‹ Lexique des œuvres de BrantômeChapitre 7 sur 10 · EX1QU · texte numérisé non relu

EX1QU

lançadesy car cela ne le faûoit qae desbaucher et empescher ses dedans, V, 85. Voy. Deffeitte.

Defférer. Voy. Défofrtr.

Defferrer (se), se dëpartir. Ce grand roy Français, aox grands affaires, ne se defferroit jamais de son beau parler françois, et n'en parla autre devant le pape Clément, le pape Paul, Vil, 75.

Deffiance^ dëfi. [Amé de Viry) luy (à Louis de Bourbon) envoya une defiiance (ainn parloit-on alors, comme aqjourd'huy deffî solennel), VI, 484.

Deffvnentf dëfi. Sur ce defiBment que l'empereur faisoit au roy (François I*') sur le combat, III, 101.

De f finition, fin. Voy. Di (finition.

Deffluxinn^ fluxion, enflure. Il (Bouillon) mourut fort jeune d'une deffluxion qui luy tomba sur les jambes, III, 192.

Defforîunfy dtsfortune^ mauvaise fortune. Le Peloux qui avoit suivy M. de Bourbon en sa deffortune, I, 95. Cf. V, 293.

Drffrayeur^ celui qui défraye, qui paye les frais. En quoy l'Espaignol ne fut pas sot d'avoir choisy un si bon deffrayeur et parrin, VI, 115.

Defraudé^ détruit. Ne void-on pas souvent les sommets des hautes tours par les vents, les orages et les tonnerres estre emportez, defraudez et gastez, IX, 344. Voy. Desfraudement.

Dégoêter^ abtmer? mettre en fuite, chasser? II, 262. Voy Birjre,

Dtfgouster^ goûter; en italien degustare^ IX, 492. Voy. Desgouster.

Déguiser (se), dissimuler. (Marguerite de Valois) pour rendre donq' contant son mari.... se desguisa de telle façon que, M. d%- ])ernon venant arriver en sa chambre, elle le recueiliist de la mesme forme que le roy l'en avoit priée, VII, 67.

Délayer j dilayer, différer. Ledict coimestable (de Castille).... en un tournemain exécuta aussitost ce qu'il avait tant délayé, VI,

Délibéré^ résolu. Louis XII.. ., envoya M. de la Palisse avecqu'une gente armée et bien délibérée, I* 79.

Délicater (se), porter de la délicatesse, du raffinement. Cestoyent les sottes, le temps passé, qui, par trop se voulans délicater en leurs amours et plaisirs, se renfermoyent, ou en leurs ca* binets, ou autres lieux couverts, IX, 253.

Délices (tenir quelqu'un en ses), en faire ses délices. M. le Vi-

dasme.*.. se mit sur ses jours à aymer une More, qu'il ayma et la tint eu ses dëlices^de telle sorte qu'il desdaigna toutes autres beautez, VI, 123.

De mai (A). Voy. Jdemal.

Demander quelque chose à quelqu^un^ lui chercher querdle. Monsieur, leur maistre, leur commanda (à Bellegarde et à du Guast) de ne se demander rien ; mais jamais despuis ne furent amis, VI, 207.

Démettre (se), se dëfairè.

* Dieu Ta ainsy touIu, qui noui oste et nous met En tel lieu qu'il luy plaist, et de nous se démet, X, 74.

Demie ^ la moindre chose, rien. Tout le reste ëtoit mort de misère.... y ayant demeure (au chasteau de Crëmone] plus d'un an etdemy.... sans secours, ny nouvelles, ny demie de la France, III, 64. yoy.Demr.

DemjTy rien. Une court sans dames. ••• ressemble une sattrape ou d'un turc où l'on ny voit ny dames ni court d'un demj, III, 127. Voy. Demie. Cf. X, 54.

Dénoué^ dégage. Il (le grand prieur) estoit l'un des beaux princes qui fust de ce temps-là.... et de fort haute et belle taille et bien dënouée, IX, 366. Voy Desnouer.

Dénué ^ décharné. II se void force dames.... si maigres, dénuées, asseicbées, IX, 261.

Département. Voy. Despartement» — Départir. Voy. Main.

Dépeint^ qui a perdu sa peinture, son fard. D'autres sont fardées et pintrées comme images, belles au jour, et la nuict dépeintes et très laides, IX, 279.

Dépioranty gémissant. Il ouyt là près une voix fort déplorante, IX, 66i. .

Déporter (se), se dispenser. Parce que c'est une chose bien ressente, publiée et divulguée par toute la chrestienté, je m'en déporte d'en parler, VI, 149. Voy. Desporter.

Dépositer^ mettre en dépôt (ici, comme dtage) ; de l'espagnol depositar. Ilz (les princes) se servent de nous, comme de monnoye d'or et d'argent, qu'ilz font trotter, aller, virer, tourner, déposiler de la mesme façon les uns comme les autres, VII, 233.

Déprimer^ malmener, dénigrer, blâmer. L'empereur en fut fort mal content d'eux et en doprima beaucoup, I, 19. Cf. VI, 2?f1.

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Der^ dernier. Quand le concile de Trente der s'assembla, III, 98.

Dernier^ derrière. Et se tournant dernier soy, I, 269.

Dés^ depuis. Ce sont este eux (les Espagnols) qui sont venus au bout des Allemans.... chose non encores ooje ny vene ni faite dès le grand Jules-Gësar, YII, iO.

DéuKouiré^ sans accoutrements^ déshabillé. De sorte que j'ay ouy dire à aucuns courtisans.... qu'ils les (les dames) aymoient mieux ainsi que désacoustrées... IX, 234.

Desaequitter^ acquitter. Et au défaut, faudra vendre de mes chevaux et quelques uns de mes meubles qui sont tous assez bastans pour me desacquitter, X, 130.

DésadfNxnture, mésaventure, malheur. Ayant soeu (Prospero Golonna) que de sa prc^Mre main il avoit tué son nepveu, il en cuyda mourir de desptt et de deuil. Quel désadvanture pour l'oncle! I, 148.

Desaffn^ duel, de l'espagnol desafio. Es lieux où se doibvent faire des combats et désaffits, VU, 47.

Désagrer ou désagréer de quelque chose (se), l'avoir pour désagréable. Si que, possible, aucunes qui en liront des contes d'elles-mesmes ne s'en désagréront, VII, 397.

Désapointer^ destituer. Il (Mathieu de Bourbon) avoit très bien servy le roy LooysXI, et pour ce (le roi) l'avoithonnoré de belles charges.... mais il le désapointa et mesmes du gouvernement de Picardie, II, 311. Voy. Vigier.

Désassiégé^ délivré d'un siège. Lorsqu'ils furent désassiégez, n, 414.

Désassiéger une cille ^ en lever le siège. Amprès que le duc d'Albe désassiégea Sanjac, IV, 68.

Desbagouller (se), parier beaucoup. Tels marautz et trahistres en leur déposition gastenttout, et se desbagoullent, et disent plus qu'il n'y en a quand ils sont pris, IV, 254.

Desharaiéy défait, ruiné, de l'espagnol desharatado. (Lautrec) s'en retournant en France pour la seconde fois desbaraté de là (de Naples), comm'il fit de Milan, il estoit pour jamais déshon* noré, m, 33.

Deshaucher^ déranger, tirer. Ad vaut ceste fonte, nos canons n'estoient de beaucoup si bons, mais.... subjects à estre souvant raff ralchis de vinaigre et autre chose, où il y avoit plus de peine et

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qui plus deabaucboil la batterie, III, 78. M. le Dauphixu.. Tosta el le desbaucha de ceste infanterie. Y, 83, Cf. IX, 4k09.

Desbaucher (se), partir, s'en aller. Lorsque le jeune Crassus.... se desbaocha des trouppea de Caesar en la Gaule, et y mena (contre les Parthes) une trouppe de braves Gaulois, Y, 412. (Comborcier) se débucha jeune et s'en alla en Toscane, Ibid.^ 414. Deêhordément^ d'une façon débordée. On disoit qu'il (le mareschal de Raiz) l'avoit (Charles IX) appris à jurer ainsi desbordëment comme il faisoit, Y, 255.

Desbosquer (se), débusquer (ici avec le sens de s'échai^r, prendre trop de liberté). Luy defférant assez (Catherine de Médias à la duchesse de Lorraine). ... mais tenant pourtant tousjours la bride, ores la main haute, ores basse.... 4e peur qu'elle ne s'esguarast ou se desbosquaat, IX, 630.

Descalse^ déchaussé ; en italien discaizo. De M. le marqua de Bellisle et sa femme... , maintenant réduicte (retirée)... au monastère des descalses à Tolose, est resté un petit-filz, X, 91.

Descente^ descendance. Yoilà comment ceste descente (de Felsînus) est bien esloignée de cette moderne que l'on suppose et attribue ^ sans propos à ceste famille de Médicis, YII, 835.

Deschiffrer quelqu'un, en parler mal, en médire, le dépeindre (en mauvaise part). Il n'y a gens au monde qu'ils (les Bspagnob) haïssent plus qu'un révolté, et le deschiffrent le plus el en disent plus de mal, I, i57. Yoylà une grande imperfection de capitaine. Ainsy l'ay-je ouy deschiffrer tel (Lautrec) à plusieurs, III, 37-38. Descanfkure^ déroute. Belleforest ledict aussi en sa chronique sur le passage de ceste desconfiture, I, 134.

Descoiwerte^ action de découvrir, de dévoiler. Possible pouvoitelle faire cette descouverte (de ses amours), ou en resvant, ou que la vérité, qui ne se peut celer, Fy contraignist, IX, 465.

Descramponner ^ dégager de crampons. Après ce premier (combat) les phis foibles (navires) se descramponnarent, III, 255. Descrier une trève^ la dénoncer, la rompre. Le roy de Navarre et le prince de Condé furent très mal contens (de la trêve).... et dirent et se résolurent nommément de ne veoirla reyne, ny traicter avec elle que ladicte trefve ne fnst descriée, YII, 355.

Descrajrre^ ne pas croire, ne pas ajouter foi« Il ne sera pas damné qui le croyra ou descroyra, Y, 404.

Desdire, refuser. Après la perte (l'enlèvement) de son fils, elle

(la dttcheMe de Lorraina) demeura fort mal contente de M. de Guiae et de M. le cardinal son frère, les accusant d'avoir persuade le roy k cela.... tant pour voir leur cousin si proche adotë ftlz et marie en la maison de France que pour avoir desdit.... M. de Cruyse de mariage, qui luy en avoit fait porter paroUe, IX, 6Î7. Cf. X, 36.

Désenéar4fuer^ débarquer. Un italien, un jour dësembarquë à Marseille, allant en Espagne, IX, 251 .

Désemparer^ abandonner, quitter. Nous avons veu nos grands, le temps passe, ne l'en désemparer (le collier de Tordre) jamais, V, 94. Cf. X, 40.

Désengager^ dégager. Charles de Launoy.... foisant oster et séparer tant de gens qui estoient à Tentour de luy (François I**), qui l'avoient desjà désengagé de dessoubs son cheval, III, 143,

Désenieper^ eidever.

Hé quoyl Le ciel ainsy prend-il cet belles âmes?

Ne se contente-il pas de ses luy sans flambeaux,

Sans nous désenlerer tant de parfaictes dames ? X, 83.

Désemtepvely^ déterré. Après il (Lautrec) fut désensepvely par aucuns marautz et puis porté à Na[des, III, 33.

