‹ Lexique des œuvres de BrantômeChapitre 6 sur 10 · III · texte numérisé non relu

III

Censiéj censier, métayer. Laquelle (compagnie) auparavant M. d'Humières n'avoit composée que de Picards, vieux censiés, et Frandmens, Y, 84.

Censorieny qui tient du censeur, sévère. Voy. Ahaure. En latin censoritts^ en italien censorio.

CenUUe^ flammèdie; en espagnol cen^ia. Tous et toutes

paressent auprès d'elle comme une petite estinceile, centille ou flammèche devant une grande fournaise de feu, VIII, 175.

Cercuil^ cercueil. Mais tout cdluy (triomphe) que Ton leur en peut donner, ce sont quelques belles parolles qui s'envoDent aussi tost, et se perdent dans le oercuil et aussi soudain que le corps, IX, 654.

CenfeilUy tète. (On appelait cervelière une armure de tête.) Yoy. Cervelle et Esearbillat.

Cervelle (être en), être en éveil, en émoi, être sur ses gardes. (C'est la locution italienne star' in cerpello.) M. de Guyse...

advertit soubz main les capitainM de cheval et de pied d'eatre en cervelle, s'U en bougeoit aucons (des ràtres), IV^ 221. Si bien qae l'amant et l'amante, en estant en cerveile, se mîsrent en sursaut sur le lict, IX, 550.

Cervelle [teair ea) f tenir en ëveil, en inquiétude. Il (Nevers) refit encor un petit corps d'armëe et fit tenir Tennemy en cervelle et en bride, IV, 373. Cf. V, 329.— « Geux,ditH. Estienne (p. 85, 86} qui ne sont pas accoustumes à ceste façon de parler italienne siare in cervelln^ ne oognoistront pas que ceux qui disent tenir qmelcun en cervelle itaUanizent. ••... Tenir queleun en cervelle^ c'est en bon françois le faire penser à soy ; quelques fois aussi ce qu'on dit luy donner bien à penser. » ^

Chaffourer^ salir, barbouiller. Je m'en rapporte à eux, sans m'amuser d'en chaffourer le papier, V, 299.

Chagrigneux^ chagrin. M. le connestable et M. le chancelier (L'Hospital).., qui estoient... non pomt chagrigneuz et rëbarbératifs ny sëparez des douces conversations, III, 311.

Chaillej subjonctif du verbe challoir, importer. Et si nous sommes vaincus, ne vous chaillel (gentil mot ancien), II, 317.

Chaire f pour chère, visage, mine; en italien cAiefvr. Aussi l'empereur luy faisoit bonne chaire (à Le Peloux], I, 97. Cf. II, 181; IV, 96. Voy. sur ce mot H. Estienne, p. 79.

Chaisne^ chêne. Chascun print un rameau de chaîsne qu'il pendit sur son morion, II, 185.

ChaUtnderie , marchandise. Mesmes font-elles mieux (les femmes laides] ; car le plus souvent leur donnent de l'argent pour s'accoster de leurs chalanderies, IX, 171.

Chamberière^ chambrière. Les troupes dudict Padilla vindrent à passer par le village dudict M. le cure, qui luy mangearent ses poulies, son lard et beurent son vin et, qui plus est^ luy emmenarent sa chamberière, I, 222.

Chamberlany chambellan. Un milord qu'on appelloit le milord chamberlan, III, 68.

Champ, champ de bataille, II, 191. Voy. Esleu.

Champs (tenir les], courir la campagne. Voy. Bonhomme.

Chumpisserie^ tour (d'espiègle). Il (Thony) fut si bien apprès passé, repassé, dressé... par les nattretez, postiqueries, champisséries, gallantiieries et friponneries de la court..., III, 343.

Changer (aller au)« changer, être inconstant. Luy (Henri II)

qui estoit d'amoureuse complexion, et aymoit fort à faire l'amour et aller au change, Y, 342.

Chantepleure^ arrosoir. Il (François I*'] l'en arrousa (Bonni- Yet] en forme de chantepleure de jardin, IX, 712. Cf. VU, 350.

Chapitre^ statut. Or, il y a un poinct, en nostre France, observé jadis estroictement, que parmy les chapitres de Tordre du roy, les chevalliers dudict ordre ne peuvent envoyer ny accepter cartel, VI, 462.

Charger^ revêtir, prendre. (M. de Bure mourant] chargea son collier et son grand manteau de Tordre (la Toison d*or) avec un riche bonnet à la polacre, I, 315. Le commancement dudict mareschal (de Raiz) fîist qu'il eust quelque charge de commissaire et clerc des vivres... et puis chargea l'espée et fat cornette du petit M. de Fayguyères, V, 141.

Charier^ porter. L'ordre du Sainct-Esprit n'a esté traisoé et charié que par personnes la plus grand' part plus basses que hautes, VIII, 112.

Charité^ méchanceté, médisance. Ayant grand sujet (Grufly) de penser que ce fust quelque partie jouée de quelque ennemy de cour, pour luy donner quelque venue ou de mort ou de charité envers le roy, IX, 241. Encor que le roy l'eust tenu (Brissac) et pris prisonnier dans Fallaize..., luy disant quelques paroUes de charité et d'opprobre, VI, 149.

Charoppier, Je n'ai trouvé ce mot nulle part. A-t-il été estropié par l'imprimeur ? Je n'en sais rien. Dans le passage suivant, le seul où je l'ai rencontré (et qui n'est point de Brantôme), il semble signifier chercheur de charogne : Il (un chasseur) ne voulut jamais permettre que la charogne (de son chien] fust portée à la voyrie, pour estre déchirée des chiens charoppiers ou bien des corbeaux, X, 110.

Chastieur^ qui châtie. Je pense bien que ces grands cfaastieurs de séditions..., YII, 152.

Chatonnière^ chatière. Et d'autant qu'il se trouva une chaton* nière à la porte, IX, 549.

Chaud et couvert (la rendre à quelqu'un), lui rendre la pareille. Le seigneur dissimula pour ce coup, mais depuis, en tempori» sant son martel, la luy cuyda rendre chaud et couvert, IX, 504.

CkoMâdasse^ de complexion amoureuse. Par ce brocard le donnant bon à la mère, qui estoit chaudasse, IX, 156.

