‹ Lexique des termes d'art (volume 2)Chapitre 60 sur 263 · COE · texte numérisé non relu

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Cloison. — (Arch.) — Muraille peu épaisse en maçonnerie ou panneau établissant une séparation à l’intérieur d’une construction.

— de moulage. — (Sculpt.) — Se

dit des lamelles de terre glaise que le mouleur fixe verticalement sur l’objet à reproduire, de façon à déterminer le contour de chaque pièce.

Cloisonné. — (Voy. Émail cloisonné et champlevé).

Cloître. — (Arch.) — Ensemble de bâtiments dépendant d’un monastère

attenant à une église, et particulièrement galerie couverte, bordée d’arcades à jour, servant de promenoir aux religieux, au pourtour d’un jardin ou d’une cour. Autour de certaines cathédrales, on trouvait parfois des cloîtres offrant l’aspect d’un quartier, avec rues et places enfermées dans une

enceinte.

Glotet. — (Arch.) — Petite cellule de religieux. Petite cloison fixe ou mobile servant à protéger des courants d’air.

Clôture. — (Arch.) — Muraille ou

grille formant i’enceinte d’un espace de terrain.

Clôture de chœur. — (Arch.) — Mur d’enceinte ou grilles ajourées séparant de la nef et du déambulatoire le chœur d’une église.

Clou (tête de). — (Art déc.) — La tête de clou est un mode de décoration très simple, parfois employé pour orner les panneaux de portes en bois, et souvent aussi de petits meubles, tels que coffrets, cabarets, etc. Dans ce cas, on se sert de clous d’acier.

Cobalt. • — Très beau bleu fourni par l’oxyde de cobalt.

Cochet. — (Arch.) — Petit coq de clocher servant de girouette.

Cœur. ■ — (Blas.) — Milieu de l’écu.

On dit aussi Abîme.

— Image symbolique d’une des trois vertus théologales : la Charité. Les deux autres, la Foi et l’Espérance, ont pour symboles la Croix et l’Ancre. — (Voy.

Cœur enflammé .)

Cœur (en). — Motif d’ornementation, détail d’architecture, sculpture, découpure dont le contour, offrant une certaine ressemblance avec celui du cœur humain, est formé d’une combinaison de quatre courbes ou portions de cercle.

- — allongé. — (Arch.) — Ouverture en foi me de cœur pratiquée dans une balustrade ou dans une baie de style ogival. — (Voy. En cœur.)

— de cheminée. — (Arch.) — Partie verticale de la cheminée, au fond de l’âtre, où est scellée la plaque de fonte devant laquelle on alimente le foyer.

— enflammé. — Figure de cœur surmontée d’une flamme et servant de motif religieux de décoration. On place aussi un cœur enflammé entre les mains de figures peintes ou sculptées représentant de saints personnages; il symbolise alors l’amour de Dieu. — Le cœur enflammé est également dans la symbolique de l’art chrétien inspiré par la société de Jésus, l’image du sacré cœur de Jésus.

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L’art jésuite représente souvent Jésus- Christ écartant ses vêtements pour montrer au milieu de la poitrine un énorme cœur enflammé.

Coffret. — Petit coffre exécuté ou décoré à l’aide de matières précieuses : bois odoriférants, métaux ciselés, or, argent, émaux, pierreries, etc. Il suffit de citer comme exemples le coffret dit cassette de saint Louis, et la charmante

cassette de Catherine de Médicis, qui appartiennent tous les deux au musée du Louvre. Au moyen âge et à l’époque de la Renaissance, on fabriquait aussi de petits coffrets en fer dont les panneaux disposés à jour laissaient entrevoir des cuirs ou des étoffes de couleurs diverses.

Coiffe. — (Arch.) — Voûte des absides construites duxvic au xvue siècle.

Coilanaglyphe. — Ce mot barbare et peu harmonieux sert quelquefois à désigner les ouvrages de sculpture taillés dans une matière pleine, que l’on évide de telle sorte que le relief des figures affleure à peine le niveau des surfaces planes contiguës. C’est le cas d’un grand nombre de bas-reliefs pris dans l’épaisseur de la pierre qui forme bordure et dont la saillie dépasse celle des figures les plus saillantes.