Désespéra^^ résolution désespérée. Elle, ayant un peu songé, tout à coup comme d'une désespérade, profféra ces mots, IX, 33S.

Détespéter^ se désespérer. Elle (Catherine de Médicis) luy (à Cosme) fit faire des obsèques à Nostre-Dame.... dont M. d'Estrozze en désespéroit, lY, 138.

Désespérer de quelque ehf»se^ ne plus y avoir d'espérance, en perdre l'espoir. Si bien que désespérez (il s'agit de chevaux jetés ak la mer) de la terre, pour en estre trop loing, I, 72. (Dragut) désespéré de retraicte, car il n'en avoit aucune, parce que les gouverneurs des costes ne le vouUoient aucunement retirer (recevoir), II, 54. Cf. IV, 49.

Désespoir, sans espérance, IX, 459. Voy. Ores,

Ùesfmudememt^ destruction. C'étoit grand dommage du desfraudement de ce beau navire, qui estoit de trois cens tonneaux, qui pourrait encor servir, III, 305. Voy. Defrauder.

Desgouster^ prendre en dégoût. M. d'Estrozze etmoy.... re monstrasmes k M. de Eussi le tort qu'il se faisoit de désobéyr ainsi à un capitaine des gardes, parlant de par le roy; aussi que le roy dès-lors commançoh à le desgoualer, VI, 184.

Desgradement^ dégradation. Ne pouvans estre indutctz par l'honneur a bien faire, qu'ilz le fussent par la craincte du supplice ou du deshonneur ou desgradement des armes, IV, 24.

Deslascker (se), partir (en parlant du ressort d'une arme à feu). Mon oompaignon, tenez vostre pistollet haut, car, s'il deslaschcy vous m'en donnerez dans la cuysse, IV, 377.

Desloysir^ loisir. Alors moy, voyant M. de Guyse à la ruelle du lit de la reyne, et fort à desloysir, je vins à iuy et dis, Vil, 226. Cf. Ibid., 224.

Desmeslé^ dispute. Un beau combat, bien sigfnallë, bien sanglant, bien combattu et bien desmeslë.... vaut plus que cent pctitz combatz, II, 37.

Desniaiser^ attraper, filouter. Le roy (Charles IX).,.. rj'oit quand il voyoit les autres (les filous) faire signe qu'ilz avoient joiië leur farce, ou qu'il les voyoit desniaiser leur honune et femme,

Desnouer le pied (se), se le démettre. Deux autres exemples ay-je veu de deux dont l'un estoit malade d'une fiebvre et l'autre qui s'estoit deanonë un pied, VI, 420.

Désobligé^ dëlië d'obligation. La guenre ne se faisoit plus contre l'empereur, mais le roy d'Espaigne; et pour ce, n'estoit (le comte de Rhingrave) lié de serment et en estoit du tout désobligé,

Désolé^ désolant, affligeant. Que te reste-il, Balagny» après ti désolée infortune, IX, 460.

Désordttnner^ mettre en désordre. L'infanterie espagnole et l'allemande.... attaquarent la cavalerie dudict Alviano avec telle kirie qu'ils la désordonnarent aussi tost et la mirent en route, II, 192.

Despaas^ dépenses. Voy. Ihffrayeur,

Despartement^ département^ séparation, action de quitter, départ. Et (Marguerite d'Angoulème) adjousta que si elle n'estoit bien ferme en la foy, qu'elle ne sçauroit que penser de ce deslogement et département du corps et de l'âme, VIII, 125. J'ay ooy dire que ceste parolle fut trouvée un peu trop altière et brave, et mesmes estant sur son despartement de sa charge, IX, 619. Et ne veux point rafiraischir la mémoire des choses que j'ay souffertes en ce âespartement de la court, III, 322. Cf. IV, 248.

Despartement^ répartition, départ. Et pour le despartement des

dédmeSy comment s'en sontr-ik (messieurs du clergë) de^MNrtec et enrichis? IV, 333.

Despartir y diviser, séparer. Prenez le cas que despuis ilz fies tribuns militaires) soient esté despartys, et que d'un qui estoit, aujourd'huy est le couronnel de Tinfanterie, et l'autre est le couronnel de la cavalerie légère. Y, 300.

Despartir le combai^ séparer les combattants. Madame la duchesse (de Ferrare).... pria à joinctes mains M. de Nemours qu'il fist despartir le combat, et que l'autre ne poursuivist point son ennemy jusques à la mort, YI, 256.

Despartir (au), au départ. Voy. Quinze, Despartir (se), s'éloigner. Voy. Soufffener, Despendy dépense. Yoy Eslargir,

Despendre^ détacher, enlever, L'édict qu'il (Charles-Quint) fit publier aux Pays-Bas, que les Barbançons et Allemans ne peuvent enoor despendre de leur mémoire, car ce fut un'ordonnance observée par toutes les dix-sept provinces, que Ton n'eust plus à faire caroux, I, 30.

DespenSy dépendance, possession. Luy (Charles-4e-Téméraire) venant à mourir, le roy lx>uis XI s'en vint ruer sur sa grandeur, sur ses despens et sur ceux de Savoye, YIII, 87.

Despesche^ débarras. Les plus sages et les plus sséles à la France dirent que c'estoit une belle despesche de luy (la mort du doc d'Orléans), III, 185-186.

Despit^ dépité. Yoy. Coiiéré. Cf. Vï, 413.

Despiterj maudire, se mettre en colère contre.. •• Les unes (les veuves) despitent le del, les autres maugréent la terre, IX, 658. Despiieuxy lamentable, d^espérant. L'entreprise d'Alger ea laquelle il fallit (Charles-Quint) par une trop despiteose conjuration de tous les ellémens, I, 71. Cf. YI, 289.

Desplier^ déployer. Car une femme, quand elle veut desplier ses esprits, comme on dit, est terriblement fine, IX, 725.

Desporter (se), se comporter. Yoy. Despartemeni et Déporter. Desprouver y désapprouver. D'autres disent.... que certainement il (Biron) se trouva à ce festin, entendit leurs parolles et dessains qu'il desprouva. Y, 146.

Despuis (du), depuis. Charles d'Austriche qui hxi du despuis empereur, I, 240.

Desroàade (à la), à la dérobée, secrètement. M. d'EsUroese

estant venu en poste à Paris.. •• et s'estant retire à la dearobade en son logis, II, 255. La partance du roy nouveau de Ponloigne (Henri Ili) qui fut à Timproviste et à la desrobade, Y, i99. Cf. IX, 201.

Desrompu^ dëchiré. Voy. Gris.

Dessaigner^ projeter. Ce qui fiit cause que son festin (du duc d'Albe) fot imparfaict, pour les conviez faillis qu'il avoit dessaignez, II, 164. Voy. Dessigner,

Dessarer, lâcher, faire partir (en parlant du ressort d'une arme à feu). Deux de ces Escossois avoîent des pistoUetz, qui les dessarrarent, et l'un blessa M. de Bussi au bout du doigt, VI, 183.

Dessavouré j prive de saveur. Celles surtout qui se mettent à l'amour, et si elles ne sçavent rien dire, elles sont si dessavourées que le morceau qu'elles vous donnent n'a ny goust ny saveur, IX, 248.

Desservice^ mauvais service. J'espère en ùàre un discours à part sur les services et desservices qu'ilz (les Suisses) nous ont faict, V, 69.

Dessigner ^ projeter. Nous estions en Brouage pour nous embarquer sur mer et faire un beau voyage bien dessignë, III, 314. Voy. Dessaigner,

Dessus (faire le), l'emporter. Le dict mareschal (de Gossë) acquist beaucoup de réputation..., mais M. de Tavanes faisoit le dessus, IV, 89.

Dessus (venir au], venir à bout. Nostre roy d'aujourd'huy (Henri IV) estant venu audessus de la conqueste de la Bour^ gogne, IV, 185.

Destiné^ marqué par le destin. Estant donc venue la fin destinée, et gisant dans son lict, IX, 452.

Des tordre^ détourner; en italien diHcrre. M. de Guyze se destortviste de son chemin, et au grand gallop vint le trouver, V, 375.

Destourber, empêcher, détourner; en italien disturbare, (Montmorency) se trouvoit ordinairement président aux conseils et aux affaires du roy, s'il n'estoit empesehé ou de maladie ou de quelque autre plus grand affaire qui l'en destourboit, III, 337.

Destresse, chagrin, douleur. Le malheur voulut que ceste honneste dame mourut dans six sepmaines, dont il cuida mourir de destresse, IX, 702.

Dêstroict, détresse; distrieiio. Eux (les Colonne et lea Uriitts),

ayans recours à Tempereur, mirent le pape en tel destroict qa*'A fat assiégé une fois dans le castel Sainct-Ange, IV, 210.

Destroict, défilé, passage resserré. Aprez ceste grande bataille et occision de Cannes pour les Romains, il y en heust environ dix mill'soldatz de reste de ceste grande roatte, lesquels eschapex, esperduz, esgarez et vagabondans par certains destroictz arrivarent de nuict à Canouze, VIH, 1i1. Allez donner ordre à l'armée, et retirez nos forces dans ce destroict du pont à Sainct-*Vincent, VII, 297. Cf. X, 12.

DesitUoire (cheval), cheval servant à (aire l'exercice de la voltige, equtts desmltorius. Jamais jadis chevallier ou gendarme romain ne fîit si prompt et adextre de monter et remonter sur ses chevaux desultoires, IX, 57.

Déterminément^ avec détermination. Il (Jamac) le (La Chastaigneraie) cognoissoit de longue main pour un des plus vaillans et déterminez hommes du monde, et qui ne faudroit d'exercer sa dernière furie déterminément. VI, 260. — H. Estienne (p. 72} signale comme nouvelle l'expression « un soldat déterminé ».

Détenu^ retenu. Voy. Ccy.

Détour j traverse.

.... Vivez très bien vos jours,

Vivez encor les miens, ne tous pouvant survivre,

Sans aucuns longs travaux, ny peines, ny détours, X, 85.

Détraquer (se), se déshabituer. Quand une femme une fois s'est mise à ce train, elle ne s'en détraque, non plus qu'un cheval de poste qui a accoustumé si fort le gallop qu'il ne le scauroit changer en autre train d'aller, IX, 131.

Deub^ dû, devoir, debitum. Le duc de Ferrare d'aujourd'huy se comporte avec ses subjects aussi doucement que prince de la chrestienté..., ne tirant d'eux sinon ce qui lui est deub, III, 41. Faire le deub de sa charge, VI, 429.

Devantiére^ devanture. Et traitant ainsi leurs pauvres femmes qni^ont toute leur chaleur en leurs belles parties de la devantière, IX, 179.

Dévestir (se), se dépouiller. Et dès lors (Charles- Quint) prit occasion de faire la trefve,... et se dévestir de son empre, de ses estats et royaumes, I, 25.

Dé9irginé^ qui a perdu sa virginité. Ainsi que je l'ay veu ap-

peler tel a aocimes fiUes estans dëvii^n^s et à aucunes femmes prises à force, IX, 90.

Depîsementy causerie. Gela se peut mieux dire et représenter par paroUes, gestes, devisemens, que par escrit, VI, 115.

Déiwrable^ vorace. On dict que le dragon se faiet et se forme d'un gros serpent, dévorable qu'il est, en dévorant et mangeant plusieurs autres serpens et serpenteaux, II, 206.