Ckande-^oUe ou mieux eholle^ sur le moment de k colère, de l'emportement, de la passion. (Le mot ehoUe est bien prcdiablement le grec yiph^* înie.) J'ay leu... qu'il (Pescaire) ne vooleust se présenter au roy (François I*' prisonnier), ni luy faire la rëvërance, à mode de plusieurs, sur la chaude-colle, I, 186, note 2.

ChaynuMe^ chômable. Le bon sim(^e corë estoit tenu tous les

dimanches leur (à ses paroissiens) annoncer les festes de la

sepmaine chaumables, lîl, 135.

Ckaaumer^ chteier. M. d'Espemon ne chanma point et luy faict la guerre à telle outrance que..., VI, 432.

Chelme, coquin, de l'allemand schelm. Je l'ay faict desdire, comme chelme qu'il est, devant chacun, X, 118.

Chemin (foire son), continuer sa route. Les huguenots ne veulent que Êiire leur chemin, sans s'amuser ny entendre à battaiHe ny combat, YI, 244.

Cher (tenir), garder prédeusement. Il ne me verra jamais que je ne soye plus honneste homme que ne suis ny ne serois, sî je voulois le croire et me £ûre tenir dier dans une boête pleine de cottott comme une relique, X, 39.

Cherban^eherbonnier^ charbon, charbonnier. Unse cens maistres cherbonniers pour fayre cherbon, II, 298.

Chereb€uui^ bail avantageux? Avecques aussy le petit prë auprès de la rivière que j'ay mis maintenant en un cher^aud, X, 156.

Chéiif^maécMe.Y. Flasque, — Chéiifverie^wàAre.y.PaomTetté,

ChepolemrtitXy de dievalerie. Galeazso de Mantoue luy fist veu (à la rône Jeanne) d'aller errant qui çà qui là parmy le m(mde et eqirouver les faits chevaleureux à tous hasards, VIII, 176.

CkePoUeresse^ femme de chevalier, IX, 354. Voy. Baronnesse,

Cheponeey richesse. N'eustr-il pas mieux vallu pour elle de traitter cette vie en bombances, magnificences, chevances et honneurs...? IX, 427.

Chepmiehew de cyyssinetz (coussinets), envoyé, ambassadeur. Luy (Biron) qui n'avoit jamais traicté grandes affaires aux pays eatranges, ny moiiïB este ambassadeur... comme un M. de Lansac... et autres chetaucheurs de cuyssinetz..., V, 149.

•— a II faut (à la cour), dit H. Estienne (p. 528), sçavoir en un besoing appeler un simple postillon monsieur le chevaucheur. »

CAfffr, venir à bout. II (don Carlos) menassoit, il frappoît, il

injaroil; si bien que don Rui Gomez n'en pouvoit chevir,

Ch€9ir de.,.^^ disposer de... Quand elles (les Carthaginoises)

virent leurs marys» leurs frères ne pouvans plus chevir de

chanvre, de lin, ny de soie..., IX, 422.

Chinfreneaut coup à la tète. U dit qu'il n'eut jamais les mains

engourdies ; qu'il fait largesse de taloches et chinfreneauz,

Chiquenaudery donner des chiquenaudes. U veut bien que l'on scache qu'il a la teste si prez du bonnet, qu'il ne pourroit jamais endurer qu'on hiy fist la part..., qu'on luy menast le festu par la bouche, qu'on le lamponnaat par trop, qu'on luy chiquenaudast le bout du nez, X, 116. «

Circuire^ entourer, investir. M. d'Aunous... s'alla jetter dans Poitiers... en despit de l'ennemy qui le tenoit tout circuit et environne, VI, 59.

Citadin^ hôte assidu, qui fréquente assidûment. Mais pourtant en ay-je veu force de ces dëvottes et patenostrières mangeuses d'images, et citadines ordinaires des églises, IX, 582.

Cipiliiéy chose polie. Voyez quelle vertu avoit une telle beauté et telle grâce, de faire tourner ung barbarisme grossier (il s'agit de la langue écossaise) en une douce civilité et gratieuse mondanité, Vn, 407.

Clair j pur. Au reste, qui est le bon, il (F. de Ghasdllon) estoit homme de bien et de claire vie, craignant Dieu, VI, 203.

Clair (à], clairement. Voy. Ouvertement,

Claquade^ claque. Voy. Plamussade»

Claqueter^ claquer. Elle les daquetoit et fouettoit sur les fesses, IX, 285.

Claustré^ clottré. D'autres disoyent qu'on le devoyt avoir

mis moyne en une religion, bien claustré et renfermé, VIII, 131.

Clergesie^ habile, savante. Et s'il faut prendre advis pour ce siijet d'une courtizanne qui a esté des plus fameuses du telhps passé, et grande clergesse en son mestier, qui estoit Lamia, IX, 529.

Chstral, claustral. Il (François I*') trouva meilleur de récompenser ceux qui l'avoient bien servy de quelques abbayes et biens d'égUse, que les laisser à des moynes dostranx, III, 108.

CUmer^ fermer, elaudere. La ditte fleur (le souci) se tournant

de tiHites partz là où il ya (le soleil)...., s'ouvrant aussi oa clouant aelôii sa hauteur ou bassenr, VIII, 115.

Chfte^ indificatif pràent du verbe ehi^yr pour douer (voy. ce mot), IX, 267.

Cluckier^ clocher. (Les petits hommes) poudroient fort estre toujours montez sur des duchiers pour parler de plus haut, VII, HO.

Codempner^ condamner. Pensant... que j'estms là arrivé à propos, et avms pris la poste exprès pour me produire à jour nommé là, pour luy servir de tesmoingt et ji|ge, et la oodempner en ceste cause, IX, 668.

Cogifatiom. pensée. Il fut dît et commandé à M*** la duchesse de Valentinoîs, sur rapprochement de la mort du roy Henry... de... n'entrer plus en sa chambre, autant pour -ne le perturber en ses cogitations à Dieu que pour inimitié qu'aucuns luy portoyent» IX, 448.

Cogiter y penser. Voy. Pourpenser.

Cognoissani^ reconnaissant. Je pense qu'il (La Noue) n'eut loysir de luy estre cognoissant (à Guise} ; car le pauvre prince vint à estre tué à Blois, VII, 228.

Cognuy reconnu. Et là dessus croyez si elle n'estoyt pas (Jeanne de France) bien au vray sa famé (de Loms XII) et très bien cognue, VIII, 102.

