TRU
reusement conçue, d’un mouvement juste, bien observé. Cette figure est bien trouvée. L’attitude est trouvée.
Truc. — Ce mot est à peu près synonyme de « ficelle», mais il s’applique plutôt au procédé qu’aux moyens d’exécution. « Avoir le truc», c’est avoir une connaissance spéciale des détails de son art et saisir du premier coup de quelle façon une chose doit être exécutée. — Se dit spécialement dans l’art du théâtre des moyens usités pour faire mouvoir les décors, pour exécuter des transformations, des changements à vue sans baisser le rideau. Une féerie dont les trucs sont bien réglés.
Trucage. — Contrefaçon des objets d’art. On écrit aussi truquage. — (Voy. Truqueur.)
Truculent. — Brutal et joyeux en même temps. Colorations vives, franches, ne manquant pas d’harmonie, mais posées d’une main expéditive. Des tons truculents.
Truelle. — Outil en forme de triangle avec pointes arrondies et pourvu d’un manche, servant à étendre le plâtre, à maçonner. Il y a de petites truelles, destinées à rejointoyer, c’est-à-dire à exécuter les joints des maçonneries. Enfin quelques artistes se servent de couteaux à palette en forme de petites truelles pour triturer la pâte, l’étendre sur la toile, exécuter certains morceaux de terrains, des parties de muraille, dont l’exécution brutale est destinée à faire valoir par contraste d’autres parties très soignées.
Truité. — (Céram.) — D’après certains auteurs, on nomme craquelé les pièces dont le vernis est fendillé suivant des segments d’une certaine étendue, et truité les pièces couvertes d’un fin réseau, semblables aux petites écailles des truites. On donne aussi le nom de Long-lhsiouen aux porcelaines de Chine finement fendillées.
Trumeau. — 5e dit de l’espace
compris entre deux portes, entre deux fenêtres, et aussi, par extension, de pan-
neaux placés au-dessus d’une glace de cheminée , parce que le parquet de glace posé jadis entre deux fenêtres avait pris de la place qu’il occupait le nom de trumeau. Des trumeaux peints. Un trumeau de glace’. Se dit particulièrement, dans le style gothique, du pilier divisantun portail. Un trumeau décoré d’une statue.
Truqueur. — Faussaire doublé d’un artiste, — il faut malheureusement en convenir, — qui fabrique de vieux bibelots, des tableaux, de vieux dessins, des autographes d’hommes illustres, destinés à tromper des amateurs qui les achèteront à de gros prix comme authentiques. L’art du trucage a fait de nos jours des progrès considérables. On va chercher en Grèce des fragments de paros à l’aide desquels on fabrique des bas-reliefs du temps de Phidias. On surmoulc des terres cuites dans lesquelles on exagère encore le flou des originaux qui ont servi de modèle. On enfouit ces antiques modernes et on les retrouve devant le touriste qui, enchanté de cette trouvaille, les paye sans marchander.
On décore des assiettes modernes de dessins du xvme siècle, obtenus à l’aide de poncis du temps; on ébréche et on fendille les fausses pièces de curiosité qui paraissent trop neuves; on fabrique des meubles neufs qu’on crible de trous de vers, à l’aide d’un outil spécial, dont on émousse les angles