Dévoiy dévoué, fidèle, depotus. Un gentilhomme de Xaintoi^, nommé Saincte-Foy, ayant esté faict créature de M. le Prince.... le vint à quitter à Orléans, soubs le prétexte de dévot réalliste, VII, 248. — H. Estienne (p. 377j proteste contre la nouvelle acception que l'on commençait à donner au mot Dévotion et qui est restée. « On souloit user de ce mot, dit-^l, quand on pariet de Dieu (asçavoir de l'affection qu'on met au service de Dieu), et maintenant on en use aussi quand on parle des hommes,' car on dit : cestuy-ci est à la dévotion d'un tel seigneur. »

Dévotieiuemeniy dévotement. Voy. qœ^ comme.*

Diantre^ diable. Nous autres diantres provençaux, Y, 427.

Diamrerie^ diablerie, drôlerie, IX, 519.

Diètej régime. Nostre roy dernier Henry III*, faisant un jour la diète à Sainct-Germain-en-Laye, où il s'estoit retiré à part, hors de sa court, II, 211. 11 (Du Gua) avoit changé de logis, ne quic* tant pas le sien pourtant où estoit son train; mais pour mieux faire la diette, il s'estoit séquestré et séparé à part. Y, 354.

Diffame^ mépris. Mais ils (les rois) sont chrestiens, qui ont la crainte de Dieu devant les yeux* .., leur honneur, le diffame des hommes, X, 354.

Diffinir^ terminer. En nos apels aussi tost on a diffiny par une belle gloire son différent, ou bien Tony meurt en belle réputation, YI, 389.

Diffiniteur^ celui qui sait donner les définitions. Je ne sçay si l'on doit apeler ceste fille simple et niaise, ou bien fine et rusée...; je m'en raporte aux di£6niteurs, IX, 558.

Diffinition^ fin, terminaison, terme. Avant que ceste grandl>ataille se donnast en Atfrique entre Scipion et Anibal, qui fut la totalle diffîmtion de la guerre de Rome et de Cartage, IX, 628. Et là fut la diffinition de sa réputation (à des Adrets), car despuis il ne fit jamais si bien pour le parti catholique comme pour le party huguenot, )Y, 33.

Digne j capable. G'eatoit (Stroszi) l'homme da monde qui eatoit plus digne de loger un'armée, fust en leur assiette de logis, fnst en campaigne pour battaille, VI, 160.

Digresseur^ qui fait des digressions. Je les descrirois (les fêtes de Bins) volontiers ici...., mais on pourroit me reprocher que je serois un trop grand digresseur, IX, 616.

Dire (à), faire défaut, à regretter. 11 (FcHiterrailles) eut à la bataille de Goignac une jambe blessëe et coupée, qu'il a à dire, II, 411 : « Sire, vous estiez très bien armé selon que vous dictes ; mais vous aviez à dire la meilleure pièce de votre hamois. *- Et laquelle? respondit le n>jr (François P') — Le cœur de vostre noblesse, » Ifl, 153. On le trouva à dire (S. André) sur la retraicte tout le soir et toute la nuit, jusques au matin Tendemaîn sur les neuf heures, qu'après avoir esté bien cherché et recherché parmy les morts, il fut trouvé dans un petit fossé, V, 39.

Dire (vouloir), vouloir inen. Il ne ùljA que peu ou prou pour s'advancer en guerre, quand la fortune veut dire, III, 384.

Discordant de (être), être en désaccord sur. Les Espaignolz et François sont discordans du nom de celuy qui le combattît, IV,

Discoste^ distante; en italien discarto. Zara en Barbarie, discoste de la mer douze milles, IV, 134.

Discourir^ exposer, raconter. Il (fiellegarde) part en poste et va audevant du roy (Henri III) qu'il trouve en la Carinthie, luy discoor sa négociation. Y, 199.

Dispensé (être), avoir une dispense. Pour complaire à son roy l'on est dispensé de tout, et pour faire l'amour et d'autres choses, IX, 482.

Disposément^ en ordre. A moy tout est de guerre et de pardon, qui ne faictz proffession de coucher bien par escrit ny disposément, IV, 100.

Disposé à (être), être en état de. Voy. Marette.

Disposition^ agilité, état de santé. La pluspart du temps (M. de Savoie) alloit tousjours en croupe derrière luy (M. de Nemours) et sans autre cérimonie.... y montoit d'une telle disposition qu'il estoit plus tost monté qu'il en sceust rien, IV, 168. Et puis (Henri II) la fit mener (Françoise de Rohan) dancer.... la gaillarde et les autres bransles, là où monstra sa disposition et dextérité mieux que jamais, IX, 489. U (Henri III).... m'appella et me

demanda de la disposition de mon frère que je lay dis très maur ▼aise, y, 206.

Disposte^ (fëminin de dispose) y dispos, alerte. M. le comte (de Mansfeld), son père, le survesquist, ayant vescuprès de cent ans en belle vie et fort disposte, I, 309.

Dispostementy lestement, avec souplesse. Auparavant die (Diane de Poitiers) s'estoit rompue une jambe sur le pave d'Orléans, allant et se tenant à cheval aussi dextrement et dîspostement comme elle avoit fait jamais, IX, 356.

Dissimulé^ déguisé. Et de fait cette dame, la voulant voir (une courtisane) alla chez elle en haUt dissimulé, IX, 53.

Dissolu^ résolu. Une question y a-îl que je voudrois qui me fut dissolue en toute vériû$, IX, 691.

Dissoivabie^ qui peut être dissous, dissolnble. Telz mariages, certes, sont dissolvables |x>ur ces incapacités, VIII, 92.

Divers à ou de^ différent de. Un caresme bien divers à ceux qu'il (Montmorency) avoit veu de jadis faire à la court, III, 296. Voy. Dueilian,

Dipersifier^ changer. Voy. Varéable.

Diversion^ séparation. (Anne de Bretagne) aborrant fort le scisme et la diversion (du pape et du roi), VII, 318.

Divertir^ détacher, séparer. Lorsque ce grand empereur (Charles-Quint) se voulut divertir du monde, I, 58; note 4. Cf- IV, 250.

Divise f devise. Aussi portoit-elle pour sa divise la fleur du soucy, VIII, 115.

djfviser^ deviser. (Catherine de Médicis) avoit ordinairement de fort belles et honnestes filles, avec lesquelles tous les jours en son antichambre on conversoit, on discouroit et divisoit, tant sagement et tant modestement que l'on n'eust osé faire autrement, VII, 377.

Divttlguementy communément. Un autre vieux capitaine.... qui d'autres fois avoit très bien faict, mais là (à Dreux) très mal.... et le publioit-on divulguement, IV, 9.

Divulguer^ connaître Et là (les sottes du temps passé) faisoyent tant durer leurs jeux et esbats qu'aussitost elles estoyent descouvertes et divulguées, IX, 253.

Doim^ subjonctif du verbe donner. I>ieu vous doint très heureuse et longue vie 1 II, 406.

DoUé^ poli, dolatus» Voylà une plaÎBante rithme, mais mal doU<fe, IV, 92, note 2.

Dominait f^ de dominatioa, de conquête. Il (Lautrec) ne voulut entrer dedans (Pavie) par les portes de la ville, mais par la bresche tout à cheval, la faisant un peu esplanir, pour manifester plus grand triomphe dominatif, III, 29.

Dominations^ possessions. Elle (Claude, duchesse de Lorraine; estoit vraye fille de France..., en bon esprit et habileté, qu*elle a toujours bien monstre en secondant sagement et habillement monsieur son mary au gouvernement de ses seigneuries et dominations, VIII, 139.

Donc^ dont. L'assurance et la bravetté qu'il eut de se battre ainsi contre ces trois l'un après l'autre, donc, selon toutes les loix duellistes, lëgitim^nent il se pouvoit excuser. VI, 319.

Done^ dame, de l'italien donna, liz s'attachoient aux marquises, ccmtesses, baronnesses et grandes dames et gentiles dones de la vUle, I, 274.

DonrniSy donnerais. A quoi respondit l'empereur : « S'il se jouoyt à cela, je luy donrois de mon espée si estroit sur l'oreille que.... 3» I, 41. Dans une variante de ce passage, p. 39, note, il y a : « Je luy donrois de l'espée si serre. »

Doniy donc. M. le connestable dont estant retourné a la court, ni, 346.

Donty d'où. Le grand pont de Brantôme dont l'on va au jardin, X, 149.

Doubler^ faire un double, un duplicata, copier. Je priay cette honneste dame de me donner le double de ce conte ; ce qu'elle fit très volontiers, et ne voulut qu'antre le doublast, de peur de surprise, IX, 217.

Doubte^ hésitation. S'il (Gonsalve de Cordoue) eust peu usurper et surprendre pour luy et pour son maistre, il l'eust faîct sans doubte ny aucun scrupule, II, 21 r$.

Doubter de quelqu'un (se), s'en méfier. Luy (du Gua) se doubtant toujours dudict baron (de Vitaux), il se fioit à un homme qui guestoit et espioit ledict baron. Y, 355.

Douter y redouter. Nos ennemys sont soudoiers et mercenaires...» par quoy ne les devons douter, II, 317.

Douteuxj soupçonneux, méfiant. Ces brindes et ces paroles et responses.... durèrent assez longtemps jusques à ce que le prince

fin et douteux, se douta de quelque chose, IX, 83. Voy Doubter.

Draperie^ dënigrement, censure. Plusieurs en ay-je veu tels qui craignans de parler des hommes, de peur de la touche, se mettoyent sur la draperie des pauvres dames, IX, 501. (Nous disons encore draper quelque un).

Dresser^ adresser. M. de la Force les devoit alMguer en son harangue qu'il dressa au roy, V, 263. Voy. Droisser.

Droisser^ dresser, élever. Il (M. deChièvres) Tha sceu (Charles- Quint) si bien droisser que nous en avons veu l'œuvre, I, 216, note 4. Voy. Dresser,

DronbSy tape, horion. Les uns les assommoient de coups, les autres se contentoient à leur donner dronos, I, 273. Cf. VII, 155.

Duellian^ duelliste, qui se bat en duel; en italien duelUmtè. L'infidelle estant divers de relligion, il est esgal ennemy de l'un et de l'autre des duellians (aucuns Italiens usent de ce mot) ou combattans, VI, 303.

Duelliste^ qui est relatif au duel. Voy. Donc.

Durer ^ vivre. Aussi a-il (Montmorency) sceu bien en soy entretenir ce christianisme tant qu'il a dure, III, 295.

Edu-béniner^ bénitier. Voy. Aspergez,

Économie^ administration de la maison. M. de La Noue.... quitta le bureau et la marmite et l'économie du roy de Navarre pour aller guerroyer en Flandres, VII, 210. Cf. Caballe,

Efroyanty effrayant. Paulo Jovio en descrit ses forces et la forme efroyante qu'il (Charles-Quint) entra aveq elles dans Bou-i logne, I, 39, note.

ÉjambeTy enjamber, empiéter, gagner. Toutesfois ses ennemys n'éjambarent rieu sur luy (Louis XII) ni sur un seul pouce de terre de son royaume, II, 364. Cf. Ajamher^ Esgember^ Esgeam-bernent,

Élangorjr^ languissant. Venoient-elles à estre veufves, les voylà remises et refaictes aussitost, comme un cheval maigre et élangory mis à l'herbe qui se reffaict, VII, 168.

Élevéy en relief. Au lieu de testes de mort qu'elles (les veuves) portoient ou pemtes, ou gravées et élevées, IX, 659.

Embler^ enlever (nous avons encore la locution adverbiale ef emblée). Il ne l'espousa, car un autre plus riche la luy embla, IX, 283.

