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mission, qui lui conférait le droit de correspondre directement avec chacun des minisires, dans le cercle de leurs attributions respectives, et qui du reste fut entièrement gratuite. Son frère aîné ayant accepté une chaire à FUniversité catholique de Louvain le 15 juillet suivant, et les Universités de TEtal allant être réorganisées, on lui proposa d'entrer dans renseignement supérieur.

Longtemps il hésita ; cédant enfln à des insistances réitérées, il quitta la Cour pour FUniversité de Liège, où il fut chargé des cours de droit civil élémentaire et de droit naturel (5 décembre). Aussitôt cette nomination connue, une forte cabale s'organisa : on voulait protester contre le départ de son frère aine. Ne sachant rien des dispositions peu bienveillantes de son auditoire, il ouvrit son cours au Jour flxéet recueillit d'unanimes applaudissements : une quarantaine d'élèves, à la sortie de la leçon, coururent se faire inscrire. Il se montra digne de ses frères : c'est assez dire. Un enseignement nourri et condensé, multa pauds, une grande puissance de synthèse et une habileté non moins remarquable dans l'art de disséquer et d'élucider les textes, telles sont les qualités dominantes que ses anciens élèves s'accordent à lui reconnaître.

Sa faible santé résistant difficilement à une double fatigue, il obtint, le 13 Juillet i857, décharge du cours de droit naturel. Le 28 aotït 18')9, il donna sa démission pour rejoindre une troisième fois ses frères chéris : depuis cette époque, il remplit à l'Université de Louvain les fonctions qui lui avaient été confiées à Liège (*). En renonçant à servir l'Etat, M. S. Ernst a considéré comme un devoir de délicatesse: i" de renoncer aux fonctions de Commissaire du terriloîre neutre; 2** de prier le Sénat, qui l'avait désigné (29 décembre 1855) comme membre du jury d'examen pour le doctorat en droit (conformément à la loi du 27 sept.), de choisir un autre représentant de l'Université

de Liège ; S"* de se retirer du Conseil provincial de Liège, où les électeurs du canton d'Aubel l'avaient envoyé siéger, presque à l'unanimité, le 29 septembre 1856, et de rechef le 28 mai 1858 (*). — Nous trouvons dans le Journal de Bruxelles du 25 août 1847 une lettre de M. L. Ernst, écrite à 1*occasion d'un rapport au Sénat français sur la peine de mort; dans ce document, M. de La Guéronnière prétend que l'échafaud, pratiquement abattu de 1850 à 1854, s'est relevé sous le minislère d'Ant. Ernst. M. L. Ernst fait remarquer qu'il y a erreur complète dans les renseignements recueillis par l'honorable rapporteur, quant au mouvement de la statistique criminelle, et déclare souverainement injuste le reproche adressé au Ministre de fa Justice de 1855 d'avoir rétabli la peine de mort sans nécessité, mesure qui eût mérité, dit-il, la qualification « d'inhumaine et absurde inconséquence » (v.

l'art. Ant. Ernst).

Paaiftlii (DlEUDONMÉ-ÉDOL'ARI)) , Ué à

Liège en 1798, s'est voué de très-bonne heure à la carrière de l'enseignement.

Il quitta en 1819 la chaire de troisième latine du Collège de Namur, pour venir prendre ses grades à l'Université de sa ville natale. Promu au grade de docteur en philosophie magnà cum lande (sa dissertation inaugurale est intitulée : De republica Achetorum), il passa en 1826 au collège de Rurémonde, avec le titre de professeur de poésie latine. Il s'y trouva dans une situation assez difficile, ne parlant pas le flamand, et ayant affaire à des élèves qui pour la plupart ne savaient pas un mot de français. Force lui fut de se servir de la langue latine; mais ici nouvel obstacle : on n'était guère en état de le comprendre. Ses dégoûts devinrent insurmontables : il donna sa démission et alla professer dans divers établissements privés Jusqu'en

le 26 juin 1816,60 tre le gouveroemeot prussien et celai des Pays-Bas.

( * ) Le Dom de H. L. Ernst figure encore au programme de l'Université catholique :

defiiit, il y a plusieurs aonéesqu'il n'ait paru en chaire

(*) Il siégea au bureau, pendant toutes ces sessions, en quaUtë de premier secrétaire.

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