Coin. — Morceau d’acier gravé en j*» creux dont on se sert

|JI par le frappage pour

obtenir, sur des monnaies ou des médailles, •1 JilllKm ^ es empreintes en relief, y'jli jjgjpP Ces coins étaient primitivement obtenus à l’aide de poinçons en relief — pour les lettres, par exemple — que l’on enfonçait successivement les uns

à côté des autres, ce qui nécessitait des raccords au burin. On les fabrique maintenant en relevant un seul poinçon sur la matrice en acier. A l’aide de ce poinçon et par le moyen du balancier, on obtient

les coins en nombre aussi grand qu’on le désire. Les graveurs, pour exécuter un coin, le maintiennent à l’aide de vis de pression dans une boîte en métal de forme cylindrique, et le tout est posé sur un coussin.

Coin (à fleur de). — On dit d’une monnaie, d’une médaille, dont l’empreinte est parfaitement nette, qu’elle est à fleur de coin, c’est-à-dire qu’elle n’est pas fatiguée, usée par le frottement.

— de face. — Coin destiné à frapper la face ou le côté principal d’une médaille ou d’une monnaie. On dit aussi Coin d’avers.

— de pile. — Coin destiné à frapper le côté opposé à la face d’une médaille ou d’une monnaie.

— émoussé. — (Arch.) — Listel dont les angles sont abattus et arrondis.

Col. — (Arch.) — (Voy. Balustre.)

Colarin. — (Arch.) — Filet saillant placé au sommet d’un fût de colonne.

Colifichet. — Ornement ou motif de décoration sans importance, futile, de dimensions mesquines, d’un goût médiocre.

Colisée. — (Arch.) — Amphithéâtre de l’ancienne Rome, de dimensions colossales et de forme elliptique.

Collaboration. — Participation à la conception ou à la réalisation d’une

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œuvre d'art. La collaboration est fréquente entre architectes, entre architectes et sculpteurs, notamment dans l’exécution d’une statue , d’une fontaine, etc. Elle est fréquente aussi entre artistes d’industries différentes concourant à l’exécution d’un même objet, d’un meuble, par exemple,, qui exige l’intervention et l’entente du sculpteur, de l’ébéniste, du peintre sur émail, du ciseleur, du tapissier, etc. Mais, dans ce dernier cas ou dans les cas analogues, la conception de l’œuvre appartenant en général à un seul artiste ou chef d’industrie, les collaborateurs reçoivent plutôt le nom de coopérateurs. C’est sous ce titre que, sur la désignation de l’exposant principal, ils sont récompensés dans les expositions spéciales et dans les expositions universelles.

Collage. — Le collage — on dit aussi encollage — a pour but de rendre le papier propre à recevoir un lavis de couleur quelconque. Pour coller ou encoller le papier, on l’imbibe, à l’aide d’une éponge, d’un mélange de savon blanc et de colle de Flandre additionné d’alun en poudre et de quelques gouttes d’alcool.

Collatéraux. — (Arch.) — (Voy.

Bas côté. )

Colle à bouche. — Colle gélatineuse, dure et soluble, que l’on humecte de salive et dont on enduit les bords des feuilles de papier que l’on tend sur une planchette, ou les extrémités de deux feuilles de papier que l’on veut juxtaposer ou superposer.

— de gants. — (Peint.) — Colle dont on se sert dans la peinture en détrempe et dans la peinture à l’huile pour préparer les toiles. On l’obtient en faisant dissoudre dans l’eau chaude des rognures de peau et elle prend la consistance d’une gelée par le refroidissement. La colle de parchemin et la colle de Flandre sont obtenues de la même façon, mais la première est plus fine et la seconde plus grossière; celle-ci ne s’emploie que pour les travaux peu soignés.

Colle de pâte. — Colle faite de farine délayée dans de l’eau et qui sert à coller en plein, c’est-à-dire entièrement et non sur les bords seulement, des dessins sur un carton ou un châssis tendu de toile,

— de peau. — (Voy. Colle de gants.)

— de poisson. — Gélatine extraite de l’esturgeon, employée pour l’encollage des toiles peintes, stores, etc., et dans certains genres de peinture à la colle.

— forte. — Gélatine fondue au bain-marie avec laquelle on opère pour le collage de panneaux de menuiserie, des cuirs ou étoffes usités pour la reliure.

Collection. — Se dit d’un ensemble de tableaux, de dessins, de gravures ou d’objets d’art et de curiosité appartenant à la même personne et le plus souvent réunis par elle.