Cofiersion^ châtiment, coercitio. Si quelque femme avoit estée surprise en adultère, les Romains la punissoioit, non par la ocdiersion du crime qu'ell' avoit commis, mais par plus grand embrasement de paillardise, V, 11.

CoigneTf pousser (dans un coin). André Dorio, l'ayant (Dragut) là accullé et coigné qu'il n'en pouvoit januds sortir sans sa miséricorde , car il n'y avoit nulle porte derrière, ny apparance, II, 55.

Coincty coint^ gentil, aimable. Le pays de Basle (Mnodoict

force personnes et choses bonnes, mais non pas les femmes si advenantes, coinctes et agréables comme les autres pays, VI, St04. En cela, il pouvoit avoir double plaisir....; le second à la contempler souvent devant le monde en sa mixte (voy. ce mot), cointe mine, froide et modeste, IX, 237.

Coiisiriy coussin. Une couronne mise en son chef dessus ung coussin de drap d'or, VII, 322.

Coissinei^ coussinet. U (Brusquet) le faict accommoder (un

cheval de Strozâ), ayecqu'une selle de poste et un coissinet, II, 248. Cf. Chevmuheur.

Coiibet, quolibet. Gomme un petit ooUbet que j'ay leu d'autres fois, IX, 52.

Coile (chaude-). Voy. Chaude^oUe.

CoUéré^ colère. De quoy le dict marquis (de Pescaire) fut si coUérë etdespit qu'il en escrivit à l'empereur une lettre braTasche, I, 225. Cf. IV, 366.

Coiieré (pour coloré), spécieux. Soubs un faux et coUerë nom de constance, H, 376.

Colliger^ recueillir. Sur ces exemples prëcëdens, il faut coUiger et notter une chose, VI, 371. Cf. ibid,^ 360.

CoiloeiUion^coUoqaejColhcutio. (Catherine deMédicis) s'esmaya (▼oy. ce mot) à quoy pouvoient tendre tant de menées, parlemens et coUocutions qui se faisoient en secret, VU, 356.

Comédient^ eomédienut^ comédien, comédienne; de l'italien commedianie. On dict qu'il (le cardinal de Ferrare) despendit en la représentation de cette tragi-comédie plus de dix mille escus, aiant fait venir à grands cousts et despens des plus excellens comédiens et comédientes d'iulie, III, 256. Voy. Faréable. • Commanij OMunentaire; en espagnol comenio. Voy. Comerser,

Comme^ aussi bi^i que. Les diets mulets esUnent pour servir à tous offices de la maison du roy comme pour sa chambre..., paneterie de bouche comme de commun, pour garde vaisselle de bouche comme de commun, II, 301. Voy. Commun,

Comme^ que. Mais pourtant le tenoit-on (d'Aumale) malheureux; et n'a point doimé pourtant de sul^ect de luy donner ceste qualité cmnrae la deSaicte que fit sur luy le marquis Albert de Brandebourg, IV, 281.

Comment^ comme, combien. Si nos roys eussent eu et tenu teiz respects de paroUes au Grand Seigneur, conuneat l'empereur en eust fiûct son proffit et s'en fost moequé, V, 61.

Commettre^ remettre. J'ay donné toutes mes cl^...« à M. Goustancie pour les bien garder.... jusques à ce qu'il les ayt commises fidellement oitre les mains de madicte dame la comtesse, X, 153.

Commun^ horama dn peuple. Et n'y a si commun qu'en luy monatrant la tour (de Nesle) seulement, et en l'interrogMnl, que de hiy-meame ne le die, IX, 244.

Commun (le)» bas-offioes de la maison du roi et dea princes. Voy* Comme.

Commune (gens de), gens da pays. (Les Espagne^) allarent deffaire eni^ron quatre ou cinq mille Zellandob de commune qui les attendoient sur le bord, YII, 12.

Commune (à la), à la façon ordinaire, I, 43. Voy. Genetie.

Compagnée^ compagnie. Il n'y eust pas un en la compagnée qui ne louast et estimast infiniment ceste beautë, VU, 344.

Compoisémeni^ d'une manière compassée, posément. Plusieurs (Italiennes)... (le) conduisent en leur marcher si sagement, discrètement et compassëment, qu'il (leur pied) ne passe jamais devant la robbe, IX, 325.

Composter^ régler, conformer. Ce petit traîcté doncques vous servira de sa représentation et image que vous arregarderez quelques fois et y compasserez vos actions, X, 31 .

Compatible y sociable, facile à vivre. Son frère (le comte de Brissac)... est plus compatible et de plus douce humeur, VI, i52.

Compatir^ s'accorder. Si ne se peurent-ils (le dauphin et le duc d'Orléans) jamais bien compatir ensemble; car M. d'Orléans vouloit un peu trop s'advanUger, III, 184. Cf. Y, 141. YI, 182.

Compétance^ compétition, rivalité; en italien competenza. Ce brave roy (Antoine de Navarre) et M. de Guyze contendoient si très fort ensemble en compétance de glonre, IV, 371.

Compiaintey plainte, doléance. De quoy en ayant fait sa complainte à une sienne grand' dame favorite, IX, 283.

Complexionné y qui est d'une certaine complexion, d'une certaine humeur. Il y a plusieurs de tels complezionnes qui, de leur naturel, ne sont pas trop faardys..., mais veulent estre mastinez, pousses, menasses et contrainctz, et après ont le diable dans le corps, IX, '24.

Compiexionné (mal). Oudin rend ce mot par mal appris, mal instruit. La plupart (de l'infonterie) n'estoit composée que de marautz, bellistres, mal armes, mal complexionnez, faictz-néantz, pilleurs et mangeurs de peuples, Y, 301.

Complir^ accomplir. Encor si vous eussies comply quelque long aage, X, 83.

Compote (bien), en bon état. Je croy que si cette dame (Diane de Poitiers) eaat enoor vescu cent ans, qu'eHe n'eust jamais vieiUy, fust du visage, tant il estent bien composé, fost du corps,

IX, 356. — Nous avons encore le verbe décomposer^ avec le sens d'altërer.

Composeurj écrivain. Ainsi que vollontîers font les poètes et autres composeurs qui se plaisent à sopposer (supposer} de grandz objectz et les fayre acroyre au peuple affin qu'ilz en escripvent mieux, VIIÏ, 170.

