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avec une pureté rare» et nous Tavons connu parlant six langues avec une facilité presque égale. Sa mémoii*»
prodigieuse, au surplus, lui venait singulièrement en aide : les tours de force lui étaient familiers ; il eût réiilé Virgile, Horace et peut-être Homère d*un bout à Tautre; les poètes secondaires^ ceux mêmes delà décadence, lui étaient familiers, et il savait par cœur de longs chapitres d*histoire et jusqu^à des traités de médecine : tout Celse était d^ns sa tête, et pour peu qu'on l'en priM, il en donnait volontiers ce qu'on pourrait appeler une édition verbale.
Il ne s'engagea cependant point dans la carrière des lettres : ses humanités achevées, il alla suivre à TUniversité de Leyde les cours de médecine» et en revint porteur, à 18 ans,d'ua diplôme de docteur obtenu avec le pitM grand suc^ cèsAl termina ses études à TUniversité de Liège, où il subit d'une nanière trèsrdistinguée, devant la Faculté de médecioe, les examens de docteur en ctiirurgîe et ea accouchements. UXMi comme praticien ilansaon village natal, il s'y acquit, gr^ce à son lèle et à «on dévouement pour les malades indigents, Testime et la reconnaissance de tout le monde; mais les nombreux amis qu'il s'était faits à Liège lui firent comprendre qu'il était appelé j^ rendre des services sur un plus grand théâtre, et il se rendit à leurs conseils. Il fut bientôt en réputation dans la ville universitaire; il devint entr'autres le médecin ordinaire de l'évéque van Bommel, fonctions qull consena jusqu'à la mort de ce prélat. Lors de la réorganisation de 1835, Royer fut nommé a^égé à la Faculté de médecine de rÇniversité ; U obtint le titre de pro fesseur extraordinaire environ douze ans après, le 5 août 1837, et enfln rordinariat le 26 août 1844. II fut chargé pendant plusieurs années du cours de pathologie et de thérapeutique génénMes, en remplacement de M. Sauveur ; ce cours a été postérieurement
dédoublé et partagé entre MM. Sprii^ et Vausi. Royer professa ensuite la pathologie et la thérapeutique s|)éciales des maladies internes, y compris les maladies des femmes et des enfants, celles de la peau et les maladies syphilitiques, cours de deux ans, confié actuellement à M. Heuse (v. ci-dessus).
En outre, il resta titulaire ( ' ), jusqu'à sa mort, du cours de médecine légale (y compris la toxicologie), et du cours facultatif d encyclopédie et d'histoire de la médecine. D'un caraaère bienveillant et afiable, Royer s'était acquis l'affection aussi bien que la considération de ses élèves. Son zèle ne se démentit jamais; il s'obstina même, quoique déjà très-souffrant, à continuer sans interruption son cours de pathologie spéciale jusqu'à la fin de l'année 1800-1867. Peut-être se faisait-il illusion sur son état; en tous cas il ne voulut suivre aucun traitement jusqu'à ce que, peu après l'ouverture de la session du jury, il dut enfin se rendre à l'évidence ('). -^ Royer a été secrétaire acadénûque eu 1857-1858. Nous ne connaissons de lui aucune publication, à part quelques pièces de vers latins, pour la plupart consacrées à la mémoire de ses anciens collègues et disséminées dans les journaux de Liège.
uu<t> ( Ignace -ÂNTOiNJS) naquit à Luxembourg le 4" jour complémentaire de l'an X (21 septembre 1802), et mourut à Liège, d'une attaque de choléra, le 31 juillet 1849, presque en même temps que son compatriote et ami Molitor, professeur à la Faculté de droit de l'Université de Gand. Ils avaient fait leurs études ensemble „débuté ensenUile au barreau, quitté ensemble, en 1830, leur ville natale pour venir servir la cause de l'indépendance nationale ; ils s'étaient ensuite trouvés réunis au tribunal d'Arlon, en qualité de substituts; enfin ils avaient quitté l'un et l'autre la magistrature pour l'enseignement : il n'y
(*) Sauf une Interroption : le cours de médeeiae légale, a été donné par H. Boriée, delSSSilsei.
(*) Av Ifl ds mort, il exprima formelle-
meot la volonlé de ae pas recevoir les hoo- Dcurs universitairee. — Son corps a é\^ transporté à Hnnsterbilsen.
