Dent de sagesse inférieure
Normalement la dent de sagesse inférieure a deux racines assez courtes, une mésiale, une distale dont la longueur est de 10-12 mm. ; ces racines sont plus trapues et plus arrondies que celles des deux autres molaires inférieures ; leur pointe est incurvée distalement. On les trouve ou séparées sur toute leur longueur, ou plus ou moins fusionnées sur une partie de cette longueur.
Généralement, ces racines ont dans l’ensemble une direction oblique de haut en bas et d'avant en arrière. C’est un renseignement à demander à la radiographie ; si cette orientation existe, elle constitue une indication formelle pour orienter les mouvements de luxation, non pas de dedans en dehors qui est l’action du davier, mais bien de bas en haut et d'avant en arrière. C’est précisément le mouvement que produit l'instrument appelé langue de carpe.
Il n’est pas d'extraction plus difficile à réaliser que celle d’une dent de sagesse inférieure. Cette dent est sujette à tant d'anomalies radiculaires, à tant de malpositions, qu'il n’est plus possible de l’extraire sans recourir à la radiographie.
Les accidents que cette dent provoque par son éruption, dont la manifestation la plus fréquente est le trismus, obligent l’opérateur à agir, alors que les arcades sont plus ou moins serrées. L'emploi du davier est impossible, les élévateurs s'imposent.
Cap. IIL — ANESTHÉSIE POUR L’'EXTRACTION:
Nous employons pour l’anesthésie Ia novocaïne-supréranine en solution à 2%. I faut que la solution soit parfaitement stérile et ne soit pas teintée en jaune (solution trop ancienne ou exposée à la lumière).
La seringue doit contenir au moins 2cc et être stérile.
Il est essentiel que le piston et le corps de pompe soient parfaitement étanches. Les aiguilles d’acier inoxydable très fines, pointues, adaptées à un embout à vis, sont les meilleures ; elles seront courtes pour les injections locales et atteindront 4 cm. pour les injections régionales du maxillaire inférieur.
1) Anesthésie de la dent de sagesse supérieure.
Il reste entendu que dans certains processus inflammatoires, on ne peut faire une injection. Nous envisagerons le cas de l'opération à froid, l'opération à chaud devant être tentée dans les cas pressants seulement.
Pour la dent de sagesse supérieure, l'injection locale suffit amplement. Une injection linguale et une injection
MTENNE
buccale sous-périostées amènent une prompte anesthésie. Quand la dent n’a pas encore fait son éruption, on pratique une troisième injection directement dans le bourrelet gingival qui se trouve au-dessus de la dent.
2) Anesthésie de la dent de sagesse inférieure.
Là, nous avons le choix entre deux méthodes : l’anesthésie locale et l’anesthésie régionale.
Anesthésie locale: Roy a mis au point une technique qu'il décrit comme suit :
«Pratiquer l’anesthésie complète de la seconde molaire, voire même de la première, comme si l’on voulait enlever ces dents. Ceci fait, injecter la muqueuse du collet de la dent de sagesse, mais sans insister sur ce point, sauf dans les cas où la présence d’une fibro-muqueuse notable permet de le faire. Injecter alors la région postérieure à la dent de sagesse, c’est-à-dire une portion de la branche du maxillaire sur chacune de ses faces. Pour cela, ayant répéré du doigt la ligne oblique externe, pousser l’aiguille sur celle-ci de façon à atteindre le périoste que l’aiguille dilacère légèrement; injecter quelques gouttes de solution. Faire une ou deux nouvelles injections un peu plus haut, le long du bord antérieur de la branche montante, en ayant toujours soin de pousser l’aiguille jusqu’au contact de l'os.
Pousser ensuite une, deux, trois injections à la face linguale de la branche du maxillaire toujours de la même manière, sans chercher à atteindre l’Epine de Spix.
Chacune de ces injections doit déposer quelques gouttes de solution : pour une dent de sagesse il faut compter user deux ampoules de 2 cc. de solution novocaïne-adrénaline
à 1% (Roy).
Anesthésie régionale : C’est le procédé de choix. I arrive souvent que la dent de sagesse est incluse; il faudra alors pratiquer une résection osseuse et l’anesthésie locale ne peut être complète. L'application de cette méthode est particulièrement intéressante. Avec une seule piqûre et une dose minime de substance anesthésique, on obtient l’insensibilisation de toute une moitié du maxillaire. Enfin, alors que l’état d’inflammation de la gencive ou du ligament, d’arthrite suppurée etc., ne permet pas d'obtenir une
insensibilité quelconque, l’anesthésie régionale donne une insensibilité parfaite.
On se servira d’une seringue armée d’une aiguille de 4 em. contenant 2 cc. de solution novocaïne-supréranine à 2 %. On fait l'injection à l’Epine de Spix suivant la méthode de Guido Fischer pour atteindre le nerf dentaire inférieur.
Mettre l'index de la main droite pour l'injection à gauche et celui de la main gauche à droite en arrière de la 3e molaire.
On sent l’apophyse coronoïde et deux crêtes osseuses. En descendant le long de ces deux crêtes, soit la ligne oblique interne et le le bord du maxillaire, on sent la fossette rétrodentaire.
L'index mis dans cette position, fixé sur la troisième molaire, on met l'aiguille de la seringue le long du doigt, on l’enfonce, ensuite on la pousse en la déjetant vers l’extérieur : arrivé à 114 cm. de profondeur, on injecte 2 cc.
L’insensibilisation du maxillaire met environ 15 à 20 minutes à venir et dure une heure. Le nerf est atteint difficilement, car il est entouré d’une gaîne épaisse. Des fourmillements dans la langue et les lèvres, la sensation de lourdeur dans le maxillaire indiquent le début de l’anesthésie. Il est prudent de faire encore une injection locale au niveau de la 2e molaire pour insensibiliser cette partie inervée par des branches du nerf buccal et du massetérin.
Anesthésie totale. Dans les cas de trismus prononcé où l'extraction de la dent de sagesse doit se faire immédiatement, il faut faire une anesthésie générale à l’éther.
Le dentiste doit se faire aider par un médecin qui pra-
tique l’anesthésie après avoir pris toutes les précautions nécessitées par le cas.
CHaP. IV. — INSTRUMENTATION.
DAVIERS.
a) Pour les dents de sagesse supérieures.
Ces dents ayant trois racines fréquemment réunies, le davier pour l’avulsion de ces dents a des mors concaves,
sans pointe, et il sert aussi bien pour le côté droit que pour le côté gauche.
Les branches du davier sont à double courbure, c’est-àdire qu'elles forment avec les mors une baïonnette, ce qui permet de saisir la dent suivant son axe d'implantation.
Le davier à baïonnette, à mors épais peut aussi être utilisé lorsque la dent est en vestibulo-version ou qu’elle est profondément cariée.
b) Pour les dents de sagesse inférieures.
Le davier à bec de faucon pour molaires inférieures est seul utilisé : ses mors égaux et symétriques se terminent par une pointe qui pénètre entre les racines, tandis que de chaque côté de la pointe, les mors présentent une gouttière destinées à embrasser chaque racine.
Le davier ordinaire pour molaire inférieure a, contrairement au précédent, ses branches parallèles à l’arcade dentaire ; les mors sont identiques à ceux du précédent.
Nous n’en conseillons pas l’usage, il masque à l’opérateur la vue du champ opératoire.
Le davier genre Routurier est un davier à bec de faucon, mais avec les branches coudées : les mors et les branches sont parallèles ; il en faut un à gauche et un à droite.
Ce davier assure une grande visibilité et permet de saisir la dent dans son axe.