Emboucher quelqu^un^ Im faire la leçon^ Tinstniire, s'aboucher avec lui. Et (Strozzî]ayaat embouche auparad vaut ledictsarrarier, II, 246. Le roy François.... pensoit, s'il avoit une fois veu l'empereur.... et qu'il l'eust embouche, qu'il s'accorderoit aussi tost avec luy, I, 231.

Embourreur de bas^ ardent en amour. J'en ay cognennne (dame) qui avoit un mary très bon embourreur de bas, IX, 131.

ÉmeriCy émeri. Une lame vieille, rouillée et mal fourbie, là où il y faut plus d'ëmeric que tous les fourbysseurs de la ville de Paris ne sçauroyent fournir, IX, 175.

Éminence^ grandeur. Par quoy (Cësar) faisant bonne contenance et dissimulant l'éminence du mal,.... s'en va à dessein visiter les temples, X, 19.

Emmener^ amener. Le capitaine Charry vint après en nostre camp.... et emmena un beau et grand régiment de Gascons.. .. qui fut un bon secours, Y, 338. Yoy. Matois.

Emmolié^ émoulu; de l'espagnol amolar. Un jour.... entrant dans l'armée du roy à La Rochelle, il trouva un capitaine nouveau qui venoit d'estre nouvellement emmollé et ne cognoissant point ledict gentilhomme, YI, 168.

Emperière, impératrice. Tant y a que ce fut là une libérallité qu'une grande emperîère ou reyne n'en eust voulu user, Y, 31.

Empérière^ dominante, impérieuse. Tellement que, pour la trop grande présomption qu'elle a de sa chasteté.... (son mari) ne la peut retenir qu'elle ne face de la femme empérière, IX, 173.

Empescher (s'), se presser, se donner de la peine. Cette belle dame, plus elle se remuoit à reprendre la couverture, tant plus elle se faisoit paroistre, ce qui n'endommageoit nullement la veue et le plaisir du gentilhomme qui autrement ne s'empeschoit à la recouvrir, IX, 281.

Empiété^ ayant pied. Charles YIIÏ ayant advisé avec son conseil qu'il n'estoit pas bon d'avoir un si puissant seigneur ancré et empiété dans son royaume, YII, 309.

Empietter. Dans la langue du blason ce mot se dit de l'oiseau qui lient la proie dans ses serres. Soliman..,, l'achevoît déminer Ua Hongrie) et l'emporter sans Taigle de l'empeur qui l'eust empielté luy-mesme, sans qu'il se mit à la fuitte, I, 18.

Empistollé^ muni de pistolets. J'ay ouy contera feu M. de Ferrare que ces reistres ne craignent gens tant qu'ils font les Turcs...;

ce que je treuve fort estrange..., veu que les reistres estoient armez jusqu'aux dentz, et si bien empistollez, pour l'offansive et deffensive, IV, 204.

Emprès^ après. Quand on en void aucunes garder leurs viduitezy il ne les en faut pas tant louer.... jusques à ce que l'on Bçache leur vie, et emprès.... les en haut louer ou mespriser, IX, 725. Voy. Amprès.

ÈmvUuion^ jalousie, envie. Monstrant par là (Charles IX) une compassion qu'il avoit de luy-mesmes, et une sourde émulation de Monsieur, son frère, Y, 251 .

En^ à. Sa douceur et sa bontë le rendent (M. de Nemours) très aymable, surtout aussi sa grande libërallîté..., car il n'a rien en luy. Ce qu'il prend d'une main, il le donne de l'autre, III,

En ce que^ à cette fin, à condition que. Après le massacre de la Saint-Barthëlemy, le roy.... le remit en sa grâce (La Noue), le remit en ses biens, en ce qu'il aille à La Rochelle et persuade aux habitants de rentrer en leur deue ob^yssance, VII, 216. Le roy et là reyne.... obtinrent de M. le prince (de la Roche-sur-Yon) qu'il oublieroit le tout et ne luy ^emanderoit rien (à Maulevrier), en ce qu'il ne se montrast jamais devant luy. Y, 28.

En lày en ce pays-là. Yoy. BestinL

En main^ à la main. J'ay veu ung petit traittë escript en main, III, 69, note 4.

En pour y empour^ pour, au lieu de, à la place de. Et contrefaisant de l'endormy en pour son maistre dont il tenoit la place, I, 226.

En tanif entre-temps. Il (Charles de la Paix) nous a tenu en prison, mon mary et moy, ma fille et son mary. En tant est advenu que madicte fille et son mary y sont mortz, YIII, 163. •

Enamouracker \y) y s' amonrsLcher] en italien innamoracciarsi. Quand elles (les veuves) ont envie d'un homme et qu'elles s'en viennent enamouracher et encapricher, elles vendroient et don* neroient jusques à leur chemise plustost qu'elles n'en tastassent, IX, 577.

Encadené^ enchaîne, II, 86. Yoy. Grief.

Encaprieerj encapricher^ encapricier^ se mettre en tête, s'amouracher, s'éprendre ; en italien incdppriciarsi. Qui me fait ressouvenir.... de quelque belle dame vrenilleuse et voilage qui, en-

n LEXIQUE.

capricée d^sordonnëment d'un nouveau amant, l'ayme, l'adore.

III, 12. Voy. Enamouracher.

Encarcérery incarcërer. Il n'y avoit pas longtemps qu'il (l'archevèque de Tolède) avoit este encarcërë, I, 6i.

Encharger^ prescrire, ordonner. \oy., E/tderier,

Encharner^ se rassasier; en espagnol, encarnar. U en deroit tousjours gouster en appétit, et faire comme l'on faict aux dogues en Angleterre, lesquelz leurs maistres ne laissent jamais enchamer sur la beste qu'ilz ont attaquée, mais les en retirent aussitost qu'ilz les voyent acharnez et par trop aspres, VI, 164.

Enchouer^ échouer. L'empereur Charles sçavoit..'.. très bien desbaucher, pour 8*en servir, les pauvres estrangers; mais après les avoir enchouez comme un pauvre navire dans la vase et s'en estreservy, il n'en faisoit plus de conte, comme il fitdeM.de Bourbon, du duc de Savoye Charles et du marquis de Salusse qui, tous trois, furent malheureux et fort fatalz pour avoir pris son party, II, 234.

Encloueure^ obstacle. Mais l'encloueure estoit en ce qu'il eust de grandes guerres de tous costez, I, 40.

Encoffrer^ coffrer, emprisonner. Voy. Garde,

Encontre^ rencontre, hasard. Voy. Fuye.

Endtmain (1'], le lendemain. Luy (Guise) et M. le Prince coucharent ensemble, et l'endemain nous allasmes à son lever,

Endemenéj endiablé; en italien indemoniato^ en espagnol ertdemoniado. U y a encor d'autres filles qui sont de si joyeuse complexion, et qui sont si foUastres, si endemenées et si enjouées, IX, 585.

Enderier (à 1'), au dernier moment. Tesmoing le légat qu'il (François I*') fit à sa mort à M. d'Anebaud, son grand favory ; à l'enderier en chargea à son fils de le lui laisser, III, 117. Cf. Der.

Enderse ou anderse^ maladie de la peau. D'autres (fénunes) y a-il encor qui sont.... subjectes à ^nderses farineuses et farcineuses, IX, 264.

Endeçant (1'), au-devant. Ainsi qu'il (Guise) entra en son logis blessé, elle (sa femme) vint à l'endevant de Juy jusqu'à la porte de son logis, toute esperdue et esplorée, IX, 442.

Enflambéy enflammé, M. du Mayne, accompagné d'une armée de quinze mille hommes, tous enragez, désespérez de la mort de

leur brave M. de Guyse, et tous enflambez pour venger sa mort, VII, 213.

Enfuir y fuir, éviter. Queirhonte, messieurs, proposez-vous à nostre brave roy.... de se retirer d'icy.... et enfuyr une bataille qui se présente à nous tant désirée, III, 65.

Engarder^ prendre garde, empêcher. Le roy luy (à Lautrec) avoit mandé par un courrier exprès qu'il engardast sur toutes choses que l'ennemi ne passast point ce fleuve (l'Adige), III, 58. M. de Rambouillet.... nous pria d'aller ensemble dans mesme bateau pour engarder ceste batterie, VI, 183. On ne sauroit engarder aucun qu'i(l) ne s'enyvre de son vin propre, VIII,

Engarder (s'), se défendre. Le roy Louis (XII)... . ne se put jamais engarder de l'aimer (Anne de Bretagne) toute mariée qu'ell'estoit, VII, 313.

Engravé^ gf A^é, ciselé. Grande gloire pour luy, qui luy demeure engravée sur sa sépulture, IV, 42. Voy. Aspergez,

Enhorter^ exhorter. A son partement je luy (au 'roi de Majorque) enjoignis et enhortay espéciallement qu'il allast devers le roy Charles de France, VIII, 162.

Enlevé^ relevé. (La couronne de laurier chez les Romains fut) puis entièrement changée de laurier naturel en laurier buriné et enlevé en cercle d'or, V, 101.

Emmasquéy couvert d'un masque, dissimulé. On s'estonna fort comme leurs Magestez pouvoient jouer un tel roole ainsi emmasqué, si auparavant elles avoient résolu ce massacre (de la Saint-Barthélémy), IV, 302.

Enmatin (1'), le lendemain matin. Je ne faillis pas de l'entretenir tout un soir à soupper et encor le lenmatin à desjuner, III, 5 et note 2.

Ennuy^ annuiiy aujourd'hui. Nos vefves d'ennuy n'osent porter des pierreries, IX, 638.

Énorme ^ déréglé. Ces figures énormes de l'Arétin, IX, 42.

Enquenty enquant^ encan. Une fois lui (au cardinal d'Esté) estant apporté une lamproye par son pourvoyeur.,., et lui aiant dict qu'elle coustoit cinquante escus et qu'il l'avoit achepté comme à Tenquent, III, 44. Après sa mort (de Saint André) on les a veu (ses meubles) vendre à P^ris aux enquans, V, 30.

Enrichisseure^ enrichissement. Geste reyne (Marguerite de Va-

lois) que je peux dire en estre (de la cour] tout romement et Tenrichisseure, VIII, 28.

Enrougir^ couvrir de rouge. Le sang de leur père (Jaccpies d'Armagnac) les uignit tous et les enrougist tumbant de l'eschaffault en bas, II, 371.

Ensalaudir^ gâter par la saletë. Et d'autres habillements se fussent ensalaudis, et ces blancs (les Rochelloises) en estoyent quittes pour les mettre à la lessive, IX, 420.

Ensallir^ salir. Ce n'est pas tout que de faire un bon office, il ne faut puis après le deffaire ny l'ensallir par un autre mauvais, V, 141.

Ensépulturé^ enseveli. Le corps de ladicte dame (Anne de Bretagne).... fut honorablement inhume et ensépulturë dedans le sëpulchre à elle prépare, VU, 324.

Ensuivre^ suivre, continuer. Je voudrois bien sçavoir qu estoit-il plus louable au roy, ou de recevoir une si honneste troupe de dames et damoyselles en sa court, ou bien d'ensuivre les erres des anciens roys, III, 128.

Entende^ entente, sens. Ces motz ont deux entendes; je m'en raporte aux personnes bien curieuses de les expliquer, Y, 431. — Nous avons encore la locution à double entente.

Entoumer^ entourer, investir. Et le falut (Rouen) dësassiéger quelques mois après, pour n'avoir qu'un petit camp pour entourer et assiéger ceste grand'place, IV, 282.

