La dent de sagesse a fait son éruption
L’extraction de la dent de sagesse inférieure est celle qui a le plus prêté à discussion et pour laquelle on a toujours cherché de nouvelles méthodes et de nouveaux instruments.
Cette dent est difficile à extraire à cause de sa forme et de son point d'implantation variable et aussi, à cause des nombreux accidents auxquels donne lieu son évolution.
Le davier bec de faucon, nous sert pour son extraction et l’on procède en commençant par des mouvements de luxation, les mors de la pince étant suffisamment descendus le long des racines.
La langue de carpe est très en honneur; on l’insinue derrière la deuxième molaire et par une pression sur le manche, on lui fait effectuer une rotation ; le bord inférieur de la lame s’arc-boute contre la face mésiale du collet de la dent de sagesse qui bascule en arrière et en haut. Il n’y à plus qu’à cueillir la dent luxée avec le bec de faucon. L'emploi de la langue de carpe est très dangereux ; il faut manier cet instrument avec prudence, car la deuxième molaire peut être facilement ébranlée, voire luxée ou fracturée.
Pour l'extraction de la dent de sagesse inférieure, on utilise aussi l’élévateur suivant la méthode du Dr Pont.
Si, sur un squelette, nous examinons la région alvéolodentaire de la troisième molaire inférieure, nous constatons que la dent est bordée par des parois alvéolaires très épaisses en dehors, vers la paroi jugale, et en arrière, vers la région montante ; au contraire, du côté interne, la paroi alvéolaire linguale ressemble à une mince feuille de parchemin, translucide, presque transparente sur la plupart des maxillaires.
Or, avec les daviers, nous luxons la dent du côté externe et avec la langue de carpe, nous la faisons basculer d'avant en arrière, c’est-à-dire dans l’un et l’autre cas, toujours vers la paroi la plus épaisse et la plus résistante de l’alvéole.
La langue de carpe, comme dit plus haut, a l'inconvénient
de nécessiter un point d'appui sur la deuxième molaire qui peut être ébranlée. ,
Si la première molaire manque, cet accident est encore plus à redouter, malgré le petit procédé bien connu, qui consiste à placer un coin entre la deuxième molaire et la deuxième prémolaire. Ne
Enfin, l'emploi de la langue de carpe est très difficile lorsqu'il s’agit d’une dent de sagesse découronnée ou n'ayant plus que sa face mésiale. Il en est de même pour les dents de sagesse incluses ou qui évoluent horizontalement, montrant à peine leurs cuspides postérieurs, à fleur de gencive, immédiatement en arrière de la deuxième molaire.
L'examen ostéologique nous montre donc que la paroi alvéolaire interne est la plus mince et la plus dépressible, tandis que la paroi jugale est la plus épaisse et la plus résistante.
Dr Pont a pensé qu’il était plus rationnel de luxer la dent en dedans, en prenant point d'appui sur la paroi alvéolaire externe.
L’extraction est ainsi plus facile et on risque moins de fracturer l’alvéole. Pour cela, il a fait construire un élévateur droit, dont l'extrémité arrondie est très coupante, pour faire ce que Chompret a appelé la syndesmotomie et afin de pénétrer plus facilement entre l’alvéole et la racine.
Voici les divers temps de l'opération :
Le patient, comme pour toutes les dents du bas, sera assis aussi bas que possible, la tête droite et le buste également.
Pour le côté gauche, l'opérateur se place en avant et en face de son malade. Pour la dent de sagesse droite, il se place un peu en arrière-et à droite, le bras gauche entourant la tête du patient.
On immobilisera entièrement le maxillaire inférieur entre le pouce et les autres doigts de la main gauche.
On prend lélévateur à pleine main en allongeant l'index, dont l'extrémité devra venir presque toucher la partie terminale et coupante de l'instrument. On évitera ainsi tout dérapage et tout accident.
On insinue l'extrémité de l’élévateur entre la racine et la paroi alvéolaire jugale et on lenfonce en faisant de petits mouvements de rotation de gauche à droite et de droite à gauche. Lorsqu'on à pénétré un peu profondément, on
fait basculer le manche de l’élévateur en dehors, vers la joue et immédiatement on voit la dent se luxer en dedans vers la langue. Dans certains cas même, il est inutile de faire le mouvement de luxation, car, à mesure que l’on enfonce l’élévateur la racine sort de l’alvéole.
On pourrait redouter la chute de la dent dans le pharynx ou dans les voies respiratoires ; on évite cet accident en appuyant l'extrémité de l’index de la main gauche sur la couronne pendant les manœuvres de luxation. ù
Dans les cas où la radiographie nous a révélé que la dent de sagesse inférieure est armée de racines très divergentes ou trop convergentes, enfermant le septum alvéolaire, il est bon de partager la dent pour luxer ensuite les racines séparément.
On procède ainsi : Monter une fraise à fissure sur le tour électrique en se servant soit de l’angle, soit de la pièce à main. Repérer le point de rencontre des racines au collet de la dent, s’infiltrer avec la fraise entre les racines et fraiser la dent en remontant vers la face triturante. Une fois la dent partagée, il est facile d’extraire les racines au bec de faucon ou à l’élévateur.
Pour les racines de dent de sagesse, l'élévateur nous rendra les plus grands services.