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La dent de sagesse inférieure est incluse

En présence d’une dent de sagesse incluse, la radiographie est indispensable : seule, elle révèle la situation exacte de la dent, la direction de ses racines et la quantité de tissus osseux qui la recouvre ou qui l’épaule.

Auparavant, l'intervention pour extraire la dent de sagesse par les procédés habituels, était souvent aveugle et très laborieuse ; aussi ne pouvait-on obtenir une prise efficace, qu’en écrasant les rebords alvéolaires pour saisir la dent ; au cours des manœuvres, on fracturait la dent ou on provoquait l'éclatement des parois alvéolaires.

Or, ce qu'il faut éviter à tout prix, c’est de léser la paroi interne de l’alvéole, non seulement à cause de ses rapports avec l'artère et le nerf dentaires inférieurs, mais surtout parce que tout traumatisme violent à ce niveau, favorise à l'extrême l’extension de l'infection vers le canal dentaire, le plancher de la bouche, le pharynx. Du côté externe (jugal) au contraire, la voie est libre, facilement accessible,

sans danger. C’est là qu ‘il faut se créer, par résection osseuse, une voie d'accès artificielle.

Nous conseillons d’avoir recours à la technique suivante, simple et vraiment chirurgicale, d'usage courant en Amérique

L'anesthésie doit être pratiquée par une injection l'Epine de Spix, ce qui présente l'avantage d'être faite distance du champ opératoire

1 {emps: Incision gingivale.

Une première incision qui va d'emblée jusqu'à l'os, part de la face linguale de la deuxième molaire, suit le bord lingual du maxillaire inférieur vers sa partie postérieure aussi loin qu’il est nécessaire, puis, de là se coude à angle droit, pour se diriger vers la joue en passant devant la base de l’apophyse coronoïde.

Une deuxième incision est branchée sur la première au niveau de l’angle disto-lingual de la deuxième molaire, suit la face postérieure de cette deuxième molaire, contourne la moitié de sa face externe et de là descend en se coudant à angle droit vers la joue.

me lambeau ainsi dessiné, à base externe adhérente, sera libéré au bistouri et à la rugine et récliné en dehors, ce qui découvre largement la région.

On a préconisé d’autres incisions, mais elles ont l’inconvénient de présenter deux lambeaux qui ont toujours tendance à recouvrir la région où l’on doit opérer.

2me {emps : Destruction à la gouge (à préférer, car les suites opératoires sont moins graves qu’à la fraise) ou plus aisément à la fraise montée sur le tour électrique, de la paroi osseuse supérieure qui recouvre la dent incluse.

La gouge décolle los par copeaux beaucoup plus gros que ceux décollés par la fraise : leur élimination par lavage s'en trouve facilitée.

3e temps: Destruction à la gouge ou mieux à la fraise de la paroi alvéolaire externe.

Cette résection expose toute la couronne et les racines, que la dent soit verticale, oblique ou couchée.

Ame femps: On commence alors à ébranler la dent en introduisant par des mouvements de bascule, un élévateur droit ou coudé suivant la position de la dent. Puis, la dent

une fois mobilisée dans son alvéole, est soulevée et extraite.

. Nous insistons sur ce point, que la paroi alvéolaire linguale, paroi dangereuse n’a pas été lésée.

Cette technique, vraiment chirurgicale, donne pour l'extraction de la dent de sagesse, une grande facilité qui contraste singulièrement avec la violence quelque peu aveugle, des procédés anciens.

CHapP. VII. — CAS CLINIQUES.

Nous ne parlerons pas des cas simples rencontrés dans notre pratique, où la dent de sagesse était en position normale et facile à extraire, par le davier baïonnette pour la dent supérieure, et le bec de faucon pour l’inférieur.

Cas No. 1. Monsieur D. Extraction de la 8| découronnée.

Le patient vient nous consulter pour l’état de sa bouche.

Il lui reste 5 dents à la mâchoire supérieure, soit 871134.

La dent de sagesse est totalement découronnée et cachée par la dent de douze ans qui est entière.

Nous décidons de tout extraire. L’extraction de la dent de douze ans, nous démasquera la molaire de sagesse.

L’extraction des racines de cette dent de sagesse paraissait facile, mais le malade avait un léger début de trismus. Il était impossible de se servir du davier baïonnette, les élévateurs s’imposaient.

Nous avons commencé par séparer à la fraise à fissures montée sur l’angle, les deux racines, après avoir fait une anesthésie locale, afin de pouvoir les extraire séparément.

Puis, nous servant de l’élévateur de Pont, nous avons ébranlé la racine mésiale et l’avons extraite en faisant basculer l’élévateur.

