un autre (conte) d'un
qui fit forger à Milan par ua maistre très exquis deux paires d'armes, tant espëe que dague, toutes vitrines, c'est à dire rompantes comme verre, mais pourtant de fer ou d'acier, VI, 297*
Fitupérable^ blâmable. Pour le service et la recognoissance de son roy, il ne se peut commettre aucune chose reprochable ny vitupërable, IV, 126.
Vœu^ pèlerinage. Le saint sëpulchre et l'église latine de Hiérusalem que le grand sultan voulut faire une fois du tout abattre, rujmer et «n aboUir et deCTendre les vceuz qui s'y font tous les ans, II, 32.
. yogue^ réputation. Ce furieux combat aux Gerbes, auquel les François emportarent vogue d'avoir très bien et vaillamment <»mbattu, V, 383.
Fogue^ cours d'une galère, II, 53, note. Voy. Sié.
Fogue rancadcj k pleines voiles. La (galère) capitainesse verte. . . « soudain, à toute force de rames et vogue rancade, vint à investir l'autre capitainesse blanche, noire et rouge, III, 255.
Foguer^ être en vogue. Elle sentoit fort de Luther, qui voguoît pour lors, IX, 339.
Foile (se vouer au), prendre le voile. J'en alléguerai un plaisant conte d'une (courtisane), laquelle s'estant vouée au voyle, avant qu'aller an monastère, IX, 689.
Foiler (se), prendre le voile. Je m'en rapporterois volontiers à aucunes belles filles, jeunes repenties, qui se sont voilées et recluses, IX, 132.
FoiUe (donner), faire voile. Faire un' eslection tant d'hommes que de vaisseaux sains et gaiUardz et puis donner voille, II, 122.
FoilU rouge ^ rougeur. Voy. Ferecondie.
Foir^ entendre. Mais, dira quelqu'un, comme je vis dire une fois à un comité de gallère espaignol, IV, 194. Comme je leur ay veu dire et le monstrer par effectz, ibid., 361. Voy. Parlement.
Cette locution se représente à chaque instant dans Brantôme, et suivant H. Estienne (p. 472-473) c'était un italianisme des courtisans, ce Plusieurs Italiens, fait-il dire à Philausone, ne disent pas udir la messa^ comme les Francés ouir la messe, ains pe^/er la me^sa; car vous devez avoir ouy demander souvent : La Signoria Fostra a visto la messa? »
Fois^ voix. Les quites vois populaires en raisonnoient (réson i noient), V, 240. Voy. Quite.
Fois^ pqys (je), je vais. M. le connestable luy dict (à Mlle de Limeuil) : a Et bien, ma maistresse, je m'en voys ; vous me rabrouez fort ^, III, 300. Cf. VII, 144. — H. Estienne blâme cette orthographe, car, dit-il (p. 143) : « je po/, c'est çideo; je vay^ c'est vado. »
Foise^ aiUe. Gardez bien qu'il ne s'en voise point (lettre de Louis XI), II, 337.
Folanty agile, leste. Leurs jambes (celles des Suisses) n'y sont pas si légères ny si voilantes que les autres que viens de dire, I, 340.
Follanty de passage, de rencontre. Et Dieu sçait quelz services, telz quelz et lëgiers, à mode de capitaines voUans, IV, 14.
Volontaire^ de bonne volonté. J'en ay ouy parler à plusieurs marys qui trouvoyent leurs vieilles.... aussi belles par le bas comme jamais, en vouloir, en gaillardise, en beauté et aussi volontaires, et n'y trouvoyent rien de changé que le visage, IX, 347.
Folontairementy de bonne volonté. J'en voys (vais) nommer aucunes qui ne s'en sont point souciées (de mourir) et volontairement ont receu (accepté) la mort, bien que sur le coup l'annonciadon leur soit fort amère et odieuse, IX, 453.
Folontièrement^ volontiers, volontairement. Je veux aussy et ordonne qu'on paye à M. du Préau.... la somme de trois cens escuz qu'il m'a preste très-volontièrement, X, 129.
Folte^ route; en italien 9olta. Ledict sieur magnifique (le vénitien Pascalico poursuivi par Dragut) fiit contraint se sauver à la volte de Corfou, II, 49.
Folter^ tourner; en italien vohar. Disant (M. de Bure) qu'il n'avoit jamais voulu boire en la bouteille des princes protestans ny volter face à son maistre, I, 317.
Vouloir^ devoir. Lorsqu'il voulut mourir, il (le duc d'Albe) se sentit ataint en sa conscience si vivement des cruautés qu'il avoyt fait faire en Flandres qu il s'en confessa, I, 110. Si bien que lorsqu'il (le prince d'Orange) voulut mourir, il (l'empereur) l'alla voir en sa tante et en partit les larmes aux yeux, i^/V/., 245. (C'est la locution italienne si vuoi^ il faut.)
FoulontierSy aisément, facilement. Voy. Touche,
Fottsist^ voulsisi^ voulût. Il (le confesseur de Charles-Quint) luy desnia l'absolution, le mettant en peine d'en chercher un autre qui le vousist absoudre, I, 168.
FùyagCy expédition «lilitait^, campagne. Mis en délivrance... (Louifl XII) fut contrainct de faire le voyage de Naples avec luy (Charles VIII)..., auquel voyage fut en plusieurs périiz et dangers, II, 359. Il (La Chasteigneraie) fut blessé aussi en ce voyage, (l'expédition de Landrecies), en un' escarmouche, V, 84. Cf. VI, 173. Voy. Hors.
Frenilleuxy inconstant. (La Fortune) me feit ressouvenir.... de quelque belle dame vrenilleuse et voilage qui, encapricëe dësordonnément d'un nouvel amant, l'ayme, l'adore...; après.... le quicte, vous le plante là, III, 12.
Futder^ sortir, décamper. Et leur commanda aussi tost (Strozzi à des cordeliers) de vuider, car de son naturel il n aymoit giïières ces gens-là, II, 256. Ah! par Dieu, madame la sotte, vous vuiderez d'icy (de la cour) ; vous n'y viendrez jamais, IV, 85. Cf. Ibid.^ 223.
Vulgaire^ divulgué, connu. Ce massacre (de Frégose et de Rincon) estoit trop vulgaire, I, 207.
Vulgaire^ nombreux, commun, Voy. Trivial,
Vulgaire à (être en), être populaire, répandu parmi. Un traict qu'il fit (un maître d'armes).... qui me fut raconté et leque est encor aujourd'huy en vulgaire aux vieux, qui les y voudra interroger, IV, 14.
Fulgue (le), le vulgaire. Et le vulgue ignorant va tout couvert et aproprier à cest esprit familier, IV, 97 et note 2.
Vwfder^ Voy. Vuider^