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avait plus qu'an point, ajoute M. Nypels, le biographe de Ruth, où leur destinée pouvait être diflférente, le terme de leur carrière ici-bas : le ciel voulut que la coïncidence fût complète. — Ruth prit ses premières inscriptions à TUniversité de Liège avec un autre condisciple luxembourgeois, M. Jean-Baptiste Nothomb.
Ils furent compagnons de chambre et prirent, dès le début, des habitudes studieuses. Ils se séparèrent en 1827, M. Nothomb déjà impatient de prendre part aux affaires publiques, Ruth préoccupé de faire honneur au diplôme de docteur en droit, qu'il venait de conquérir par une dissertation sur le Privilège du vendeur^ le seul travail imprimé qu'on connaisse de lui. Les événements entravèrent la réalisation des projets du jeune avocat; au premier signal parti de Bruxelles, la jeunesse du Grand- Duché se leva pleine d'enthousiasme pour les principes de la Révolution.
Ruth fonda une association publique à Luxembourg, en fut le secrétaire et rendit, dans les moments de crise, des services qui furent récompensés plus tard par la Croix de fer. Au mois d'octobre 1830, il passa au tribunal qui venait d'être créé à Arlon, en qualité de substitut du commissaire du Gouvernement ; Il y eut l'occasion de remplir par intérim les fonctions de chef du parquet, en l'absence de ce fonctionnaire. Non seulement il profita de sa position pour gagner dans son arrondissement des partisans à la cause qull avait embrassée, mais il parvint à faire de la propagande jusque dans les murs de la forteresse. Le ministère jugea prudent de l'éloigner d'Ârlon et lui confia le poste de procureur du roi à Neufchâteau. Cependant la conduite de Ruth avait porté ombrage au Gouvernement Grand-Ducal : des poursuites judiciaires furent exercées contre le jeune agent politique (janvier 1853); la Cour d'assises de Luxembourg le condamna à mort par contumace. Ruth aurait pu faire rapporter l'arrêt : il ne le voulut pas, et laissant au temps le soin de le justifier, il préféra rester exilé de Luxembourgjusqu'à la conclusion delà paix (1859). Soit modestie, soit attachement au sol natal, il refusa
en 1837 une nomination de substitut au Tribunal de Bruxelles; malgré les instances de son ancien professeur, Ant. Ernst, alors ministre delà justice, l'arrêté dut être révoqué. La carrière de Ruth ne devait pas toutefois s'achever à Neufchâteau. La mort de Godet (28 février 18^4) ayant laissé vacante la chaire de droit civil élémentaire à l'Université de Liège, M. Nothomb, alors ministre de l'intérieur, se souvint de son ancien commensal. Cette fois Ruth céda , mais après de longues hésitations. Nourri par de longues études, familiarisé avec toutes les difficultés du droit ( ivil, il fit à Liège un excellent cours, mais peut-être un peu trop substantiel pour des commençants. Au bout de quelque temps, quand on s'était habitué à sa méthode, on appréciait son mérite ;mais il eût été mieux à sa place dans une chaire de droit civil a^rofondu Ruth fut dominé toute sa vie par un rigoureux sentiment du devoir :
comme homme privé, comme citoyen, comme magistrat, comme professeur, il a laissé une haute réputation de probité, de loyauté, de zèle à s'acquitter de sa tâche. — Le discours de M. Nypels, cité plus haut, a été prononcé le 26 octobre 1849 à la Salle académique de Liège, et publié dans les AnnaU9 des Universités de Belgique^ t. VIL
Aauveiir (TOUSSAINT - DlEUDONHË)
naquit à Liège le 26 avril 1766 et y mourut le 27 janvier 1838, professeur émérite. Sauveur fut le premier recteur derUniversité de Liège ; il enfutaussile dernier avant les événements de 1830, et iisurvécutà tous ses collègues de laFacultéde médecine de 1817.— L'histoire de sa première jeunesse, racontée dans la Revue ^«'/geparM. L. Renard, abonde en détails intéressants. Il fut élevé au Collège de Visé, l'une des nombreuses annexes de la célèbre Congrégation de l'Oratoire ; il obtint ensuite de son père la permission d'aller à Paris, où il se prépara, par trois années d*études assidues et brillantes, à entrer dans le corps enseignant des Oratoriens. On l'envoya professer les humanités au Col lége de Juilly, puis la rhétorique à l'U-
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Diversité d*Angers, établissement sapérieur de la Congréffation. Il y fui reçu WMitre'èi-arti, ci C est là, dit Técrivain » dont nous suivons le récit, quVl connut )> Yolney et Lanjuinais. C'est là qu'Use » lia avec Chabrol de Volvic, Dessoles, » Creusé de Lesser, Pocholle, les La- » rochejaquelin et Fouché. Il eut avec » ce dernier d'assez étroites relations.
