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Il paclise de tout CŒur avec la louable pruposiiioii de Slierard Osboi'u ; il cite en sa faveur le liîmoignage île plusieurs marins de distinction; il promet l'appui de la Sodëtë royale.
L'amiral sir EDOUAHB Belcher, M, JoHN Lubbock, président de la Société d'ethnologie, le capitaine Hamilton, M, Cléments Matikham, lord Ddffehin, M. /oHN Cbawfubd, le capitaine Ingi:^- FiELD, prennent successifeiiient la parulc pour témoigner toute leur sympathie en faveur de l'expéditian ; ils insistent sur l'absence 4e danger pour la vie physique des hommes, sur l'importance scientifique, sur l'houncur de l'Ânglclcrre.
Le président invile le capitaine Richards, hydrographe de l'Amirauté, à formuler sou opinion.
Le capitaine Richards dit que l'heure avancée ne lui permet pas de motiver son opposition, très-courtoise d'ailleurs, et il s'expliquera plus tard.
Le capitaine OsBORN reprend la parole pour répoudre h quelques questions et développer quelques considérations; il remerde l'amiral Belcher d'avoir évoqué le souvenir de l'érainent sir Francis Beaufort, et licite une de ses paroles: » Sachez convaincre, lui disait-il, a des hommes comme sir Roderick I. Murchîson et le général " Sabine, et vous convaincrez l'Amirauté ». Le nom de Beaufort est tellement gravé au fond de son cœur, qu'il est toujours prËt à sortir de ses lèvres.
La séance est levée.
Séance du 27 fém'ier 1865.
PRËSIDENCE DE SIR RODERICK I. MOnClIISON.
Le pRË5IDE^T prend la parole.
La séance du jour sera consacrée h l'esameu de deus communications a^ant trait toutes deux îi l'exploration du pôle Nord. La première, de M. Markham lui-même, ancien explorateur polaire, fournit quelques notions sur l'origine supposée et les migrations des Esquimaux du Nord. La seconde est de leur honoré collègue et correspondant le docteur Augustus Petermann, de Gotha. Joyeux de voir la Société royale de géographie prendre l'initiative en faveur d'une expédition dans les régions arctiques, le docteur Petermann, avec sa haute compétence, essaye de prouver que la route du
Spitzberg est préférable. Mais quoique ce soit là soo thème favori, et que ce fût depuis longtemps le pian de Parry et de Sabine, le docteur Petermann sera heureux du succès de la nation britannique, par quelque voie que ce puisse être.
Avant de procéder à ces lectures, il annonce avec une vive satisfaction que la Société royale de Londres exprime une opinion ban* temeni favorable au sujet de l'importance scientifique de Texpédition suggérée par le capitaine Shcrard Osborn.
Il cite le texte mêa.c de cette approbation, où il est dit qu'il convient de faire appel à toutes les Sociétés scientifiques du pays, dans le but d'exercer une pression sur le gouvernement de Sa i>lajesté, afin d'en obtenir la réalisation d'une expédition qui doit accroître encore l'honneur et la réputation de i'xVngleterre, et que, vers 1882, il faudra conduire des astronomes dans les régions antarctiques pour y observer le passage de Vénus (1).
M. Mabkham prend la parole, et lit une note sur les origines et les migrations des Esquimaux du Groenland.
Il commence par dire que le projet d'expédition au pôle Nord a touché une corde qui vibre dans tous les cœurs des compatriotes de Drake et de Raleigh.
Les Normands, guidés par Eric le Rouge, vers le x° siècle, ont colonisé le Groenland ; pendant trois siècles, ces colonies furent prospères. A l'époque des grandes migrations occasionnées par les guerres de Togrul-Bey et de Gengis-Khan, les hordes turques et mongoles rejellèrent au loin des peuplades qui durent se réfugier, suivant lui, dans les régions du Nord, en passant de la Sibérie au Groenland sur la glace pendant l'hiver ; ces peuplades exterminèrent les Normands. Ce point d'histoire peut être éclairci par l'expédition projetée.
.Lettre du docteur AUGUSTUS Pete&mânn à sir Roderick L Mnrcbison.
II se félicite du projet de Sherard Osborn ; il pense que la nation, anglaise, avant toute autre, est destinée, ou du moins la mieux
(1) Les passades de Yénas sur le Seleil, ou éclipses du Soleil par Vénus,
tmt lieu tens les cent huit et cent seize «os. Le premier passage aura lieu
•«n 1882 rcea obBervations sont des plus précieuses ; et la direction du cône
*Û^m^bn -projetée par Vénus sur la Terre doit traverser les régions antardi-
* ^iMi'<Mrpelaires:austtaie8.
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préparée, à-achevcr cette tâche, qui ^era la grande couronne trkHnphalepour les découvertes à effectuer sur notre planète.
li rappelle quinze publications qu'il a faites sur ce sujet; il profite de celte occasion pour se livrer à une brèTe récapitulation, et pour insister sur l'importance de la route par le Spitzberg.
1° — Le chemin, par cette voie, est le plas court de tous, de la Grande-Bretagne au pôle.
2° — Les mers du Spitzberg sont les phis larges de toutes, et préférables pour cette raison seule à la navigation.
y — Il y a moins de glaces dans cette direction que partout ailleurs; par le détroit de Smith, Kennedy, Kaneet Hayes, malgré leur dessein avoué d'atteindre le pôle, n'ont fait que peu de progrès.
lio — D'après tous les témoignages, tes mers doivent être franches de glaces à un certain moment.
5® — La profondeur et l'étendue de la mer, non moins que Tinfluence des courants, doivent empêcher la prise de toutes les eaux, même eu hiver ; si l'hypothèse de sir John Phipps (depuis lord Mulgrave] eût été bonne, relativement ci une calotte continue de glace autour du .pôle, Parry eût rénssi dans son voyage, et ce marin a.ffirme que son navire eût atteint 82° sans toucher un morceau de glace.
6° — Du point où est parvenu Parry, on ne voyait qu'ime vaste mer qui doit s'étendre jusqu'au pôle; les traditions hollandaises, dont le capitaine O.^'born fait fi, en se moquant de la rêveuse Amsterdam et de la forte bière de Hollande, sont respectables sous plus d'un rapport.
70 — xous les faits de géographie, de courants, de charriage des glaces on de bois, permettent d'affirmer l'existence d'une vaste mer; et même en supposant que le pôle soit sur une terre, une expédition en traîneau subirait le sort des expéditions de Wrangel et d'Anjou, eu égard aux intervalles d'eau libre; l'hypothèse d'une terre joignant le cap Parry au pôle etst une simple invention sans bases.
•^ — EB'dehors de l'expéditiim authentique de Parry, qui n'a duré que six mois, et qui a peu coûté, il cite l'opinion du doctear Henri^'W^flwvrtfa. On peut s'étayer de l'historique des régions an» tavetiques. Pendant trois cents ans, on avait cru à rexisteoce d^e imnieiMs terre recouvrant la plus grande partie do Faciiqve ; îà|]iel
par les sociétés savantes de la métropole ; ib auront besoin d'une action forte, opiniâtre et collective, mais il est conTaincu que Ton réussira.
La séance est levée.
Séance du 27 mars 1855.