V. 169. Lisez : « Car pieça c'on dit ce proverbe
V. 218. Lisez : « K'ainc une seule vilonnie, » quoique le manuscrit donne : ains. A la vérité, les scribes du moyen âge confondent fréquemment le terme aine, jamais, avec le vocable ains qui signifie mais ou avant. Celui à qui nous devons le codice de l'Arsenal, n'emploie jamais aine dans le sens de mais. Il ne l'emploie qu'une seule fois dans la signification de avant. Mais il prend alternativement, et souvent à quelques lignes d'intervalle, ains et aine pour à\ve jamais. Ainsi que nous l'avons dit dans une note précédente (tome II, p. 9G), nous avons, en beaucoup d'endroits, remplacé ains par aine quand le sens l'exigeait. Il conviendrait, pour obtenir une rigoureuse uniformité de termes, de substituer
le mot aine à aius employé par l'auteur du manuscrit dans les vers 429, 894, 1080, 1094, 1550, 1593, 1721, 1794, 2165, 2658, 2963, 3047, 3061, 3094, 3123, 3183, 3437, 3486, 3535, 3578, 3621, 4082, 5271, 5434, 5592, 6039, 6090, 6216, 6375,6752, 6962, 6978, 7182, 7211, 7229, 7304, 7406, 7988, 8000, 8194, 8259, 8431, 8587, 9278, 9378, 9478, 9560, 9613, 9632, 9707, 9974 et 10547.
V. 269 et 270. Les lettres finales des rimes de ces deux vers sont accentuées dans le manuscrit, et nous les avons laissées telles qu'elles sont, quoiqu'on eût pu lire taillie, souhaidie, ces participes se rapportant à un substantif du genre féminin. Mais plusieurs exemples fournis par Adenez lui-même nous prouvent que la règle d'accord n'était pas pour lui une règle tout à fait absolue et qu'il n'hésitait pas à s'en affranchir pour satisfaire soit à des conditions de mesure ou d'harmonie, soit à des conditions de rime. Ainsi, entre autres, dans les vers suivants, il enfreint manifestement cette règle :
Car blanc estaient et ridÉ • Li chainse, et erent orfroisiv.
D'orfrois qui erent esmailliE. (16310 ei stiiv.)
Et qu'il la (Clarmôndine) haisa, ce avint
Par moi, un motilt grant pitié
K'avoir n'eî peilst esveillié. (14461 et suiv.).
Ce dernier exemple nous paraît d'autant plus frappant, que quelques lignes plus bas (v. 14480), Adenez emploie, toujours en parlant de Clarmôndine, ce même participe esveillié dans la forme féminine qu'il doit présenter d'après notre règle grammaticale.
Il nous semble l'ésulter de là qu'il y avait quelque chose d'arbitraire dans l'emploi des formes masculines données à des participes se rapportant à des substantifs du genre féminin, ou du moins qu'il n'y avait pas à cet égard des prescriptions grammaticales assez absolues pour lier rigoureusement les poètes. Pour ce motif, nous avons cru devoir maintenir l'accentuation masculine chaque fois que le manuscrit lui-même la donne.
V. 310. Dans ce vers, nous avons cru devoir changer ele en ert et écrire :
K Sachiez qu'elle ot XX [et] II ans.
« Et près ert plus lele II tans. «
Car près est employé ici, non pas comme préposition, mais comme adverbe dans la signification àe presque, de même que dans le vers 2919 et ailleurs.