Compromis^ promis. Madame Louyse de France avoit este compromise à l'empereur Charles, VIII, 127. Cf. Ibi4.^ 177. Voy. Escot [s* abattre sur f ).

Compte^ conte, histoire. A Rome, la première fois que j'y allay où l'on m'en fit le compte, I, 71. Et par ainsi (les soldats de Bourbon) se mirent à cheminer, tous très dëlibërez de faire bien et mal, dit le compte, I, 263. Voy. Conte.

Computer^ supputer. Lorsque... nostre grand roy (Henry II) alloit ainsy triumphant parmi les entrées des belles villes de son royaume, quasy en mesmes temps, comm'il est aysë à computer, le prince d'Espagne... en faisoit de mesmes en ses belles villes de Flandre, II), 258.

ConeapcTy creuser. Les vents marina minent et mangent les pierres d'en haut, et les concavent plustost que celles ^du bas, IX, 344.

Conchiemeni^ ennui, onbarras. Nous autres gentilz-hommeSy estans vieqz et casses, ne devons estre ambitieux; car nous ne servons en une armée ou en une court que d'importunité, ou empeschement ou conchiement, II, 87.

Condempner^ condamner. Voy. Codempner et Peys.

Condicikm, homeur, naturel, manière d'être. Voy» Bompemeni.

Condictionné (mal), qui a un mauvais naturel ; de l'espagnol condieionado. Sigismond Malatesta, grand homme de guerre, certes, mais très mal condictionné, qui, ne se oontentant de fidre mille maux aux -hommes, s'addressa à ses propres femmes, II, 205.

Condictionnerj soumettre à de certaines conditions, régler. Ainsi doit faire tout cœur généreux (dans les duels) et soubstenir son compagnon jusques à la dernière goutte de son sang, si n'estoit que le camp fust esté condictionné, ainsi <ioe les Espugnols condicticmnèrent le leur.... contre les. François, VI, 317.

Condigne^ digne. Et disoit bien plus (une conrtisaniie) que

cette dame lui devoit faire nn beau présent et condigne de sa peine et de son sallaire, IX, 53. Cf. VIII, i76.

Condignement ^ dignement. Le roy (Henri II) l'honnora fort (d'Essé).... et le récompensa bien condignement, III, 390.

Condiiian que (en), en sorte que. Et là elle se prostitua à luy en condition qu'elle en engroissa, IX, 285.

Confidantf a£Bdé. Le baron (de Vitaux) donc le soir entra (chez du Gua) avec trois de ses lyons. Ainsi appeiloit-on ses ONifidans qni luy assistoient en ses résolutions et entreprises meurtrières, V, 355.

Confidant^ personne en qui Ton a confiance, qui est chargée d'une mission de confiance (entre autres dans les affaires de duels). Yoy. Content,

Conpder (se), avoir confiance, se fier. Le roy (François I**) dès lors le prit en amitié (Montpesat) et se confida tant en lui qu'il l'envoya vers madame la régente, III, 151.

Congrégtuion, réunion, assemblée. Yoy. Falloir,

Conille^ femelle de lapin (Yoy. ConnO). D'autres (femmes) y

a-il dont les jambes sont si grosses qu'on en diroit le gras

estre le ventre d'une conille qui est pleine, IX, 274,

Conjoinction^ conjonction. Et par ainsi elle désire conjoinction de celluy qu'elle a fait seigneur de sa pensée, IX, 534.

Co/i/«r^(ètre), être l'objet de conjuration. Yo/. jittenté.

ConnU^ lapin, euniculsu. Des poches de foret à prendre des connils, m, 108.

ConniUer^ courir comme un lapin, s'esquiver, chercher des

faux-fuyants. Biron le fit (le roi de Navarre) fort tenir en

cervelle et conniUer, et faire plus du cheval léger que du roy, Y, 143. Luy (Bellegarde) ores planant , ores connivant, et ores connillant, et amusant la reyne de belles parolles. Ibid^ 203.

Connivanee^ dissimulation. C'estoit à luy (Gharles-Quint) à bien se revirer et defiendre par faintises, connivances et temporisemens, III, 169.

CaRii/f«r,dis8imnler. L'empereur luy (au duc de Savoie) manda qu'il se gouvemast à l'accoustumée, en connivant, sans autrement se déclairer ny pour l'un ny pour l'autre, II, 141. Yoy. ConniUer.

Conquerrewr^ conquérant. Que le monde scache que jamais des Romains ny des Grecs, grandz conquerreurs de réaumes et de terres, il n'y en a eu de tel (que Bari>erousse), II, 67.

Conquister, conquérir; en espagnol canquistar. L'estat de Milan qu'il (le marquis del Grouast) deffendit très bien, voire con* quista sur nous au Piedmont, I, 202.

Consente^ conspiration , consensio, (Ce) qui fit penser qu'ils estoient tous de la consente de La Molle et Goconnas, III, 363.

Consente (être consente ou de), être complice. Aussi M. de Duras n'eust eu garde d'en estre de consente (d'un guet-apens ), pour estre seigneur d'honneur et de valleur, YI, 325. L'histoire (du meurtre de Damley) en est imprimëe et escripte, mais non au vray pour l'accusation qu'on a suscité à la reyne d'y avoir esté consente, VU, 42 J.

ConséquemmeM ^ à la suite. Et conséquemment marchoit le grand escuyer de la dicte d.ime (4nne de Bretagne), VU, 319.

Conséquent (par), par conséquence. Mais an bout de quelque temps que le père (Cosme I*') vint à mourir, par conséquent le mari la fit mourir (Isabelle de Médids), IX, 12.

Conserver^ voguer de conserve, II, 116. Yoy. Réalie.

Consesque (faute du manuscrit, pour corsesque), zagate; en italien ccrsesca. Ils (les gladiateurs, à Lyon).., c<»nbattirent premièrement à armes différentes, à sçavoir une consesque ou zagaye contre wie espée à deux mains, III, 250.

Considératif^ réfléchi, qui prend en considératipn. Feu M. de Guyze estoit en tout considératif, IV, 56. Yaudroit mieux... aller avec un' harquebuc ou une picqne en la main, que man* qner à son devoir, ny que d'estre ainsy considératif et appréhensif de ses commodités, III, 341-342.

Considération^ prudence. Ainsi qu'il luy arriva (à Alviane) à la baUiUe d'Agnadel... qu'il (où il) donna et chargea furieusement sans considération, II, 190. Mon frère qui estoit jeune et sans aucune considération, IX, 339.