Collectionner. — Former une collection, rechercher les œuvres d’art ou les objets de curiosité.

Collectionneur. — Celui qui collectionne.

Collégial. — (Voy. Église collégiale.)

Coller. — Fixer à l’aide de gomme des gravures ou des dessins sur des marges blanches ou teintées destinées à en faire valoir l’effet. Dans le même sens on dit aussi monter un dessin, faire monter une gravure, tendre des dessins d’architecture sur un châssis.

Collier. — (Arch.) — Astragale ornée de perles enfilées. Moulure de chapiteau ornée de perles ou d’oves.

Collodion. — (Photographie.) — Solution de coton-poudre dans de l’éther dont on formait la pellicule sensibilisée des glaces photographiques avant l’invention des glaces préparées au gélatino-bromure.

Collodionner. — (Photogr.) — Couvrir une plaque de verre d’une couche mince de collodion. Les plaques collodionnées ont été remplacées par les

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glaces préparées au gélatino-bromure , et l’on ne collodionne plus maintenant que certaines épreuves photographiques sur papier afin de leur donner du brillant.

Colombage. — (Arch.) — Disposition en enfilade de solives dont les vides sont remplis de briques, de carreaux de terre cuite et de plâtre, suivant l’épaisseur voulue de la muraille ou de la cloison ainsi formée.

On donne aussi aux murailles en colombage le nom de murailles fourrées.

Colombier. — (Arch.) — Bâtiment cylindrique ou prismatique en forme de tour ou de tourelle, recouvert d’une toiture généralement conique. Certains colombiers de la Renaissance construits en brique et pierre sont décorés de carreaux et de panneaux en faïence.

Colonnade. — (Arch.) — Ensemble de colonnes symétriquement placées sur une ou plusieurs rangées. Les colonnes sont surmontées d’entablements ou d’arcades suivant le style de l’édifice. On donne aussi le nom de colonnades à certains portiques ; cette sorte de décoration était d’un usage fréquent dans l’architecture antique.

Dans les temps modernes, à Rome, la colonnade de Saint - Pierre , œuvre de Bernin, double portique entourant la place qui précède l’église, et, à Paris, la colonnade du Louvre, œuvre de Perrault, simple décor appliqué devant une façade, sont à citer comme modèles de colonnades.

Colonne. — (Arch.) — Support cylindrique, posé verticalement, formé généralement de trois parties: une base,

un fût ou partie cy.indrique et un chapiteau.

Colonnes accouplées ou couplées. — (Arch.) — Colonnes placées

deux par deux, l’une à côté de l’autre, sans tenir compte des règles qui fixent la dimension des entre-colonnements.

Cette disposition a pour but, non seulement d’augmenter en certains endroits la résistance réelle des supports, mais de rendre encore cette résistance plus apparente. Parfois le tailloir ( voy. ce mot) se prolonge sans solution de continuité au-dessus des deux chapiteaux.

— adossée. — Colonne en partie noyée dans la muraille verticale contre laquelle elle est placée. ■ — - On dit aussi Colonne engagée ou Colonne liée, et spécialement Demi-colonne, lorsque la colonne est engagée jusqu’au centre et que la saillie se mesure par une demicirconférence.

— annelée. — Colonne décorée d’anneaux en relief. On dit aussi Colonne bandée.

— à pans. — (Voy. Colonne polygonale.)

— astronomique. — Colonne terminée en plate-forme servant d’observatoire.

— attique. — Colonne décorant un étage placé en attique au-dessus d’un grand entablement.

— bandée. — (Voy. Colonne an -

nelée.)

— bellique. — Colonne du temple de Janus à Rome, devant laquelle on proclamait la déclaration de guerre.

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Colonne cannelée. — Colonne dont le fût est creusé ou orné de cannelures. — (Voy. ce mot.)

— cantonnée. — Colonne engagée dans un angle pour renforcer un pilier et soutenir une voûte à sa retombée.

— cochlide. — Colonne creuse dans laquelle on a pratiqué un escalier à vis. La colonne Trajane, la colonne Vendôme, celle de Juillet sont des colonnes cochlides.

— composite. — Colonne surmontée d’un chapiteau composite. — (Voy. Composite .)

— corinthienne — Colonne élevée suivant les proportions de l’ordre corinthien. — (Voy. Corinthien.)