Entrelasser^ interrompre; en italien intralasciare. Je me suis sur la fin un peu entrelassé de mon premier discours; mais prenez le cas qu'après la moralité et la tragédie vient la farce, IX,

Entrelassure, interstice, jour (de broderie). Surtout on voyoit ce beau sein royal (de Cléopâtre) couvert seulement d'un ouvrage de soye de Sidon, faict à l'aiguille.... si industrieusement eslabouré qu'on voyoit à plein et à travers les entrelassures l'ailebastre de son excellente blancheur, X, 25.

Entrepreneur^ faiseur d'entreprises. M. de Pontdormy a esté un bon, vaillant et exellent capiume et fort grand entrepreneur, III, 70.

Entretailler (s'), s'entrecouper, s'embarrasser. La grand'confusion de parolles parmy lesquelles l'on s'entretaille gaste plus qu'elle n'édifie, III, 102. Oudin cite la locuUon entretaiUer des

maschoireSf et l'explique par ce parler inconsidërëment contre 807; parler sans distinction ».

Entretant^ entre-temps. Entretant, La Mothe va courant à trouver M. de Bourbon, III, 143.

Entretenu^ conservé. Non qu'elle (Catherine de Mëdicis) fust si fresche comme en ses ans plus fleurissans, mais pourtant bien entretenue, et fort désirable et agréable, Vil, 344.

Entretenu^ payé. Il (Espernon) avoit à sa suite plus (que le roi) de capitaines en chef, de lieutenans.,,, de capitaines entretenus, de payes réalles, VI, 102.

Efitrevenir^ survenir, intervenir. M. de Bellegarde alla en Piémont, où il n'y fut pas plus tost que la mort du roy Charles envint, y, 199. Sur laquelle (la prise de Louis XII à Saint-Aubin) entrevint Maximilian, duc d'Austriche..,. qui Tespousa (Anne de Bretagne), VII, 308.

. Entrouir^ entendre. (Nous n'avons plus de mot pour rendre la nuance qui sépare entr*ouir de entendre^ nuance semblable à celle qui existe entre les verbes entrevoir et voir). Et lors sa Majesté (Henri II) entr'ouyt aucuns cornets et trompes sonner^ IX, 318.

Entusiasmcj enthousiasme. Mesmes nos poètes françois, Dateurs de leur nature, qui par leurs entusiasmes veulent contrefiaire les astrophiles, Y, 240.

Envazzé^ envasé (au figuré). Mais estant une fois (les transfuges) envazzez et engagez parmy eux (les princes), n'en tiennent plus de conte, I, 259.'

Envestir^ investir, attaquer, IX, 177. Voy. Investir,

Envieiliir (s'), vieillir. C'est grand dommage quand ces grande capitaines s'envieillissent et meurent, IV, 71. Cf. V, 83.

Envitaillé^ membre. Ainsi qu'elle (une mourante) oyqjit un de ses parents faire la gu^re à un autre. ••• qui estoit terriblement envitaillé, IX, 669.

EnvitaiUer^ ravitailler. )1 (M. du Ru) voulut..., en pleine paix, empescher M. de Villebon d'enviuiller Thérouanne, I, 319. Cf. VIII, 280.

Envoyer au secours à quelqu^un^ lui envoyer demander du secours. Toutes ces choses acumuliées ensemble animarent le pape (Paul IV) d'envoyer au secours à nostre roy (Henri II), IV, 210.

ErreSy trace, voie. Reprendre les erres de quelqu'un^ revenir

à lui. Pour reprendre les erres de nostre grand roy Henry, III, 266.

Erres^ arrhes. Et par ce Caesar faisant semblant d'estre asseurë quelque peu de la foy de ces Égyptiens, sur le gage de la mort de Pom])ée et les erres d'une telle meschancetë, X, 18.

Esba/ury s'esbéyr^ s'ëbahir. Or, il ne faut pas esbahir si mondict sieur de la Chastre...., V, 181. Il ne se faut esbeyr si telles manières de gens, bien créez et gentilz trouvoient ceste princesse (Marguerite de Valois) si belle, VIII, 27.

* Esbarbat^ imberbe; en italien sbarbato. Luy (le prince d'Orange) jeune capitaine et quasi esbarbat général, I, 241 .

Esbéyr, Voy, Esbahir.

Esbobtr (s*) (probablement une faute, pour esbodir^ eshaudir\ se réjouir, s'amuser. Dieu sçaiti Elle en avoit bien trouvé un pour s'esbobir ailleurs, IX, 719.

Escabreux^ escabroux^ scabreux, difScile, rude ; en italien scabroso^ en espagnol escabroso, (Le postillon de Don Juan) le passa par toute la France en un temps dangereux et pays escabreux, et mesmes en Guienne, sur la vigille de la guerre, II, 127. Le capitaine BourdeiUe.... estoit un jeune homme escabroux, vieux capitaine pourtant, VI, 414. Cf. IV, 84. Voy. Escallahreux,

Escadre^ escadron. Et puis tous ces gentilz fantassins despartys en quatre ou cinq bonnes bandes, quelquesfois par escadres, on verroit l'eschet, après, que ces gens fairoient sur ces gros (bataillons), I, 339. Suivant H. Estienne (p. 273) \e mot squadron i^*oia prononçait aussi esquadron était un nouveau venu apporté par les gens de guerre à la cour.

Escaldatify échauffant ; en xXsXiRViScaldare , en espagnol ^jcâ/<i^zr, échauffer. Et que deviendroyent tant de bons potages restaurens, bouillons composez, tant d'ambre-gris et autres drogues escaldatives et confortatives....? IX, 337.

Escnllabreux^ escalabrous, qui a mauvais caractère, mauvaise tête. Et bien qu'il (le frère de Brantôme) fust un jeun'homme fort escallahreux, querelleux et prompt de la main, II, 236. Voy. Escabreux.

Escaliej échelle. Ainsi qu^ilz estoient dans la réale et qu'elle (Clarisse Strozzi] voulut monter après à l'escalle, l'esquif luy faillit et le pied par conséquent, II, 276.

Escalier^ escalader; en italien sca/are^ en espagnol, escalar.

Le comte (de Brissac), désespère du fruict de son amour, ftvoit un jour résolu d'escalier en pleine court de son roy la chambre de sa maistresse, VI, 142.

Escampery décamper; en italien scampare^ en espagnol es-^ campar. Asseurez-vous que si le gentilhomme n'eust sitost escanipé, il estoit très mal, IX, 492.

Escandaliser^ s'escandaliser^ rendre ou devenir un objet de scandale. Sans vous escandaliser, je n^vous enquiers davantage, et qu'il s'en soit plus parlé, III, 310. J'ay cogneu deux femmes

en France qui se mirent à ajmer deux chastrez gentilshommes

et si ne s'escandalisoyent, IX, 139w

Escapade^ action d'échapper. André Dorio s'estonna de ceste escapade (la fuite de Dragut), II, 56.

Escaper^ échapper; en 'espagnol escapàr. Ce seigneur (Espernon) escapa pourtant là un grand hasard, YI 99.yoy. Eschapper,

Escarbillat^ leste, dégagé. Les bonnets estoient en usage qu'on ha perdu aujoùrd'huy, pour prendre de grands fatz chapeaux aveq plus de plumes qu'une austruche n'en peut produyre, qui ne frisent point si bien ny ne font sa cervelle escarbillate et gentile comme, le temps passé, les bonnets, I, 45.

Escarce, Voy. Escarse.

Escarpe y soulier ; en italien scarpa. Cinquante soldatz qui' tous avoient le bonnet rouge ou de velours...., avec le fourreau et l'escarpe de vellours..,. C'estoit une grande chose que d'avoir telle chaussure et le fourreau, VI, 106.

Esctirre^ équerre ; en italien squadra, Ainsy que fit le roy François en ces deux bastimens et tant d'autres en France qu'il a faîct bastir...., que dès lors qu'ils avoient esté projectez, et la truelle, le compas, l'escarre et le marteau y rapportez, bientost après dans peu d'années Ton y voyoit venir loger la court, m, 126.

Esearscy escarce ^ ménager, avare, mesquin; en italien searso^ (d'où escarcelle). Nostre roy (Louis Xlljestoyt, au contraire, fort escarse et fort espargnant, I, 75. Que s'il se treuve quelques mescréant qui, par une foy escarse, ne veuille donner créance aux miracles de Dieu et de nature, qu'il la (Marguerite de Valois] contemple seulement, VIII, 23. Cf. IX, 176.

Escorter^ égarer. Ainsi qu'on lui (au cardinal d'Esté) dict un jour qu'il s'estoit escarté quelque vaisselle d'argent pour environ

deux cens ëcus, en sa maison, et que cela venoît de ces chevaliers (de Malte), qui s'en estoient accommodez, III, 43.

Escerter. Voy. Esserter,

EschafaiU'^ tréteaux, théâtre. Voy. Faréahle. .

Eschansonner^ goûter le premier comme font les ëchansons. Voy. Traicteur,

Eschapin^ chausson en cuir. Gaston de Foix.... à la reprise de la ville de Bresse.... se fist oster les souliiers et se mit en eschappins deschaussez, IV, 243.

Eschapper^ laisser partir. Le père le tenoit si fort subject près de luy qu'il ne le vouloit eschapper ny donner congé pour tourner à la court, X, 37.

Eschet^ ravage, échec, désastre. L'arquebuserie fit (à Auneaa) ce grand eschet sur les reistres, I, 340. Et tout l'eschet tomba sur le pauvre Mouvans et Pierregourde, et leurs gens, V, 429. Voy. Escadre. *

EscheiZy échecs. Bien souvant on les a veuz jouer aux eschetz, M. deBonnivetet luy (Brlssac) despuis le disner jusqu'au soupper, sans profférer une vingtaine de parolles, IV, 74.

Escient (à bon), véritablement, tout de bon. Après qu'on luy (à Mme d'Ëspernon] eust remonstré qu'il falloit à bon escient s'en aller à Dieu et qu'il n*y avoit plus aucun remède, IX, 454.

Esclair^ éclat. L'agate s'y faisoit bien recognoistre surtout par son esclair brillant, X, 23.

Esciairer^ épier, observer (nous avons conservé dans ce sens le mot éclaireiir). Ainsi les rois; qui sont esclairez de toutes parts, doibvent mener leurs vies et leurs honneurs, II, 74. Cf. IX, 252.

Esclandre (mot estropié pour esclame), grêle, efQanqué. Ainsi que j'estoîs à la poste.... me vint accoster un grand jeun' homme de l'aage de trente ans, maigre et esclandre, II, 22.

Esclavitude^ esclavage, en espagnol esclavitud^ en italien sehia^ citadine » Tel qu'il (un esclave) seroit, quand ce seroit le plus barbare et estranger du monde, ayant mis seulement le pied dans la terre de France, il est aussitost libre et hors de toute esclavitude et captivité, IV, i93. Cf. Bajestan.

Escoffion^ coiffure de femme, bonnet. Aucuns disent qu'il (Brissac) eut aussi le beau et riche escoffîon de la duchesse (de Savoie) tout gamy de grosses perles et pierreries, IV, 105. Cf. VIII, 1 74. — On lit dans la cinquième Serée de Bouchet : o Parquoy

les matrones leur commandent (aux filles, la nuit de leurs noces) de mettre leurs mains sur leurs coiffures afin que leur cou* yre-chef ou escoffion de nuit ne bouge de dessus leur teste, «

Escole (Maîstre-), Voy. Maistre.