8 Les événements les séparèrent : ils » firent, de l'un, un ministre puissant, 0 un duc de l'empire, un diplomate rusé, » couvert des décorations de la plupart » des souverains de l'Europe ; de l'autre, » un médecin modeste mais estimé dans » la science, mais honoré dans la pra- A tique de son art, mais considéré de » ses concitoyens. A trente-six ans de » distance (1816), quand Monseigneur » d'Otrante partit pour un exil qui de- » vaitëtre éternel, avec le titre pompeux » de ministre plénipotentiaire à Dresde, » il se souvint, en passant par Lié^e,
9 qu'il devait y avoir un ancien ami de 0 collège. 11 s'en informa, et, apprenant » qu'il vivait encore, il s'empressa de » le visiter. Il s'expliquait difficilement, » lui homme puissant et répandu, com- » ment, alors que son crédit avait été » utile à tant de monde, il n'avait pas » trouvé l'occasion de l'employer une » seule fois en faveur de son ancien 9 collègue d'Angers. Vous êtes, lui dit- » il, le seul de mes anciens condisciples » qui ne m'ayez jamais rien demandé, n Mais Sauveur ne voulait rien devoir qu'à lui-même ; et loin démettre à contribution ses anciens camarades d'études, il les obligea au contraire quand il le put. C'est ainsi qu'il secourut, avec la plus délicate générosité, quelques Oratoriens forcés par un décret de proscription, lors de la rentrée des B<iurbons en France, à chercher un refuge en Belgique. — Sauveur rencontra sur son chemin, au début de la C4irrière, des célébrités de plus d'un genre. Il fut l'ami de Daunou, et il pressentit dans les confidences du jeune philosophe le noble et généreux défenseur de la cause de l'humanité, le Judicieux historien, le publiciste irréprochable. Il lia connaissance, à Arras, avec deux jeunes gens qui avaient témoigné le désir de se rapprocher de lui, et dont personne
ne prévoyait alors les destinées. Ils s'appelaient Maximilien et Augustin Robespierre. Sauveur assista entr'autres, avec eux, à une fête de famille célébrée à propos de la promotion d'un jeune prêtre à des fonctions pastorales : épisode fort insignifiant, si le héros de la fête n'eût été... Joseph Lebon, un nom que l'histoire écrit en lettres de sang. Cependant les esprits commençaient à fermenter en France : une catastrophe était imminente. Prévoyant que les établissements d'instruction dirigés par des communautés religieuses en ressentiraient infailliblement le contre-coup , Sauveur résolut de changer de carrière.
Il ne quitta pas sans regret sa paisible retraite ; mais il subit courageusement la loi de la nécessité. Ce fut à Paris même, au milieu du tourbillon, que, de i789 à 1792, il consacra son temps à l'étude de la médecine et suivit assidûment les leçons de Bosquillon, de Desault, de Deyeux, de Portai, d'Antoine Dubois et de Corvisart. Sur ces entrefaites s'ouvrit le règne de la terreur. Sauveur comprit qu'il n'avait pas de temps à perdre, et qu'il lui importait d'autant plus de regagner son pays, que l'invasion des Pays-Bas par les Autrichiens allait interrompre ses communications avec sa famille, et par conséquent le priver de ressources. Or,la Convention avait décrété la peine de mort contre quiconque se présenterait à la frontière sans passe-port; et demander un passeport, c'était se rendre suspect. Grâce à son hôte, perruquier carmagnol en rapport avec des clubistes influents, il obtint le laissez-passer indispensable; mais il ne fit halte à Liège que pour revoir sa famille, et alla se faire recevoir docteur à Utrecht, en i793. Rentré enfin dans ses foyers, il fut nommé médecin à l'hôpital St-Abraham ; dénoncé par un membre de la municipalité comme ayant un frère émigré, il quitta les fonctions publiques et ne s'occupa plus que de sa pratique civile. Sa clientèle devint bientôt importante, et rhorizon politique s'étant éclairci après la réaction thermidorienne, il put envisager l'avenir avec sécurité. Diverses missions ou distinctions lui furent conférées de 1800 à i8U : il fit partie du
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Comité de vaccinfè; il Ait nommé' médecin des épidémies et, dès la création du Lycée impérial de Lié^e, médecin de cet établfs^emem. Llllastre Bartbez le flt associer à ia Société médicale d'émula^tion de Paris; d'autres compagnies sa* Vantes de Parisiet d'Orléans ne tardèrent pas â se l'affiKer. Les événements de 1814 ne lui portèrent aucune atteinte.