— corollitique. — Colonne dont le fût est décoré de guirlandes qui l’entourent en spirale.

— couplées. — (Voy. Colonnes accouplées.)

— cylindrique. — Colonne dont le diamètre est constant et le profil limité par deux parallèles.

— d’assemblage. — Support en forme de colonnes formé de pièces de bois rapportées ou de pièces de fer autour desquelles sont posés des manchons de plâtre ou de stuc simulant une colonne de pierre ou de marbre.

— diminuée. — Colonne dont le diamètre à la base est plus grand que le diamètre au chapiteau. Les colonnes des temples doriques grecs offrent de très remarquables exemples de colonnes diminuées.

La colonne diminuée ou en tronc de cône a été surtout abandonnée au xviic et au xvmc siècle et remplacée par la colonne renflée.

dorique. — Colonne élevée suivant les proportions de l’ordre dorique.

— (Voy. Dorique.)

doublées. — - Colonnes voisines placées l’une devant l’autre, c’est-à-dire dans le même plan perpendiculaire à une façade.

Colonnes en faisceau.

lonnettes réunies, juxtaposées ou soudées les unes aux autres et formant pilier dans le style gothique.

Il y a des colonnes en faisceau dont le plan offre des combinaisons très compliquées de portions de cercle et de parties carrées servant à mieux détacher les colonnettes les unes des autres.

— engagée. — (Voy. Colonne adossée.)

— en tambours. — Colonne

formée d'une superposition de disques dont la hauteur est inférieure an diamètre. — (Voy. Colonne en tronçons.)

— en tronçons. — Colonne formée d’une superposition de disques dont la hauteur est supérieure au diamètre.

— feuillée. — Colonne dont le fût est recouvert d’imbrications.

— flanquée. — Colonne entourée de pilastres.

— fuselée. — Colonne dont le profil est renflé en forme de fuseau allongé. On dit aussi renflée. Le profil de la colonne renflée est celui qui est le plus fréquemment adopté, et le profil fuselé n’est que l’exagération de ce tracé. Il y a aussi des colonnes qui ne sont

renflées qu’à partir du tiers de leur hauteur.

— gemellée. — Support formé de deux colonnes de même diamètre, juxtaposées ou soudées dans toute leur hauteur.

— gothique. — Se dit parfois du faisceau de colonnettes formant pilier, usité dans les édifices gothiques.

— gnomonique. — Colonne dont le fût à sa section horizontale supporte le style ou gnomon d’un cadran solaire, ou remplit lui-même cet office.

— groupées. — Groupe d’au moins trois colonnes posées sur un socle commun.

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Colonne hermétique. — Colonne couverte d’hiéroglyphes et placée dans l’endroit le plus mystérieux des temples égyptiens. — On donne aussi ce nom aux colonnes surmontées d’une tête d’homme en guise de chapiteau. — (Voy. Hermès .)

— historique. — Colonne édifiée en mémoire d’un grand fait historique.

— hydraulique. — Effet d’eau rappelant la forme d’un fût de colonne cylindrique.

— ionique. — Colonne élevée suivant les proportions de l’ordre ionique.

— (Voy. Ionique.)

— liée. — ■ (Voy. Colonne adossée .)

— manubiaire. — Colonne dont le fût est décoré de trophées.

— médiane. — Colonnes placées au milieu d'un portique et séparées par un entre-colonnement plus considérable que les autres entre-colonnements de la même rangée.

— méniane. — Colonne dont le chapiteau est surmonté d’une galerie ou balcon.

— milliaire. — Colonne placée sur le bord des routes romaines et indiquant les distances de mille en mille pas.

— - moulée. — - Colonne coulée- en plâtre, ciment, etc., dans un moule pratiqué à cet effet.

— nichée. — (Arch.) — Colonne incrustée dans une muraille verticale, mais de façon qu’un vide soit ménagé dans toute la hauteur entre le fond de la niche et le fût de la colonne.

— ovale. — Colonne aplatie dont le fût a pour section une ellipse.

— pastorale. — Colonne dont le fût imite un tronc d’arbre.

— pœstumnienne. — Colonne élevée dans les proportions des colonnes doriques du temple de Pæstum.

— polygonale. — Colonne dont le fût est prismatique. On dit aussi colonne à pans.

— renflée. — (Voy. Colonne fuselée.)

— rostrale. — Colonne dont le fût est orné de proues de galères.