Escorne^ affront, en italien scorno. Qui furent bien estonnez? Ce fut M. de Bourbon, le marquis et autres grandz capitaines, pour avoir receu un tel affront, telle escomë et baye, I, 228. Cf. IX, 131. H. Estienne dans le premier de ses dialogues fait ainsi parler Philausone (p. 91) : a En veci encore un autre (exemple) fort gentil, de ceux qui au lieu de dire : Il luy a faict un grand scorne^ prononcent les uns : il luy a faict un grand eseorne (qui est le moins mauvais], les autres, un grand excorne ^ les autres une grande écorne^ les autres une grande corne. Je sçay, dit Celtophile, bon gré à ces derniers qui ne marchandent point tant; et pour le moins disent un mot qui signifie quelque chose. » , Voy. encore p. 108.

. Escorty excort^ adroit. Voy. Excori,

Escossiment^ langage écossais. Madame Flamin, d'Escosse, laquelle ayant esté enceinte du fait du roy (Henri II), elle n'en faisolt point la petite bouche, mais très hardiment disoit en son escossiment francizé..., IX, 490.

Escot^ écot, somme à payer. Il (le duc de Savoie] les achepta à vil prix (les prisonniers] des soldatz et après en tira de grandes rançons, dont M. de Bourdeille, mon frère aisné, pris là à Hesdin en fut d'un grand escot, qui a porté grand préjudice à nostre maison, II, 14S.

Escot (s'abattre sur 1'), se rabattre sur le profit, la part qui peut revenir. Le roy de Navarre.... s'abattit lors sur Tescot, et débattit qu'il falioit faire ceste restitution (des places du Piémont] résolument; autrement il n'auroit point le royaume de Sardaigue tant compromis (promis], V, 74.

Escot (compter d'), s'engager. Les François, ce coup-là, avoient raison de compter ainsy d'escot pour ce prince (Charles VIII) , car jamais ne fust veu meilleur prince en France, II, 318.

Escot (être de même), avoir même sort. Où (à Saint-Quentin), possible, s'ilz (les reitres) eussent eu affaire et à parler à M. de Guyze, ilz eussent estez de mesme escot qu'à Ranty, IV, 196.

Escot (se trouver de P), payer. Ils nioient tout; aussi s'en fussent-ilz trouvez del'escot, s'ils l'eussent advoué, IX, 494.

iOO LEXIQUE.

Escottéj châtré. Les autres (les prêtres au sac de Rome) eschappoient comme pauvres escouez, I, 274.

Escoupetterie^ coups de feu. J'estois lors mallade d'une grosse fiebvre tierce, et oyant ceste escouppetterie je creus que.... VI, 187.

Eserarcir^ eclaircir. Il (d'Aumale) n'avoit l'armée complette.... pour forcer une telle place (Rouen) pleine et regorgée de si bons hommes. Mais pourtant après que M. de Guyze Teust assiégée et prise, ilz furent fort escrarcys; car de soldatz et capitaines, il en fut tué un grand nombre. Y, 417.

Escriteau, inscription. Voy. Morte-paye,

Escriture, écrit, relation. Voylà une sortie bien contraire à celle que M. de Montluc raconte, lequel a esté si malheureux à l'endroit des escritures espagnolles qu'elles ont parlé de luy comme vous voyez, I, 300. Cf. Il, 235.

Escrupule^ scrupule. Voylà la religion saincte et le sainct escmpule qu'avoit ce bon prince (Guise) à ne vouloir offancer Dieu, IV, 257.

Escumer^ terme de fauconnerie, se dit de l'oiseau qui passe près du gibier sans s'y arrêter. Quand le duc d'Albe passa vers Flandres, tout le bruict commun estoit qu'en faisant semblant d'escumer Genehre, que tout à plat il l'alloit assiéger, V, 425.

Esgardj autorité, droit. Papinian.... dit : que l'héritier n'a nulle réprimande ou esgard sur les mœurs de la vefve du deSunt, IX, 588. Ces filles ainsi vierges et pucelles fussent estées jadis à Rome fort honnorées et fort privillégiées, jusques-là que la justice n'avoit esgard sur elles à les sentencier à la mort. Ibid.^

Esgaré (lieu), endroit perdu. Un jour (le comte Claudio) estant à la chasse de l'oiseau et ayant voilé une perdrix, quand il fut à la remise qui estoit un lieu fort esgaré, il trouva quatre soldats... , VI, 350.

Esgeambement^ enjambement, empiétement. Voyant (Montmorency) le grand esgeambement que faisoit la religion nouvelle sur la nostre, III, 296.

Esgember ou êjamber (s'), s'étendre. Si bien que s'ilz ne les eussent empeschez, ilz (les Anglais) se fussent esgembez sur nous mieux qu'ilz ne firent, VI, 222. Voy. Ajamber.

Esgualité^ égalité. Par les coquilles (du collier de l'O. de Saint-

Michel) sont remarquées leurs esgualitez (des chevaliers) ouesgalle fraternité de Tordre, V, 96.

Esjouir (s'), se réjouir. Cela faisoît grand bien aux foyes de la reyne sa mère (Catherine de Médicis) qui, quasi le croyant, s'en esjouissoit beaucoup, V, 240.

Esjouyssance^ réjouissance. Après doncques que Ptolomée eut acquis et acheté la paix..., il la fallut célébrer par beaux festins.... pour resjouyssance desquels en fut faict un si superbe appareil, X, 22.

Eslabouré^ travaillé. Parmy les estatz de nos roys se treuve le maistre artiller, qui est celuy qui se mesle de faire des arballestes, des traitz et des flesches que j'ai veu faictes et eslabourées d'eux très gentiment, V, 301 .

Eslargir^ faire largesse. (Busa) eslargist à chacun d'eux (des soldats romains) de quoy faire ses despends sur leur chemin, Vni, 112. /

EslectioUy action de choisir. V. Rabattu,

Esleu^ choisi, d'élite. Sinon quelques bons soldats esleus dudict Barthélémy.. •• qui s'opiniastrans au combat, demeurarent sur le champ, II, 191.

Eslévateur^ qui soulève, qui ameute. Il seroit bien employé à telz eslévateurs de peuple et vUenaille, qu'ilz allassent faire les ▼ignés, labourer la terre, et les paysans se mettre en leurs places, Y, 191.

Eslévation^ soulèvement, révolte. M. de Nevers et luy (Montpensier) eurent une grande querelle pour quelque paroUe que M. de Nevers avoit dict en secret de Monsieur, frère du roy, à M. de Monpensier, à cause de son mescontentement et eslévation, V, 23.

Eiîever^ soulever. Aymant mieux (Pontdormy) mourir des armes de son ennemy que de tumber à la mercy des vilains qui s'estoyent tous eslevez, III, 70. Cf. V, 191. Voy. Pie^.

Eslever Us armes ^ se révolter. S'il (P. de Tolède) n'eust faict faire la citadelle dedans Sienne, les Siennois se fussent mieux comportez et n'eussent eslevé les armes, II, 20.

Esmajrer (s'), s'étonner, Mesmes les huguenotz s'en esmayoient qu'on l'avoit (Lavardin) créé tel (maréchal de France), car ilz le tenoient tousjours pour fort vaillant, mais non si sage et advisé oomm'il estoit requis en une telle charge, VI, 196. Cf. VU, 356.

Esmeu^ embarrassa. Il (Parîsot) estoit un très bel hommey grand, de haute taille, de très belle apparance et belle façon, point esmeue, parlant très bien. Y, 239 .

Espace^ temporisation, lenteur; de l'espagnol espaeio. Que nostre gent gaigne la force avec l'espace et la tardance, II, 377.

Espacieux, Voy. EspMieux.

EspaUérade, La* Curne de Sainte-Palaye rend par espalmë (épalmë) ce mot que je n'ai trouvé dans aucun lexique, et auquel il donne ainsi la signification de enduit de graisse^ qui ne me parait guère satisfaisante. Peut-être faudrait-il lire pahesade, Voy. ce mot. — Et bien que Ton trouva les gallères françoises très belles, lestes et bien espalverades et surtout la Réalie^ à laquelle n'y avoit rien à redire, IX, 365. Cf. Spalvérade»

Espargne (en), avec parcimonie. La fortune qui tient toutes choses mondaines en sa main, et se plaist en faveur, en disgrâce, en gloire et déshonneur, les donner en abondance et en espargne, ainsi que porte sa volonté, aux uns et aux autres, II, 401.

Esparte^ Sparte. Un bouclier avec ces mots : aut cum hoc oui in hoc que donna ceste brave mère d'Bsparte à son filz, VII, 36.

Espatieux^ spacieux. Il (un château de bois) estoit fort grand et espatieux, III, 260. Voy. Fourest,

Espectacley spectacle» La dame estant venue à l'espectacle du combat, dans un charriot, le roy l'en fit descendre, VI, 243.

Espelucher^ énumérer. Je serois trop prolixe, si je voulois espelucher tous les couronnelz spéciaux, V, 314. Cf. IX, 535.

Espérer^ attendre. Ainsi sauva son gallant par un acte et oprobre fort viilain à son mary, celle.... qui l'a voit tant déploré et regretté qu'on en eust jamais espéré si ignominieuse yssue, IX, 662.

Espier^ surveiller, veiller à. Voylà ce qui donnoit à M. le mareschal (de Montmorency] fort à songer en soy, et à espier son gouvernement, et surtout la ville de Paris, qui estoit pour lors fort guizarde, III, 357.

Espinéj déchiré par les épines ; en italien spiftato^ en espagnol eipinado. Les soldats (espagnols].... estans tous quasi sans souliers, étoient contraincts d'envelopper et couvrir leurs pauvres pieds, tout espinez et esgratignez, de quelques cuirs faicts de fraisches peaux de bestes, VII, 270.

Esplanade^ aplanissement (du sol). Il (Annibal) fit rembarquer

par terre tous les vaisseaux par la ville et les rues, l'esplanade en estant très bien auparadv.mt faicte, II, 57.

Esplanir^ aplanir. Voy, Dominatif,

BspoiSy ëpais. Ny plus ny moins qu'on void un grand et espois chaisne parestre comme l'honneur du bocage parmy les autres arbres, IV, 233. Voy. Celle.

Espousetter^ ëpousseter, battre. Il luy avoit permis de porter ses armes en son escu un jour du duel, pour espousetter à plaisyr son hemumoSf X, 117.

Esquade^ escouade; en espagnol esquadra; en italien squadra. Je croy que le corpoVal qui lors commandoit à Tesquade où estoit cette belle fille.... fut bien marry, IX, 416.

Essarneau^ cerneau. D'autres disoyent pis : qu'on le luy (à Marguerite de France) debvoit cerner comme un essameau, VII, 131.

Essctjrer^ éprouver. Elle (Jeanne I de Naples).... a senty les guerres estrangères au millieu de son royaume, essaye, par la faute d'autruy, la fuitte, l'exil, VIII, 169.

Esserter^ escerter^ déchirer, arracher. L'autre luy ayant tout d'un coup escertë ses calleçons qui estoient bridez, IX, 406. a. Ihid.^ 269, 560.

Essuyer^ côtoyer. M. de Mouy (à la bataille de Dreux).... eut commandement de M. l'admirai de ne donner point à i'advantgarde qu'il sçavoit conduicte par M. de Guyze, mais de l'essuyer et de passer devant et fondre comme un foudre à la battaille, IV, 247. Voy. Boston.

Estàme^ espèce de tricot de laine. Pour lors les bas d'estame ny de soie n'estoient pas en usage, V, 304,

Estandre^ s'allonger. Voy. Gente. Cf. Estendre.