En 1816, le roi des Pays-Bas le chargea de prendre part à la rédaction de la Pharmacopée belge; Tannée suivante, il fbt nommé pré^deïit de la Commission médicale de la province de Liège (sons le régime précédent, 11 avait été itremfore du jury médical du département de lX)urte). Ses connaissances et son ex-^ périence rappelèrent tout naturellement à occuper une chaire académique, lors* que rUnlTersité de Liège fut fondée. Il rentra dans la carrière professorale à TâgedeSO ans, et eut Thonneur insigne, dès son entrée en fonctions, d*ètre proclamé prxiMU inter pares , c'est-à-dire de revêtir, avant tout autre, les insignes du rectorat. Son enseignement fut essentiellement éclectique (*); il se tenait avec le plus grand soin au courant de la science, remaniait constamment ses cours et se tenait à Taffût de tous les faits nouveaux et dirigeait ses élèves dans leurs lectures. Ses connaissances littéraires se reflétaient dans ses discours et leur prêtaient un attrait piquant, u II en* D seigna successivement la pathologie n générale et la pathologie spéciale des » malaâiesinternes,rhygtèneetlatbéra- » peutique. Dans chacun de ces cours, il » porta une méthode claire et logique* )) un savoir approfondi , une raison supé- » rieure, toujours affranchie des entrai » ves systématiques Mais c'est surtout }) dans sa clinique journalière à Thôpital n quil Gt briller cette sagacité pénén trante, ce tact sûr, cette investigation » prompte et saisissante, cet aplomb n en quelque sorte Instinctif qui avaient » développé en lui, à un si haut degré, » la science difficile du diagnostic et n du pronostic, il étonna souvent ses » plus studieux disciples par la certi- » tude de ses appréciations , par la
m pfédsle^n avec laquelle fPsavaH iron- » ver le siège de la maladie dans les a cas obscurs ou douteux... » Son zèle » ne se démentit jamais, ni à rUniver- » site ni an lit des malades. Aami Topinion publique se souleva-t-ellê étonnée, on peut dire indignée, lorsque le nom de rhonorable docteur fut Inopinément rayé du programme des eours, réorganisés eu 1835. QoeHes influences avaient déicide le pouvoir à lui arracher sa démission? 11 paraît que ceux qui concoururent à son élimHiation furent les premiers à la regretter; mais il était trop tard pour réparer le mal. Proclamé émérite, ne eonsenrant plus aucune attribution dans renseignement, Sauveur souflHt de cette inaction forcée et inattendue : il chercha en vain, dans la pratique, une distraction aux pensées qui revenaient fassaillir chaque jour, aux heM'es habituelles de ses leçons ; sa situation morale fut encore aggravée par une affection dont les symptômes n'effhtyè^ rent pas ses confrères de la Faculté, mais sur laquelle il ne se flt point Illusion. 11 eut claîremenl conscience de son état jusqu'au dentier mo^ ment, et il mourut en s'appKquant à lui-même la science qui l'avait illustré. — Sauveur n'écrivit guère que sa thèse Inaugurale et quelques mémoires dispersés dans des recueils périodiques; les manuscrits de ses cours et son portefeuille ^'observations, si les soins de sa nombreuse clientèle lui avaient permis de les coordonner ou d'en publier des extraits, auraient pu rendre d'utiles services à l*art de guérir. Il fut, en 1806, l'un des fondateurs de la Société des sciences physiques et médicales de Liège : il fit insérer, au premier vo*lume des Actes de cette compagnie, un long rapport sur les travaux des correspondants et sur une belle question mise au concours : Be rinfluence des passions sur la production des maèadies. Les procès -verbaux de la Société d'Emulation de Liège (19 mars 1810, p.
38-56) contiennent un éloge historique du célèbre docteur Ab Heei*s, de
( * ) II répétait volontiers ces paroles de utratque, ubi veritatem coiutu^ tequor ; ma- Klein : Nec ab antiquis «um, nec à novis : gn{fico sœpiui repetitam experientiam.