Colonne rustique. — Colonne dont le fût est décoré de bossages en saillie.

— sépulcrale. — Colonne commémorative édifié sur une sépulture.

— serpentine. — Colonne formée de serpents enlacés.

— statuaire. — Colonne surmontée d’une statue.

— torse. — Colonne dont le fût décrit plusieurs spirales.

D’après Vignole, cette colonne ne devrait décrire dans toute sa hauteur que six tours de spire. On rencontre cependant de très fréquents exemples de colonnes torses dont le nombre de spirales est bien supérieur à celui indiqué par Vignole. La colonne torse est surtout fréquemment appliquée à la décoration des meubles, aux ouvrages d’ébénisterie, etc.

— toscane. — ■ Colonne élevée suivant les proportions de l’ordre toscan.

— (Voy. Toscan .)

— triomphale. — Colonne érigée en mémoire d’une grande victoire.

— vespasienne. — Petit édifice en forme de colonne creuse, à l’intérieur desquels sont établis des urinoirs publics.

— zoophorique. — Colonne dont le chapiteau est surmonté d’une statue d’animal réel ou fabuleux.

Golonnette. — (Arch.) — Colonne dont le diamètre proportionnellement à la hauteur est très petit. Les colonnettes, fréquemment usitées dans les constructions de style gothique, servent à soutenir des arcatures et, par leur réunion en faisceau, forment les gros piliers des édifices.

Colorant. — Qui donne dé la couleur.

Coloration. — (Peint.) — Effet d’ensemble que produit la totalité des couleurs employées dans une peinture. En disant qu’une coloration est violente, audacieuse, triste, fine, délicate, etc., on caractérise la sensation qu’elle fait éprouver.

Coloré. — Se dit des œuvres peintes qui ont du brillant, de l’éclat, dont les tons sont vifs et chauds. — Par exten-

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sion, se dit aussi d’un dessin, d’une gravure et même d’un monument d’architecture où les seuls effets de blanc et de noir, de lumière et d’ombre, habilement combinés, produisent la même sensation d’éclat chaud et harmonieux.

Colorer. — (Peint.) — C’est non seulement modeler à l’aide de couleurs différentes, mais c’est aussi obtenir un effet brillant à l’aide de savantes oppositions de noir et de blanc. Une gravure, une lithographie, sans autre ton que le blanc et le noir, peuvent être plus colorées qu’un tableau si elles produisent un effet plus brillant que ce dernier.

Coloriage. — (Voy. Colorier.)

Colorier. — Colorier, c’est recouvrir de couleur des surfaces délimitées par un contour soit dessiné, soit gravé. Fréquemment les planches gravées jointes aux ouvrages scientifiques sont coloriées à l’aquarelle et à la main, d’après des modèles. Ce mode de coloriage, trop souvent imparfait, tend à disparaître. Il est remplacé par la chromolithographie et la chromotypographie. Pour les publications à bon marché, on a trouvé un procédé de coloriage ou d’enluminage au patron qui réduit le travail à un simple tour de main, mais ne peut s’appliquer qu’à des surfaces d’une certaine étendue où il donne des résultats suffisants. Il consiste dans l’emploi de divers patrons en basin ou en toile découpés comme des vignettes et aussi nombreux qu’il y a de couleurs à appliquer. L’opérateur, à l’aide de points de repère, pose son patron découpé sur la gravure à colorier, passe rapidement sur le tout une éponge imprégnée de la couleur convenable qui ne s’étend que sur l’espace vide laissé à découvert par le patron découpé. On répète cette opération autant de fois qu’il est nécessaire après ou avant séchage complet, ce qui permet parfois d’obtenir des effets de fondu. Malgré cette manutention, le prix de revient de ce coloriage reste encore très peu élevé.

Coloris. — (Peint.) — Imitation

par divers procédés de la couleur naturelle aux objets qu’on veut peindre. Effet résultant de l’ensemble ou de la juxtaposition des tons employés.

Coloriste. — (Peint.) — Se dit d’un peintre qui, cherchant de préférence les grands effets de coloris, excelle à donner à ses œuvres l’éclat en même temps que l’harmonie. Les peintres de l’Ecole vénitienne sont de grands coloristes, il suffit de citer Titien et Véronèse; après eux, Ribera et Velasquez, pour l’Ecole espagnole ; Rubens et Rembrandt, pour les Ecoles flamande et hollandaise; l’Ecole française contemporaine se glorifie d’Eugène Delacroix.