Considéré^ sensé, prudent. (Alviane) estimé plus vaillant, hardy et hasardeux que sage, considéré et provident, II, 190.

Considérer y faire attention, avoir égard. Ainsy que madame leur très-sage mère le vouloit et leur commandoit et considéroit, X, 141.

Consommer à quelque chose (se), s'y ruiner. Le roy (Henry II) s'est adonné aux dames , mais de s'y estre consommé, nullement; autrement il n'eust sceu fournir à si grandes despenses, III, 245.

es LEXIQUE.

Conie. Ce mot avait au XVI* siède les deux sens actuels du mot histoire. Ce conte est très yëritable, IV, 238. Voy. Canote.

Conte ^ comte. Le conte (de Bure).., fit appeller les deux plus grandz amis qu'il eust, I, 314.

CorUe^ compte. Voy. Envazzé.

Coraendani^ prétendant. M. du Gua mort, il y eut force brigueurs et contendans à ceste charge honnorable. Y, 360.

Contendre^ rivaliser. Ces clairs flambeaux accompagnoient ceux des yeux de ces belles dames, et contendoient quasy ensemble pour faire feu et clarté de toutes partz, III^ 258. Cf. IV, 371.

Caniendu^ prétendu, réclamé. Par quoy ils (nos rois) laissarent le tout, comme chose non jamais advenue, contendue, ny songée seulement, Y, 111.

Cotueniy comptant, immédiatement. Les parrains et confidans de l'autre (il s'agissait des conventions d'un duel) furent si impudens qu'ils disputèrent ce faict et le vouloient prouver par raisons, mais ils le perdirent content, YI, 293.

Cimtenter (se), se tenir pour satisfait. Il (un soldat) va louer fort M. de Guyie qui, après avoir tué son ennemy M. l'admirai, s'estoit contenté, lY, 38.

Conter^ compter. Je luy donneray tousjours le passe-iemps de luy descoudre son hamois..., voyre loisir de conter, à la clarté de si belle chandelle, toutes les pièces de sa frq>perie, une par une, X, 117.

Contester (se), se disputer. L'un et l'autre advisèrent à

s'accorder aussitost ensemble, et, compar<»s8ant devant la reine, de dire que ce n'estoit qu'en jeu qu'ils se contestoyent ainsi, IX, 488.

Confine^ petite comtesse. Yoy. Baronneste.

Continue^ continuité. Ainsi que nous autres courtisans avons accoustumé de faire pour le premier assaut de l'amour; quoy qu'il tarde, avec la continue nous l'emportons, IX, 330.

Contrainctj persécuté. H n'y a ligue ny association si ferme ny si obstinée que celle qui se faict pour la religion et mesmes pour une nouvelle et contraincte, lY, 355.

Contrarier^ faire le contraire. Ceste dame avoît raison de me tenir ces propos, puisqu'elle n'y contrarioit pomt et ne les dissimuloit par effect, IX, 153.

LEXIQUE. ei

Contrariété^ contradiction. Et par là voyez-yous les contrariétés, VUI, 53.

Comrecarre^eontresquarre^ opposition, résistance (de carre ^ visage. Voy. ce mot). Ah! qu'il a eu belle peur que j'entrasse dans sa ville et que je luy fisse contrecarre à son authorité ! III, 358. Cf. VI, 464.

ContreftUre quelque chose ^ en faire semblant. Autres très grandes dames et grandes princesses j'ay cognu, qui tous les jours s'amusant en leur cabinet à fayre escrire ou contrefayre, pour mieux dyre, en faysoyent de bonnes aveq leur segrétayres, IX, 574.

Contregarder ^ fttre préservé de fay une abbaye, celle de

Brantosme, dont le titulaire..., sous mon nom, a contregardé toutes les guerres des huguenots que jamays ils n'y ont fait mal,

III, i05.

Caniregarder (se), se stagner, prendre des précautions. Aussi étoit-ce la dame (M"'« de Bourdaistère) qui se contregardoit le mieux, car elle étoit ennemie mortelle du serain et de la lune, IX, 357.

Contreporteur^ colporteur. XHixes Talla descouvrir (Achille), en guise de marchant ou contreporteur, en la maison de ce roy où il estoit déguisé en fille, III, ii9.

Contrerolier, contrôler. Voy. Cappitayneau,

ConirerooteuTy conterroiear^ contrôleur. Il (Charles IX) se mit dans son grand bateau couvert, qu'on avoit veu longtemps devant le logis du contrerooleur Dumas, IV, 347 et note i.

ControKçeiue^ diseur de choses controuvées. J'allègue tous ces noms et circonstances, afin qu'on ne me trouve point menteur ni controuveux, VII, 228.

Comvdiescence^ santé. Enfin, avec beaucoup de peine, de tant de maux il se remit et rentra en sa convallèscence première,

Convenir j assigner, appeler, convenire. Ce qu'elle (Lamia) ayant sceu, le fit convenir devant le juge, qu'il eust à l'en satisfaire et la payer, IX, 235.

Conversation^ fréquentation, commerce. La pire espèce (de maris)... que les femmes craignent... ce sont ces fob, dangereux,... cruels; et de tels la conversation est fort à fuir, et pour leurs femmes et pour leurs serviteurs, IX, 5.

Converser y fréquenter. Pour plus grande preuve que faye jamais veu de mon dict sieur le mareschal (Strozzi), pour ne l'avoir jamais converse, car j'estois trop jeune quand il mourut, c'a este les Commantaires de Cxs&r qu'il avoit tournes de latin en grec..., avec des commantz latins, aditions et instructions, II, 24kl. Cf. VI, 245.

Convollanif qui se remarie. (M""* de Guise) ne faisant point comme plusieurs dames que j'ay veu vefves et convoUantes,

Copieux^ large, généreux. J'en ay cogneu une grande (dame) qui a esté fort copieuse et libérale en cela, IX, 109.

, Copieux de.,.^ abondant en... Encor qu'on me pust dire que je ne suis esté assez copieux d'exemples de luy pour ce sujet, IX, 499.

Coporal^ caporal. Un coporal n'ayant pas bien posé ses sentinelles comme il devoit, II, 230. Yoy. Corporal.