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Tongres (*), dû également à la plume de Sauveur. Le Discours pour Vinslallaliott de rUniversité, prononcé le S5 septembre i817 (Ann. 1819) et le Discours pour la remise du rectorat en 1818 (hid.) sont des morceaux remarquables par le fond et par la forme ; on peut en dire autant d*un travail Sur la c/fnt^ve, préparé pour la rentrée solennelle de 1851, mais malheureusement resté inédit. Sauveur prit une grande part aux travaux de la Commission chargée, dès 1829, de Texamen et de la révision des lois, arrêtés et règlements sur Tart de guérir, et contribua à la rédaction du rapport sur le même sujet, présenté au gouvernement, en 1855, par une autre Commission spéciale. C*était un homme de bon conseil, d*un Jugement sûr, d^une clairvoyance pénétrante et d*un esprit élevé. Il eut le bonheur de voir ses enfants annoncer, dès leurs drbuts dans la carrière où il s'était lui-même distingué , qu*ils se montreraient un jour les dignes héritiers de sa science et de ses exemples.
Sources: Revue belge, art. cité.— Discours prononcé par le profeseur Leroy aux funérailles de Sauveur.
schaar (Matrias), ué à Lùxcmbourg le 28 décembre 1817, mourut à Nice le 26 avril 1867 ('). Son père. Ingénieur au service des Pays-Bas, l'emmena tout enfant à Grevenmachern, puis l'envoya, âgé de treize ans, au Collège de Sierck, en France, pour y faire ses humanités.
Cinq années s*écoulèrent ; il fut alors décidé que Mathias étudierait la médecine à l'Université de Gand. A peine installé dans cette ville, il eut le malheur de perdre son père, ce qui changea du
tout au tout sa position sociale et renversa ses projets d'avenir. Rappelé dans le Luxembourg, il h'y resta que le temps de s'orienter ; nous le retrouvons bientôt à Gànd, maître d'études au pensionnat de TÂthénée (*), tout absorbé par ses fonctions et par l'étude des sciences mathématiques, à laquelle il se livra tout d'un coup avec une ardeur singulière. Il ne pouvait suivre les cours de l'Université ; maisl'isolement ne faisait que fortifier son esprit el lui donner l'habitude de la méoitation. Désireux cependantd'essayer ses forces, iirésolut de prendre part au concours universitaire, qui venait d'être institué. Or, pour y être admis, il fallait non-seulement se faire inscrire au rôle des étudiants, mais posséder le diplôme de candidat.
Scbaar se mit en règle, rédigea un Mémoire Sur l'emploi de la vapeur comme force motrice et, le 2 août 1842 (*), fui proclamé premier en sciences physiques et mathématiques. Ce triomphe semblait devoir inspirer au jeune vainqueur de la confiance en lui-même ; mais il était d'une timidité excessive, et, d'autre part, il ne se dissimulait pas que la méthode auto-didactique ne supplée jamais complètement à la direction d'un maître éclairé. Grâce â l'interventioti d'un ami influent, il aurait pu être envoyé en Allemagne et placé sous la direction de l'illustre géomètre Gauss ; le ministre était tout disposé à lui accorder deux années de congé s'il le fallait, en ajoutant même aux revenus de sa position actuelle. Schaar accepta ces offres avec reconnaissance, mais demanda du temps pour se préparer ; il parla de son mariage, qui était sur le point de se conclure; bref, Taifaire n'eut pas de suite. Il faillit s'en repentir lorsqu'il se présenta devant le jury, pour subir l'exa-
{*) Connn par ses Uraviux sor les €tvz minérales.
(*) Nous rëstmons It Notice publiée par M. Qttetelet dans {'Annuaire de t Académie royale de Belgique pour 1868,p. llSetsuiv.
(') Alors dirigé par M. de Potter,«(quiiui servK de guide et de père >»
{ *) Celte date est restée célèbre dans les Annales de l'Université de Gand. Quatre questions avaient été mises au concours ; les quatre prix furent obtenus par des élèves de
Gand (Mathias Scbaar et MBf. L. Fraeys, J.-B. Lauwers et J. Foerfaon). On était à la veille de célébrer le 95* anniversaire de Tinstallation de TUniversité : le Conseil communal résolut de rattacher à cette fête le triomphe des quatre lauréats. Outre la médtille d'or décernée par le gouvernement , ils reçurent cbaeun, de la pari de la ville, une branche de laurier en argent et un ouvrage de prix. (V. le discours du professeur Moluj , Ann, du Univ. de Belgique, 1843, 1. 11, p. 6S6).