— - (Art déc.) — Artisan qui enlumine, qui colorie au pinceau des épreuves de planches gravées ou lithographiées.

Colossal. — Se dit de monuments, de statues, d’œuvres d’art de dimensions extrêmement grandes.

Colosse. — Statues de dimensions colossales, tels que certaines figures égyptiennes d’Osiris, de sphinx. La statue d’Apollon érigée à Rhodes dans l’antiquité était un colosse. Telle est encore l’énorme statue de l 'Indépendance exécutée de nos jours par le statuaire Bartholdi et destinée à l’Amérique.

Comble. — (Arch.) — Faîte ou partie la plus élevée d’une toiture.

— Ensemble de la charpente supportant une toiture. La hauteur des combles est très variable. Elle varie le plus souvent entre le tiers et le quart de la largeur des bâtiments, mais elle dépasse parfois dans le style gothique la hauteur des façades.

— (Blas.) — Synonyme de chef diminué. — (Voy. ce mot.)

— faux. — (Arch.) — Partie supérieure d’un comble brisé.

— à bât d’âne. — Comble compris entre deux pignons de maçonnerie dont la hauteur dépasse celle de la toiture.

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Comble à deux égouts. —

Comble à deux pentes conduisant les eaux à deux égouts différents.

— aigu. — Comble des édifices construits du xve au xvie siècle, dont la hauteur est considérable et dont les pentes sont très raides.

— à la Mansard. — Comble dans

lequel sont ménagées des fenêtres ou lucarnes verticales dites mansardes.

— à la Philibert Delorme. —

Comble sans ferme.

— brisé. — Comble à deux pentes, conduisant les eaux au même égout.

— droit. — Comble à pentes rectilignes.

— en appentis. — (Voy. Comble simple .)

— en croupe. — Comble se terminant en pan coupé ou suivant un demi-cône comme les combles d’abside

d’églises.

— en pavillon. — Comble dont les pentes offrent l’aspect d’un cône.

— en terrasse. — Toiture dont la pente est très faible et qui se rapproche le plus possible du plan horizontal.

— pyramidal. — Comble en forme de pyramide.

— retroussé. — Comble à tirant surélevé.

— simple. — Comble à une seule pente.

Comète. — (Blas. ) — Se dit des rayons ondoyants figurant comme pièces d’armoirie. Ces rayons, disposés en pals, sont

comètes lorsqu’ils sont mouvants du chef, et flamboyants lorsqu’ils sont mouvants de la pointe de l’écu.

Commande. — Se dit des œuvres d’art dont l’exécution est demandée à des artistes par des amateurs, par des municipalités ou par l’État, et qui doivent répondre à certaines conditions déterminées à l’avance.

Commémoratif. — Se dit des

œuvres d’art destinées à rappeler un souvenir.

Commissaire-priseur. — Officier ministériel chargé de la vente aux enchères publiques des œuvres et objets d’art. Il est généralement assisté par un expert et quelquefois par plusieurs, quand la vente comprend des séries d’ouvrages de diverses sortes. — (Voy. Expert.)

Commun. — Se dit d’œuvres d’art ou de figures manquant de distinction tant au point de vue de la ligne que de la couleur, ou dans le choix du motif.

Compas. — Instrument servant à mesurer des dimensions, à décrire des courbes. Les compas, ordinairement en métal, sont formés de deux branches ou jambes, jointes par un rivet à leur partie supérieure et terminées en pointe à leur partie inférieure. L’une de ces pointes est mobile et peut être remplacée

par un tire-ligne ou par un porte-crayon que maintient une vis de pression. Il existe des compas de grande dimension en bois pour le tracé des épures sur le tableau. Les sculpteurs font usage de compas de fer dont les deux branches se meuvent sur un arc de cercle ; ils emploient parfois aussi des compas à branches inégales et recourbées qui leur permettent de relever les mesures des surfaces concaves.

LEXIQUE

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Compas àbalustre. — Compas de petite dimension pourvu d’une petite tige en forme de balustre placée au sommet pour servir à le manier plus aisément..

Dans certains compas à balustre, l’une des branches • — à usage de tire-ligne — est montée sur un ressort et maintenue à l’ouverture voulue par une vis de pression.