Çb^tti/z, , pauvre, misérable, mendiant. J'ai cogneu une dame qui disoit souvent à son mary qu'elle le rendroit plustost coquin que cocu, IX, 108. Elle (la marquise del Gouast) me pria cent fois ne prendre autre logis ny repas que le sieil, mais je ne le voulus jamais, n'ayant esté mon naturel d'estre importun ny coquin, ibid.y 373. — De là le vieux dicton : « A coquin honteux, plate besace. »

Coquin^ séduisant. Car rien n'est tant si coquin, ny doux, ny attirant qu'un butin» quelqu'U soit, soit de mer, soit de terre,

V, 401 . (Il y a peut-être quelque analogie entre le sens que je crois pouvoir donner ici au mot coquin et les locutions minois fripon^ yenx fripons.)

Cordé^ fini, terminé. Aujourd'huy qu'il (le concile de Trente) a vogue en plusieurs régions, cela est deffendu et les combats par luy sont cordez, VI, 273.

— Oudin (p. 121) cite la locution : Cela est cordé^ et l'explique par : Il ne s'en trouve plus, il n'y a plus moyen d'en avoir.

Corne ^ aile d'une armée. La corne gauche (à la bataille de Lépante) portoit un gaillard (paviUon) jaune, la corne droite en portoit un verd, II, 120.

Cornette (faire un voyage à), être cocu. Voilà une folle curiosité pour envoyer son mary faire un voyage à Cornette, près de GviU-Vecchia, IX, 51.

Cornke, cormdie. Le nudstrei masson lay ayant demande s'il ne le vouloit pas (son château) iilostrer de cornices, IX, 119.

Corpondj caporal. Je croy que le corporal qui lors oonunandoit à Tesquade (voy. ce mot) où estoît cette bdle fille, IX, 416.

— « Noos avions corporal, dit H. Estienne /p. 271), qui tenet encore bon, et avet opinion qu'il ne seret point ckassë; estimant que celuy qu'on nommet Corps de garde luy porteret faveur; mais un je ne sçay quel caporal vint, portant des lettres de recommandation de monsieur Gapo, par le moyen desqudles il fut bien receu, voire ckéri et caresse ; et peu de temps après la place de corporal, qui estet natif du pays , fut baillëe à cest estranger caporal ».

Carrival^ rival. Ils (les amants) sont plus sujets à jalousies, mesmes qu'ils en ont des marys aussi bien que de leurs corrivals, IX, 186.

Corsage^ taille. Il (Vandenesse) estoit fort petit de corsage, mais très grand de courage, II, 381.

Corsesque^ zagaie. Voy. Consesque.

CcTpée^ expédition militaire. C'a este le premier (Alviane) qui... a este inventeur des grandes courvëes et cavalcades de guerre, pour aller de bien loing rechercher scm ennemy, II, 197.

Cotter^ designer. Madame la rëgente, Louyse de Savoie, que (comme) l'histoire la cotte nommément, I, 193.

Couble, couple. C'estoit un beau couble d'elle et de son mari, II, 24.

Cotthler^ coupler. J'ouys feu M. de Guyze dire : Les voylà (Montluc et Vassé] bien coublez ensemble, IV, 94. Voy. Accoubler^

Couche^ ealea; coucher^ mettre pour enjeu. Mais ce seigneur en rabilla le foit, disant que, de sa couche, il avoit rëservë (il s'agit d'un portrait) le parchemin du dedans, et n'avoit couché que la boëte qui l'enserroit, qui estoit d'or et enrichie de pierreries, IX, 504. C'estoit la couche ordinaire de cinq à six mill' escus d'un coup de dé, II, 46.

Coucher de^viser à, prétendre à. Son prédécesseur (Charles YIII) ne couchoit pas moins que de la conqueste de tout l'empire d'Orient, II, 359. On ne sçait que plus louer à la vérité ou les beaux mots du roy (Charles VIII) ou la response de ses subjects qui ne couchoient pas moins que de l'engagement de leurs âmes, II, 318.

Coulper^ reprocher, blinier. Je suis este un pea long en cet incident, et crains qu'on ne me coulpe de m'estre ainsy extravaguë, VII, «76.

Coup (au), à la fois. Voy. Variité.

Coup (tout au), tout à coup. Et le soir venu, ne failloit d'aller coucher en galières, pour quant le beau temps ou le bon vent s'esleva, tout au coup faire voyle aussitost, IX, 606.

Couper queue^ mettre fin. Hz (le pape et Fr. de Bourdeille) se remirent doncques k jouer, et la fortune voulut que mon père se

racquittast de tout...., que le pape coupa queue au jeu et ne

voulut plus jouer, X, 42.

Coupiere^ celle qui donne la coupe, ëchansonne. M"** de Nevers... avoit este nourrie quelque temps avec la reine Elisabedi de France, estant sa coupière, luy donnant à boire, IX, 514.

CourciCf coursie^ tillac. Sur la courcie de la gallère ou tillac de navire, I, 52, note 3. Cf. ibîd., 211.

Courcière bardable^ jument bonne à ttre bardée, IX, 485. Voy. Bardable»

Couremeniy course. En tous les combats à la barrière et couremens de bagues qui se firent là (à Bayonne), I, 113.

Courir^ courir un risque, un danger. Je n'avois point peur que la vie y eust couru ; f estois bien asseurë de mon baston, IX, 488.

Courroucer si...^ se courroucer de ce que... Elle (la reine de Hongrie) se mit à courroucer contre luy (Henri de Nassau) s'il n'avoit pas honte de n'avoir peu prendre ce couUombier (Péronne), I, 252.

Cours^ course. II (Cosme de Médicis) a toujours entretenu sept ou huit galières... allant tousjoiu^ en cours, II, 18. Feu M. le grand-prieur de Lorraine prit une fois envie d'envoyer en cours vers le Levant deux de ses galières, IX, 462.

Course (de), en courant (trot ou galop). Voy. Précipitant.

Courtine^ rideau, au figure voile, prétexte. Elle (Françoise d& Rohan) se trouva grosse de six mois... et confessa le tout sous la courtine de mariage, IX, 489.

CoustemenSj coûts, dépenses. Popea Sabina, outre qu'elle fiist la plus profuse en toutes sortes de superfluitez..., de pompes et de ses coustemens d'habits, IX, 310.

CoustiUier ou coustriUettXj soldat armé de coustille (espèce de

grand couteau) qui accomiHignait rhomme d'armes. Leurs pages, archiers et coustillîers, II, 304. Cf. lY, 316.