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men de docteur eo sciences physiques et mathématiques. Dès le commencement de l*épreuve, il se troubla, hésita ets*embrouillasi bel et si bien, que sans M. Quetelet, qui connaissait sa valeur et parvint à lui rendre quelque assurance,il eût été infailliblement ajourné. Il conquit enfin son grade avec distinction^ « et Ton a pu juger depuis combien cette distinction était méritée. »
Le doctorat en sciences lui valut une double promotion : Tadministration gantoise l'attacha à son Athénée en qualité de professeur de mathématiques , et le gouvernement lui confia les fonctions de répétiteur d'analyse à TEcole du génie civil. La classe des sciences de TAcadémie reçut de lui une première communication le 10 janvier 1846 ; d'autres se succédèrent rapidement et furent accueillies avec une faveur méritée. Préoccupé de s'initier aux méthodes des grands géomètres, il se contenta d'abord de régler ses investigations sur les leurs ; mais, à partir de la fin de 1849, ses allures devinrent plus franches , plus indépendantes :
elles marquent déjà, dit M. Quetelet, le géomètre qui suit sa propre voie et procède d'une manière sûre. Malheureusement, rétat de sa santé le força sinon d'interrompre, du moins de ralentir ses travaux. Il était d'une taille élevée, mais d'une constitution assez faible ; d*un caractère doux, naturellement affectueux, mais d'une vivacité fébrile et d'une susceptibilité nerveuse qui lui commandait plus qu'à un autre d'éviter les surexcitations de l'esprit.
£n 1857, après la mort de Meyer, le gouvernement résolut de l'envoyer à Liège : on pouvait espérer que le changement d'air lui serait favorable. Il fut donc nommé professeur ordinaire (24 septembre) et, peu de temps après, installé dans la chaire délaissée par son compatriote (analyse supérieure, calcul intégral, calcul aux différences, calcul des variations, fonctions elliptiques ;
probabilités; astronomie). Son talent, son dévouement aux élèves, son caractère bienveillant lui acquirent tous les suffrages. Jusqu'en 1865, son état parut sensiblement amélioré : plus de tension d'esprit extraordinaire , un régime hygiénique, de longues promenades dans les beaux environs de Liège, qui lui rappelaient le pays natal, tout contribuait à rendre l'espoir k sa famille. Sa vie était d'ailleurs trèsoccupée : depuis le 8 mars 1858, il était membre du Conseil de perfectionnement de l'enseignement moyen, et il remplissait son mandat avec le zèle consciencieux qu'il déploya partout où Il eut des services à rendre. La Société royale des sciences le comptait parmi ses membres (5 décembre 1857) ; l'Académie le nomma, en 1865, directeur de la Classe des sciences, pour l'année suivante, et le gouvernement le choisit comme président de la Compagnie, pendant la même année. 11 se remit insensiblement à composer quelques notices, mais sans se fatiguer. Il semblait fixé à Liège pour toujours; ce milieu lui convenait sans doute : il venait de s'y faire construire une belle demeure, disposée conformément à ses goûts, lorsqu'une circonstance imprévue vint tout à coup le relancer en pleine mer, du port où il s'était abrité. Son ancien confrère Timmermans, de l'Université deGand (*), fut frappé d'apoplexie et succomba le â septembre 1864.S€haar n*était pas très-bien portant en ce moment : cependant ii regarda comme un devoir d'accepter la chaire vacante, et ni les instances réitérées de ses élèves, ni celles de tous ses collègues de Liège, ni les soins de ses bâtisses à peine terminées ne parvinrent à le retenir (*). Les adieux furent douloureux : on pressentait quelque malheur.
A Gand, Schaar ne jouit jamais d'une santé stable. 11 essaya de tons les moyens pour se distraire ; il fit de la musique, passionnément et avec suc-
( * ) Sar Timmermans , v. YÀnnuaire de VAcadémie, précité (Notice de M. Quetelet).
( * ) Les étadiants de Liège, qui lui avaient d^À offert son portrait, voulurent, au dernier moment, lai laisser une nouvelle marque de
leur gratitude. Ils lui remirent une grande pendule allégorique portant cette inscription : À M. Schaar, les élèves de l'Université de Liège reconnaissants.