Estaquade^ enceinte entourée de palissades, et par suite, combat singulier livré dans cette enceinte, combat en champ clos. Sçavoirmon si l'on doit pratiquer grandes courtoisies et en user, parmy les duels, combats, camps-clos, estaquades et appels, VI, 233.

Eitaquade (se battre en), se battre en champ clos. Quelque temps amprès (Pusset).... se battit en estaquade à Joinviile.,.. contre le seigneur de Querman, IV, 78.

Estat^ charge, dignité. De quoy ladite reyne (Catherine de Mé« dicis) l'a aimé tousjours (Guise), et le monstra bien à ses enfans après sa mort, leur donnant tous ses estatz, VII, 357.

i04 LEXIQUE.

Estai (faire), garder pour soi, se réserver. Les roys de ce temps-là estoient fort libéraux de leurs parties casuelles.... et leur estoit reproché s'ilz en faisoient estât, III, 247.

Estât de quelqu'un (faire), en tenir compte. Je dis à M. d'Estrozze soudain : « Il est mort, monsieur ; n'en faites plus d'estat ; allons-nous-en », VI, 70.

Estaze^ extase. (Don Juan) voit danser toute la court, la contemple et sur tout par grand'admiration la belle reyne de Navarre..., demeure en estaze pour voir une telle beauté, II, 127. Cf. Staze,

Estelon^ étalon. Vous en seriez bien aise, petit cousin, qui jà estes un jeune estelon pour elles (les dames de la cour), III,

Estendre^ étaler, exposer. Voy. Magasin. Cf. Estandre,

Estérille^ stérile ; en espagnol esteril et esterile. Lorsque l'empereur Charles eut pris la GoUette, et qu'il fallut marcher parmy les sables chauds et estérîlles, VU, 33.

Esteufy balle du jeu de paume. L'assistance s'en mit fort à rire et la dame à plorer, ayant opinion que le roy avoit fait jouer ce jeu; car il estoit coustumier de faire jouer ces esteufz, IX, 574.

Estime de (avoir 1'), être réputé, passer pour. Encor que la guerre intestine et civile aye l'estime d'estre la plus cruelle de toutes, y, 384.

Estimé^ réputé. Estant jeune (Saint-André), il fut estimé des gallans de la court en tout, Y, 32.

Estiomené^ nuingé, rongé. L'autre (cuisse) elle l'avoit toute seiche, atténuée et estiomenée, qui ne paressoit pas plus grosse que le bras d'un petit enfant, IX, 261.

Estomach^ poitrine, sein. (Maria de Padilla) entrant dans l'église.... piteuse, marmiteuse, battant son estomach, I, 165.

Estonnementy trouble. 11 (L'Hospital) les (un président et un conseiller nouveaux) lit venir devant luy.... et leur montre à l'un après l'autre une loy à expliquer.... Ils luy respondirent siimpertinemment et avec un si grand estonnement qu'ils ne faisoient que vaxiller et ne sçavoient que dire, III, 307.

Estonner^ troubler. Dom Alonzo, de son costé, ne se monstra pas.... estonné, et vint droit à son ennemy, VI, 265.

Estonner (s'), s'émouvoir, se troubler. L'harquebuzade donna contre une coulonne de marbre de la fenestre où estoit appuyé le

roy (François I*') qui, à ce qu'on dict, ne s'estonna point autrement, I, 233.

Estrade, rue ; en espagnol estrada^ en italien strada. Il (Pedro de Tolède) demeura visce-roy dans Naples..., la décorant de ceste belle estrade de Tolède, II, 21. Cf. VII, 56. Voy. sur ce mot, H. Estienne, p. 32.

Estraindre^ comprimer, ëtoufier. En pensant estraindre une querelle, plusieurs s'en renaissent, et en arrivent une infinité d'escandales, VI, 389.

Estrange^ étranger. Un homme en pals estrange, s'il n'entend la langue du pals où il est, n'est tenu que pour un porteur de moumon, I, 33, note 2,

Estranger^ éloigner ; en italien straniare. Pour mon mal es* traûger, Je ne m'arreste en place. VII, 41 1 .

Estrey race. Aussy de son estre (de Mme de Bourdeille) en estil sorty une reyne de Scicille, X, 79.

Estre (sur), qui subsiste. Et mesmes qu'il y en a encores un (fort] sur estre et en nature, qu'on nomme le fort de Ghastillon, V, 17,

Estre du tout à soy^ s'appartenir complètement. Il (F. de Bourdeille] estoit du tout à luy et ne vouloit estre subject à personne du monde, X, 44.

Estre en estre y exister. Voy là, nobles François, comme vous estes estimez par tout le monde, parmy lequel la Renommée vous a pourmenez dans son charriot despuis que vous estes en. estre, V, 412.

Estre Jamais que (n*], n'être jamais sans que. Elle (Catherine de Médicis) ne fut jamais qu'elle ne fust très ambitieuse, II, 279.

Estrette^ extraicte, strette^ mésaventure, malheur; et aussi tour, malice. Le dit marquis (de Marignan] fut faict lieutenant général de l'empereur à la guerre de Sienne, où après plusieurs extraictes et deffaictes des siens, I, 295. Brusquet, qu'on tenoit pour mort partout, fut bien esbay.... et sçachant que ç'avoit esté une estrette de M. d'Estrozze, songea à luy rendre, II, 259. Voy. Strette.

Estrette^ détresse. J'ay ouy dire que, lorsque le roy d'aujour* d'huy (Henri IV] fut en telle estrette et dans Diepe, que M. du Mayne avec 40,000 hommes le tenoit assiégé, IX, 644.

Estrieu^ étrier. Le (cardinal de Santiquatre) fut traisné, un

pied dedans Testrieu, jusques à la porte du chasteau par son cheval, I, 271.

Estrif^ débat, querelle. Ainsi la fortune en tel estrif et contention les tourna et vira l'un et l'autre, en sorte qu'un chacun d'eux secourut et dellivra son adversaire, YI, 403,

Estroictement^ strictement. Voy. Chapitre. ♦

Estroitj serre. Voy. Donrois, ,

Estroiiy lieu resserré. Ainsy se rendit M. de Guyse.... à la place de battaille de son armée qui estoit fort bien logée en un estroit, entre les vignes et la rivière de Modon, VU, 399.

Estropiât^ estropié. Il (le duc de Somma) estoit fort entendu et sage capitaine. ••• et si avec cela ne s'espargnoit point aux coups, encor qu'il fust estropiât d'un bras, YI, 213. > Estudier à quelqu'un (s'), se consacrer à lui. J'en ay cogneu un qui avoit une fort belle et honneste femme, mais pourtant qui ne s'estoil point tousjours estudiée k luy seul, IX, 72.

Esvalluer^ faire valoir; en italien valutare, Un'autre dame disoit qu'elle voulioit ressembler aux bons œconomes et mesnagers, lesquelz ne donnent tout leur bien à mesnager à un seul et faire valloir, mais le despartent à plusieurs mains ; car une seulle n'y pourroit fournir pour le bien esvalluer, IX, 541.

Esvanouir^ s'évanouir. J'ay ouy parler d'une femme.... qui faîsoit de l'austère et réformée, que quand elle entendoit parler d'une putain, elle en esvanouissoit soudain, IX, 581. / Et^ avec. Et... monteroient sur un bon cheval et une bonne pistole, et une espée ou lance ou autrement, YI, 417.

Évangille (1'), la religion réformée. Luy (Ck>ndé) et M. l'admirai se sont faictz craindre et ont planté l'Evangille qui bourgeonne et verdoyé aujourd'huy encores, et sans lesquelz elle seroit seiche^ et de couleur de feuille morte, lY, 360*

Événement^ avènement. Jusqu'à ce que le roy de Navarre parvint à la couronne ; lequel à son événement ne voulant rien innover..., YI, 201.

ExaJte^ pointilleux, rigoureux. Quel humeur luy prit-il (à Labiénus) d'abandonner et quicter Gaesa'r ?... Il trouva que sa cause n'estoît si juste que l'autre. Il faloit bien que cet homme fust exate en ses conceptions. Y, 181.

Excessiyetéy grand prix. Il (le pape) luy (à François P') avoit promis... • trob perles d'inestimable valeur, de l'excessiveté des-

quelles les plus grands roys estoîent fort enyieux et convoiteuz, qu'estoient NapleSy Milan et Gènes, VU, 340.

Excogiter^ imaginer, inventer. Il (le cardinal de Lorraine) en« tendoit aussi très bien les finances et les sçavoit toutes sur le doigt.,., et excogiter des moyens pour les affaires de son roy, IV, 276. Cf. VI, 367, IX, 27.

Excommuniment^ excommunication. Soubz ombre de quelque meschant excommuniment que le pape Jules (II) avoit fubniné et jette, I, 129.

Excorty avisé, adroit ; en italien scorto. Il (le comte d'Eu) fut aymé et recherche des belles et honnestes de la cour, et entr'autres d'une qui estoit telle, et avec ce très excorte et habile, IX, 514. Je vous asseure qu'il y en a eu et y en a (des femmes) qui sont plus escortes que cela, IX, 657. Voy. Excortement,

H. Estienne s'est trompé (p, 28) en prétendant que ce mot n'était qu'une corruption à!accort»

ExcortCy escorte. Les mérites, allant de conserve avec qu'une noble extraction, sont plus fortz et se font meilleur excorte l'un à l'autre, I, 181.

Excortement^ adroitement. Ce qu'ils (les gens de Dragut) firent si excortement et dilligemment que André Dorio n'en sceut jamais rienjusquesà ce que...., Il, 56. 11 (Charles IX) commanda au capitaine La Chambre.... de luy amener.... dix ou douze enfans de la Matte.... et qu'ilz jouassent hardyment et excortement leur jeu, V, 278-279. Cf. V, 362, VII, 227. Voy. Excort.

Excuser^ récuser, exclure. Ce bonhomme (Montpensier) s'alla proposer en son ambition...: qu'il tiendroit sa place en France, comme lors premier prince du sang après M. le cardinal de Bourbon, mais son chappeau rouge l'excusoit (le. cardinal), V,13.

Exécution^ attentat. Et dis bien plus que si, par cas, je viens avoir et recepvoir quelque injure, offense et attentat, voire l'exécution sur ma vie, X, 142.

Exemplaire^ écrit; en espagnol exemplariô. Que s'il y a eu quelque escrivain moderne qui les aye vouluz appeller couronnelz, il n'y faut adjouster foy, mais bien aux vieux exemplaires du passé qui en ont parlé nalfvement, V. 312, 313.

Exerciter^ exécuter ; en italien esercitare. Le roy luy manda qu'il le remercioit (Matignon) de ce beau conseil. t.. mais que

pour le bien exerciter,.,. il luy faudroit un autre homme que luy, V, 170.

Expeller^ expulser, chasser ; expellere. Je m'estonne que ces femmes,»., n'usent pour leur honneur de quelques remèdes refirîgëratifz et potions tempérées, pour expeller toutes ces challeurs, IX, 687.

Expertise^ expérience. Les soldatz espaigndz sont si rognes et si bravaches que mal voulontiers..,. obéissent-ilz sinon à gens qui leur plaist et de grand'qualité et expertise, Y, 320.

Expier^ espier^ é[Mer. (S. André) le costoyant (Andelot) pourtant tousjours, pour en expier un'occasion pour le combattre, V, 36.