CoustriUieax. Voy. CoustiUier»

Coustumier^ habituel, ordinaire. Ce sont les propos coustumiers dont usent les dames inférieures à leurs supérieurs, IX, 508.

Coiuiumièremeni j ordinairement, habituellement. Car coustumièrement la plnspart des François aujourd'hui, au moins ceux qui ont un peu tcu, sçavent parler ou entendent ce langage (l'espagnol et l'italien}, IX, 251. Cf. VI, 182.

Couvert (à), secrètement. En un tour de main le sarrurier eust ouvert le cabinet où ilz prindrent ce qu'ilz peurent emporter du plus beau et du meilleur, le plus à couvert qu'ilz peurent, II, 246.

Co^Ty coyement^ sans bruit. Tel assaut et telle camizade se doit faire plus coy que l'on peut, I, 297. Toutes fois ils l'envoyèrent (M*^ de Rohan) tout coy chez ses plus proches parens, IX, 489. Voyant son frère un soir détenu maUade..., le laissant dans le lit , tout coyement se dérobe de luy , prend ses armes et ses habillemens... Ibid. 416. Cf. VI, 216.

Coyte^ couette. Il (P. de Navarre) fut pris et muré à Naples, où par le commandement de l'empereur (ut estouffé entre deux coytes, I, 159.

Cm/'/i, crin. Brusquet monte sur le cheval..., lui faict coupper le crain, II, 247.

Craindre (se), craindre pour soi. Car il (le marquis del Gouast) se craignoit despuis la mort de Rincon et Fregouse, I, 205.

Craimse^ subjonctif de craindre. Voy. Tourner.

Créance j message, opinion, pensée. Ayant enfanté un bel enfant, ne sceut à quel sainct se vouer, sinon à son père (Cosme I)

à qui elle décela le tout par un gentilhomme qu'elle luy

envoya; duquel aussitost la créance ouye, il manda à son mari.., IX, 12. L'empereur lui escrist (au marquis de Marignan) qu'il n'estoit pas content de la longueur d'un si long siège (le siège de Sienne); voire luy avoit envoyé un gentilhomme de sa chambre j)Our luy en dire sa créance, I, 301.

Créance légère (avoir la), ne pas croire à grand' chose. Aussi qu'il (Ph. Strozzî) avoit la créance légère (ce disoit-on} et approchante d'aucuns anciens Romains... qui... ne craignoient pas de se deffaire eux-mesmes, IV, 138.

— Oudin, au mot crcyance^ donne une acception toute différente â cette locution et l'explique par facite à persuader.

Créas ^ domestique; de l'espagnol creado. Tamayo luy dict qu'il se servoit de serviteurs et créas plus gens de bi^i que luy, VI, 306.

Crédiieurj créancier. La reyne et d*autres dames disoient

qu'il n'y avoit droict ny raison... que venir faire prisonniers telles gens à l'appétit d'un créditeur importun qui plustot devoit estre mis en prison, VI, 40.

Crée, discipliné, élevé; en italien creato; en espagnol creado. II n'y a insolence que le soldat mal créé et en tels endroicts ne face, III, 143. Geste fille, dicte Anne, fort belle et honnestedamoyselle et bien créée en la court d'Espaigne, IV, 309. Cf. IX, 367.

Créon^ crayon. Jamais nature ne sauroit faire une femme ai parfaitte comme une âme vive et subtile de quelque bien-disant, ou le créon et pinceau de quelque divin peintre la nous pourroyent raprésenter, IX, 257.

Criminel^ qui traite en criminel, rigoureux. Mais de dire.... que M. de Guy se eust faict faire le bandon un peu trop criminel contre les gens de guerre, il ne le faut croire, IV, 225.

Croire queiqu^un^ avoir confiance en lui. Le bastard de Bourbon.... fut pris.... fort près de la personne de son roy etmaistre (Charles VIII) qui Taymoit fort et le croioit, II, 311.

Croisette^ petite croix. (Charles VIII) avoit une très riche jaoquette.... semée de croisettes de Jérusalem faictes de fine broderie, II, 307.

Crotte^ grotte. En moins de rien, il (Lucullus) creusa ceste montagne et crotte de Naples, dont il fut tant admiré, III, 126.

Crouller^ remuer, grouiller. Ayant (Montmorency) trouvé ce peuple de Paris.... mutin, séditieux, croullant et bouillant tout de mutination, III, 354.

Crojre^ craie. (Charles VIII) envoyé ses mareschaux des logis et fourriers devant, la croye en la main, marquer les logis, II, 286.

Guider^ penser, faillir. Les fautes que luy (l'évêque de Mâcon) et son compaignon firent et qui cuydarent porter préjudice à nostre roy, VII, 73.

Cuirasse poltronne^ prétexte servant à cacher la poltronnerie. Il y en a force grands qui ont fait de telz traictz.... pour corn*

LSXIQUE. 73

iMttre leurs infërkura, à quoy Me ont plus d'honneur que de s'ayder de telles ciiyrasses poltroDoes, Vil, i2S«

Cuijtsoi^ cuissard. Plus, mes armes oompletles, tant de la ciiriasse, brassard, salade et cuissot^ X, 146.

Cunctation^ lenteur, etMctatio, Maïs comme un Fa(>ius M azimus, par sa cunclalion et temporisement, (le duc d'Albe) fit aHer nos fœiu eu vapeurs et fumées, I, 101.

Curiaste, cuirasse. Voy. Cuissot.

CvrieujCj soigneux, voy. Tenser,

Curiosité^ recherche, soin; dans le sens de l'espagnol ewriasidad. Après avoir mis (Catherine de Médicis) toute la curiositë du monde fiour le laire guérir (Henri II), III, 273. Cf. X, 20.

Cuylfy^ cueilli. Voy. Sarre,

CuxrMsine^ cuirasse ; en italien coraazina; en oyagnol eonteina. Millaud estoit couvert d'une petite légère cuyrassine, VI, 327.

Cuyssimet^ coussinet. Voy. Cke^auekeur^

DacCy impôt. Don Pedro, vice-roy de Naples, y voulut mettre l'inquisition et y establir de nouvelles daces, III, 95.

Dtrgadéf^ coup que le cerf (daguet) donne avec son bois, fistint (le chien) tout en feu, et aussy qu'il estoit percé conlme un crible des dagades que le cerfluy avoit données, X, ilO.