— à pointes sèches. — Compas dont les deux branches sont aiguisées en pointe et qui ne sert qu’à porter des mesures sur un dessin.

— à repousser. — (Grav.) —

Compas dont les branches se recourbent en crochet, l’une étant armée d’une pointe émoussée et l’autre d’une pointe coupante, destinée à marquer exactement à l’envers du cuivre le point où il doit être repoussé.

— de calibre. — (Voy. Compas sphérique .)

— d’ellipse. — Compas destiné à tracer les courbes elliptiques.

— d’épaisseur. — (Voy. Compas sphérique .)

— de proportion. — (Voy. Compas de réduction.)

— de réduction. — Compas formé de deux branches assemblées par un boulon mobile, et dont chaque branche se termine en pointe à ses deux extrémités.

On dit aussi compas de proportion parce que, suivant la position du bouton mobile, récartement des deux pointes supérieures est une réduction,

dans un rapport proportionné, de l’écart compris entre les deux pointes inférieures.

— de trisection. — Compas servant à diviser les angles en trois parties égales.

— sphérique. — Compas à branches courbes. On dit aussi compas d'épaisseur et compas de calibre.

Compasser. — Mesurer ou diviser à l’aide du compas.

Compétent. — Se dit de tout homme, amateur, collectionneur, critique, expert, qu’un goût naturel et des études spéciales ont mis en état de juger et d’apprécier sainement les œuvres d’art.

Complémentaire. — Se dit de la couleur qui, suivant les lois de l’optique, forme du blanc en se combinant avec une autre couleur. Le rouge est la couleur complémentaire du vert, le bleu a pour complémentaire l’orangé, le violet a pour complémentaire le jaune, et réciproquement.

Complet. — Se dit des œuvres d’art qui ne laissent rien à désirer, qui ont toutes les qualités possibles.

Complexe. — Se dit d’œuvres d’art comprenant différentes parties, plusieurs éléments, et dont l’exécution exige la réunion de qualités parfois très diverses.

Compliqué. — Se dit de certaines œuvres d’art, de compositions confuses, embarrassées ou encombrées de détails et d’accessoires prétendant exprimer des intentions trop subtiles.

Componé. — (Blas.) — Se dit d’une bande composée de damiers ou carreaux alternant de couleur et de métal, ordinairement au nombre de cinq. On dit aussi qu’une bordure est componée lorsqu’elle est composée de deux émaux séparés ou divisés par petits rectangles.

Composé. — Se dit d’un motif d’œuvre d’art dont l’artiste a tiré les éléments soit de son imagination, soit de sa mémoire secondée par des études et croquis antérieurs. On dira « un paysage composé », par opposition à un (i paysage pris sur nature ».(Voy. aussi Composer, Composition, pour d’autres acceptions de ce mot.)

Composer. — Combiner les nombreux éléments d’une œuvre d’art de telle sorte que le sujet se présente d’une

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façon mmédiatement intelligible; que l’arrangement des figures, la disposition des groupes, l’équilibre des pleins et des vides, la pondération des masses d’ombre et de lumière offrent un ensemble de lignes élégantes, de colorations harmonieuses concourant à l’unité de l’œuvre.

Composite. — Ordre d’architecture antique dont le caractère est spécialement déterminé par le chapiteau à volutes et à feuilles d’acanthe que produit la combinaison des chapiteaux ionique et corinthien.

Composition. — La composition d’une statue, d’un tableau est bonne ou mauvaise, suivant que l’agencement des lignes, des groupes se présente d’une façon plus ou moins heureuse, que les attitudes sont plus ou moins vraisemblables, que la scène se comprend plus ou moins aisément. Une vue de ville, par exemple, se compose bien lorsque la succession des édifices présente une silhouette élégante et pittoresque; un paysage, un site est bien composé lorsque les bouquets d’arbres, les lointains, les premiers plans représentent des masses bien pondérées et agréables à l’œil.

Concentration d’effet.— Disposition des lumières et des ombres au moyen de laquelle l’artiste a cherché à attirer l’attention sur un point principal, de préférence à d’autres portions de l’œuvre qui sont parfois volontairement négligées ou sacrifiées.

Conception. — Faculté de concevoir, de comprendre et de créer une œuvre d’art. On dit que la conception d’une œuvre est hardie, qu’elle est heureuse, qu’elle manque de développement, etc., etc.