Expiorij espion. Entre autres grands poincts de capitaine qu'avoit M. de Langeay, c'est qu'il despendoit fort en expions, III, 213.

Expugnateur^ qui prend de vive force, en italien espugmuore. M. de Guyze, bien plus haut à louer et estimer cent fois que M. de Lautreq à qui l'on donna le nom de second Démétrius et grand expugnateur de villes, IV, 240.

Exquis^ curieux, recherché. Si ce seigneur (Strozzi) estoit exquis en belle bibliothèque, il l'estoit bien autant en armurerie et beaa cabinet d'armes, II, 243.

Exquis^ très habile, dans le sens de l'espagnol exquisiw, Voy. Vitrine,

Exquisementj soigneusement. Encore faudroit-il qu'il (le combattant) fust visité fort exquisement des médecins expers et chirurgiens, YI, 268.

Extoller^ vanter; extolUre. Par quoy ses princes (de Charlemagne), barons, paladins et braves capitaines, voyans leurs faictz estre extoUez dans ceste grande Rome, des hommes de toutes les partz du monde. Y, 242.

Extraicte. Yoy. Estretie,

ExlrapontiFiy hamac; de l'italien strapontino. Nous la trouvasmes [une nef vénitienne) fort leste et en deffences de pavesades et d'extrapontins à l'entour, Y, 234.

Extravaguant^ qui fait des digressions, qui s'écarte de son sujet. Plusieurs personnes qui me liront diront que je suis un grand extravaguant en mes discours, et que je suis fort connus, Y, 337.

Extramguer (s'), s'écarter. Je me suis un peu extravagué de

mon desaeing, mais parceque ce conte est rare et mositë, j'en seray excusé» IX, 579.

Extrémité (en), extrêmement. Cela vouloîtdire, que de trouver sur Hëlaine toutes les perfections de beauté, il n'estoit pas possible, encor qu'elle ait esté en extrémité très belle, IX, 255.

Extrémité (à toute), extrêmement, hors de toute mesure. Voy. Bastant»

Face (volter). Voy. Folter.

Faction^ exploit, charge, fonction ; en italien fazione^ en espagnol faccion. En ses trois principalles factions où il (le prince d'Orange) s'est trouvé.... il a toujours très bien fait : à la prise de Rome, au siège de Naples et au siège de Florance. Assiégeant, il faisoit tousjours ordinairement faction, non seulement de général, mais aussi de simple capitaine et soldat, I, 243. La belle faction qu'il (L'Ouchaly) fit à la battaille d'Elépanthe (de Lépante), II, 59. Ce dom Sanche s'estoit rendu si bon capitaine par ses continuelles factions, ibid,^ 187.

Le mot faction était d'un usage récent, suivant H. Estienne (p. 285). a Gonmient (les courtisans) usent-Us de ce mot? » demande Celtophile. « Sottement, répond Philausone; car ils disent faire faction pour faire quelqu'exploit de guerre ; mesmement quelques-uns disent faire faction quand il est question de faire la garde, soit sentinelle ou ronde. Mesmement on dit un homme factieux pour un homme d'entreprise. Yray est qu'il se dit aussi hors de la guerre. »

Factionnaire^ qui appartient à une faction, à un parti. Les Vénitiens.... entrarent trois mille (à Brescia) par une grille..., à quoy leur tenoit la main ce gentilhomme avec force factionnaires des siens, qu'il avoit gaignez, II, 412. (en espagnol faccionario,)

Fadat^ sot. J'ay veu force de ces grands (de taille) n'estre pas plus habiles que les petitz, voire très badautz et fadatz de nature et d'art, VII, 110.

Faignist (se), s'épargna. Et puis falut boire à la bouteille, à la mode du pays, et le bon conte (de Rheingrave) présenta sa bouteille au roy (Charles IX) qui beut le premier, et tous les autres après. Il n'y en eust ny d'un costé ny d'autre qui s'y faignist, car il faisoit un très grand chaud ce jour-là, VI, 222. — Un passage du Lorai Serviteur (ch. 52) ne permet pas de douter du sens de ce

verbe (si les assaillans faisoient bien leur debvoir, ceulx delà ville ne se faignoient pas). Quant à son infinitif, on ne sait laquelle des trois formes faigner^ faignir, faindre on doit adopter. En tout cas, il est plus que probable que le mot populaire feignant n'est autre que le participe présent de ce verbe.

Oudin se borne à citer la locution : ils ne feignirent pas éC aller ^ et l'explique par : ils ne manquèrent pas.

Faillance^ manque, deïaillance. Hier je commandois à plus de vingt mil'hommes; maintenant à Tapëlit d'une trahyson et faillance de cœur, de tous eux à grand peine ay-je un serviteur, I, 306.

Faillement^ manque, défaillance. Sans user de ces froideurs, respects, modesties et discrétions que j'ay veu souvent appeller à plusieurs cavalliers et dames, plus tost sottises et faiUement de cœur que vertus, IX, 292.

Failli des espritz^ défaillant, près de défaillir. Puis comme failly des espritz, il (Bayard) cuida tomber de cheval, II, 383.

Faillir^ échapper. Un autre.... bien gallant cavallier.... par sa présomption trop libre qu'il prit de descouvrir sa maistresse.... en cuida estre tué par un assassinat qu'il faillit, IX, 503.

FaiUnyr^ falloir. De courage il en avoit ce qu'il failloyt, comme d'ambition, I, 75, note.

Faindre de.... (se], se cacher de.... Sidiray-je encor ce motde luy (le baron de la Garde), comme je luy ay ouy dire, et d'autres ivecques moy (car il ne s'en faignoit point et en faisoit gloire) : n'estant extraict de bas lieu, IV, 150.

Fainte^ fiction ; en italien finta. Yoy. Intermédie.

Faire^ opérer. Voy. Ribler.

Faire de quelqu'un^ s'en servir. Après qu'ils (les rois) en ont &ict (de nous leurs serviteurs), ilz nous plantent là et ne s'en soucient plus, VII, 233.

Fallojrentj failloient. Et là où ils le sçavoyent aller à la messe ou autre lieu public et de congrégation, ne falloyent ny les uns ny les autres (les hommes et les femmes) de s'y trouver pour le voir, IX, 178. Cf. Pratique.

Fan^ petit d'animal. Baudoin roi de Hierusalem.... luy (à la femme du Soudan) fit assister de tout ce qu'il put en ses couches, et luy fit alletter, ne pouvant mieux, son enfant par une chamelle qui ne venoit que d'avoir un fan, VII, 257.

Fandace^ fente. (Ces maistres d'armes) visitoient partout et

toobs les licts, voire à adviser si à la muraille il n'y avoit ancirne £mdace ou trou dont ils peussent estre apperceus, VI, 296*

Fani^ flëtri, dépérissant. Grand dommage certes d'une si belle fleur fauie et emportée en son plus beau apyril, VU, 192. Ses deiôs (de Mme d'Aubeterre mourante) furent grands et longs, et point se ressentant d'un corps fany, esprit foible et décadant, IX, 458. Cf. Ibid.^ »99» Voy, Feny.

Fantastique^ bizarre, fantasque. Il (le comte de Tende) a esté longtemps gouYemeur de Provence, avec beaucoup de réputation, pour en estre les gens bizarres, fantastiques, et mal aisez à ferrer, III, 386.

Fantastiquer (se), se mettre dans Fesprit, avoir la fantaisie. Francisque Sforce.... estant un jeune garçon labourant en la terre, voyant passer des soldatz bien en poinct.,., telle veue luy pleust ; et entre en tentation et se fantastique soudain de les {assembler, y, 368.

Fantesque^ servante ; de l'italien fantesca. Un matin, passant devant sa maison..., monte tout bellement, où estant entré sans rencontrer ny fantesque, ny page, ny personne, IX, 261.

Fany, Voy. Fani.

Faseher (se), s'ennuyer. (César Borgia) se faschànt de la robbe (de cardinal).... la quicta, II, 204»

Fatf sot. Gela fût esté bon si M. de Bourbon fût esté un fat, m, 89.

Fatal^ prédestiné. Tous ceux qui ont porté ce nom et titre de duc de Nemours sont estez très braves.... Tant (ce diroit-on) ce nom et titre est heureusement fatal en vaillance et prouesse à ceux qui le portent, IV, 182.Cf. VIII, 2. — Le pluriel fataux étoit en usage ; Le cardinal Carafie.... luy (à Henri II) porta une espée et un chappeau, dons que les papes envoyent aux roys pour les gratiffier en demandant quelque chose de meilleur; dons, dis-je, qu'on a observé plusieurs fois estre fataux et funestes, ibid,^ 210.

Fataly frappé par la fatalité, par le malheur. Voy. Enchouer.

Fatalité^ malheur. Je déteste ma dernière fatalité, X, 15.

Fatament^ fatalement, d'une manière prédestinée. Tant ce nom de prince d'Orange est heureux en cela falament, I, 239.

Faucée^fattsiée, action de percer (les armures). Il vouloit surtout que la poudre fust bonne et fine pour bien tirer d'assez loing et faire bonne faucée, I, 338. Voy. Gt^.

ilt LEXIQUE.

Fausser^ faucer^ forcer. Quand il (le duc d'Albe) luy rompit ses dessaings et du pape.... qu'il eusthien fausse dans sa ville de Rome, voire pris,l, lOi. Cf. Ihid.^ 142, V, 237.

Fauvette (courir), perdre son temps et sa peine. Elle luy disoit souvent : Ha ! mon amy, que tu eusses couru longtemps fauvette, avant que tu eusses eu ce diable (l'ordre de Saint-Michel) que tu portes au col, IX, 105.

Faveur (lettres de], lettres de recommandation. Quand je luy dis à Dieu (à la marquise de Pescaire), elle me donna des lettres de faveur à (pour) son fils le marquis de Pescayre, IX, 374.

Fayan^ hêtre, fofms. On void des bois de telle et diverse nature que les uns bruslent tous vertz, comme est le fresne, le fayan et d'autres, IX, 577.

Féauté^ loyautë. Et Dieu sçait! N'avoient-Uz pas leu force histoires modernes de la féautë de telles gens, II, 315.

Feint ^ hypocrite. Parce qu'elle faisoit de la sucrëe, de la chaste, de la prude, de la feinte, IX, 23L

Fendeur de nazeaux^ fanfaron, bravache. A la battaille de Contras.... il y en eut force aussi des plus fringantz et fendeurs de naseaux qui en firent de mesmes (s'enfuirent), IV, 10. — Au temps d'Oudin cette expression ne servait plus qu'à designer « un meschant, un cqupe-jarret. »

/e/7^, fane, use. 11 (La Valette) mourut.... encor en un aage assez verd et ferme, et point encor feny pour bien servir son roy et sa province, V, 214. Voy. Fani.

Fermer le pas^ s'arrêter; de l'italien fermer il passa. Si faut-il encore que je face ce petit discours advant que fermer ce pas, m, 54.

Fermesse^ fermeté; en italien /crmwza.

.... Et où est la promesse

Que me faisiez ici de si grande fermesse? X, 7$.

Festier^ festoyer, fêter. Hz (les Français) les festièrent si bien (les Flamands) qu'il en demeura plus d» six cens sur le champ, II, 335.

Festiné^ celui à qui on donne un festin, convive. Ce ne fut pas tout ; car les festinez receurent des chappaux et guirlandes tisseues de fleurs de narde florissante, X, 26. .

Festiver^ festoyer. (Le roi de Navarre) s'estant achemine de-

vint pour faire des prëparati& à le bien festiver (Espemon),

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