Dagasse^ grande dague. De grandes dagasses au costé, comme j'ay veu d'autrefois nos «ifants perdus en porter» I, 339.

Damaret^ dameret, galant. Ayant fait (le marquis del Gooast) un festin aux dames de la ville, car il estoit fort damaret, s'ha* billant tousjours fort bien et se parfumant fort, 1, 203. Cf. ¥1, 28.

Danser sous queiqu*un» Voy. Sous.

Dauphinat^ dauphinois. De mesmes en devons-nous dire et faire de ce bon capitaine dauphinat (Lesdiguières), V, i87.

Davamage^ d'autant plus. Voy. Âdvantage^ Imesgal,

Dcf pour, avec. La pauvre femme, ayant peur (pour la vie) de son mari, pour le sauver lui ouvrit (au marquis de Ifarignan) la porte (du château de Chiavenne), I, 292. Le capitaine Franget.... au lieu de s'y (à Fcxitarabie) deffendre de la résolution de son prédécesseur, la rendit subitement, II, 414. Cf. VU, 310.

Dé (flatter le), aller, couler en douceur. M. le grand*prieur ne flattoit pas ainsi le dé à l'endroict des ennemis de sa religion, car il les halssoit mortellement, IV, iob.

74 LBXIQUE.

Otidin explique cette locution par : ne pas faire une chose avec résolution, ne pas dire ou faire librement.

Débaitahi^^ digne de débat, sujet à discussion. Le bois de la vraye croix et le chappeau d'espines.... estant un trésor et jojau plus débattable que l'espée de nostre petit et brave roy Charles» n, 362. Geste cause demeura indécise qui estoit desbacable d'un costé et d'autre, Y, 34!S.

Déàaitre^ disputer. Le marquis de (fiCarignan) alla assiéger la ville de Sienne qui fut débattue comme M. de Montluc le dict en son livre, I, S96.

Dehteur^ débiteur. Puisque la chose alloit de corsaire à cor^ saire, il ne voulut pas demeurer debteur de telie courtoisie « I, 299.

Debolezze^ faâ>lesse; en italien deholetza. Une grande dame disoit que nul samedy fîit sans soleil, nulle belle femme sans amours, et nul vieillard sans estre jaloux; et tout procède pour la débolezze de ses forces, IX, 22.

Débortté{fitt%)y atteindre les bornes.

Vivez doncques, Tirez tant que la destinée Voudra rouler tos jours. Puis, estant dëbomée, Venez nous yecyr icy, frère, je vous attends, X, 77.

Décadanee^ ruine. Ce qui fut cause de sa décadance (de Lucdlus) que Glodius, meschani gamiment, aida fort à pourchasser, lU. 39.

Décodant^ en décadence, déclinant, affaibli. Ses devis furent grands et longs et point se ressentant d'un corps fany, esprit foible et décadant, IX, 458.

Déclinaison^ déclin. Boccace a fait un livre, où il exprime la grandeur d'aucuns grands, et leur déclinaison par amprès, VII, 61 .

Dédication^ promesse, protestation, dédicace. Voilà comme je me présente à vous, aveq' veu et dédication que je fais à Vostre Majesté, de vous demeurer pour jamais vostre très humble et très obéissant subject, I, 7. Et tel livre.... la dédication en fust estée plus propre à quelque courtizanne. Ibid.^ 197.

Dédier j consacrer. Il (Gosme de Médicis) érigea un très beau et sainct ordre de chevalliers de Sainct fistienne, dédiez et destinez pour cette guerre ordinaire des infidelles, II, 18. Cf. IV, 100.

Défavoriser^ disgracier. Voy. Qucy que,

Défa^rrer^ deffairer^ defférer^ attribuer, rap|K)rter, accorder.

Beauvin.... a fait un fort beau livre de lay (le maréchal de Brissac).... attribuant qu'il avoyt tout fait, sans en dëfayrer que peu aux autres, IV, 64. II est vrai qu'elle (Marie de Hongrie), qui estoit très habille, luy (à Charles-Quint) deffairoit le tout, IX, 615. Ce fut luy (S. Andrë) qui ordonna Tordre de la bataille de Dreux.... MM. de Guyze«t connestable trouvarent ceste forme belle et bonne et la luy deffërarent. V, 36-37.

Voici encore un autre passage que je dois citer tout en avouant qu'il m'est impossible de lui donner un sens prëcis. 11 y a probablement une lacune dans le texte ; mais je renonce à la remplir : oc D'autres raisons philosophales apporta-il (un médecin), que je ne veux de me deffërer en cet art », FV, 319.

Déféré^ accuse. Ayant este (Soubise) àéîéré par les Siennois de plusieurs choses qu'il a voit faict en Toscane..., M. de Guyze intercéda pour luy, IV, 252.

Deffaicte^ tuerie. Ce monsieur le médecin Brusquet, en ce camp d'Avignon, donnoit de pareilles recettes à ses mallades et les drogues de mesmes. Mais le pis fut qu'il fut descouvert de la grande deffaicte qu'il fit de ces pauvres diables, et qu'il fut accusé, II, 261, Cf. V, 257.

Deffaicte^ débarras. Et quand on luy demandoit pourquoy il le faisoit, veu que c'estoit son ennemy et autant de deffaicte pour luy s'il mouroit, il respondit.*.. VI, 425.

Deffaire^ mettre à mort. Il (Urbain VI) les fit exécuter (les cardinaux rebelles) et deffaire avec une doloire, II, 200.

'Deffaire (se), se suicider. Aucuns anciens Romains..,, qui, pour immortaliser leur nom, ne craignoient de se deffaire eux-mesmes, IV, 138.

Deffansihle^ défendable, excusable. Est-il plus deffansible et aussi plus loysible à une femme avoir eu plusieurs. marys...? IX, 684.

Deffcmt (avoir le), avoir l'infirmité, le manque. Voy. OretUe.

Deffence (faire), ordonner. Pour fin et l'un et l'autre (le cardinal de Lorraine et l'Hospital) vindrent fort à se fascher devant Leurs Majestez.... de sorte qu'elles leur firent deffence de leur taire, III, 313. Voj. De f fendre.

Deffendre^ ordonner. Quand il (François I*') couroit avec luy (Bourdeilley au jeu de bagues)..., il luy deffendoit de cesser ces

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