PRÉSIDENCE DE SIR RODERICK I. MURCHISON
Le Président, en ouvraot la séance, dit que Tobjet de la réunion est do procéder à une pleine et entière discussion sur le choiK de la meilleure route à suivre pour atteindre le pôle Nord ; il résume le projet du capitaine Sherard Osborn, puis celui du docteur Pctermann. La Société doit se féliciter de complor encore dans son sein tant d'explorateurs arctiques distingués; il est cerlain que tous concourront ardemment, avec l'aide des autres savants, à obtenir du gouvernement britannique une expédition si profitable aux inté*> rats de la science^ et si précieuse pour maintenir la suprématie maritime.de F Angleterre.
Il est donné lecture d'une seconde lettre du4locleurPETERMÀT«ff, oà son auteur fait ressortir la:supériorité de la voie qu'il a choisie.
L'amiral sir Georges Back discute les obsorvaiions du docteur Petermann, montre les dangers de sa route, et penche pour le remarquable plan de Slierard Osborn.
L'amiral sir ëowaud Belcher fait ressortir combien il est difiQcite déjà d'atteindre le détroit de Smith ; il insiste sur les entraves qui s'opposent à la marche en traîneau; il opine pour la voie- du Spitzberg.
L'amiral Collinson expose les réflexions qui lui sont suggérées par son expérience personnelle. Il conclut en disant que, tous, dans dans la Société, ils sont vivement désireux de voir s'effectuer l'en^-treprisc, pour rehausser encore leur honneur national, et que le projet du capitaine Sherard Osborn est. le pkis propre à conduire au succès.
L'amiral Ommaney partage entièrement l'opinion du docteur Petermann ; il motive cette appréciation, et termine en disant qu'après tout ce que les Anglais ont fait dans les régions polaires, ils ne doivent pas admettre que d'autres puissent les devancer dans celte grande découverte du pôle Nord.
L'amiral Fitzroy dit que ce sujet l'intéresse vivement, quoiqu'il n'ait jamais navigué dans les mers arctiques; il reprend la question dans son ensemble et Texamine. Le Prêsidet^t Tinter^ rompt et lui dit : « Amiral, je suis un bomme pratique, je ne saisis » pas bien ce que vous voulez ; j'attache une haute importance à- • l'opinion d'un homme de votre valeur. Pour quelle route éles- » vous? — Soit, répond FiTZaiOY, parle Spitzberg en premier lieu, t
Le capitaine Alaury opine pour le détroit de Smith ; s'il n'eût pas étudié personnellement le sujet, il eût probablement toujours partagé l'avis du dernier opinant, tant bonnes sont les raisons de part et d'autre. Il serait très-heureux de voir deux expéditions tentées dans les deux directions alternativement préconisées.
Le capitaine Richards a écoulé avec une vive satisfaction tout ce qui a été dit ; il espérait entendre quelques comparaisons bien fon • dées entre les deux routes, et il a été désappointé. En somme, le capitaine Osbom et le docteur Petermann défendent ta même cause; l'un veut aller en traîneau, l'autre en navire. Si les géographes sont satisfaits de ce que peut rapporter un voyage en trat* ncau, c'est bien; mais s'ils estimentx|ue c'est trop peu, il faut aller en navire. Dans ce cas,.il est plus que' probable qu'on n'arrivera* jamais par le détrait de Suiitb, et que les mens du Spitzberg sont la seule route. On peut iranchir la barrière déglaces ainsi que Ross l'a fait au sud. Il serait très^chagrin qu'on pût se méprendre sur sa désapprobation ; nul plus que lui ne fait cas des talents du caipi* taine Osborn ; mais pour une entreprise qui doit ajouter un nouveau lustre à Téclat de la renommée anglaise, il suppose que Sherard Osborn aéra le premier à applaudir si l'on arrive au but par une route autre que la sienne. Quant à lui, si on lui donnait un navire, il passerait par le Spitzberg avec décision. Il n'a jamais rien vu de plus clair, de plus logique, de plus convaincant que les communications du docteur Petermann.
La séance est levée.
Séance du 10 avril 1865.