La racine distale n'étant pas accessible avec l’élévateur droit, nous nous sommes servi de l’élévateur coudé, en le mettant dans l’alvéole vide de la racine mésiale et en détruisant le septum alvéolaire, la racine a été soulevée, puis enlevée avec les doigts.

Dans les cas d’extraction de racines de dents de sagesse supérieures, il faut toujours prendre des précautions pour éviter la chute de la dent dans le pharynx, car, pour avoir

de la lumière jusqu’au fond de la bouche ; l’opéré aura la tête renversée.

Cas No. 2. Monsieur J.19 ans, Extraction de la S| incluse,.

L’extraction totale des dents supérieures étant nécessaire il fallait aussi extraire la dent de’ sagesse supérieure droite qui était encore incluse.

Il était facile de délimiter la place occupée par la dent sous la fibro-muqueuse avec la sonde.

Après une anesthésie locale, la muqueuse fut tranchée en forme de croix, au bistouri. En réclinant avec la rugine les quatre lambeaux, la couronne de la dent apparut. Après avoir ébranlé la dent avec un élévateur droit, glissé du côté interne entre la couronne et la paroi alvéolaire, il n’y avait qu’à cueillir la molaire de sagesse avec un davier baïonnette.

La dent était petite et sa racine était de forme conique.

Les cas semblables vus dans notre clientèle, où la dent de sagesse supérieure était incluse, l’ont été chez des personnes d’une vingtaine d’années au plus.

La dent était toujours petite et la racine de forme conique.

Ainsi, les dents de sagesse supérieures, même incluses, ne sont en général pas difficiles à extraire.

Cas No. 3. Monsieur C... Dent fs.

Le malade vient à notre consultation pour se faire extraire la dent de sagesse gauche inférieure. Il a toutes ses dents saines aux deux mâchoires. Il y a une grosse inflammation autour de la dent, davantage du côté jugal et en arrière, accompagnée de pus.

Pas de trismus prononcé. La dent est saine et à demiincluse ; elle est en position oblique, le bord mésial de la face triturante repose contre le collet distal de la deuxième molaire.

. Le malade nous dit que cette inflammation avait paru, il y a une quinzaine de jours avec trismus passager, puis avait cessé.

Nous décidons d’extraire immédiatement la dent.

Nous faisons quelques irrigations désinfectantes, et nous pratiquons une anesthésie régionale, la seule qui fut permise, avec 2 cm. * de solution novocaïne-adrénaline à 2°/,.

Nous commençons par dégager le reste de la couronne en coupant le bourrelet de gencive au bistouri. Puis, nous

servant d’un élévateur droit, nous essayons d’ébranler la dent. Enfin, avec le davier bec de faucon, nous parvenons à extraire cette grosse molaire de sagesse.

Cette fameuse dent était armée de 4 racines nettement séparées, recourbées du côté distal. La dent n’avait aucune carie.

L’inflammation était due uniquement à des accidents de voisinage.

Un léger trismus a suivi pendant environ 24 heures cette extraction.

Nous avons revu le patient dix jours après, l’inflammation avait totalement disparu, la plaie s’était déjà en grande partie cicatrisée.

Cas No. 4. Monsieur M... 8] dont il ne reste que les deux racines. Le patient arrive à notre consultation avec un fort trismus ; 1l ne peut desserrer les dents de devant à plus de 11% cm.

En visitant la bouche, nous découvrons les deux racines de la dent de sagesse inférieure droite, qui sont très sensibles à la moindre pression. Les autres dents, supérieures ou inférieures, ne sont pas ou peu cariées.

Le malade a résisté une semaine à des douleurs parfois violentes et l’empêchant de dormir. Voyant que le mal empirait, 1l s’est décidé à venir nous voir.

Comme le client veut être débarrassé immédiatement de sa dent, nous faisons une anesthésie régionale.

Dans ce cas, il est tout à fait impossible de se servir du davier. Nous pratiquons comme suit l'extraction.

Il s’agit d’enlever la racine mésiale avec l’élévateur du Dr Pont et selon sa méthode. Le peu de visibilité complique un peu notre tâche, mais nous parvenons, en faisant basculer l’élévateur, à ébranler cette racine et à l’extraire.

Ce premier temps exécuté, nous prenons l’élévateur coudé, et pénétrant dans l’alvéole de la racine mésiale, nous arrivons non sans peine, à chasser la racine distale qui saute directement hors de la bouche du patient.

Après quelques irrigations au permanganate de potasse, nous recommandons au malade de revenir nous voir au bout de deux jours si son trismus ne disparaît pas :

Le patient n’a jamais reparu.

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