Concevoir. — Se dit de la façon dont un artiste a compris un sujet, en a combiné l’exécution.

Concours. — épreuve en vue d’un classement par ordre de mérite à laquelle ont été conviés par programme spécial des artistes qui auront à traiter un sujet déterminé.

Conduit à vent. — (Arch.) —

Tuyaux formant prise d’air extérieur et destinés à amener de l’air frais à l’intérieur des appartements et à activer le tirage des cheminées, etc.

Conduite. — (Arch.) — Petit aqueduc ou tuyau servant à l’écoulement des eaux.

Cône. — Volume limité par la rotation d’un triangle rectangle tournant autour d’un de ses petits côtés comme axe. On donne aussi le nom de cône de lumière au faisceau de rayons lumineux divergents s’échappant par une ouverture de forme circulaire.

Confessionnal. — (Arch.) — Sorte de réduit clos propre à la confession et dont l’usage ne remonte pas au delà du xvie siècle. Au xvne et au xvme siècle, l’art décoratif a tiré un grand parti des confessionnaux pour la décoration intérieure des églises. Certaines églises de Belgique possèdent des confessionnaux en bois, décorés de cariatides, couverts de dais sculptés d’une grande richesse d’ornementation.

Congé. — (Arch.) — Raccord entre deux surfaces de saillie différente, obtenu à l’aide d’une partie concave ayant généralement pour profil un quart de cercle. Il y a aussi des congés formés d’une courbe très allongée, à laquelle on donne souvent le nom d’adoucissement.

Conique. ■ — Qui a la forme d’un cône.

Connaisseur. — Se dit de tout homme compétent (voy. ce mot) en matière d’art, capable de porter un jugement sûr et motivé en telle ou telle branche des beaux-arts. On peut se connaître en tableaux anciens et ne point se connaître aux curiosités.

Connaître à ou en (se). —

(Voy. Connaisseur .)

Conque. — (Arch.) — Voûte en cul-de-four ou en forme de demi-coupole.

— (Art déc.) — - Ornement en forme de coquille marine.

CON

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Conseil supérieur des beauxarts. — Conseil institué au ministère de l’instruction publique et réorganisé par décret du 15 novembre 1880, comprenant, outre de hauts fonctionnaires qui sont membres de droit, six peintres, deux sculpteurs, deux architectes et un graveur, nommés annuellement par le ministre. Ce conseil est appelé à donner son avis sur les questions relatives aux beaux-arts, sur les expositions, les bourses de voyage, etc., etc.

Conservateur. — Fonctionnaire chargé de la conservation des musées et des collections publiques d’œuvres d’art.

Conservation. — Se dit des fonctions d’un conservateur et de l’ensemble des services placés sous sa direction.

Console. — Meuble de support en

forme de table étroite, soutenu par des pieds, des colonnettes, des enroulements, suivant le style de l’époque, et destiné à prendre une place fixe devant un panneau de fenêtre, devant une glace, etc. Il existe des consoles de style Louis XIV et Louis XV qui sont de véritables chefs-d’œuvre de sculpture et d’art décoratif.

— (Arch. ) — Motif d’architecture

ormant saillie, destiné à supporter des

portions de moulures plus saillantes encore, corniche, balcon, etc., et le plus souvent décoré à chaque extrémité de volutes se recourbant en sens inverse.

Console arasée. — Console dont les enroulements dans les volutes ne font pas saillie sur les faces latérales.

— à enroulements. — Console ornée de volutes dont les enroulements font saillie sur les faces latérales. C’est la forme de volute la plus usitée.

— en encorbellement. — Console formée de plusieurs assises de pierres formant saillie les unes au-dessus des autres.

— plate. — Console découpée suivant un profil concave peu accentué, ou même de forme absolument rectangulaire.

— rampante. — Console placée suivant l’inclinaison d’une moulure.

— renversée. — Console employée quelquefois comme support, mais surtout pour remplir un vide entre deux surfaces en retraite l’une au-dessus de l’autre ou pour relier deux membres d’architecture en formant une sorte d’amortissement. Le grand enroulement occupe la partie inférieure de la console qui est placée verticalement et non horizontalement. L’usage de la console renversée ne se rencontre jamais dans les édifices de style classique; il date des époques de décadence.

Consonance. — Système d’ornementation qui consiste à rappeler dans un motif de décoration une forme ou une couleur dominante. — (Voy.

Contraste .)

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